L’importance de l’accueil d’urgence des femmes sans abri
Isabella Greco a souligné le succès de la maison Claudine Mahy à Dampremy, premier centre wallon d’hébergement exclusivement destiné aux femmes sans abri, en demandant si le ministre envisageait de soutenir durablement ce type de dispositif, notamment à Charleroi. Yves Coppieters a répondu que la protection des femmes sans abri constitue une priorité, mais que le financement du projet arrive à son terme et ne peut être pérennisé dans le cadre budgétaire actuel, largement fondé sur des moyens du Plan de relance. Il a néanmoins indiqué que la Région a réparti en juin une enveloppe pour les maisons d’accueil et abris de nuit, avec 87 places supplémentaires, et a rappelé plusieurs financements attribués à Charleroi pour l’urgence sociale et le sans-abrisme. En réplique, la députée a insisté sur l’absence de concertation, sur les difficultés des femmes à fréquenter les centres de nuit pour des raisons de sécurité et sur la nécessité de traduire les résultats du projet en financement structurel.
Débat · 3 interventions
- IG
Monsieur le Ministre, lors de la dernière mandature, les ministres Collignon et Morreale ont notamment entendu l’appel du Conseil consultatif pour l’égalité femmes-hommes, qui est un collectif d’associations qui traite de la question de la femme à Charleroi, mais également l’appel du secteur du logement et de l’ensemble des associations qui accompagnent les personnes sans abri et plus singulièrement les femmes. Ces deux ministres ont rendu possible l’ouverture de la maison Claudine Mahy, située à Dampremy, qui n’est autre que le premier centre d’hébergement exclusivement dédié aux femmes sans abri en Wallonie. Cette maison compte deux places d’urgence et 10 places temporaires. Ouverte depuis plus ou moins un an et demi, elle a permis d’accueillir 116 femmes, dont 44 ont trouvé un logement de manière pérenne et durable. Ce n’est donc pas uniquement un toit sur une tête, c’est vraiment un projet d’accompagnement spécifique et personnalisé, une reconnaissance, et surtout une réelle opportunité de se reconstruire. Les résultats de cette maison ne sont pas à discuter. Malheureusement, les besoins sur le terrain continuent à grandir. Envisagez-vous des initiatives pour continuer à soutenir les opérateurs sur le terrain qui ont besoin de ce type d’hébergement, comme c’est notamment le cas du CPAS à Charleroi?
Madame la Députée, la protection des femmes sans abri et en situation de vulnérabilité est une priorité du Gouvernement wallon qui essaie de trouver des solutions. Par rapport à la situation particulière de cette maison pour sans-abri à Charleroi, vous savez très bien que l’on était à la fin d’un financement et qu’il n’y a pas de pérennisation de celui-ci. C’est la réalité d’un projet finalisé. La Région wallonne a eu des ambitions pour renforcer les maisons d’accueil, les abris de nuit ou encore les maisons d’hébergement collectif, mais, malheureusement, ces renforcements sont basés sur des financements qui ne sont pas pérennes et qui sont essentiellement basés sur le Plan de relance wallon, pour lequel toute une série de ces financements s’arrêtent petit à petit. C’est la réalité des choses. En ce qui concerne le renforcement psychosocial au niveau des maisons d’accueil, la stratégie Housing First et la stratégie de l’accompagnement post-hébergement sont tout à fait intéressantes, mais il n’y a pas de financement pérennisable à ce stade. C’est la réalité. Quoi qu’il en soit, en juin dernier, le Gouvernement wallon a clairement réparti l’enveloppe budgétaire territoriale pour les maisons d’accueil, les maisons d’hébergement et les abris de nuit, avec l’ouverture de 87 places supplémentaires pour les maisons d’accueil, ce qui est une belle victoire, afin de consacrer spécialement aux femmes en situation de fragilité, mais aussi aux enfants. Nous voulons avancer petit à petit par rapport à cette stratégie, mais le contexte budgétaire nous empêche de pérenniser les choses. À Charleroi, les maisons d’accueil ont 420 377 euros, les abris de nuit ont 125 253 euros, le relogement hivernal a 25 000 euros et le Relais social de Charleroi a près de 1 million d’euros pour son dispositif d’urgence sociale d’abri de nuit à la rue Dourlet. Dans le plan relatif au sans-abrisme, 629 000 euros sont prévus pour financer des case managers, un métier dont j’avoue n’avoir toujours pas très bien compris l’utilité. Il y a eu un vrai financement par rapport à cela, mais qui n’est pas pérenne. Madame la Députée, je vous garantis que l’expérience de Charleroi nous permettra de renforcer le plan relatif au sans-abrisme qui sera présenté bientôt au Gouvernement.
Constructivité 37%- IG
Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour ces éléments de réponse. La décision de ne pas soutenir le projet actuel ou de chercher d’autres solutions, le dispositif «Psy jeunes» qui s’est aussi envolé, la limitation du chômage qui va envoyer une grosse partie des chômeurs vers les CPAS et les discussions sur le plan Grand Froid sont des attaques que les CPAS perçoivent déjà comme indirectes, mais surtout comme n’étant pas concertées. La réalité du terrain, vous la connaissez comme moi. Aujourd’hui, les femmes qui sont en rue ne veulent pas aller dans les centres de nuit parce qu’elles ont peur pour leur sécurité. Il faut trouver des solutions. Un budget, c’est un choix politique. J’en appelle à votre responsabilité. Certes, c’était un projet pilote, mais dès lors qu’il montre des résultats efficaces et qu’il répond à un besoin sur le terrain, il est de votre responsabilité de le traduire en dépenses pérennes. Il y a moyen d’aller rechercher des budgets ailleurs, qui graissent toujours les pattes des mêmes, et de rééquilibrer un peu le budget en fonction des besoins de toutes et tous.
Agressivité 72%Constructivité 91%Factuel 75%Émotionnel 76%
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