CRI n° 3 - Séance plénière
Sujets abordés
- CPAS et isolement social : discussion sur les espaces communautaires créés dans le cadre du Plan de relance, leur rôle dans la lutte contre la solitude des personnes âgées et fragilisées, ainsi que leur financement futur.
- Financement des collectivités et des CPAS : échanges sur l’aide aux communes, la responsabilisation des pouvoirs locaux, les tensions budgétaires et les conséquences des réformes sur les services de proximité.
- Budget régional et économies : plusieurs interventions ont porté sur les arbitrages du conclave budgétaire, les efforts demandés aux différents portefeuilles et l’éventualité de mesures touchant les allocations familiales.
- Emploi, chômage et insertion socioprofessionnelle : la manifestation du 24 septembre à Namur a servi de toile de fond à des interpellations sur l’emploi de qualité, la fin de certains dispositifs et les impacts sociaux attendus.
- Culture et rayonnement international : la désignation de Leuven comme capitale européenne de la culture 2030 a entraîné un débat sur les retombées manquées pour Namur et sur l’usage des crédits initialement associés à la candidature.
- Énergie et approvisionnement : débat sur le démantèlement de Tihange 1 et 2, le déploiement des compteurs communicants et les orientations futures du mix énergétique, avec un rappel des compétences fédérales et régionales.
- Sécurité routière et transport routier : interrogation sur les rodéos routiers, les comportements à risque et les outils de sensibilisation/prévention à renforcer.
- Titres-services et services à la personne : discussion sur l’augmentation annoncée pour les utilisateurs, l’équilibre économique du secteur et la poursuite de l’audit du dispositif.
- Santé publique et pesticides : forte mobilisation citoyenne contre les pesticides, avec un débat sur la sortie progressive de ces produits, la protection des travailleurs et les enjeux de santé publique.
- Logement et sans-abrisme : échanges sur l’accueil d’urgence des femmes sans abri, la pérennité des dispositifs existants et la capacité des CPAS à absorber des besoins croissants.
- Intelligence artificielle et modernisation administrative : présentation du projet pilote d’IA dans l’administration wallonne, axé sur la simplification des tâches répétitives et la protection des données.
- Logement public : comparaison avec les investissements flamands et interpellation sur l’état du logement social en Wallonie.
- Aviation et cybersécurité : débat sur les cyberattaques visant des aéroports européens, la résilience des infrastructures wallonnes et la sécurité numérique du secteur aérien.
Votes
- Projet de motion motivée déposé par Mmes Tellier et Linard (Doc. 321, n° 1) : rejeté — 30 pour, 38 contre, 0 abstention.
- Projet de décret modifiant le décret du 27 mai 2004 relatif aux compétences de la Communauté germanophone en matière de pouvoirs subordonnés (Doc. 295) : adopté à l’unanimité — 68 pour, 0 contre, 0 abstention.
- Projet de décret portant assentiment à l’accord de coopération du 4 juillet 2025 sur le maximum à facturer, l’allocation forfaitaire pour malades chroniques et le statut de personne atteinte d’une affection chronique (Doc. 296) : adopté à l’unanimité — 65 pour, 0 contre, 0 abstention.
- Projet de décret modifiant la loi-programme du 10 février 1998 pour la promotion de l’entreprise indépendante (Doc. 305) : adopté — 38 pour, 0 contre, 30 abstentions.
- Projet de décret modifiant le décret du 23 juin 1994 relatif aux aéroports et aérodromes régionaux (Doc. 314) : adopté — 64 pour, 0 contre, 4 abstentions.
Questions
- Bruno Lefèbvre à Yves Coppieters : inquiétude sur la survie des espaces communautaires. Réponse : les 16 espaces sont maintenus jusqu’au rapport d’évaluation attendu fin septembre ; la prolongation du financement dépendra de cette évaluation.
- Geneviève Lazaron à Adrien Dolimont : impact de l’échec de Namur 2030 pour le rayonnement de la Wallonie. Réponse : déception du Gouvernement, mais volonté de réorienter les moyens vers des projets cohérents avec les compétences régionales et à dimension humaine.
- Germain Mugemangango, Éliane Tillieux et Stéphane Hazée à Adrien Dolimont : réaction du Gouvernement à la manifestation de plus de 10 000 personnes. Réponses attendues sur l’emploi, les réformes sociales et le dialogue social ; les interventions ont insisté sur les inquiétudes liées au chômage, aux APE et au pouvoir d’achat.
- Julien Liradelfo à Adrien Dolimont : économies dans les gros portefeuilles ministériels et risque de touchers aux allocations familiales. Réponse : le ministre a refusé de confirmer des coupes précises, tout en renvoyant au conclave budgétaire.
- Valérie Bluge à François Desquesnes : démantèlement de Tihange 1 et 2 et sécurité d’approvisionnement. Réponse : la sécurité d’approvisionnement relève du fédéral ; la Région intervient via les permis urbanistiques et environnementaux.
- Maxime Daye à François Desquesnes : aide aux communes en bonne santé financière. Réponse : le ministre a défendu une logique de responsabilisation des pouvoirs locaux et de respect des engagements des communes sous plan Oxygène.
- Vincent Crampont à François Desquesnes : lutte contre les comportements à risque sur autoroutes. Réponse : rappel du cadre légal, des sanctions possibles et de la nécessité de prévention et de sensibilisation.
- Sophie Fafchamps à Pierre-Yves Jeholet puis Adrien Dolimont : hausse des coûts pour les utilisateurs de titres-services. Réponse : recherche d’un équilibre entre conditions de travail, viabilité des entreprises, accessibilité pour les ménages et soutenabilité budgétaire ; un audit est en cours.
- Céline Tellier à Yves Coppieters : pétitions contre les pesticides. Réponse : le ministre reconnaît l’ampleur de la mobilisation et annonce une avancée sur un dossier de restriction, en lien avec la santé publique et l’environnement.
- Isabella Greco à Yves Coppieters : accueil d’urgence des femmes sans abri. Réponse : priorité gouvernementale à la protection des femmes vulnérables, mais difficulté liée à la fin du financement du projet concerné.
- Vincent Maillen à Jacqueline Galant : IA et modernisation de l’administration wallonne. Réponse : projet pilote avec environ 400 agents, centré sur la simplification, sans remplacement des agents ; retour majoritairement positif.
- Olivier Maroy et Anne-Catherine Goffinet à Cécile Neven : déploiement des compteurs communicants et avis de l’APD. Réponse : l’APD ne remet pas en cause le déploiement lui-même, mais la question de l’imposition de la fonction communicante ; l’objectif de 1,5 million d’installations d’ici 2029 est maintenu.
- Guillaume Soupart à Cécile Neven : politique énergétique future et mix de production. Réponse : priorité à la transition et à la décarbonation, dans le respect des compétences régionales et avec attention au coût pour les ménages.
- Laurent Devin à Cécile Neven : investissement wallon dans le logement social face à l’exemple flamand. Réponse : rappel du rôle des SLSP et AIS et de l’inadéquation entre l’offre et la demande en logements sociaux.
- Jean-Jacques Cloquet à Cécile Neven : cyberattaques visant les aéroports européens et risques pour les aéroports wallons. Réponse : absence d’impact direct en Wallonie lors de l’incident évoqué, mais nécessité de vigilance accrue en matière de cybersécurité.
Faits marquants
- Rejet net de la motion motivée déposée par l’opposition sur un sujet politique lié aux mesures gouvernementales.
- Adoption à l’unanimité de deux projets de décret techniques et institutionnels, traduisant un large consensus sur ces points.
- Mobilisation sociale importante devant le Parlement wallon, avec plus de 10 000 manifestants, sur fond d’inquiétudes liées à l’emploi, aux réformes sociales et au pouvoir d’achat.
- Déception manifeste autour de la candidature de Namur 2030, présentée comme une occasion manquée pour le rayonnement international de la Wallonie.
- Tension budgétaire marquée : plusieurs interventions ont signalé la pression sur les finances régionales, les communes, les CPAS et les dispositifs sociaux.
- Sujet particulièrement sensible sur les pesticides, avec une forte mobilisation citoyenne et l’annonce d’un travail parlementaire et gouvernemental accru.
- Déploiement des compteurs communicants confirmé comme un chantier majeur, avec une attention particulière portée à la protection des données personnelles.
Les craintes relatives à la survie des espaces communautaires
Bruno Lefèbvre a souligné l’utilité des espaces communautaires, créés en 2022 dans le cadre du Plan de relance pour lutter contre l’isolement, et a exprimé des inquiétudes quant à leur avenir alors que les besoins sociaux pourraient augmenter. Yves Coppieters a indiqué que 16 espaces communautaires sont concernés, qu’une évaluation est en cours et que son rapport est attendu pour fin septembre, ce qui conditionne la suite du dispositif. Il a précisé que le Gouvernement wallon a prolongé les subventions jusqu’à fin 2025 et qu’un appel a été lancé aux opérateurs, mais qu’un dossier manque encore, ce qui retarde la confirmation pour l’ensemble des projets. Le député a pris acte de cette prolongation, tout en insistant sur la nécessité de garantir des financements pour maintenir ces structures à l’avenir.
La désignation de la capitale européenne de la culture en 2030 et son impact pour le rayonnement de la Wallonie
Geneviève Lazaron a regretté la désignation de Leuven comme capitale européenne de la culture 2030 et a salué le travail du collectif Namur 2030, en demandant si la Wallonie pouvait nouer d’autres partenariats et si l’enveloppe de 15 millions d’euros prévue sous le précédent gouvernement pouvait financer des projets sur le territoire. Adrien Dolimont a exprimé sa déception, tout en rappelant que cette candidature visait à renforcer le rayonnement international de Namur et de la Wallonie. Il a indiqué que l’argent ne serait pas versé à la Ville de Namur pour ce projet, mais qu’il pourrait être réorienté vers des initiatives d’intérêt territorial relevant des compétences régionales, avec une attention à la bonne utilisation des fonds publics.
La réponse du Gouvernement wallon aux milliers de personnes qui manifestent le 24 septembre 2025 à Namur
Les députés ont relayé la mobilisation de plus de 10 000 manifestants à Namur contre les mesures du Gouvernement wallon, en dénonçant leurs effets sur l’emploi, le pouvoir d’achat, les APE, les titres-services, la précarité des contrats et l’exclusion du chômage. Ils ont aussi interpellé le ministre-président sur l’absence, selon eux, de dialogue et sur l’augmentation de diverses charges pour les ménages et les communes. Adrien Dolimont a répondu que le Gouvernement veut changer de modèle pour obtenir d’autres შედეგs, simplifier les aides à l’emploi et adapter les formations aux réalités du terrain, tout en affirmant que les défis sociaux sont pris en compte. Il a reconnu la nécessité de mieux expliquer les réformes et de corriger la communication si nécessaire.
Les critiques syndicales sur les réformes du Gouvernement et leurs conséquences sur la détérioration des conditions de vie des travailleurs
Les intervenants de l’opposition ont dénoncé les réformes du Gouvernement wallon et fédéral, qu’ils jugent défavorables à l’emploi, au pouvoir d’achat et à la justice sociale, en citant notamment les APE, les titres-services, les exclusions du chômage et la hausse de divers coûts pour les ménages et les communes. Adrien Dolimont a répondu que le Gouvernement entend changer de modèle pour obtenir des résultats différents, en affirmant que certaines critiques caricaturaient les réformes et que des mesures visent à simplifier les aides à l’emploi, mieux adapter les formations au terrain et éviter les effets d’aubaine. Il a aussi évoqué le travail en cours sur la lutte contre la pauvreté et reconnu la nécessité de mieux expliquer et, au besoin, d’adapter la communication autour des réformes.
Le dialogue après la manifestation pour l’emploi et contre la précarité
Les députés ont relayé les inquiétudes exprimées lors de la manifestation à Namur sur l’emploi, le pouvoir d’achat, les APE, les titres-services, les exclusions du chômage et la précarité croissante, en demandant une ouverture au dialogue avec les syndicats et le secteur associatif. Adrien Dolimont a répondu que le Gouvernement entend changer de modèle pour obtenir d’autres résultats, en jugeant nécessaire de réformer les aides à l’emploi, de simplifier les dispositifs et de mieux aligner les formations sur les besoins du terrain. Il a reconnu des défis sociaux et évoqué des actions en cours, notamment le plan de lutte contre la pauvreté, tout en estimant qu’une meilleure communication sur les réformes était nécessaire. Les interpellants ont ensuite dénoncé un bilan qu’ils jugent défavorable en matière d’emplois et de pression fiscale locale, ainsi qu’une absence de main tendue au dialogue.
Les économies envisagées dans les plus gros portefeuilles ministériels wallons
Julien Liradelfo a interrogé le ministre-président sur les économies envisagées dans le cadre du conclave budgétaire, en l’accusant de laisser la porte ouverte à une remise en cause des allocations familiales. Adrien Dolimont a répondu qu’aucune décision n’était prise à ce stade, que tous les sujets restaient sur la table, mais qu’il était faux de cibler particulièrement les allocations familiales. Il a insisté sur la nécessité de réduire le déficit pour éviter d’alourdir la charge de la dette et préserver les politiques publiques, en précisant que le Gouvernement présenterait ses mesures une fois ses travaux achevés. Le député a maintenu ses critiques, estimant que le Gouvernement ne donnait pas de garantie et dénonçant une politique de « casse sociale ».
Le démantèlement des sites nucléaires de Tihange 1 et 2
Valérie Bluge a interrogé le ministre sur la position de la Région wallonne concernant le permis de démantèlement des tours de refroidissement de Tihange 1 et 2, en soulignant les enjeux de sécurité d’approvisionnement, d’autonomie stratégique et de production électrique décarbonée. François Desquesnes a rappelé que la compétence énergétique relève du fédéral et qu’il ne s’exprimerait pas sur le fond, tout en précisant que le dossier d’Engie-Electrabel a été jugé complet le 1er juillet et qu’une décision en première instance est attendue vers décembre. Il a ajouté qu’en cas de recours, il serait amené à statuer comme autorité de recours, raison pour laquelle il évite de se prononcer publiquement sur la procédure. La députée a conclu en estimant le démantèlement prématuré et en appelant la Région wallonne à refuser le permis afin de maintenir l’activité sur le site.
Les récentes déclarations de M. le Ministre sur l’aide aux communes
Maxime Daye a demandé des précisions sur des propos de presse laissant entendre une baisse des aides wallonnes aux communes en bonne santé financière, craignant une prime à la mauvaise gestion ou une sanction des communes bien gérées. François Desquesnes a répondu que le Fonds des communes, socle de solidarité de 1,6 milliard d’euros, n’était pas remis en cause, mais que les aides complémentaires de la Wallonie devaient être réorientées vers les communes qui en ont le plus besoin, en fonction de leurs recettes par habitant et de leurs charges incompressibles. Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas de « prendre de l’argent » aux communes bien gérées, mais de mieux cibler la solidarité régionale. Le député a pris acte de ces explications tout en réaffirmant l’importance de ne pas récompenser une mauvaise gestion au détriment des communes vertueuses.
La lutte contre les comportements à risque sur les autoroutes
Vincent Crampont a interpellé le ministre sur le rodéo filmé sur l’E403 et a demandé si une stratégie spécifique de lutte contre ces comportements à risque avait été prévue, notamment dans le cadre des États généraux de la sécurité routière. François Desquesnes a rappelé que l’entrave méchante à la circulation est sévèrement sanctionnée, a précisé que la compétence relève principalement du niveau fédéral et a indiqué que la Wallonie agit surtout via la mise à disposition de ses caméras et la collaboration du SPW MI et de Perex avec les autorités. Il a aussi signalé qu’une proposition de loi fédérale contre les rodéos urbains est en cours d’examen et que les comportements transgressifs sont bien traités dans les États généraux, dont les résultats sont attendus à la mi-novembre. Le député a ensuite élargi la problématique à d’autres infractions routières, comme la vitesse, l’alcool, la drogue et le GSM au volant, en insistant sur la sensibilisation dès l’école et sur la nécessité de moyens financiers suffisants.
L’annonce d’une augmentation pour les utilisateurs de titres-services
Sophie Fafchamps a alerté sur l’annonce par un grand acteur des titres-services d’un supplément de 1,50 euro par titre, sans plafond ni cadre, et a demandé quand le comparateur de frais administratifs promis serait opérationnel, s’il garantirait une réelle transparence et s’il éviterait une hausse généralisée des coûts. Le ministre a rappelé que la réforme doit concilier le bien-être des travailleuses, la viabilité des entreprises, l’adhésion des utilisateurs et la maîtrise des finances publiques, tout en précisant qu’un audit du secteur est en cours. Il a indiqué qu’un avant-projet de décret prévoit un comparateur obligatoire des frais entre entreprises agréées, avec sanctions en cas de non-respect, et que l’outil devrait être lancé dans les prochaines semaines. Il a ajouté que, si la concurrence ne suffisait pas à limiter les excès, un encadrement plus contraignant pourrait être envisagé, tout en appelant à la prudence compte tenu des tensions du secteur.
L’appel de dizaines de milliers de Wallons à interdire les pesticides
Céline Tellier a rappelé l’ampleur des pétitions citoyennes, rassemblant environ 43 000 signatures, et a demandé quelles mesures concrètes le Gouvernement wallon entendait prendre, y compris une éventuelle rencontre avec les pétitionnaires. Yves Coppieters a indiqué avoir déjà rencontré certains initiateurs, reconnu l’importance du soutien populaire et annoncé préparer un dossier pour le Gouvernement sur base des auditions, du rapport de la Cour des comptes et de l’expérience du programme wallon de réduction des pesticides. Il a évoqué des pistes de renforcement de la protection des citoyens et des captages, l’interdiction des pesticides contenant des PFAS lorsque c’est possible, ainsi qu’une transition accompagnée pour les agriculteurs, en concertation avec les parties prenantes et avec l’implication du niveau fédéral. Céline Tellier a salué ces éléments tout en annonçant le dépôt d’une résolution plus complète intégrant les pesticides PFAS, la protection des zones de captage et le soutien économique aux agriculteurs.
L’importance de l’accueil d’urgence des femmes sans abri
Isabella Greco a souligné le succès de la maison Claudine Mahy à Dampremy, premier centre wallon d’hébergement exclusivement destiné aux femmes sans abri, en demandant si le ministre envisageait de soutenir durablement ce type de dispositif, notamment à Charleroi. Yves Coppieters a répondu que la protection des femmes sans abri constitue une priorité, mais que le financement du projet arrive à son terme et ne peut être pérennisé dans le cadre budgétaire actuel, largement fondé sur des moyens du Plan de relance. Il a néanmoins indiqué que la Région a réparti en juin une enveloppe pour les maisons d’accueil et abris de nuit, avec 87 places supplémentaires, et a rappelé plusieurs financements attribués à Charleroi pour l’urgence sociale et le sans-abrisme. En réplique, la députée a insisté sur l’absence de concertation, sur les difficultés des femmes à fréquenter les centres de nuit pour des raisons de sécurité et sur la nécessité de traduire les résultats du projet en financement structurel.
L’intelligence artificielle et la modernisation de l’administration wallonne
Vincent Maillen a interrogé la ministre sur le projet pilote d’intelligence artificielle lancé auprès d’environ 400 agents wallons, en insistant sur trois conditions: le respect des agents, la qualité du service et la maîtrise des données, ainsi que sur l’éventuelle extension du dispositif. Jacqueline Galant a répondu que l’IA ne vise pas à remplacer les agents mais à les soulager des tâches répétitives, avec un pilote qui s’achève fin 2025 et des retours largement positifs, à hauteur de 75 %. Elle a illustré l’usage de l’outil par l’exemple du traitement de dossiers volumineux, en soulignant qu’il doit permettre de recentrer les fonctionnaires sur des missions essentielles et plus gratifiantes. Le député a salué cette orientation et encouragé la poursuite de la démarche.
Le déploiement massif des compteurs communicants
Les députés ont interrogé la ministre sur le déploiement massif des compteurs communicants en Wallonie, l’avis critique de l’Autorité de protection des données, les conséquences pour les citoyens qui refuseraient l’activation de la fonction communicante et l’impact d’une question préjudicielle pendante devant la Cour de justice de l’Union européenne. La ministre a précisé que l’APD ne remet pas en cause le principe du déploiement, mais seulement l’obligation d’activer la fonction communicante, et a indiqué que l’avis est en cours d’analyse afin d’intégrer une solution équilibrée respectueuse du RGPD. Elle a aussi relevé que seuls 2 à 3 % des usagers refusent actuellement cette activation et a rassuré sur le maintien de la compensation pour les prosumers équipés de panneaux photovoltaïques avant le 1er janvier 2024, en soulignant que le compteur communicant reste un outil essentiel pour la gestion du réseau et la transition énergétique.
L’installation des compteurs communicants et la protection des données personnelles
Les députés ont interrogé la ministre sur le déploiement des compteurs communicants en Wallonie, la portée de l’avis de l’Autorité de protection des données et les garanties à offrir en matière de RGPD, ainsi que sur les conséquences pour les citoyens refusant l’activation de la fonction communicante et sur une question préjudicielle pendante devant la CJUE. La ministre a précisé que l’APD ne contestait pas le déploiement des compteurs, mais l’imposition de leur fonction communicante, et a indiqué que le gouvernement analysait cet avis afin d’intégrer une solution équilibrée respectant la protection des données. Elle a aussi rappelé que seuls 2 à 3 % des usagers refusent actuellement cette fonction, et a confirmé que l’installation du compteur ne pénalise pas les prosumers, la compensation restant acquise pour ceux ayant installé des panneaux avant le 1er janvier 2024.
La politique énergétique future
Guillaume Soupart a interrogé la ministre sur les sources d’énergie nécessaires à la Belgique à l’horizon 2050, en rappelant les scénarios du Bureau fédéral du Plan et la hausse attendue de la demande d’électricité, tout en insistant sur un mix décarboné qui n’alourdisse pas la facture des ménages et des entreprises wallons. Cécile Neven a répondu que l’étude concernait surtout des compétences fédérales, notamment le nucléaire et l’offshore, tandis que la Région doit surtout définir et structurer son mix renouvelable, en recherchant un équilibre entre décarbonation, sécurité d’approvisionnement et coût pour le consommateur. Elle a évoqué une refonte de la politique énergétique wallonne autour de la réobjectivation du mix renouvelable, d’une stratégie de soutien maîtrisant le coût des certificats verts, et du renforcement des réseaux, de la flexibilité, de la sécurité des infrastructures et de la finançabilité des investissements.
L’investissement et la sanction des communes récalcitrantes par la Flandre en matière de logement social et le désinvestissement de la Wallonie
Laurent Devin a interrogé la ministre sur l’exemple flamand, qui prévoit un investissement massif dans le logement public et des sanctions envers les communes qui refusent d’accueillir ou de développer du logement social, en demandant quelles aides et quels mécanismes de sanction la Wallonie envisage. Cécile Neven a répondu qu’en Wallonie la gestion repose sur les SLSP et les AIS, qu’il existe un décalage entre l’objectif communal de 10 % et les besoins réels, et qu’elle veut passer d’une logique communale à une logique par bassins, avec un droit de tirage, une objectivation des besoins et plusieurs réformes structurelles. Elle a précisé que la Wallonie ne dispose pas des mêmes moyens que la Flandre et qu’il ne s’agit pas d’un désinvestissement, mais de l’arrêt de financements jugés non pérennes. Le député a ensuite insisté sur l’implication des communes et sur le rôle des financements communaux, tout en saluant les investissements réalisés précédemment en Wallonie.
Les cyberattaques menées sur les aéroports européens et les risques encourus par les aéroports wallons
Jean-Jacques Cloquet a alerté sur les cyberattaques visant plusieurs grands aéroports européens et a interrogé la ministre sur la vulnérabilité des aéroports wallons, la protection des systèmes de bagages et de sécurité, ainsi que sur le risque accru pour le contrôle aérien. Cécile Neven a indiqué que les aéroports wallons n’avaient pas été touchés par l’incident de Zaventem, que Liège avait renforcé ses dispositifs de prévention et de formation, et que Charleroi s’était doté d’une équipe IT interne et d’un plan de continuité, tout en rappelant que la cybersécurité du contrôle aérien relève du fédéral et qu’elle interpellerait son homologue compétent. Le Parlement a ensuite examiné plusieurs textes techniques, dont l’assentiment à l’accord aérien avec le Cap-Vert, le transfert de compétence à la Communauté germanophone pour les fusions de communes et la réforme des connaissances de gestion de base pour la création d’entreprise. Sur ce dernier point, la majorité a défendu une simplification administrative alignée sur les autres Régions, tandis que l’opposition a demandé davantage d’évaluation et d’accompagnement; le projet a malgré tout été soutenu par la majorité et rejeté ou abstenu par une partie de l’opposition selon les groupes. Un autre débat a porté sur la mise en conformité du régime wallon de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires après un arrêt de la Cour d’appel de Bruxelles. La ministre a expliqué que le décret supprime le système d’avertissements et consacre une marge d’incertitude de 2 décibels, avec relocalisation de sonomètres et ajustements à venir des arrêtés; les députés ont largement soutenu le texte, tout en demandant des précisions sur les sanctions, l’avis de l’ACNAW et l’effectivité du dispositif. Enfin, les parlementaires ont débattu de la réforme des aides à la formation et du congé éducation payé, ainsi que d’une motion sur les pesticides et les zones de captage. Le gouvernement et la majorité ont défendu une rationalisation des dispositifs de formation et une meilleure protection de l’eau, tandis que l’opposition a jugé ces réformes insuffisamment ambitieuses et a insisté sur la protection des travailleurs, des riverains et des publics vulnérables.