L’appel de dizaines de milliers de Wallons à interdire les pesticides
Céline Tellier a rappelé l’ampleur des pétitions citoyennes, rassemblant environ 43 000 signatures, et a demandé quelles mesures concrètes le Gouvernement wallon entendait prendre, y compris une éventuelle rencontre avec les pétitionnaires. Yves Coppieters a indiqué avoir déjà rencontré certains initiateurs, reconnu l’importance du soutien populaire et annoncé préparer un dossier pour le Gouvernement sur base des auditions, du rapport de la Cour des comptes et de l’expérience du programme wallon de réduction des pesticides. Il a évoqué des pistes de renforcement de la protection des citoyens et des captages, l’interdiction des pesticides contenant des PFAS lorsque c’est possible, ainsi qu’une transition accompagnée pour les agriculteurs, en concertation avec les parties prenantes et avec l’implication du niveau fédéral. Céline Tellier a salué ces éléments tout en annonçant le dépôt d’une résolution plus complète intégrant les pesticides PFAS, la protection des zones de captage et le soutien économique aux agriculteurs.
Débat · 3 interventions
- CTCéline TellierEcolo
Monsieur le Ministre, six pétitions différentes, citoyennes ou de ma formation politique, ont été lancées il y a quelques semaines pour demander une action ferme de la part du Gouvernement en matière de sortie progressive des pesticides. À l’heure où je vous parle, ces pétitions totalisent, en retirant les doublons potentiels, à peu près 43 000 signatures, voire davantage, ce qui est considérable face à un enjeu de santé publique dont, je pense, vous partagez les objectifs. Nous terminons les auditions consacrées à ce même sujet cette semaine et nous discuterons, cet après-midi, de différentes motions en la matière. Ces citoyens exigent une action beaucoup plus ferme du Gouvernement. À ce stade, la motion que nous avons eu l’occasion de constater de la part de la majorité paraît extrêmement faible, eu égard aux enjeux qui sont aujourd’hui sur la table, à l’appel très clair des scientifiques écoutés lors des auditions de la SSMG au mois de juin dernier. Que comptez-vous mettre en place à l’égard de ces pétitionnaires? Comptez-vous les recevoir pour écouter leurs doléances? Quelles actions beaucoup plus fermes allez-vous mettre en place au niveau du Gouvernement pour agir en matière de protection de la santé publique et de l’environnement?
Agressivité 57%Émotionnel 57% Madame la Députée, plus de 40 000 signataires, je considère que c’est impressionnant, en effet. J’ai rencontré certains des responsables de ces pétitions fin août dernier, à mon cabinet. On a pu discuter des enjeux et de ce qu’ils mettaient en avant. Je pense qu’il y a unanimité: il faut agir sur l’environnement, agir aussi sur la santé publique ainsi que pour la protection de ceux et celles qui manipulent ces produits. Comme nous en avons discuté hier en Commission, j’avance sur un dossier à présenter au Gouvernement wallon, dossier qui se base d’abord sur le rapport de la Cour des comptes, sur les auditions que l’on a eu la chance d’écouter au niveau du Parlement, mais aussi de toute notre expérience du Programme wallon de réduction des pesticides, qui nous a amené toute une série d’informations. Quoi qu’il en soit, et j’en ai discuté au niveau de la commission, on veut avancer dans la protection. D’abord, il y a la protection des citoyennes et des citoyens dans les zones de prévention, mais il y a aussi la protection des zones de surveillance des captages dans lesquelles on veut, une fois pour toutes, supprimer les produits phytopharmaceutiques dans les zones 2A, comme c’est déjà partiellement le cas, mais surtout d’avancer dans la zone 2B que l’on veut protéger complètement. C’est une avancée tout à fait intéressante. Cependant, il faut accompagner les agricultrices et agriculteurs dans cette transition et éventuellement vers d’autres technologies sans conséquences économiques trop importantes. Nous voudrons aussi avancer sur la suppression de l’utilisation des produits qui contiennent des PFAS, en l’occurrence les pesticides PFAS. À ce sujet, au niveau fédéral, le ministre Crucke a lancé un appel très clair: il veut bannir les PFAS. En Région wallonne, si l’on ne sait pas les bannir, car ils sont présents dans beaucoup de nos matrices, on peut avancer dans les produits pour lesquels il y a déjà potentiellement des solutions de transition. On peut avancer vers l’interdiction dans l’usage domestique, car c’est la base de la protection, mais aussi dans l’usage professionnel. Madame la Députée, nous sommes en train de concerter et de rencontrer les parties prenantes parce que nous voulons le faire intelligemment, avec une faisabilité réelle pour tous les opérateurs. De plus, cela ne se fait pas seul, il faut impliquer le niveau fédéral et, à ce titre, nous avons rencontré le ministre Clarinval dans ce sens.
Agressivité 69%Constructivité 90%Factuel 77%Émotionnel 85%- CTCéline TellierEcolo
Monsieur le Ministre, je vous remercie pour ces éléments de réponse. Nous voulons être constructifs sur ce dossier et faire avancer la cause. C’est pourquoi nous allons, comme M. le Président l’a évoqué tout à l’heure, déposer une résolution complète en synthèse des auditions que nous avons tenues au sein de ce Parlement. Elle intégrera l’enjeu des pesticides PFAS pas uniquement pour les particuliers, mais aussi pour les agriculteurs, contrairement à la motion de la majorité. Cette résolution intégrera aussi un soutien à la sécurité économique de nos agriculteurs, mais aussi la protection des zones de captage. Je sais les résistances que vous pouvez recevoir au sein de votre Gouvernement de la part de votre partenaire. Vous dites non, mais tant mieux, cela veut dire que cela va bouger. Je les ai connues par le passé. Depuis lors, différentes crises ont touché la santé publique. J’espère donc que les partis qui ont été extrêmement vocaux sur cet enjeu il y a quelques années seront conséquents dans leurs décisions politiques, aujourd’hui, maintenant qu’ils sont au pouvoir.
Agressivité 56%Constructivité 100%Factuel 51%Émotionnel 63%
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