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Les critiques syndicales sur les réformes du Gouvernement et leurs conséquences sur la détérioration des conditions de vie des travailleurs

Synthèse

Les intervenants de l’opposition ont dénoncé les réformes du Gouvernement wallon et fédéral, qu’ils jugent défavorables à l’emploi, au pouvoir d’achat et à la justice sociale, en citant notamment les APE, les titres-services, les exclusions du chômage et la hausse de divers coûts pour les ménages et les communes. Adrien Dolimont a répondu que le Gouvernement entend changer de modèle pour obtenir des résultats différents, en affirmant que certaines critiques caricaturaient les réformes et que des mesures visent à simplifier les aides à l’emploi, mieux adapter les formations au terrain et éviter les effets d’aubaine. Il a aussi évoqué le travail en cours sur la lutte contre la pauvreté et reconnu la nécessité de mieux expliquer et, au besoin, d’adapter la communication autour des réformes.

Débat · 8 interventions

  1. Monsieur le Ministre-Président, aujourd’hui, plus de 10 000 travailleurs et travailleuses sont venus exprimer leur inquiétude jusque devant le Parlement wallon, ici à Namur, dans cette large manifestation. Beaucoup de rencontres, évidemment. Armand, par exemple, qui est travailleur ALE et qui est fort inquiet pour son avenir. Il est en train de se demander ce que va devenir son emploi et ce que va devenir l’emploi de ses collègues. Thierry, qui travaille à La Poste et qui, lui, est déjà très inquiet par rapport aux mesures mises en place par votre formation politique et Les Engagés au niveau fédéral. Il est aussi inquiet parce que son portefeuille souffre de ces fameuses taxes Bouchez qui ne disent pas leur nom, mais qui font mal au portefeuille. Dans les communes, la taxe poubelle augmente ainsi que le prix de la garderie, des services disparaissent ou deviennent payants. Mélissa, par exemple, qui travaille aux titresservices, et qui est aussi inquiète par rapport à son portefeuille, par rapport aux taxes qu’elle subit, mais aussi par rapport à son statut de travailleuse de titresservices puisque, à cause des suppléments qu’il y a dans le secteur, elle est poussée petit à petit, elle et d’autres collègues, vers le travail illégal. Enfin, Henri, qui me dit que tous les jours des mesures tombent – que ce soit de la Région ou du Fédéral –, et que lui, comme beaucoup d’autres, il veut un véritable emploi et pas les emplois précaires que l’on est en train de construire. Monsieur le Ministre-Président, que répondez-vous à Henri, à Mélissa, à Thierry et à Armand?

  2. Monsieur le Ministre-Président, près de 10 000 personnes ont battu le pavé ce matin dans les rues de notre capitale namuroise. C’est évidemment un signal fort, parce que toutes ces personnes contestent les mesures prises par votre Gouvernement qui impactent le quotidien. C’est une inquiétude très forte sur l’emploi de qualité. Il y a tous les exclus du chômage, mais, avec toutes les mesures que l’on prend en Wallonie au niveau des APE et des pouvoirs locaux – qui ne démentiront pas –, cela va poser de vraies difficultés. Mon collègue vient d’en parler, dans les titresservices, c’est pareil. On commence à mettre en péril l’équilibre qui avait été établi en termes de prix, avec des frais qui sont aujourd’hui démesurés. Il n’y a pas de plafond, rien du tout. On risque de revoir le travail au noir. C’est la question du pouvoir d’achat, du bien-être de ces personnes, tout simplement. Vous avez vu les factures, aujourd’hui? Les factures d’eau, d’énergie, les primes que vous coupez? Avez-vous vu le coût du logement? Bref, comment allez-vous répondre à ces personnes qui attendent des actes concrets?

    Agressivité 95%Émotionnel 74%
  3. Monsieur le Ministre-Président, en effet, des milliers et des milliers de personnes sont aujourd’hui à Namur pour manifester leur inquiétude, leur colère, leur désaccord par rapport à la politique menée par votre Gouvernement. Une politique contre l’emploi, contre la justice sociale, contre le tissu associatif ou contre le pouvoir de vivre dignement. Les gens ne comprennent pas ces attaques contre l’insertion sociale, par exemple, contre les APE, ils ne comprennent pas ces réformes fiscales qui sont, finalement, principalement destinées aux plus aisés. Ils ne comprennent pas non plus cette politique d’exclusion du chômage; exclusions aveugles, violentes, qui vont cibler une série de personnes qui sont dans des parcours de formation, qui travaillent aussi comme ALE au nom d’un exemple, d’un cas particulier, de celui qui est au chômage depuis plus de 20 ans et qui est un cas parmi des milliers d’autres cas. Quelle est la réponse de votre Gouvernement? Y at-il un dialogue? Y a-t-il une main tendue de la part du Gouvernement? N’oubliez pas non plus votre promesse des 500 euros que personne n’a encore jamais vus.

    Agressivité 89%Émotionnel 72%
  4. Madame et Messieurs les Députés, il est clair que j’ai bien pris connaissance des différentes revendications posées par les différents acteurs aujourd’hui dans la rue. Il est clair aussi que, c’est un fait, on travaille sur un autre modèle de société. Ce que l’on veut faire, c’est avoir des résultats différents que ceux qu’il y a eu depuis de trop nombreuses années sur notre territoire. C’est un fait. Dès lors, croire que l’on va avoir des résultats différents simplement en faisant la même chose est complètement absurde. Je vois, Madame Lambelin, que vous faites «bla bla bla», comme si je répétais à chaque fois la même chose. Cependant, c’est un fait. On a une autre vision de société. À un moment donné, il faut aussi être honnête intellectuellement. Moi aussi, je pourrais dire: «J’aimerais bien que Germain et Éliane viennent avec des exemples plus honnêtes intellectuellement». Citer des noms de personnes... (Réactions dans l’assemblée) C’est exactement la même chose. C’est viser ceux qui sont venus à la tribune et qui m’ont posé une question. Quand on prend des exemples qui sont factuellement faux... Typiquement, pour les titresservices, le ministre Jeholet a obtenu un accord qui n’avait jamais été obtenu précédemment pour revaloriser les travailleurs. Il faut vraiment le mettre en évidence, et nier la réalité, c’est aussi nier les faits. Je sais que l’on est en permanence dans un espace médiatique où l’on essaie à chaque fois de faire la petite phrase. De même, maintenant, c’est nouveau: sortir le billet à la tribune du Parlement, c’est la première fois que je le vois. Je trouve que c’est un peu dommage de caricaturer un peu le propos de ce qui se fait. C’est clair qu’aujourd’hui, on veut changer le modèle. On n’a pas de souci avec cela. Prenez la réforme APE. Il y avait déjà une réforme qui avait tenté d’être portée précédemment. L’idée n’est pas de dire que l’on ne veut plus faire d’aides à l’emploi. Caricaturer sur cela en disant que l’on ne va plus aider l’emploi, c’est faux. J’ai été président de CPAS. À un moment donné, que faisait-on dans les effets d’aubaine? On demandait aux gens d’aller pointer pour avoir leur chômage pour travailler le lendemain. Ne considérez-vous pas que c’est un système qui est désuet et qui a montré son absurdité? Honnêtement, à un moment donné, il faut vraiment être... (Réactions dans l’assemblée) Non, je sais, mais je parle sur les faits. Il faut également pouvoir dire les choses: on veut réinventer des modèles existants. Clairement, l’ensemble des réformes pour les aides à l’emploi seront différentes, on veut les simplifier, on veut changer les systèmes de formation. On veut davantage aussi coller à la réalité du terrain. Il ne vous a pas échappé que, cette semaine encore, le ministre de l’Emploi, se rendant compte de ce qui va arriver dans les prochains mois, essaie d’anticiper pour que les formations soient beaucoup plus en adéquation avec les réalités du terrain. Bref, on ne veut plus dépenser de l’argent qui, au final, devient des effets d’aubaine. Tout est-il parfait pour autant? Je n’ai pas dit cela. Je n’ai pas dit que tout était parfait, mais il faut pouvoir changer de modèle si l’on veut espérer des résultats différents. Enfin, il est clair que les défis sociaux sont face à nous. Jamais je n’ai dit le contraire, jamais, dans le Gouvernement, on n’a nié ces défis. Cependant, croire que l’on va pouvoir rencontrer ces défis simplement en continuant comme on l’a toujours fait, ce n’est pas le cas. Je sais que le ministre Coppieters travaille notamment sur le Plan de lutte contre la pauvreté, pour avoir toute une série d’actions concrètes qui, certes, ne sont pas du «on a toujours fait comme cela», mais qui répondront aux attentes des gens. Par conséquent, ce que l’on doit faire – c’est peut-être un mea-culpa –, c’est mieux communiquer sur la vision de société que l’on a et surtout creuser l’ensemble des défis qui sont devant nous; creuser et expliquer davantage l’ensemble des réformes que l’on veut porter. Si cela ne porte pas ses fruits, on réadaptera.

    Agressivité 60%Émotionnel 49%
  5. Monsieur Dolimont, vous parliez de réalités et de résultats, mais votre bilan est là. Cela fait un an que vous êtes là, et l’on a perdu 3 500 emplois. Cela fait un an que vous êtes là, et les taxes dans les communes ont augmenté, contrairement à ce que vous disiez. C’est votre bilan. Vous disiez, dans votre discours, aux Fêtes de Wallonie: «Sent-on un vent nouveau?» J’ai envie de vous poser la question: sentez-vous le vent de la colère? Sentez-vous le vent de la colère qui s’est exprimée aujourd’hui à Namur et qui va s’exprimer contre votre formation politique et contre celle des Engagés, avec les mesures que vous prenez à l’Arizona? Le 14 octobre, à Bruxelles, ils seront nombreux à se mobiliser contre votre politique, que ce soit ici ou au Fédéral, c’est purement de la casse sociale. Ils seront nombreux et l’on sera à leurs côtés.

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  6. Je n’ai pas beaucoup de temps et je ne vais pas revenir sur les titres-services parce que j’y reviendrai en commission. Concernant les effets d’aubaine, le premier d’entre eux ce sont les droits d’enregistrement: ce sont 250 millions d’euros que vous avez dépensés! Par ailleurs, vous laissez les jeunes avec des contrats courts; plus de 60 % ont des contrats très courts et pas de revenu pour payer leur loyer. Les plus de 50 ans ne reçoivent même pas de réponse quand ils envoient des CV pour obtenir un boulot. Les intérimaires enchaînent les missions et n’arrivent pas à obtenir de contrat fixe et ne parviennent pas à avoir une stabilité de leurs revenus. Vous plongez toutes ces personnes dans la précarité sociale.

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  7. Monsieur le Ministre-Président, vous avez choisi de caricaturer le message des manifestants, « qui voudraient continuer comme avant ». Ce sont vos mots et c’est une insulte à leur intelligence. Surtout, il n’y a pas eu une seule seconde de vos quatre minutes pour une main tendue, pour un dialogue, pour une rencontre avec le front commun syndical et associatif. C’est vraiment assommant.

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  8. Pendant que nous parlons, vous parlez, mais quand vous avez l’occasion de parler, vous ne dites plus rien.

    Agressivité 62%Émotionnel 71%

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