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ActualitéWalloniemercredi 10 janvier 2024

La nécessité de créer un abri de nuit en brabant wallon

Synthèse

Les intervenants ont dénoncé l’absence d’abri de nuit en Brabant wallon, la saturation des structures existantes et le manque de solutions d’urgence face à l’augmentation du sans-abrisme, en appelant à une mobilisation des communes, des CPAS et du relais social, ainsi qu’à des mesures structurelles en matière de logement, d’accompagnement et de prévention des expulsions. Ils ont aussi interrogé la ministre sur les dispositifs renforcés en période de grand froid, l’augmentation des capacités d’accueil, l’élargissement des horaires et le renforcement des équipes de terrain, notamment les éducateurs de rue. En réponse, la ministre a été interpellée sur le financement et le cadre légal déjà mis en place, ainsi que sur la nécessité de convaincre davantage les communes de participer à l’offre d’hébergement, tandis que le débat s’est tendu autour de la responsabilité du niveau fédéral et des personnes sans papiers, sujet sur lequel un échange vif a opposé la ministre à un député.

Débat · 10 interventions

  1. D

    Madame la Ministre, il y a de plus en plus de personnes sans-abri – plus ou moins 16 000 personnes en Wallonie –, mais les abris de nuit, eux, sont saturés, surtout dans le Brabant wallon où il n’y en a vraiment pas. La gestion du sans-abrisme ne suffit pas. Il faut travailler bien en amont avec le ministre du Logement, réguler les loyers, améliorer l’accompagnement social, les soins de santé mentale, limiter les expulsions. On pense aussi à augmenter le nombre de logements sociaux, booster le Housing First, la captation de logements, les coopératives d’habitat, et cetera. Bref, il faut prendre des mesures structurelles pour stopper l’hémorragie du sans-abrisme. Bien sûr, la politique de la secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration a des répercussions sur le nombre de sans-abri. Bien sûr, Madame la Ministre, vous avez consacré d’énormes moyens aux territoires zéro sansabri, mais cela ne suffit pas à endiguer le mal-logement dans les villes et dans les communes rurales qui continuent à envoyer leurs sans-abri là où se concentrent les abris de nuit et les services connexes. Le président du CPAS de Namur, Philippe Noël, alerte depuis le mois de novembre sur la saturation de l’abri de nuit, bien avant les grands froids. Maintenant, il faut bien gérer ces abris de nuit et les besoins en hébergement d’urgence. Madame la Ministre, comment enrayer l’exode des sans-abri vers les grandes villes et la saturation des abris de nuit? Comment les villes et les communes voisines vont-elles pouvoir contribuer à la lutte contre le sansabrisme et contribuer à la gestion des abris de nuit sans en avoir chacun une? Enfin, comment compléter le réseau pour atteindre une couverture totale de notre territoire?

    Agressivité 86%Constructivité 65%Factuel 69%Émotionnel 83%
  2. Meilleurs vœux à toutes et à tous et à ceux que je n’ai pas encore eu l’occasion de saluer, ainsi qu’à ceux qui nous regardent. Madame la Ministre, effectivement, en Brabant wallon, il n’y a toujours pas d’abri de nuit. Ce n’est pas faute d’avoir exhorté les autorités locales, les différentes communes ainsi que la province. Ce Gouvernement a mis à disposition des moyens et a révisé le cadre légal puisque maintenant le CWASS permet au Brabant wallon et à un acteur du Brabant wallon d’initier un projet d’abri de nuit, mais il n’y en a toujours pas. Selon les chiffres du relais social, subventionné également par la Région wallonne, selon les chiffres qu’ils ont dénombrés avec la fondation Roi Baudouin, il y aurait plus ou près de 900 sans-abri en Brabant wallon, ce qui n’est pas rien. Quand on sait qu’ils n’ont pas contacté toutes les communes, on peut considérer que ce chiffre est à multiplier par deux, si pas par trois. Pas plus tard que ce matin, dans la commune de mon cœur, il y avait un sans-abri dans le hall d’entrée et malheureusement, il n’y a pas réellement de solution. 33 PW – Session 2023-2024 – CRI n° 9 – Séance plénière – Mercredi 10 janvier 2024 Vous avez fait le nécessaire. Des moyens sont disponibles. Le relais social est allé chercher un subventionnement récemment. En novembre dernier, le Gouvernement wallon a accordé 2 millions au relais social pour pouvoir sensibiliser les communes et avoir davantage de solutions d’hébergement dans un dispositif particulier et original. Malheureusement, seules sept communes du Brabant wallon sont actives et participent à ce relais et essayent de trouver des solutions. Les autres semblent s’en laver les mains, ce que je regrette. J’imagine que vous le regrettez également. Je vous invite, Madame la Ministre, si vous le voulez bien, mais je suis sûr que vous serez d’accord avec moi, à exhorter davantage encore les communes et les CPAS du Brabant wallon pour que l’on puisse mettre en œuvre enfin un abri de nuit en Brabant wallon, parce que, là aussi, la pauvreté est croissante. En Brabant wallon comme partout ailleurs, ce matin, il faisait -7 degrés.

  3. Madame la Ministre, en cette période de températures extrêmes, tant la nuit que le jour, toute notre attention est portée sur le sort des sansabri et des personnes mal logées. L’aide publique s’organise en Wallonie à partir des relais sociaux et elle s’organise depuis le 1er novembre. On n’a pas attendu que le gèle soit présent pour prévoir ce plan Grand Froid, ce dispositif grand froid. Cependant, on a parlé de problème de capacité d’accueil. Il y a un enjeu qui est l’élargissement des plages horaires pour les abris de jour et les abris de nuit. En cette période très spécifique de gel que nous connaissons, quelles sont les mesures complémentaires prises? Surtout, au-delà de l’augmentation de la capacité d’accueil et de l’élargissement des plages horaires, y a-t-il aussi un renforcement de l’encadrement au niveau des personnes dans ces lieux d’accueil? Puisque j’ai eu quelques contacts avec plusieurs relais sociaux ce matin, y a-t-il renforcement aussi de l’encadrement au niveau des éducateurs de rue, ces personnes qui vont à la rencontre des sans-abri? On le sait, dans le cadre de récentes enquêtes, certaines personnes SDF ou sans-abri refusent finalement d’accéder à certains services. Il faut aussi qu’il y ait un service qui soit renforcé dans la rue au niveau des éducateurs de rue. Je vous remercie déjà pour vos éléments de réponse.

    Constructivité 43%Factuel 36%Émotionnel 43%
  4. Madame la Ministre, il fait très froid, je dirais même mortellement froid pour les sans-abri, puisqu’une personne est décédée dans la rue à Ixelles, hier. Chaque année, ce sujet revient sur la table: le manque cruel de places d’hébergement d’urgence pour permettre à ces personnes de se réchauffer, tout simplement. Cela a d’énormes conséquences. L’IWEPS estime que 5 000 personnes sont concernées en Wallonie par l’hébergement d’urgence. Ce sont 5 000 personnes pour seulement 334 lits. Que répondez-vous dans la presse? Vous dites que c’est la faute du Fédéral, que c’est la faute de la secrétaire d’État qui refuse les hommes seuls, sans papiers, dans les centres Fedasil. Madame la Ministre, cela fait des années que des gens meurent de froid dans la rue, faute de places. Ce n’est pas nouveau. D’ailleurs, la Fédération des maisons d’accueil dénonce le manque d’ambition de votre Gouvernement par rapport à ce sujet. Je trouve que c’est quand même un peu facile de vous dédouaner sur le Fédéral. Que comptez-vous mettre en place pour que, dès demain, plus aucun sans-abri ne dorme dans le froid?

    Agressivité 63%Émotionnel 50%
  5. D

    Je vous remercie, Madame la Ministre. Il reste néanmoins paradoxal qu’un pays aussi riche que le nôtre n’arrive ni à éradiquer le sans-abrisme ni même à le gérer de façon à ce que personne ne dorme dehors, ou seulement en utilisant des moyens assez coercitifs qui peuvent un peu choquer, même si la sécurité de ces personnes est très importante et reste prioritaire. Cela devient une question de sécurité pour la population que d’éradiquer ce sans-abrisme. Il faudrait aussi conscientiser certaines communes qui sont dans le déni et qui ne reconnaissent pas qu’il y a du mal-logement chez elles ou du sans-abrisme afin de les responsabiliser par rapport aux actions à mener pour permettre aux personnes d’être correctement logées chacune dans leur commune.

    Agressivité 81%Constructivité 59%Émotionnel 86%
  6. Je vous remercie, Madame la Ministre. Exhorter les communes, comme le dit ma collègue, c’était ma suggestion tout à l’heure, comme une autre suggestion peut se faire jour – le Relais social du Brabant wallon l’a identifié – avec une boîte qui roule, un espace mobile, notamment pour un public plus jeune. C’est une autre solution éventuelle que nous pourrions mettre en œuvre ou initier. L’Observatoire du sans-abrisme suit le projet du Relais social du Brabant wallon qui a été financé par le Gouvernement wallon à concurrence de 2 millions d’euros. 35 PW – Session 2023-2024 – CRI n° 9 – Séance plénière – Mercredi 10 janvier 2024 Espérons que d’autres communes ou que les autorités provinciales prendront le problème à bras-lecorps et porteront des projets pour ne plus nier l’évidence de la pauvreté en Brabant wallon, qui se traduit par du mal-logement, de l’absence de chez soi ou du logement précaire et des situations très difficiles.

    Agressivité 70%Constructivité 78%Factuel 51%Émotionnel 64%
  7. Je vous remercie, Madame la Ministre, pour votre réponse. Il est vrai que l’objectif des différents relais sociaux est de travailler durablement avec la personne dans l’objectif d’insérer celle-ci dans un logement plus durablement. C’est cet objectif final qu’il faut avoir à l’esprit. Il faut dialoguer, il faut parler et il faut convaincre. Par rapport aux ordonnances de police, les différents relais sociaux avec qui j’ai eu un contact m’expliquaient que ce n’est pas toujours le cas. Le dialogue entre l’autorité locale et les acteurs locaux de terrain n’est pas toujours présent, alors qu’il est important. J’insiste une dernière fois sur le renforcement des moyens structurels, y compris pour l’encadrement des personnes, puisque l’on doit voir cette politique sur le long terme.

    Agressivité 63%Constructivité 66%Émotionnel 60%
  8. Je vous remercie, Madame la Ministre, pour votre réponse. Vous parlez du budget du Plan de relance pour le secteur. Oui, c’est vrai, vous l’avez fait, mais de manière insuffisante. Structurellement, cela veut dire 25 000 euros par abri de nuit. Le peu de chiffres du recensement des sans-abri en Wallonie pose un constat clair: plus de 70 % sont des Belges, 40 % des femmes et 27 % des enfants. Ce ne sont donc pas des hommes seuls migrants. Mettre cela sur le dos de la politique migratoire fédérale, c’est trop facile. Donc, prenez vos responsabilités. _(Réaction de Mme la Ministre Morreale)_

    Agressivité 52%Émotionnel 52%
  9. Monsieur le Président, la ministre vient de traiter un député de «con». _(Réactions dans l’assemblée)_ Ou son propos de «con». _(Réactions dans l’assemblée)_ C’est ce qu’elle vient de dire. Je pense qu’il serait important qu’il y ait un rappel à l’ordre pour que cela se passe correctement dans ce Parlement. **Mme Morreale**, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale et de l’Économie sociale, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes. – Pas du tout, ce qu’il a dit est vraiment con, vraiment faux, et aucunement conforme à ce que je dis. Comme souvent au PTB, vous déformez la réalité. Cela faisait l’objet, dans les six minutes durant lesquelles j’ai parlé, d’une phrase, et c’est devenu la priorité de ce que j’ai dit. Contre cela, je m’insurge. C’est de la manipulation de l’information que vous pratiquez au quotidien dans ce Parlement.

    Agressivité 88%Émotionnel 68%
  10. Il n’y a rien qui peut vous permettre, Madame la Ministre, d’insulter ainsi le propos avec lequel vous n’êtes pas d’accord. Je dis, non à vous, mais à celui qui est responsable de la manière dont les débats sont tenus, qu’il faut respecter les propos des députés, et que l’on ne peut pas entendre de la part d’un ministre qu’un propos est vraiment con. **Mme Morreale**, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale et de l’Économie sociale, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes. – On ne peut pas non plus pratiquer la manipulation. Cette manipulation, il faut la dénoncer.

    Agressivité 96%Émotionnel 84%

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VDValérie De Bue · MRYves Coppieters
Financement des CPASAide sociale