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ActualitéWalloniemercredi 25 février 2026

La soutenabilité financière de Charleroi et des grandes villes wallonnes

Synthèse

Nicolas Tzanetatos a interrogé le ministre sur la dette très élevée de Charleroi et, plus largement, sur la soutenabilité financière des grandes villes wallonnes, en soulignant la hausse de l’endettement, la nécessité d’efforts d’assainissement et la dépendance à l’égard des aides régionales et des banques. François Desquesnes a répondu qu’une vingtaine de communes étaient en difficulté, que l’assainissement relevait à la fois du Fédéral, de la Région et des communes, et que le plan Oxygène n’avait pas atteint ses objectifs en raison notamment d’un manque d’efforts initiaux et du retrait des banques. Il a précisé que la Wallonie avait dû se substituer aux banques, avec 223 millions d’euros prêtés à Charleroi sur trois ans et 9,2 millions d’euros pris en charge au titre des intérêts et annuités, tout en visant un retour progressif des communes vers l’équilibre budgétaire.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre, Charleroi, première métropole de Wallonie, a un taux d’endettement de 1 milliard d’euros. J’ai pris les chiffres. C’est un volume de dette de 182 %. C’est une dépense de dette annuelle pour l’année 2026 de 99 millions d’euros, ce qui représente un remboursement de 271 000 euros par jour. La situation est l’héritage de son ancien bourgmestre, Paul Magnette, puisqu’on est passé, en 2019, d’une dette par tête d’habitant de 3 776 euros à, chiffres consolidés par l’IWEPS – c’est officiel –, 5 561 euros en 2023. C’est catastrophique. Face à une situation aussi catastrophique, force est de constater que les banques ont perdu confiance dans cette première métropole de Wallonie. Vous avez dû, vous, Gouvernement wallon, jouer le rôle de banquier, en donnant ce que les banques ne voulaient plus donner à la Ville de Charleroi, avec une condition de bon sens: arrêter de dépenser plus que ce que vous ne recevez, soit avoir un budget à l’équilibre. Face à ce constat, à cette condition qui me semble essentielle, on a le bourgmestre qui joue à Jean qui rit, Jean qui pleure. Thomas pleure, parce qu’il dit que, quand il doit arrêter de mal dépenser, c’est à cause de la Région wallonne. Quand il doit faire des économies, c’est à cause de la Région wallonne. Thomas Dermine rit quand, grâce à ces mesures d’assainissement, les banques lui prêtent à nouveau de l’argent: 20 millions d’euros en plus des 15 premiers millions d’euros. C’est la situation. Parfois, il faut tendre le bâton pour avoir une situation financière, non pas stable ni sécure – parce qu’on est encore loin de l’objectif –, mais au moins sur la bonne voie. Ma question porte sur Charleroi, mais aussi sur l’ensemble des grandes villes. Quand Charleroi et Liège iront bien, la Wallonie ira mieux. Quelle est aujourd’hui la situation financière des grandes villes? Quel est l’état de soutenabilité financière de nos grandes villes wallonnes?

    Agressivité 93%Constructivité 68%Factuel 91%Émotionnel 100%
  2. FD

    Monsieur le Député, votre question pose une problématique cruciale qui est celle de l’assainissement nécessaire des finances de toute une série de grandes villes, mais également d’autres villes d’autres tailles en Wallonie. Elles sont une vingtaine en difficulté financière sérieuse, en partie pour des raisons exogènes et en partie pour des raisons qui leur sont propres. Je l’ai toujours dit, en matière de rétablissement de la trajectoire budgétaire des communes, chacun doit faire sa part d’efforts: le Fédéral, il y a des avancées en la matière, notamment en ce qui concerne les cotisations de responsabilisation de pensions, pour lesquelles des budgets conséquents ont été annoncés par le Fédéral; - la Région, nous avons activé la solidarité supracommunale et provinciale par une reprise en charge et le décret qui a été voté en décembre dernier pour arriver à 100 % du P pour «Pompier»; - une partie relève des communes. Force est de constater que le mécanisme mis en place, le plan Oxygène, que j’avais critiqué lorsque j’étais dans l’opposition, n’a pas atteint ses objectifs. Au contraire, je constate que mon prédécesseur a laissé filer les choses. Les chiffres de déficit que vous citez correspondent à l’absence d’efforts réalisés au début du plan Oxygène. Avec le Gouvernement, nous avons souhaité que, sans étrangler les communes, elles reprennent une trajectoire, non pas de retour immédiat à l’équilibre, mais une trajectoire progressive. Ce sont les efforts qui sont aujourd’hui menés. C’est vrai que la situation devient difficile parce que le triptyque sur lequel se basait le plan Oxygène – des prêts bancaires, une intervention régionale et des efforts communaux –, n’a plus été respecté à un moment donné, parce que les banques ne prêtaient plus, faute de confiance. C’est la Wallonie qui a dû se substituer aux banques. Pour Charleroi, ce sont 223 millions d’euros qui auront été prêtés au cours de ces trois dernières années. Je rappelle aussi que cela correspond à un engagement très clair de prise en charge de l’intérêt et de l’annuité: 9,2 millions d’euros cash de la Wallonie pour soutenir cette situation de Charleroi. Aujourd’hui, nous veillons à ce que les communes retrouvent une trajectoire d’équilibre. C’est l’effort sur lequel nous nous sommes engagés.

    Agressivité 88%Constructivité 76%Factuel 82%Émotionnel 90%
  3. Il est évident que les grandes villes, dont Charleroi, auront encore besoin de la Région wallonne. La perspective d’assainissement vise à renouveler éventuellement un contrat de confiance basé sur le financier pour l’horizon 2027. Sans une aide, Charleroi n’arrivera pas à faire tourner la boutique – passez-moi l’expression – pour l’année 2027. Dès lors, on a une oreille à tout le moins attentive, même si les réseaux sociaux laissent penser le contraire dans le chef du bourgmestre, quant au fait qu’il doit y avoir des mesures d’économies qui doivent permettre de restaurer un climat de confiance à la fois à l’égard du Gouvernement wallon, mais aussi et surtout à l’égard des institutions bancaires pour permettre à l’autorité communale de la métropole wallonne d’investir. Aujourd’hui, 20 millions d’euros, on s’en réjouit, mais sur un budget comme une ville de Charleroi, c’est peanuts. Vingt millions d’euros sur un budget de quasiment 600 millions d’euros, cela veut dire que l’on ne sait plus faire un investissement si l’on ne prête pas. Vingt millions d’euros à l’échelle de Charleroi, on ne sait rien faire. Il faut continuer le chemin, continuer à tendre le bâton, mais en disant que, à l’horizon, il y aura des carottes.

    Agressivité 94%Émotionnel 87%

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