Budget régional
L’annonce de M. le Ministre relative à la réforme APE
Les députés ont interrogé le ministre sur la fin du dispositif APE au 1er janvier 2027, en demandant des garanties sur l’emploi, la continuité des services essentiels et les critères de réaffectation des 1,2 milliard d’euros concernés. Jean-Paul Bastin a aussi insisté sur la nécessité d’une communication claire et rassurante, tandis que Patricia Van Walle et Dorothée De Rodder ont exprimé leurs inquiétudes quant aux conséquences pour les travailleurs, les communes, les crèches, les écoles et le non-marchand. Pierre-Yves Jeholet a répondu qu’il s’agissait d’une réforme de simplification, de justice et de transparence, avec une période transitoire possible jusqu’en 2028, voire 2029, et un transfert des moyens vers les ministres fonctionnels. Il a affirmé qu’une concertation était en cours avec l’UNIPSO, l’Union des villes et communes, les CPAS et la Fédération Wallonie-Bruxelles, afin d’éviter des perturbations et de lisser la mise en œuvre par secteur.
Le rendement record de Wallimage et le nombre record de faillites
Veronica Cremasco souligne le rendement record de Wallimage, son effet sur l’emploi et la pression qui pèse sur le secteur audiovisuel, en demandant un renforcement du fonds, resté à 6,5 millions d’euros et non indexé depuis 2017. Pierre-Yves Jeholet répond que Wallimage joue un rôle stratégique, que ce montant est significatif dans un contexte budgétaire difficile et que la Wallonie investit déjà davantage que les Régions bruxelloise et flamande. Il met aussi en avant la mutation du secteur et les travaux menés avec les acteurs sur plusieurs leviers, dont le financement public et privé, l’innovation, la formation et l’animation économique. La députée juge la réponse insuffisante et estime qu’au vu de la rentabilité du fonds en emplois, un investissement supplémentaire serait justifié.
La soutenabilité financière de Charleroi et des grandes villes wallonnes
Nicolas Tzanetatos a interrogé le ministre sur la dette très élevée de Charleroi et, plus largement, sur la soutenabilité financière des grandes villes wallonnes, en soulignant la hausse de l’endettement, la nécessité d’efforts d’assainissement et la dépendance à l’égard des aides régionales et des banques. François Desquesnes a répondu qu’une vingtaine de communes étaient en difficulté, que l’assainissement relevait à la fois du Fédéral, de la Région et des communes, et que le plan Oxygène n’avait pas atteint ses objectifs en raison notamment d’un manque d’efforts initiaux et du retrait des banques. Il a précisé que la Wallonie avait dû se substituer aux banques, avec 223 millions d’euros prêtés à Charleroi sur trois ans et 9,2 millions d’euros pris en charge au titre des intérêts et annuités, tout en visant un retour progressif des communes vers l’équilibre budgétaire.
La privatisation du logement public
Jori Dupont a dénoncé la volonté, selon lui, de sous-investir dans le logement public et de recourir à des mécanismes de privatisation via des projets sur terrains publics, estimant que le logement public doit rester un pilier du droit au logement, de la mixité sociale et de la lutte contre la précarité. Cécile Neven a répondu qu’il existe une pénurie de logements abordables et adaptés, dans un contexte budgétaire wallon difficile et de fragilité financière de nombreuses SLSP, ce qui justifie, selon elle, la recherche de financements innovants. Elle a défendu des partenariats public-privé de type DBFM, avec mise à disposition de terrains publics par l’État et prise en charge par le privé de la conception, construction, financement et entretien, tout en maintenant pour le public les missions d’attribution, d’accompagnement locatif et social. Dupont a répliqué que la pénurie résulte d’un choix politique de désinvestissement et a rejeté toute remise en cause du logement public.
L’emprunt de 210 millions d’euros de la Région pour financer le plan Oxygène des six dernières communes
Maxime Daye a interrogé le ministre sur l’emprunt régional de 210 millions d’euros destiné à financer les six dernières communes du plan Oxygène, en s’étonnant des écarts de montants attribués entre communes et des critères de répartition. François Desquesnes a rappelé que le plan Oxygène repose sur des prêts bancaires, un engagement de redressement structurel des finances communales et une intervention régionale sur les intérêts et partiellement sur le capital. Il a précisé que les montants évoqués correspondent aux droits de tirage nets 2025, calculés à partir du déficit estimé, diminué du boni 2024 et des provisions ou bonis des zones de secours et de police, et que l’emprunt a été rendu nécessaire par l’absence d’accord bancaire pour ces six communes. Le député a pris acte de ces explications tout en annonçant une vigilance accrue sur le suivi du plan, des déficits estimés et des bonis réellement dégagés.
L’avenir du Domaine de la bataille de Waterloo 1815
Valérie De Bue a alerté sur l’avenir du Domaine de la bataille de Waterloo 1815, site majeur pour le tourisme et le patrimoine wallons, en soulignant l’échéance proche de l’intercommunale 1815, l’insuffisance présumée des fonds disponibles pour les travaux nécessaires et l’inquiétude des communes après leur refus de proroger la structure pour 30 ans. Valérie Lescrenier a indiqué que la Wallonie entend rester présente sur ce site dont elle est propriétaire, a rappelé que le dialogue avec l’intercommunale est ouvert et a annoncé avoir demandé à Tourisme Wallonie un cadastre complet des acteurs, moyens et missions. Elle a précisé qu’une réunion avec l’ensemble des parties suivra afin de définir, en concertation, le meilleur modèle pour assurer le développement futur du site.
L’annulation en série des bus à Liège et la demande d’investissements
Alice Bernard dénonce la forte hausse des annulations de bus à Liège depuis la réorganisation liée au tram, en évoquant des retards, des suppressions de courses et une baisse de l’offre du TEC, qu’elle attribue à un manque de moyens budgétaires. François Desquesnes répond qu’il faut distinguer la réorganisation du réseau, engagée par l’OTW avec les acteurs locaux, et la question de l’absentéisme des chauffeurs, supérieur à la norme, qui contribue aussi aux annulations. Il annonce un dialogue permanent avec les acteurs liégeois, des échanges avec le bourgmestre et l’OTW, ainsi qu’une réunion de suivi dans dix jours pour examiner des améliorations à court terme.
L’évolution du marché automobile en Wallonie
Christine Mauel a interrogé le ministre sur l’augmentation des immatriculations de véhicules d’occasion et sur ses conséquences pour les recettes régionales, l’équilibre budgétaire, la transition énergétique et le vieillissement du parc automobile en Wallonie. François Desquesnes a indiqué que les données nationales devaient être nuancées selon les Régions, rappelant que l’âge moyen des véhicules est de 11 ans en Wallonie, contre 9 ans en 2015, et que la tendance au vieillissement concerne l’ensemble du pays. Il a estimé qu’il est difficile d’évaluer précisément l’impact fiscal à partir de statistiques belges, tout en mentionnant des ordres de grandeur de 600 millions d’euros pour les taxes de circulation et de 160 millions pour la taxe de mise en circulation. Il a enfin rappelé la récente réforme de cette taxe, fondée sur la masse et le type de motorisation, et a renvoyé des éléments plus précis au moment du budget.
Le report de charge imposé par le Gouvernement wallon aux communes
Julien Liradelfo a dénoncé la hausse des taxes et redevances communales qu’il attribue à la pression exercée par le Gouvernement wallon, en citant notamment le cas de La Louvière et l’impact financier pour les ménages. François Desquesnes a rejeté ces accusations, rappelant l’obligation légale pour chaque commune d’équilibrer son budget et affirmant que certaines communes dépendent encore de prêts régionaux en raison d’un manque de redressement structurel. Il a souligné les montants déjà engagés par la Région dans le cadre du plan Oxygène et a soutenu que l’augmentation des taxes locales ne résulte pas d’une imposition indirecte par la Wallonie, mais de la situation budgétaire des communes.
Les économies envisagées dans les plus gros portefeuilles ministériels wallons
Julien Liradelfo a interrogé le ministre-président sur les économies envisagées dans le cadre du conclave budgétaire, en l’accusant de laisser la porte ouverte à une remise en cause des allocations familiales. Adrien Dolimont a répondu qu’aucune décision n’était prise à ce stade, que tous les sujets restaient sur la table, mais qu’il était faux de cibler particulièrement les allocations familiales. Il a insisté sur la nécessité de réduire le déficit pour éviter d’alourdir la charge de la dette et préserver les politiques publiques, en précisant que le Gouvernement présenterait ses mesures une fois ses travaux achevés. Le député a maintenu ses critiques, estimant que le Gouvernement ne donnait pas de garantie et dénonçant une politique de « casse sociale ».
Les récentes déclarations de M. le Ministre sur l’aide aux communes
Maxime Daye a demandé des précisions sur des propos de presse laissant entendre une baisse des aides wallonnes aux communes en bonne santé financière, craignant une prime à la mauvaise gestion ou une sanction des communes bien gérées. François Desquesnes a répondu que le Fonds des communes, socle de solidarité de 1,6 milliard d’euros, n’était pas remis en cause, mais que les aides complémentaires de la Wallonie devaient être réorientées vers les communes qui en ont le plus besoin, en fonction de leurs recettes par habitant et de leurs charges incompressibles. Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas de « prendre de l’argent » aux communes bien gérées, mais de mieux cibler la solidarité régionale. Le député a pris acte de ces explications tout en réaffirmant l’importance de ne pas récompenser une mauvaise gestion au détriment des communes vertueuses.
L’investissement et la sanction des communes récalcitrantes par la Flandre en matière de logement social et le désinvestissement de la Wallonie
Laurent Devin a interrogé la ministre sur l’exemple flamand, qui prévoit un investissement massif dans le logement public et des sanctions envers les communes qui refusent d’accueillir ou de développer du logement social, en demandant quelles aides et quels mécanismes de sanction la Wallonie envisage. Cécile Neven a répondu qu’en Wallonie la gestion repose sur les SLSP et les AIS, qu’il existe un décalage entre l’objectif communal de 10 % et les besoins réels, et qu’elle veut passer d’une logique communale à une logique par bassins, avec un droit de tirage, une objectivation des besoins et plusieurs réformes structurelles. Elle a précisé que la Wallonie ne dispose pas des mêmes moyens que la Flandre et qu’il ne s’agit pas d’un désinvestissement, mais de l’arrêt de financements jugés non pérennes. Le député a ensuite insisté sur l’implication des communes et sur le rôle des financements communaux, tout en saluant les investissements réalisés précédemment en Wallonie.
Les conséquences budgétaires pour la Wallonie des mesures prises au niveau fédéral concernant notamment les demandeurs d’emploi
Le député a dénoncé les conséquences budgétaires pour la Wallonie des décisions fédérales, notamment la hausse potentielle des dépenses liées à la défense et le coût estimé à 180 millions d’euros de la suppression progressive des allocations de chômage, en demandant comment ces charges seraient financées sans nouvelles taxes. Il a aussi critiqué la baisse de l’emploi et les difficultés du secteur de la construction, qu’il attribue aux choix du Gouvernement wallon. Adrien Dolimont a répondu qu’il n’y aurait pas de nouvelle taxe, a défendu la réforme du chômage comme une mesure de réinsertion vers l’emploi et a contesté le lien établi entre les mesures wallonnes et l’augmentation des faillites, estimant que la situation est plus défavorable à l’échelle nationale. Le ministre-président a affirmé que le Gouvernement wallon entend redéployer le potentiel économique sans alourdir la fiscalité.
La place de l’agriculture dans le cadre financier pluriannuel de l’Union européenne post-2027
Eddy Fontaine a interrogé la ministre sur la position de la Wallonie concernant la PAC post-2027, en demandant le maintien d’une programmation budgétaire distincte, d’un budget renforcé indexé sur l’inflation et des deux piliers de la politique agricole, ainsi que des échanges intrabelges à ce sujet. Anne-Catherine Dalcq a indiqué que le Gouvernement wallon a adopté une position spécifique en faveur d’une PAC forte, fondée sur deux piliers et dotée d’un budget renforcé, afin de soutenir le renouvellement des générations, le revenu des agriculteurs, les investissements et les mesures environnementales. Elle a aussi signalé ses inquiétudes face aux contraintes budgétaires européennes, notamment le remboursement du plan de relance, les nouveaux besoins liés à la défense et la perspective d’un fonds fusionnant PAC et cohésion, ce qui rendrait la politique agricole moins identifiable. Le député a salué cette convergence et a réitéré l’importance d’un budget distinct, du maintien des deux piliers, du soutien aux jeunes et aux petites exploitations, du plafonnement des aides et de mécanismes de régulation des prix.
Les récents propos de M. le Ministre-Président sur l’octroi des subventions facultatives et l’exemplarité dans l’action du Gouvernement
Isabella Greco a interrogé le ministre-président sur la cohérence de ses déclarations dénonçant le clientélisme dans l’octroi des subventions facultatives, alors qu’il aurait lui-même accordé plus de 650 subventions, et elle a demandé des critères publics justifiant ces choix. Pierre-Yves Jeholet a répondu que le Gouvernement veut réformer ce système en l’objectivant, en le rendant plus équitable et transparent, avec une économie visée de 60 millions d’euros dès 2025 et l’inscription des subventions dans un cadastre accessible aux parlementaires et au public. Il a précisé que les subventions ne disparaîtront pas, mais seront mieux encadrées, potentiellement via des conventions pluriannuelles, afin de sécuriser les opérateurs et d’éviter des demandes annuelles. En réplique, la députée a dénoncé une contradiction entre ce discours d’exemplarité et la mise en avant, dans une vidéo depuis Osaka, d’un chocolatier de sa commune d’Ham-sur-Heure–Nalinnes, alors qu’il critique le sous-localisme.
L’acceptation par la Région wallonne des budgets des Villes de Seraing et Herstal
Valérie Bluge a interpellé le ministre sur l’acceptation, après un premier rejet, des budgets des villes de Seraing et Herstal, en demandant quels ajustements avaient été apportés et sur quels critères l’administration s’était fondée. François Desquesnes a rappelé le cadre du plan Oxygène et l’obligation de redressement structurel des finances communales, soulignant que certaines banques devenaient réticentes faute de respect des engagements pris par les communes. Il a expliqué avoir d’abord refusé les budgets votés fin 2024, puis les avoir approuvés après des échanges avec les bourgmestres, l’administration et le CRAC, dès lors qu’une trajectoire crédible de redressement avait été présentée. Valérie Bluge a conclu en saluant une gestion plus prudente des finances publiques et l’approche du Gouvernement.
Les difficultés budgétaires des grandes villes wallonnes
Le député a dénoncé les difficultés budgétaires des grandes villes wallonnes, en particulier Charleroi, en attribuant l’essentiel des déficits au sous-financement fédéral des CPAS, des zones de secours, de police et des pensions, et en critiquant le plan Oxygène ainsi que la hausse de taxes communales. Le ministre a répondu que la Région consacre 10 % de son budget au financement des communes via le Fonds des communes, avec une aide plus élevée pour les grandes villes et Charleroi, et a rappelé l’obligation légale pour les communes d’équilibrer leurs budgets. Il a reconnu que le Fédéral doit faire des efforts, tout en estimant que les communes doivent elles-mêmes assainir leur gestion pour retrouver de la crédibilité financière.
Le coût réel des abonnements des TEC quasiment gratuits» Question d’actualité de Mme Alice Bernard à M. François Desquesnes, Ministre du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux, sur «le succès de l’abonnement pour les jeunes
Le questionneur a interrogé le ministre sur le bilan de la quasi-gratuité des abonnements TEC pour les 18-24 ans, les BIM et les plus de 65 ans, en soulignant une hausse limitée des abonnements et le risque d’un manque de financement structurel pouvant nuire à la qualité du service. La réponse ministérielle a rappelé que la mesure coûte environ 40 millions d’euros, qu’une évaluation complète était prévue sur base des résultats 2024 et que les chiffres définitifs font état de 409 000 abonnements quasi gratuits, en hausse de 8 %. Le ministre a toutefois nuancé cet effet positif en indiquant que, chez les 18-24 ans, la hausse des abonnements (+4,1 %) s’accompagne d’une baisse des validations (-2,3 %), ce qui l’amène à revoir la grille tarifaire dans le cadre du nouveau contrat de service public avec l’OTW. Les intervenants ont, de leur côté, défendu la mesure comme socialement utile et favorable à la mobilité, à la santé publique et à la lutte contre la pollution.
Le financement des structures collectives d’enseignement supérieur (SCES)
Anne Laffut a interrogé le ministre sur les difficultés des SCES, financées par la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles, en rappelant les critiques issues d’un audit et de rapports d’évaluation, ainsi que la mise à zéro de la ligne budgétaire 2025. Pierre-Yves Jeholet a répondu que l’écosystème de la formation continue est trop complexe et peu lisible, et que l’audit de 2023 comme le comité de pilotage relevaient des problèmes de cohérence, de gouvernance, de visibilité et de coûts jugés excessifs. Il a indiqué que le Gouvernement avait pris acte de ces constats et ne maintiendrait pas des outils ne s’inscrivant pas de manière pertinente dans l’écosystème de la formation continue.
La COP16 sur la biodiversité à Rome et les engagements de la Wallonie pour la nature
Céline Tellier a interrogé la ministre sur l’alignement budgétaire de la Wallonie avec la stratégie Biodiversité 360° et sur les moyens concrets pour atteindre les objectifs de protection et de restauration de la nature, dans le contexte de la COP16. Anne-Catherine Dalcq a répondu qu’elle poursuivrait cette stratégie, l’articulerait avec la loi sur la restauration de la nature et la DPR, et s’appuierait sur plusieurs leviers déjà en cours ou à l’étude, dont les réserves naturelles, le maillage vert et bleu, la PAC, LIFE et divers plans sectoriels, tout en évoquant l’objectif de protéger 5 % du territoire wallon d’ici 2030. La députée a toutefois regretté l’absence de réponse précise sur le budget, rappelant l’enjeu des moyens nécessaires. La discussion s’est ensuite portée sur un projet de décret d’assentiment à l’accord ONU sur la biodiversité marine, amendé pour exclure certains effets rétroactifs; le ministre-président a expliqué que cette exception résultait d’une concertation intergouvernementale et a accepté un renvoi en commission pour permettre un examen plus approfondi.
Le refus du budget de la Ville de Seraing
Les députées ont interrogé le ministre sur le refus du budget de Seraing, en évoquant un déficit annoncé, des justifications prétendument liées à de simples erreurs d’écriture et les conséquences possibles pour les services publics locaux. François Desquesnes a répondu que le budget présentait des erreurs de comptabilisation, mais surtout qu’il aboutissait à un budget non équilibré, en contradiction avec le Code de la démocratie locale, avec une trajectoire financière jugée très préoccupante à court terme. Il a souligné l’absence de mesures structurelles suffisantes, les alertes antérieures du CRAC et le niveau élevé des dépenses de personnel, tout en demandant à la Ville de revoir son budget. Les questions de suivi ont porté sur le risque d’austérité, l’impact sur l’emploi communal, le recours éventuel à de nouvelles taxes et le rôle du CRAC dans l’accompagnement antérieur.
Le budget de la Commune d’Herstal
Sophie Fafchamps a interrogé le ministre sur les raisons du refus du budget de la commune d’Herstal, en contestant l’idée que la commune n’aurait pas respecté ses engagements dans le cadre du plan Oxygène, et a demandé quel rôle jouent la Région wallonne et le CRAC dans l’accompagnement des communes. François Desquesnes a répondu que le CRAC rendait depuis 2018 des avis négatifs sur le budget d’Herstal et que, malgré le soutien régional, aucune trajectoire structurelle suffisante n’avait été enclenchée depuis 2022. Il a indiqué que la non-approbation du budget visait à envoyer un signal pour imposer un changement de cap, tout en affirmant que ses services et le CRAC restaient disponibles pour un dialogue avec la commune.
Le bus à haut niveau de service (BHNS) de Charleroi
Les députés ont demandé au ministre de confirmer le maintien du BHNS de Charleroi, présenté comme un projet structurant pour la mobilité de Charleroi Métropole, et de préciser les raisons du possible report évoqué dans la presse. François Desquesnes a répondu que le Gouvernement wallon devait d’abord remettre à plat et financer correctement le contrat de service public de l’OTW, le budget actuel ne correspondant pas aux missions demandées. Il a ajouté que le projet est en outre freiné par un recours au Conseil d’État sur un permis, ce qui empêche tout début de travaux immédiat, et a demandé quelques mois de patience avant une décision définitive.
La suspension du projet de bus à haut niveau de service (BHNS) de Charleroi
Les députés ont alerté le ministre sur la possible suspension du projet de BHNS à Charleroi, qu’ils ont présenté comme un chantier structurant pour la mobilité de Charleroi Métropole, en soulignant l’engorgement de la zone, les liens prévus vers Montigny-le-Tilleul et Gerpinnes, ainsi que l’importance des aménagements cyclables. François Desquesnes a indiqué que le Gouvernement devait d’abord remettre à plat et reconstruire le contrat de service public de l’OTW sur base d’un financement adéquat, après avoir constaté un désalignement budgétaire, et a ajouté qu’un recours au Conseil d’État était pendant sur un des permis. Il a demandé quelques mois de patience, en précisant que les travaux ne pouvaient de toute façon pas commencer immédiatement et que des réponses suivraient dans le courant de l’année.
Les objectifs de reports modaux vers les transports en commun
Bruno Lefèbvre a interrogé le ministre sur l’écart entre l’objectif FAST 2030 de 10 % de déplacements en tram et en bus et les chiffres récents d’Acerta, autour de 8 %, en demandant quelles orientations seraient prises pour atteindre la cible. François Desquesnes a répondu que l’étude ne concerne que les travailleurs, alors que la mobilité doit être appréhendée de manière plus large, et a renvoyé au bilan du SPW MI et de l’IWEPS, fondé sur une nouvelle méthodologie pour 2024. Il a indiqué que ces données servent désormais à piloter la Stratégie régionale de mobilité, avec des efforts à mener sur les transports collectifs, le covoiturage, les voitures partagées et la mobilité active. En conclusion, Bruno Lefèbvre a estimé que l’écart restait important et a plaidé pour une réouverture de la concertation, en citant notamment les extensions du tram de Liège et les budgets du TEC.
Les problèmes de transport scolaire
Loïc Jacob a dénoncé l’arrêt soudain d’un transport scolaire à Hamoir, après réexamen du dossier par le TEC, alors que des élèves de maternelle et de primaire risquaient de devoir emprunter seuls des lignes régulières et traverser une nationale pour rejoindre leur école. Il a demandé une clarification des critères de la circulaire et une solution pour les familles concernées. François Desquesnes a indiqué avoir saisi ses services pour examiner le dossier et rechercher une solution, tout en rappelant les contraintes budgétaires et la nécessité de développer des alternatives locales comme le covoiturage. Le ministre a précisé vouloir privilégier, dans ce cas ponctuel, la solution la plus humaine possible, tandis que le député a suggéré de prolonger le dispositif jusqu’à la fin de l’année scolaire.
La manifestation de la fonction publique wallonne du 18 décembre
Les députées Van Walle et Tillieux ont relayé la mobilisation des syndicats de la fonction publique wallonne, dénonçant les coupes budgétaires, la remise en cause du statut, le gel de certaines subventions et les conséquences annoncées sur l’emploi et les services, notamment dans les TEC et dans des structures d’accueil. Jacqueline Galant a répondu que la DPR impose des mesures fortes mais assumées, que les concertations sociales prévues ont été menées et que le retrait de l’article 119quater, §2 est en cours. Elle a affirmé que les économies visées représentent 11,6 millions d’euros, soit moins de 1,5 % du budget, et a exclu tout « bain de sang social » ou licenciement.
L’impact des dépassements budgétaires de la gare de Mons sur les finances wallonnes
Guillaume Soupart a interpellé le ministre sur l’ampleur des dépassements budgétaires de la gare de Mons et a demandé si ces surcoûts concernaient aussi le premier quai réservé au TEC. François Desquesnes a répondu que, pour la partie wallonne liée à l’aménagement TEC, une convention conclue en 2010 avec la SNCB fixait un montant forfaitaire de 39,213 millions d’euros, intégralement respecté sans supplément. Le député a pris acte de cette réponse en estimant que les surcoûts avaient été supportés par la SNCB et Infrabel, et non par le TEC.
Le financement de la quasi-gratuité des TEC pour les jeunes et les séniors
Amandine Pavet s’oppose à la suppression annoncée de la quasi-gratuité des TEC pour les 18-24 ans, qu’elle juge indispensable pour les études, le travail et la mobilité quotidienne, et demande au ministre de confirmer le maintien de l’abonnement à 12 euros. François Desquesnes répond qu’une politique publique doit être évaluée et souligne l’augmentation des moyens accordés à l’OTW, sans hausse correspondante de la fréquentation, estimant légitime de s’interroger sur l’efficience du dispositif. Il inscrit la réforme dans le cadre plus large des objectifs climatiques, de transfert modal et de lutte contre la pauvreté, en annonçant un nouveau contrat de service public en 2025. La députée estime toutefois que la réponse reste floue sur l’avenir de la quasi-gratuité et annonce la poursuite de la mobilisation contre sa suppression.
La réduction désastreuse des moyens alloués à la biodiversité
Les députées Céline Tellier et Valérie Dejardin ont dénoncé une forte réduction annoncée des moyens consacrés à la biodiversité en Wallonie, évoquant un passage de 24,6 millions d’euros à 6 millions et craignant un affaiblissement des projets de protection, de plantation de haies et d’aires naturelles. Anne-Catherine Dalcq a contesté l’ampleur de la baisse, expliquant que les budgets liés à certaines associations avaient été transférés vers le ministère de son collègue Coppieters et qu’il s’agissait, selon elle, d’une diminution réelle d’environ 15 % et non de 75 %. Elle a affirmé que l’ambition du Gouvernement pour la biodiversité restait inchangée, tout en prônant des politiques plus ciblées, mesurables et fondées sur des solutions basées sur la nature. Les interpellantes ont toutefois maintenu leurs réserves et demandé des précisions dans le cadre des travaux budgétaires.