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ActualitéWalloniemercredi 26 février 2025

Le financement des structures collectives d’enseignement supérieur (SCES)

Synthèse

Anne Laffut a interrogé le ministre sur les difficultés des SCES, financées par la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles, en rappelant les critiques issues d’un audit et de rapports d’évaluation, ainsi que la mise à zéro de la ligne budgétaire 2025. Pierre-Yves Jeholet a répondu que l’écosystème de la formation continue est trop complexe et peu lisible, et que l’audit de 2023 comme le comité de pilotage relevaient des problèmes de cohérence, de gouvernance, de visibilité et de coûts jugés excessifs. Il a indiqué que le Gouvernement avait pris acte de ces constats et ne maintiendrait pas des outils ne s’inscrivant pas de manière pertinente dans l’écosystème de la formation continue.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre, la presse faisait état récemment des difficultés et des mécontentements des SCES, ces structures collectives d’enseignement supérieur, en tout cas de certaines d’entre elles, au sujet de la suppression de leur financement. Il me semble plus que nécessaire aujourd’hui – avant de tirer des conclusions hâtives, car il n’y avait qu’un seul son de cloche – d’entendre l’avis du Gouvernement et le vôtre en votre qualité de ministre de l’Emploi et de la Formation. On le sait, les SCES sont financées tant par la Région wallonne que par la Fédération WallonieBruxelles, où il y a d’ailleurs eu un débat assez animé sur la question. Sur papier, l’objectif du dispositif est noble, bien évidemment, mais on se rend compte que, sur le terrain, cela ne fonctionne pas aussi bien. Ces dysfonctionnements ont été repris tant dans un rapport d’audit général que dans les rapports d’évaluation individuels des SCES. Monsieur le Ministre, pourriez-vous brièvement nous rappeler quelques conclusions qui en émanaient? Par ailleurs, dans la DPR, le Gouvernement s’engageait à améliorer la lisibilité et à améliorer l’efficience et la cohérence de l’écosystème de la formation. Or, pour rappel, ces SCES sont situées à Namur, à Liège, à Charleroi, à Tournai, des villes où l’on sait que l’offre de formation est déjà vraiment très importante. Que répondez-vous, Monsieur le Ministre, à ceux qui estiment aujourd’hui que ce serait une erreur de supprimer ces SCES alors que tout le monde s’entend pour dire que le paysage de la formation doit être simplifié? Monsieur le Ministre, on a mis à zéro la ligne budgétaire relative aux SCES pour l’année 2025, mais ce dispositif doit à nouveau être abordé dans le cadre de l’ajustement budgétaire. Quelle position allez-vous défendre en la matière?

    Agressivité 44%Émotionnel 37%
  2. Madame la Députée, vous avez raison, l’écosystème de la formation en général et de la formation continue est très complexe et peu lisible. C’est d’ailleurs une conclusion de l’audit externe qui a été commandé, à mon initiative, à la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2023. Chaque structure, quand on parle avec elle, justifie son existence, son efficacité et son rôle majeur dans le secteur dans lequel elle se trouve. Or, on a quand même toute une série de structures pléthoriques, y compris en formation continue. Quand on regarde l’audit externe initié en 2023, on voit un problème de visibilité, de cohérence entre les SCES elles-mêmes, de cohérence dans l’écosystème de la formation continue, une optimalisation loin d’être optimale en matière d’équipements, un coût à l’heure de formation continue quatre fois plus élevé que certains autres opérateurs wallons. En outre, chaque année, un comité de pilotage évalue les SCES. Qu’évoque-t-il? Des justifications qui ne sont pas bonnes au niveau budgétaire, des dépenses qui ne sont pas pertinentes, des problèmes de gouvernance par rapport à certaines SCES. Les critiques sont très fortes à l’égard de ces structures. Le comité de pilotage conclut en ces mots: «D’une manière générale, par rapport aux éléments et remarques apportés chaque année, souvent de manière itérative, le comité de pilotage s’étonne que les gouvernements ne prennent pas acte de cette situation». Le Gouvernement actuel en a pris acte: on ne maintiendra pas des outils qui ne s’inscrivent pas de façon pertinente dans l’écosystème de la formation continue.

  3. Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour cette réponse claire. Les constats sont là. Vous les avez rappelés : un manque de clarté budgétaire, des coûts élevés, des problèmes de cohérence, des problèmes de mauvaise gouvernance. Encore une fois, l’opposition répand la peur de manière complètement incontrôlée dans l’opinion publique. On préférerait passer son temps à travailler sur des dossiers au lieu de devoir à chaque fois réexpliquer les choses et de passer son temps à rétablir la vérité. Notre objectif n’a jamais été de mettre à mal la formation, que du contraire. Notre objectif est l’efficience dans la formation. Vous l’avez rappelé, il est impératif d’optimaliser ce paysage de la formation. Ce sera, au final, bénéfique tant pour les finances publiques, pour les employeurs que pour l’apprenant, parce que c’est bien de lui qu’il s’agit, c’est l’apprenant qui a besoin de formation. On doit mettre tous les moyens nécessaires, mais il s’agit de les réserver de manière optimale à quelque chose qui fonctionne. Il est vraiment temps de simplifier. Je vous remercie d’avoir le courage de prendre les options qui méritent d’être prises.

    Constructivité 86%Factuel 85%Émotionnel 43%

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