Le financement de la quasi-gratuité des TEC pour les jeunes et les séniors
Amandine Pavet s’oppose à la suppression annoncée de la quasi-gratuité des TEC pour les 18-24 ans, qu’elle juge indispensable pour les études, le travail et la mobilité quotidienne, et demande au ministre de confirmer le maintien de l’abonnement à 12 euros. François Desquesnes répond qu’une politique publique doit être évaluée et souligne l’augmentation des moyens accordés à l’OTW, sans hausse correspondante de la fréquentation, estimant légitime de s’interroger sur l’efficience du dispositif. Il inscrit la réforme dans le cadre plus large des objectifs climatiques, de transfert modal et de lutte contre la pauvreté, en annonçant un nouveau contrat de service public en 2025. La députée estime toutefois que la réponse reste floue sur l’avenir de la quasi-gratuité et annonce la poursuite de la mobilisation contre sa suppression.
Débat · 3 interventions
- AP
Monsieur le Ministre, attaquer les jeunes, c’est la première chose que vous faites en tant que nouveau ministre de la Mobilité. En effet, vous avez annoncé vouloir mettre fin à la quasi-gratuité des TEC pour les 18-24 ans. On a été à la rencontre des jeunes pour leur demander un peu leur avis. Je peux vous assurer que les jeunes ont absolument besoin de ces abonnements à 12 euros par an. Ils en ont besoin pour aller aux cours. Ils en ont besoin pour aller travailler. Ils en ont besoin pour espérer trouver du boulot ou encore pour sortir avec leurs amis. Votre job, le job de votre Gouvernement, c’est justement d’épauler ces jeunes, de les aider à étudier, à trouver un boulot et pas au contraire de leur mettre des bâtons dans les roues comme vous comptez le faire avec ce projet. Si vous mettez fin à la quasi-gratuité des TEC pour les 18-24 ans, on va tomber dans des tarifs normaux qui coûtent en fait plus de 300 euros par an. C’est juste impossible et inaudible pour ces jeunes. Le message de votre Gouvernement MR-Engagés, et à tous niveaux de pouvoir, c’est de dire que les jeunes ne sont pas la priorité. Pire, c’est d’aller faire des économies sur le dos des jeunes et sur le dos de leur avenir. C’est tout simplement inacceptable. C’est d’autant plus inacceptable que vous avez trahi ces jeunes, vous avez trahi les familles, mais aussi vos propres électeurs puisque, je le rappelle quand même, dans le programme des Engagés, il n’était pas question d’en finir avec la quasi-gratuité des TEC. Au contraire, il était question de l’étendre aux 12-26 ans. Monsieur le Ministre, pouvez-vous promettre aux jeunes qu’en 2025 et dans les années à venir, ils pourront toujours bénéficier d’un abonnement à 12 euros par an pour prendre le bus? Pourquoi le Gouvernement MR-Engagés prend-il comme première cible les jeunes pour faire des économies? Je vous assure que c’est une question sincère que je vous pose. Vous affirmez que la quasi-gratuité n’augmenterait pas la fréquentation des bus. Pouvez-vous nous le prouver? Pensez-vous sincèrement qu’à l’inverse, c’est-à-dire en augmentant les tarifs, vous allez donner envie à plus de gens et plus de jeunes de prendre les transports?
Agressivité 48% - FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Madame la Députée, j’avoue avoir un peu du mal à suivre votre raisonnement, puisque vous affirmez des choses avant de m’interroger pour savoir si ce que vous affirmez est vrai. J’ai un peu l’impression aussi que vous revenez sur un débat que j’ai eu avec vos collègues en commission voici 15 jours. Ce que je voudrais dire en matière de politique, c’est que toute politique publique doit être évaluée et qu’elle mérite de mettre les choses à plat. Les constats aujourd’hui, c’est que les moyens que la Région wallonne a mis dans l’Opérateur de transport de Wallonie ont considérablement augmenté depuis cinq ans – +13 % hors inflation –, que les bus ont fait 4 % de plus en termes de kilomètres parcourus, mais que le nombre de passagers n’a pas augmenté. Se poser la question de l’efficience en matière de transports publics est dès lors correct. Cette efficience doit aller de pair avec d’autres questionnements, des objectifs et des plans que la Wallonie a validés et que le Gouvernement wallon entend remplir, à savoir: les ambitions climatiques à la hauteur du plan Air-ClimatÉnergie, la vision de transfert modal FAST 2030 et, enfin, le Plan wallon de lutte contre la pauvreté. C’est dans ce cadre, comme je l’ai déjà annoncé et répété en commission, qu’un nouveau contrat de service public, doté de moyens budgétaires sérieux, sera mis en place en 2025, en partenariat, bien sûr, avec l’Opérateur de transport et l’Autorité organisatrice du transport.
Agressivité 52%Émotionnel 45% - AP
Je vous remercie bien, Monsieur le Ministre. Malheureusement, cette réponse ne va pas rassurer tous les jeunes qui risquent d’être mis en grande difficulté par l’arrêt de la quasigratuité des TEC pour les 18-24 ans. Je trouve très grave que, dans votre réponse, vous ne formuliez aucune réponse pour tous ces jeunes qui s’inquiètent. Oui, je vous repose une question parce que vous avez fait des affirmations il y a un mois et que puis, petit à petit, vous n’êtes plus aussi clair. Quand je vous pose clairement la question de savoir si vous allez supprimer cette quasi-gratuité ou pas, vous êtes dans le flou. Je sais très bien ce que cela veut dire. Pour avoir passé un peu de temps dans cette arène parlementaire, cela veut dire que vous allez bel et bien vous attaquer aux jeunes et à leur avenir. C’est vraiment un scandale. Par contre, ce que vous avez bien compris, c’est que ce ne sera pas aussi facile que cela. Il y a, en effet, beaucoup de jeunes qui sont en colère. Les jeunes du PTB ont lancé une pétition pour maintenir la quasigratuité des bus TEC pour les 18-24 ans, et en très peu de temps, ils ont obtenu 2 000 signatures. Avec le PTB, on ne vous lâchera pas pour maintenir cette quasigratuité à laquelle les jeunes tiennent, et ils y ont bien droit.
Agressivité 68%Émotionnel 54%
Questions similaires
L’incertitude concernant le maintien à long terme de la quasi-gratuité des transports en commun pour les jeunes âgés de 18 à 24 ans
Amandine Pavet a dénoncé l’annonce initiale de la fin de la quasi-gratuité des TEC pour les 18-25 ans, puis le revirement du ministre qui maintient cette mesure en 2025, et a demandé une garantie pour 2026 et les années suivantes. François Desquesnes a répondu qu’il s’agissait d’une évaluation de la politique tarifaire et non d’une décision de suppression, en affirmant que la compensation tarifaire serait bien inscrite dans la dotation du TEC en 2025. Il a soutenu que la gratuité quasi totale doit être interrogée au regard de son efficacité, tout en accusant ses contradicteurs de diffuser des « fake news ».
Le coût réel des abonnements des TEC quasiment gratuits» Question d’actualité de Mme Alice Bernard à M. François Desquesnes, Ministre du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux, sur «le succès de l’abonnement pour les jeunes
Le questionneur a interrogé le ministre sur le bilan de la quasi-gratuité des abonnements TEC pour les 18-24 ans, les BIM et les plus de 65 ans, en soulignant une hausse limitée des abonnements et le risque d’un manque de financement structurel pouvant nuire à la qualité du service. La réponse ministérielle a rappelé que la mesure coûte environ 40 millions d’euros, qu’une évaluation complète était prévue sur base des résultats 2024 et que les chiffres définitifs font état de 409 000 abonnements quasi gratuits, en hausse de 8 %. Le ministre a toutefois nuancé cet effet positif en indiquant que, chez les 18-24 ans, la hausse des abonnements (+4,1 %) s’accompagne d’une baisse des validations (-2,3 %), ce qui l’amène à revoir la grille tarifaire dans le cadre du nouveau contrat de service public avec l’OTW. Les intervenants ont, de leur côté, défendu la mesure comme socialement utile et favorable à la mobilité, à la santé publique et à la lutte contre la pollution.
Le nouveau contrat de service public du TEC
Germain Mugemangango a dénoncé la note d’orientation du Gouvernement sur le transport public, qu’il a présentée comme annonçant davantage de suppressions de lignes jugées non rentables, une ouverture au privé et une hausse indirecte des tarifs via l’augmentation des recettes propres demandées au TEC. Il a demandé quelles mesures concrètes seraient prises pour éviter un réseau moins efficace, moins fourni et plus cher, notamment en zone rurale. François Desquesnes a répondu qu’il s’agissait de lignes d’orientation pour réviser l’actuel contrat de service public, jugé insuffisamment financé, et a défendu une plus grande souplesse de l’OTW afin de transporter davantage de personnes plutôt que de faire circuler des bus peu remplis. Il a aussi affirmé que le monopole public du transport organisé par l’OTW était maintenu et a rappelé qu’un financement de 22 millions d’euros serait réinjecté en 2028 et 2029 pour renforcer le transport à la demande en zone rurale.
La nécessité de soutenir les organisateurs du Tour de la Madeleine
Özlem Özen a dénoncé la suppression par la TEC des bus loués à tarif préférentiel par les sociétés folkloriques pour le Tour de la Madeleine, en demandant des précisions sur la mise en œuvre d’une solution via l’enveloppe de cohésion sociale et sur les délais. François Desquesnes a expliqué que la décision de la TEC découle de procès-verbaux du SPF Mobilité relatifs aux règles applicables au transport occasionnel, distinct du transport régulier, et d’une procédure judiciaire en cours. Il a indiqué que les plans de cohésion sociale constituent un levier de soutien aux associations locales, avec 22 millions d’euros par an, pouvant financer ce type d’initiative. La députée a jugé la réponse insuffisante et a estimé que la charge était renvoyée aux communes et au folklore local.
L’accessibilité du réseau de transports en commun aux personnes à mobilité réduite (PMR)
Les députés ont dénoncé des situations concrètes où des personnes à mobilité réduite doivent descendre à des arrêts non adaptés, avec des risques pour leur sécurité, et ont demandé quelles actions seraient menées pour améliorer l’accessibilité du réseau TEC, tant pour le matériel roulant que pour les arrêts. François Desquesnes a indiqué qu’un dossier précis concernait l’arrêt de Mézières, pour lequel un audit a été réalisé, un projet d’aménagement a été transmis à la Business Unit Hainaut et doit encore recevoir les avis de la Ville de Mons et du SPW avant exécution. Il a ajouté que l’OTW consacre chaque année 1,5 million d’euros à l’adaptation d’environ 150 arrêts PMR, en priorité là où la demande existe, et a affirmé que l’inclusivité resterait une attention particulière de son action. Les intervenants ont salué la prise en charge du cas individuel tout en soulignant la nécessité de poursuivre les investissements et la mise en œuvre effective des engagements.