Transition écologique
L’appel des organisations agricoles pour la mise en place rapide d’un système de consigne
Freddy Mockel a relayé l’appel des organisations agricoles demandant la mise en place rapide d’une consigne sur les canettes et bouteilles en plastique, en soulignant les risques pour les bovins, la persistance des déchets sauvages dans les champs et la nécessité d’agir sans attendre. Yves Coppieters a répondu que la consigne s’inscrit dans les travaux européens, interrégionaux et wallons sur les emballages, avec un objectif de 90 % de tri et de recyclage des PMC d’ici 2029, faute de quoi la consigne deviendrait nécessaire. Il a rappelé que le taux actuel de recyclage des canettes est de 68,5 % et que l’accord interrégional fixe les modalités d’une consigne uniforme, en parallèle des actions de sensibilisation menées par Be WaPP. Freddy Mockel a conclu qu’il jugeait illusoire d’atteindre les objectifs européens sans consigne et a appelé à le faire comprendre aux partenaires politiques.
Le projet de décarbonation retardé par Holcim à Obourg
Guillaume Soupart a interrogé la ministre sur le report par Holcim d’un investissement de 250 millions d’euros lié au projet GO4ZERO à Obourg, en soulignant l’enjeu pour la réduction des émissions de CO2, le maintien d’environ 1 000 emplois et la poursuite de la transition écologique. Cécile Neven a indiqué suivre de près ce type de projet de capture et de transport du carbone, en rappelant qu’il faut encore construire en Wallonie toute la chaîne d’infrastructures et sécuriser la visibilité nécessaire pour les acteurs concernés, dont Fluxys et les émetteurs. Elle a ajouté que le cadre légal wallon a été élaboré rapidement, en coordination avec les partenaires et les autorités flamandes, et qu’un travail se poursuit pour lever les obstacles, notamment financiers, dans la limite des moyens disponibles.
L’étude du Conseil central de l’économie (CCE) relative à la rénovation du parc résidentiel
Les députés ont interrogé la ministre sur l’étude du Conseil central de l’économie estimant à plus de 100 milliards d’euros les investissements nécessaires d’ici 2050 pour rénover le parc résidentiel, en demandant notamment quelle part reviendrait à la Wallonie et quels moyens budgétaires annuels seraient débloqués. Ils ont critiqué la baisse des primes à la rénovation et la réforme annoncée, jugée plus contraignante et potentiellement fondée sur des emprunts ou des sanctions, au risque d’exclure les ménages précaires. Cécile Neven a répondu que le rapport allait dans le sens de sa politique, fondée sur une concentration des aides publiques vers les ménages les plus modestes et les logements les moins performants, avec une mobilisation du privé, une réforme progressive du PEB et un système de soutien global prévu pour le 1er octobre 2026. Elle a ajouté que les modalités concrètes et les calibrages étaient en cours, en lien avec le secteur de la construction et avec une réflexion plus large sur le mix énergétique wallon.
L’aide publique pour la rénovation énergétique
Les députés ont interrogé la ministre sur le rapport du Conseil central de l’économie, qui estime à plus de 100 milliards d’euros l’investissement public nécessaire d’ici 2050 pour la rénovation énergétique, et ont demandé quelle part de cet effort reviendrait à la Wallonie ainsi que quel budget annuel serait mobilisé. Ils ont aussi critiqué la baisse des primes à la rénovation et la réforme annoncée, jugée trop orientée vers des prêts et des sanctions, au détriment des ménages précarisés. Cécile Neven a répondu que le rapport confirmait, selon elle, l’orientation de sa politique : concentrer les moyens publics sur les ménages les plus modestes et les logements les moins performants, tout en mobilisant aussi des investissements privés. Elle a indiqué que la nouvelle réforme de soutien global, prévue pour le 1er octobre 2026, ainsi que les obligations de rénovation liées au PEB, sont encore en cours de calibrage, en parallèle d’un travail sur le mix énergétique wallon et la concertation avec le secteur de la construction.
L’action de la Wallonie à contre-courant des recommandations du Conseil central de l’économie (CCE) pour le financement de la rénovation
Les députés ont interpellé la ministre sur la compatibilité de la politique wallonne de rénovation avec l’avis du CCE, qui estime à plus de 100 milliards d’euros les investissements nécessaires d’ici 2050, dont environ 1 milliard par an en Wallonie, en soulignant le risque d’exclure les ménages précaires si les aides se transforment en emprunts ou sont réduites. Cécile Neven a répondu que le rapport confirmait l’orientation de sa réforme, centrée sur un soutien accru aux ménages les plus modestes et aux logements les moins performants, avec une mobilisation conjointe des financements publics et privés. Elle a précisé que les modalités du nouveau système de soutien global, prévu pour le 1er octobre 2026, ainsi que les calibrages et la réforme du PEB, étaient encore en cours, tout en insistant sur la prise en compte de la capacité des ménages, du secteur de la construction et du mix énergétique.
Le soutien aux scale-up
Freddy Mockel a interrogé le ministre sur la réorientation du programme wallon de soutien aux scale-up, en demandant si les enjeux de la transition écologique seraient intégrés dans sa refonte. Pierre-Yves Jeholet a répondu affirmativement, en précisant que le dispositif, limité dans le temps et lié au Plan de relance, est en cours d’évaluation avec Wallonie Entreprendre afin d’être adapté. Il a reconnu que le programme a produit des effets mais n’a pas atteint les objectifs espérés, et a indiqué vouloir mieux articuler ce soutien avec l’accompagnement des entreprises et la réforme des chèques-entreprises, en tenant compte des transitions climatique et numérique. Freddy Mockel a insisté sur la nécessité d’orienter cet instrument vers des projets stratégiques, comme le développement de data centers neutres en carbone.
La transition vers des crédits et l’endettement en matière de rénovation énergétique
Özlem Özen a dénoncé une réforme qui, selon elle, remplace les primes par des prêts et oblige les ménages à s’endetter pour rénover, au risque d’exclure les plus précaires et de freiner la rénovation. Olivier Maroy et Anne-Catherine Goffinet ont, eux, demandé des précisions sur les conditions d’accès, la lisibilité du nouveau dispositif et les délais de traitement des dossiers. Cécile Neven a présenté une réforme structurée autour de quatre piliers: transposition des exigences européennes, plan de rénovation avec calendrier par labels PEB, adaptation du soutien MEBAR et nouveau système de soutien fondé sur le Rénopack et le Rénoprêt. Elle a indiqué que l’audit resterait préalable, que la liste des travaux resterait globalement inchangée, que l’aide serait calculée globalement plutôt que poste par poste, et que l’accès aux prêts serait lié à un saut de label, tout en détaillant le calendrier de rénovation et les règles annoncées concernant les chaudières au mazout.
La réforme du système de primes vers des prêts à la rénovation
Les députés ont interrogé la ministre sur le passage des primes à un système de prêts pour la rénovation, en dénonçant pour certains une possible exclusion des ménages précaires ou incapables d’emprunter, et en demandant des garanties de lisibilité, de prévisibilité et de rapidité du traitement des dossiers. Le ministre a présenté une vision intégrée fondée sur quatre piliers: la transposition de la directive PEB IV, un plan de rénovation avec calendrier progressif, l’adaptation du MEBAR et un nouveau régime de soutien effectif au 1er octobre 2026, articulé autour du Rénoprêt, du Rénopack et d’un accompagnement. Elle a précisé que l’audit resterait obligatoire, que la liste des travaux resterait globalement inchangée, que l’aide serait calculée sur un montant global et non poste par poste, et que l’accès aux prêts dépendrait d’un saut de label. Elle a aussi détaillé un calendrier de rénovation par échéances pour les achats et les biens existants, ainsi que les règles relatives à l’abandon progressif des chaudières au mazout, tout en rappelant que le plan devait encore être validé par l’Europe.
La hausse des tarifs de distribution pour financer le renforcement du réseau
Nicolas Janssen alerte sur la saturation progressive des réseaux électriques, les refus de raccordement et le risque que les investissements nécessaires au renforcement des infrastructures se traduisent par une hausse des frais de distribution pour les ménages et les entreprises. Cécile Neven reconnaît l’ampleur du problème, attribue la situation à un manque d’anticipation et annonce un nouveau décret visant notamment l’octroi de contrats flexibles, tout en soulignant la nécessité d’investissements dans les réseaux. Elle estime toutefois qu’il ne faut pas répercuter d’emblée ces coûts sur la facture du consommateur, mais faire assumer une part de responsabilité aux actionnaires, notamment via la politique de dividendes. Les deux intervenants convergent sur l’urgence d’améliorer l’anticipation des besoins, d’adapter le mix énergétique et de mettre à niveau les gestionnaires de réseaux en maîtrisant les coûts.
Les réseaux de transport de CO2
Nicolas Janssen a salué la Déclaration conjointe de Mons sur le déploiement des infrastructures de capture, transport et stockage du CO2 et a demandé si la Belgique pouvait rapidement devenir un hub international en la matière, avec une coordination renforcée entre Régions. Cécile Neven a répondu que la capture et le transport du carbone s’inscrivent dans la stratégie de réindustrialisation wallonne et flamande, en rappelant l’adoption d’un décret, la désignation de Fluxys c-grid comme opérateur et l’approbation d’un premier arrêté d’exécution. Elle a mis en avant la mise en place d’une task force conjointe, l’harmonisation des cadres de soutien et des procédures d’autorisation, ainsi que des échanges avec les régions voisines pour créer un couloir international du CO2. Le député a conclu en soulignant l’importance de cette filière pour plusieurs secteurs industriels et pour une réindustrialisation durable.
L’avenir du recyclage de plastique en Wallonie
Olivier Maroy a alerté sur la crise du recyclage du plastique en Wallonie, fragilisée par la concurrence du plastique recyclé importé à bas coût et du plastique vierge devenu plus compétitif avec la baisse du prix du pétrole, tout en soulignant les investissements wallons dans la filière et les bons résultats de collecte. Yves Coppieters a partagé ce constat de crise structurelle, mais a indiqué qu’il n’existait pas de solution purement régionale, la régulation relevant aussi des niveaux fédéral, interrégional et européen, et a regretté l’absence d’avancée rapide au niveau européen. Il a affirmé que le soutien à la filière restait une priorité du Gouvernement wallon, sans proposer à ce stade de mécanisme concret.
Le déploiement massif des compteurs communicants
Les députés ont interrogé la ministre sur le déploiement massif des compteurs communicants en Wallonie, l’avis critique de l’Autorité de protection des données, les conséquences pour les citoyens qui refuseraient l’activation de la fonction communicante et l’impact d’une question préjudicielle pendante devant la Cour de justice de l’Union européenne. La ministre a précisé que l’APD ne remet pas en cause le principe du déploiement, mais seulement l’obligation d’activer la fonction communicante, et a indiqué que l’avis est en cours d’analyse afin d’intégrer une solution équilibrée respectueuse du RGPD. Elle a aussi relevé que seuls 2 à 3 % des usagers refusent actuellement cette activation et a rassuré sur le maintien de la compensation pour les prosumers équipés de panneaux photovoltaïques avant le 1er janvier 2024, en soulignant que le compteur communicant reste un outil essentiel pour la gestion du réseau et la transition énergétique.
La politique énergétique future
Guillaume Soupart a interrogé la ministre sur les sources d’énergie nécessaires à la Belgique à l’horizon 2050, en rappelant les scénarios du Bureau fédéral du Plan et la hausse attendue de la demande d’électricité, tout en insistant sur un mix décarboné qui n’alourdisse pas la facture des ménages et des entreprises wallons. Cécile Neven a répondu que l’étude concernait surtout des compétences fédérales, notamment le nucléaire et l’offshore, tandis que la Région doit surtout définir et structurer son mix renouvelable, en recherchant un équilibre entre décarbonation, sécurité d’approvisionnement et coût pour le consommateur. Elle a évoqué une refonte de la politique énergétique wallonne autour de la réobjectivation du mix renouvelable, d’une stratégie de soutien maîtrisant le coût des certificats verts, et du renforcement des réseaux, de la flexibilité, de la sécurité des infrastructures et de la finançabilité des investissements.
La réduction du fumier disponible à la suite de la diminution du cheptel bovin
Nicolas Janssen a alerté sur la diminution du cheptel bovin, qu’il relie à une raréfaction du fumier disponible, à une baisse d’engrais organiques pour les cultures et à un possible recours accru aux engrais minéraux. La ministre Anne-Catherine Dalcq a confirmé cette baisse du cheptel et a insisté sur ses effets sur la fertilité des sols, les prairies, la biodiversité et les paysages, en évoquant deux leviers d’action : le soutien via les prix et les primes de la PAC, ainsi que l’adaptation des seuils de charge en bétail et la promotion des matières organiques. Le député a conclu en soulignant que l’élevage reste, selon lui, nécessaire à la durabilité et à la transition climatique.
Les défis concernant le transport fluvial wallon
Jean-Paul Bastin a souligné le rôle stratégique du transport fluvial pour la réindustrialisation et la décarbonation de la Wallonie, tout en constatant le recul de sa part modale et les obstacles liés à la baisse du nombre de bateliers, à la perte de clients industriels et au manque de terrains disponibles près des voies d’eau, notamment à Liège. François Desquesnes a répondu que 32 millions de tonnes ont été transportées en 2024, mais que l’évolution des marchandises impose aussi de raisonner en volumes et en conteneurs, et il a attribué les difficultés à un sous-investissement chronique. Le ministre a annoncé un réinvestissement de 312 millions d’euros pour moderniser la voie d’eau, allonger les horaires de certaines écluses, améliorer les manœuvres, les infrastructures multimodales et valoriser les terrains mouillés afin d’y réinstaller des activités industrielles.
La place de l’agriculture dans le cadre financier pluriannuel de l’Union européenne post-2027
Eddy Fontaine a interrogé la ministre sur la position de la Wallonie concernant la PAC post-2027, en demandant le maintien d’une programmation budgétaire distincte, d’un budget renforcé indexé sur l’inflation et des deux piliers de la politique agricole, ainsi que des échanges intrabelges à ce sujet. Anne-Catherine Dalcq a indiqué que le Gouvernement wallon a adopté une position spécifique en faveur d’une PAC forte, fondée sur deux piliers et dotée d’un budget renforcé, afin de soutenir le renouvellement des générations, le revenu des agriculteurs, les investissements et les mesures environnementales. Elle a aussi signalé ses inquiétudes face aux contraintes budgétaires européennes, notamment le remboursement du plan de relance, les nouveaux besoins liés à la défense et la perspective d’un fonds fusionnant PAC et cohésion, ce qui rendrait la politique agricole moins identifiable. Le député a salué cette convergence et a réitéré l’importance d’un budget distinct, du maintien des deux piliers, du soutien aux jeunes et aux petites exploitations, du plafonnement des aides et de mécanismes de régulation des prix.
Le soutien à la filière bois
Freddy Mockel a plaidé pour un soutien durable à la filière bois, qu’il juge stratégique pour l’économie wallonne, la transition écologique et la réduction de l’empreinte carbone. Il a insisté sur la nécessité de reconstituer une chaîne de valeur complète, de lever les obstacles dans la construction et d’accompagner l’adaptation aux essences liées au changement climatique afin de relocaliser davantage de production à haute valeur ajoutée. Pierre-Yves Jeholet a répondu qu’un débat de fond avait déjà eu lieu la veille sur une proposition de résolution concernant la filière bois et qu’il s’en tenait aux éléments déjà exposés à cette occasion. Freddy Mockel a répliqué que la résolution discutée en commission ne répondait pas exactement aux attentes du secteur, lesquelles avaient encore été précisées récemment.
Le nouveau cadre européen concernant la capture de carbone et l’impact sur l’agriculture
Loïc Jacob a salué le nouveau cadre européen de certification de la capture, du stockage et de l’agrostockage du carbone, tout en s’inquiétant des effets possibles sur le foncier agricole et l’accès à la terre pour les jeunes agriculteurs wallons. La ministre Anne-Catherine Dalcq a confirmé le lancement du règlement européen et a insisté sur l’opportunité qu’il représente pour les agriculteurs, tout en disant rester attentive à ce qu’il ne devienne pas une menace lors de sa mise en œuvre en Wallonie. Le député a conclu en demandant un suivi des effets sur le foncier wallon afin de vérifier l’impact réel du dispositif.
Les leviers d’action du Gouvernement pour encourager les femmes à se diriger vers les nouveaux emplois générés par la transition écologique
Anne Laffut a interrogé le ministre sur les leviers à mobiliser pour orienter davantage les femmes vers les emplois créés par la transition écologique, en soulignant les écarts de participation encore importants malgré des salaires plus attractifs et des écarts salariaux moindres que dans d’autres secteurs. Elle a demandé où en étaient la réforme de l’alternance, de la promotion sociale et de l’insertion professionnelle, ainsi que les actions de sensibilisation et de soutien à l’entrepreneuriat féminin dans les filières STEM et les métiers verts. Pierre-Yves Jeholet a répondu que la DPR prévoit bien deux axes de travail: le renforcement de la formation en alternance et une meilleure orientation vers les métiers scientifiques, technologiques, mathématiques dès le plus jeune âge. Il a indiqué que plusieurs initiatives existent déjà pour susciter des vocations, mais qu’elles sont trop dispersées, d’où le travail en cours sur un cadastre commun avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région wallonne afin de coordonner ces actions et d’amplifier leur effet levier.
L’ambition climatique de la Flandre
Nicolas Janssen a interrogé la ministre sur l’ambition climatique du nouvel accord flamand, qu’il juge insuffisante au regard des objectifs belges et européens, en pointant notamment le maintien d’un objectif de -40 % plutôt que -47 %, l’abandon de certaines primes et le recul de certaines exigences en matière de rénovation et d’agriculture. Cécile Neven a estimé que les négociations intrabelges de partage des efforts et des revenus ETS devaient reprendre avec le nouveau gouvernement flamand, tout en rappelant que la Wallonie défendra une répartition équitable fondée sur les efforts réellement fournis par chaque entité. Elle a annoncé vouloir utiliser la future présidence wallonne de la Commission nationale Climat pour défendre la position wallonne et a insisté sur la nécessité de conclure un accord intrabelge sans tarder. Le député a salué cette détermination, tandis que le débat a également souligné que les fonds ETS doivent servir à la transition énergétique et non à combler des déficits budgétaires.
La position du Gouvernement face à l’ambiguïté du Gouvernement flamand sur la répartition des efforts climatiques
Les députés ont interrogé la ministre sur la baisse d’ambition climatique du nouveau Gouvernement flamand, en particulier le maintien d’un objectif de -40 % pour le secteur non-ETS, les reculs en matière de PEB, de fiscalité automobile et de primes aux véhicules électriques, ainsi que les conséquences possibles pour le respect des objectifs belges et le partage des efforts et des revenus ETS. Céline Tellier a aussi insisté sur le risque financier lié à d’éventuelles sanctions européennes et sur la nécessité de financer la transition plutôt que les déficits régionaux. La ministre Cécile Neven a répondu qu’elle avait pris contact avec son homologue flamande et qu’elle entendait relancer les négociations intrabelges sur le burden sharing, en défendant une répartition équitable des objectifs et des revenus ETS fondée sur les efforts réellement consentis. Elle a rappelé que la Wallonie maintient ses objectifs et qu’elle abordera ces discussions avec une position renforcée grâce à la présidence wallonne de la Commission nationale Climat.
Les conséquences du détricotage du Green Deal dans le rapport Draghi
Anne Lambelin a interrogé la ministre sur les conséquences du rapport Draghi, qu’elle estime marqué par un recul des ambitions du Green Deal, notamment en matière de biodiversité, de restauration de la nature, de santé humaine et de justice sociale. Elle a demandé si ce rapport pourrait influencer les politiques wallonnes et entraîner un retour en arrière dans la protection de la biodiversité. Anne-Catherine Dalcq a répondu qu’il était trop tôt pour mesurer l’impact du rapport, rappelant que la biodiversité demeure un objectif transversal de la Déclaration de politique régionale et qu’elle reste intégrée au plan stratégique PAC. Elle a ajouté que la Wallonie continuera à concilier enjeux environnementaux et santé économique, en s’appuyant sur les cadres européens existants, notamment la stratégie biodiversité et la loi sur la restauration de la nature.
Le retrait du traité sur la charte de l’énergie
M. Crucke a plaidé pour le retrait de la Région wallonne du Traité sur la Charte de l’énergie, qu’il a décrit comme un obstacle à la politique climatique en permettant des indemnisations privées au profit d’investisseurs dans les énergies fossiles, et il a interrogé le ministre sur la position du Gouvernement wallon, les divergences au sein de la Belgique et l’usage de la présidence belge de l’UE pour faire avancer ce retrait. Il a rappelé que sa résolution précédente avait été rejetée par la majorité, tout en relevant que des évolutions semblent désormais possibles. Le ministre a répondu en indiquant partager le constat critique sur le traité, sans toutefois préciser clairement si cette position était formellement celle du Gouvernement wallon.
Le report de la loi anti- déforestation
Florent interroge la ministre sur le report du règlement anti-déforestation, adopté au niveau européen dans un contexte de mobilisation agricole, et s’étonne du lien entre cette révision et l’aide aux agriculteurs. Il souligne que ce règlement, destiné à limiter la déforestation importée, pourrait avoir un impact important sur l’environnement et la lutte contre l’effondrement climatique, alors que son effet sur le revenu des agriculteurs wallons lui paraît nul. La ministre est invitée à préciser les conséquences possibles de ce report et la pertinence d’une révision à si court délai avant l’entrée en vigueur prévue au 31 décembre 2024.
Les nouvelles manifestations des agriculteurs et les résultats de la réunion du dernier conseil européen
Les intervenants ont souligné que les manifestations agricoles traduisent surtout une demande de prix rémunérateurs et de meilleures garanties de revenu, au-delà des seules simplifications administratives ou assouplissements environnementaux. Ils ont demandé au ministre s’il comptait défendre au niveau européen une modification du règlement OCM, notamment des articles 209 et 210, afin de permettre une négociation collective des prix, ainsi que des mécanismes contre la vente à perte et les pratiques déloyales. Ils ont aussi interrogé le ministre sur les résultats du Conseil européen de l’agriculture du 26 mars, l’avancement de mesures comme l’observatoire des prix et les nouvelles règles de concurrence, ainsi que le calendrier de mise en œuvre. En réponse, le ministre a indiqué qu’une ouverture existait au niveau européen sur plusieurs pistes, mais les députés ont jugé ces avancées encore insuffisantes et ont insisté sur la nécessité de solutions structurelles et rapides pour le revenu agricole.
Le feu vert de l’union européenne pour un retrait du traité sur la charte de l’énergie
Le questionneur salue la décision de l’Union européenne de sortir du Traité de la Charte de l’énergie, qu’il juge favorable à la lutte climatique, tout en regrettant qu’il ne s’agisse pas d’un retrait généralisé de tous les États membres. Il interroge le ministre-président sur la position de la Belgique et de la Wallonie, sur les échanges déjà menés avec le niveau fédéral et les autres Régions, ainsi que sur les moyens de neutraliser la clause de survie protégeant encore des investissements fossiles. Le ministre-président évoque une avancée importante obtenue au niveau européen, rappelle les divergences entre niveaux de pouvoir en Belgique, en particulier l’opposition du gouvernement flamand à un retrait belge, et indique que des échéances à venir pourraient être utilisées pour faire progresser le dossier.
Les conclusions de la réunion des ministres européens du tourisme
Di Mattia a interrogé la ministre sur les priorités de la réunion des ministres européens du tourisme tenue à La Hulpe dans le cadre de la présidence belge de l’UE, ainsi que sur le bilan et les futures orientations de la Commission en matière de tourisme, notamment en matière de durabilité et de digitalisation. Il a également demandé quelles seraient les implications du règlement européen sur les locations de courte durée pour les hébergeurs wallons, les consommateurs et la concurrence. En réponse, la ministre a présenté cette réunion comme une occasion de défendre la durabilité et la transition numérique du secteur, tout en soulignant l’importance de disposer de moyens budgétaires suffisants pour maintenir le tourisme comme priorité. Le député a salué ces orientations et a insisté sur la nécessité d’une concurrence réellement loyale et favorable aux consommateurs, en particulier pour le tourisme de proximité.
Le mauvais bilan de la belgique en matière de développement durable
Le député Ahallouch s’est inquiété du bilan de la Belgique en matière de développement durable à la lumière d’une analyse du Bureau fédéral du Plan, estimant qu’un tiers seulement des objectifs 2030 semble en voie d’être atteint. Il a pointé plusieurs indicateurs défavorables, notamment la qualité de l’air, les émissions de CO2, la préservation des surfaces non bâties et surtout la biodiversité, et a interrogé la ministre sur l’interprétation du rapport, les moyens envisagés en Wallonie et le bilan régional. La ministre a répondu en insistant sur une approche systémique et a indiqué que la situation présente des éléments contrastés, dans le cadre d’une feuille de route et de défis importants à suivre.
La décision de la cop28 sur la transition vers un monde sans énergie fossile
Les intervenants ont salué la décision de la COP28 d’inscrire, pour la première fois, la nécessité d’une transition vers la fin des énergies fossiles, tout en soulignant ses limites et son caractère encore imprécis. Ils ont demandé comment la Belgique et la Wallonie allaient traduire cette orientation en feuilles de route concrètes, en particulier sur le plan de la planification, du mix énergétique, du rôle du nucléaire et de la stratégie industrielle. Il a aussi été insisté sur la nécessité d’arrêter les subsides publics aux énergies fossiles et de préparer le tissu industriel à ce basculement afin de créer de l’emploi et de la valeur ajoutée. Le ministre a été sollicité pour préciser les résultats de la COP28 et les mesures envisagées à court terme pour accompagner cette transition.
L’accord final de la cop28 du 13 décembre 2023
Les intervenants ont salué l’accord final de la COP28 comme un pas inédit vers la fin des énergies fossiles, tout en soulignant ses limites et la nécessité de clarifier sa portée concrète. Ils ont interrogé le ministre sur la manière dont la Belgique et la Wallonie intégreront cette transition dans leurs politiques, notamment via des feuilles de route, la stratégie énergétique, le rôle éventuel du nucléaire et l’adaptation de l’industrie. En réponse, l’accent a été mis sur la nécessité de planifier, organiser et prioriser cette transition à tous les niveaux, avec un appel à des signaux clairs pour permettre au tissu industriel de s’y préparer et d’en tirer des emplois et de la valeur.