Les économies envisagées dans les plus gros portefeuilles ministériels wallons
Julien Liradelfo a interrogé le ministre-président sur les économies envisagées dans le cadre du conclave budgétaire, en l’accusant de laisser la porte ouverte à une remise en cause des allocations familiales. Adrien Dolimont a répondu qu’aucune décision n’était prise à ce stade, que tous les sujets restaient sur la table, mais qu’il était faux de cibler particulièrement les allocations familiales. Il a insisté sur la nécessité de réduire le déficit pour éviter d’alourdir la charge de la dette et préserver les politiques publiques, en précisant que le Gouvernement présenterait ses mesures une fois ses travaux achevés. Le député a maintenu ses critiques, estimant que le Gouvernement ne donnait pas de garantie et dénonçant une politique de « casse sociale ».
Débat · 3 interventions
- JL
Monsieur le Ministre-Président, lundi, vous allez rassembler votre Gouvernement pour parler du budget. Tout le monde se pose la question : dans quoi allez-vous couper ? Ce Gouvernement a déjà coupé dans les primes à la rénovation, dans les services publics et dans les aides à l’emploi. Aujourd’hui, on apprend que vous voulez vous attaquer aux allocations familiales. Monsieur Dolimont, les allocations familiales, ce n’est pas fait pour partir en vacances. Ce n’est pas fait pour s’acheter de beaux costumes. Ce n’est pas fait pour s’acheter une belle voiture. C’est fait pour habiller les enfants. C’est fait pour acheter du matériel scolaire. C’est fait pour inscrire les enfants dans un club sportif. Aujourd’hui, on apprend que vous voulez toucher à l’argent des familles, à l’argent des enfants. Monsieur Dolimont, je n’ai qu’une question et elle est claire: pouvez-vous garantir aujourd’hui que vous n’allez pas vous attaquer aux allocations familiales?
Agressivité 64%Factuel 36%Émotionnel 47% Monsieur le Député, c’est une question très claire et néanmoins non conforme à ce qui a été annoncé. Ce n’est pas un souci en soi. La question portait sur les économies dans le cadre du conclave budgétaire. (Réaction de M. Liradelfo) Oui, il y a une question, mais elle n’est pas en lien avec cet article. Bref, de toute façon, on a eu la discussion lundi au Parlement, je ne vais pas polémiquer parce que le but est de répondre et je ne vais pas fuir. De toute façon, je ne vais rien dire de plus que ce que j’ai dit lundi. Sur cette trajectoire, c’est clair que l’on est en conclave. Il est clair que l’ensemble des sujets sont sur la table, je ne vais pas dire le contraire. Toutefois, commencer à faire croire que les allocations familiales, c’est quelque chose que l’on regarde plus que le reste, c’est juste n’importe quoi. À un moment, il faut pouvoir dire les choses. On veut travailler sereinement. On vous présentera l’ensemble des mesures que l’on considère comme les plus équilibrées quand le Gouvernement aura terminé de travailler, comme cela s’est toujours fait par le passé. Allumer des feux à gauche et à droite, ce n’est pas ce qui permet de travailler sereinement, ce n’est pas ce qui permet de prendre les meilleures mesures. Je ne vais pas commencer à commenter à gauche, à droite, tant que rien n’est décidé. Aujourd’hui, la réalité, c’est que rien n’est décidé à ce sujet. Vous raconter autre chose, ce serait juste mentir. Il faut de l’honnêteté: dire que l’on regarde, que les enjeux budgétaires sont là. Pourquoi les enjeux budgétaires sont-ils là? Parce que l’on ne veut pas sacrifier les générations futures. Aujourd’hui, la charge de la dette représente 650 millions d’euros. Ce sont 650 millions que l’on ne sait pas utiliser pour les politiques. Ces 650 millions, c’est énorme. L’ensemble de la politique de la petite enfance en Fédération Wallonie-Bruxelles et chez nous, infrastructures comprises, ce sont 730 millions; la politique de la mobilité, plus de 800 millions. Si l’on ne fait rien, si l’on ne diminue pas le déficit, demain, c’est toute une série de politiques que l’on ne décidera pas d’arrêter, mais que l’on ne saura simplement plus payer. C’est la réalité. Ce que l’on veut, c’est préserver le bien-être des gens, pouvoir les aider quand c’est nécessaire, sortir quand on n’a pas besoin de donner et que l’on ne change pas la façon de fonctionner. C’est ce qu’il faut garder à l’esprit et c’est ce qui nous drivera pendant tout le travail du conclave budgétaire. On aura l’occasion, comme je l’ai toujours fait en sortie de conclave, de venir le défendre devant vous. Je n’ai aucun problème avec la transparence.
Agressivité 97%Constructivité 93%Factuel 99%Émotionnel 98%- JL
Monsieur Dolimont, ce qui est clair, c’est que vous ne confirmez pas que vous n’allez pas y toucher. Vous laissez la porte ouverte à une attaque des allocations familiales, et donc à l’argent des familles et des enfants. Tout est en train d’augmenter, les gens n’en peuvent plus, et vous laissez la porte ouverte à aller chercher l’argent des familles et des enfants. C’est simplement scandaleux. On sera attentifs à ce dans quoi vous allez couper. Dans quoi allez-vous couper? Aujourd’hui, vous n’êtes pas clair, mais on sait très bien, si l’on écoute votre président de parti, vous allez y toucher. Si l’on entend les Engagés, vous allez y toucher, mais d’une autre façon. Une chose est sûre, c’est que vous menez la même politique, tant au Fédéral qu’en Région wallonne: une politique de casse sociale. On sera dans la rue, aux côtés des familles et des travailleurs pour vous faire reculer.
Agressivité 86%Émotionnel 57%
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