Les récents propos de M. le Ministre-Président sur l’octroi des subventions facultatives et l’exemplarité dans l’action du Gouvernement
Isabella Greco a interrogé le ministre-président sur la cohérence de ses déclarations dénonçant le clientélisme dans l’octroi des subventions facultatives, alors qu’il aurait lui-même accordé plus de 650 subventions, et elle a demandé des critères publics justifiant ces choix. Pierre-Yves Jeholet a répondu que le Gouvernement veut réformer ce système en l’objectivant, en le rendant plus équitable et transparent, avec une économie visée de 60 millions d’euros dès 2025 et l’inscription des subventions dans un cadastre accessible aux parlementaires et au public. Il a précisé que les subventions ne disparaîtront pas, mais seront mieux encadrées, potentiellement via des conventions pluriannuelles, afin de sécuriser les opérateurs et d’éviter des demandes annuelles. En réplique, la députée a dénoncé une contradiction entre ce discours d’exemplarité et la mise en avant, dans une vidéo depuis Osaka, d’un chocolatier de sa commune d’Ham-sur-Heure–Nalinnes, alors qu’il critique le sous-localisme.
Débat · 5 interventions
- IG
Monsieur le Ministre, ce week-end, le ministre-président a annoncé dans la presse, dans une interview, vouloir en finir avec le clientélisme politique lié aux subventions. Il a dit très exactement : « Les milliers d’euros donnés aux copains pour faire plaisir, c’est fini ». Une phrase, vous en conviendrez, qui attaque et qui dénonce un système qui semble perverti. Pourtant, ce système, le ministre-président le connaît très bien. Il en a d’ailleurs été un acteur majeur durant ces trois dernières années. Il a lui-même, au travers de ce dispositif, octroyé plus de 650 subventions. Ce n’est pas moi qui le dis, le cadastre des subventions accordées se trouve sur le site de la Wallonie. Ce qui m’amène à vous poser trois questions... (Réaction de M. Soupart) Je vous remercie de me laisser finir, Monsieur Soupart. Ce n’est pas poli d’interrompre les gens qui s’expriment. M. le Ministre-Président estime-t-il que les subventions qu’il a lui-même accordées au travers de ce dispositif, qu’il critique et qu’il condamne, sont également des subventions qui font plaisir aux copains? Ou échappent-elles à cette critique? Si elles échappent à cette critique, pourquoi ces subventions et pas les autres? Ensuite, vu que le ministre-président a participé à ce dispositif, pourquoi a-t-il attendu autant d’années avant de le dénoncer? Enfin, on sait que M. le Ministre-Président est bien plus exemplaire que tous les autres hommes politiques et femmes politiques. J’imagine qu’il acceptera de publier, légalement et ouvertement, la liste des critères qui l’a amené à octroyer les 650 subventions durant ces trois dernières années.
Madame la Députée, il est vrai que le nouveau Gouvernement a une approche différente par rapport aux subventions facultatives. D’abord, on s’inscrit dans la trajectoire budgétaire puisque, dès 2025, il y aura un effort sur les subventions facultatives ; un effort de l’ordre de 60 millions d’euros d’économies sur l’ensemble de la législature. Le ministre-président a-t-il dit que les subventions, c’était terminé? Bien évidemment que non. Par contre, une note d’orientation adoptée par le Gouvernement, le 10 avril dernier, mentionne que nous allons objectiver ces subventions, les rendre beaucoup plus équitables et objectives, mais aussi beaucoup plus transparentes. Je peux vous confirmer que les subventions s’inscriront aussi dans un cadastre qui sera accessible aux parlementaires, mais aussi à tous les Wallons et les Wallonnes qui le souhaitent. Il est normal que l’on puisse rendre des comptes, mais il est clair que nous allons continuer à apporter un soutien à certains opérateurs par rapport aux priorités et aux politiques que nous voulons soutenir au niveau du Gouvernement. Je pense que tout parti démocratique s’inscrira dans cette réforme puisque, aujourd’hui, les subventions facultatives ne sont encadrées ni par une norme, ni par un décret, ni par un arrêté. C’est ce que nous voulons faire. Que les choses soient bien claires et que ces subventions, en effet, s’inscrivent dans un souci de gouvernance, de transparence et d’objectivation. Nous avons débattu hier de Charleroi Métropole: cela va être le même principe. Je vous confirme que des contacts ont encore eu lieu avec mon cabinet aujourd’hui. Nous allons voir par rapport à l’ambition des opérateurs, par rapport aussi à ce qui a été fait jusqu’à présent et les objectifs des différents opérateurs. Nous allons même les sécuriser, puisque l’on veut inscrire ces subventions dans des conventions pluriannuelles pour sécuriser les opérateurs et ne pas venir – excusez-moi l’expression – quémander chaque année auprès des ministres. Je pense que cela satisfera tout le monde.
Agressivité 78%Constructivité 86%Factuel 90%Émotionnel 85%- IG
Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour ces éléments. On peut vouloir se montrer exemplaire, on peut en plus plaider en faveur de plus de transparence et une impartialité parfaite. C’est tout à fait jouable et c’est tout à fait louable. Cependant, faut-il encore pouvoir le faire en toute cohérence et l’appliquer d’abord à soi-même. Au-delà des discours, il y a les gestes. Ce dimanche, depuis Osaka, le ministre-président a publié une vidéo dans laquelle il met à l’honneur un chocolatier de sa commune en insistant fortement sur son implantation, sur sa petite place dans sa petite commune rurale d’Ham-sur-Heure–Nalinnes, commune dont le ministreprésident est encore bourgmestre en titre. Comment justifier cette contradiction flagrante?
Agressivité 51% - IG
« Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ». Il faut arrêter de faire passer les autres pour moins que vous.
Agressivité 96%Émotionnel 92% - IG
Arrêtez de jouer les vierges effarouchées ! Dénoncer, c’est bien, mais il faut reconnaître les siens d’abord. À Osaka, le ministre-président parle d’Ham-surHeure–Nalinnes, mais il condamne le sous-localisme!
Agressivité 87%Émotionnel 91%
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