Le projet de décarbonation retardé par Holcim à Obourg
Guillaume Soupart a interrogé la ministre sur le report par Holcim d’un investissement de 250 millions d’euros lié au projet GO4ZERO à Obourg, en soulignant l’enjeu pour la réduction des émissions de CO2, le maintien d’environ 1 000 emplois et la poursuite de la transition écologique. Cécile Neven a indiqué suivre de près ce type de projet de capture et de transport du carbone, en rappelant qu’il faut encore construire en Wallonie toute la chaîne d’infrastructures et sécuriser la visibilité nécessaire pour les acteurs concernés, dont Fluxys et les émetteurs. Elle a ajouté que le cadre légal wallon a été élaboré rapidement, en coordination avec les partenaires et les autorités flamandes, et qu’un travail se poursuit pour lever les obstacles, notamment financiers, dans la limite des moyens disponibles.
Débat · 3 interventions
Madame la Ministre, un projet d’investissement de 250 millions a été repoussé. Il s’agit d’un projet de Holcim, l’un des principaux cimentiers du pays, qui produit jusqu’à 25 % du ciment belge et qui emploie presque 1 000 personnes en Belgique. Ce projet, baptisé «GO4ZERO», doit se dérouler en deux phases. La première travaille sur le processus de production du clinker dans le but de réduire les émissions de CO2 qui y sont liées. La deuxième phase vise à transporter le reste du CO2 produit pour le séquestrer en Norvège. Malheureusement, c’est cette deuxième phase qui est en danger. Après un investissement de près de 400 millions d’euros, une deuxième phase de 250 millions d’euros a été reportée par l’entreprise. Quelle est votre feuille de route, avec le Gouvernement, pour lever tous les obstacles qui pèsent sur ce chantier? On ne peut pas se passer de cet investissement important qui concilie à la fois développement économique, maintien des emplois et transition écologique.
Agressivité 75%Factuel 43%Émotionnel 74%Monsieur le Député, je suis évidemment extrêmement attentive à tous les projets qui s’inscrivent d’une manière ou d’une autre dans la chaîne de valeur de la capture de carbone, Holcim en faisant partie. Je connais le projet de Holcim, qui est un très beau projet, et je comprends très bien que l’entreprise ait besoin de visibilité pour se lancer dans ce type d’investissement, par ailleurs indispensable pour maintenir l’industrie sur le territoire et pour la décarboner. On est devant une difficulté systémique. Il faut bien comprendre qu’en Wallonie, pour la capture de CO2, on part de zéro et l’on doit construire toute une chaîne de valeur dans toutes les infrastructures de transport jusqu’aux terminaux portuaires inclus. Ce n’est évidemment pas rien. À côté de cela, Fluxys, le gestionnaire que nous avons désigné pour le transport de carbone, a également besoin de visibilité et de la certitude qu’un nombre suffisant d’émetteurs vont se connecter sur ce réseau, tant en Wallonie qu’en Flandre. En parallèle, avec le Gouvernement wallon, on a vraiment travaillé à marche forcée pour la création du cadre légal avec un décret et des arrêtés d’exécution sur le CO2. La CWaPE, de son côté, a été très vite pour proposer une méthodologie tarifaire, il faut bien le dire, à tel point que même les émetteurs ont demandé un délai supplémentaire dans le processus de consultation. C’est dire que l’on est quand même allés assez vite. Dans le même temps, on est en relation permanente avec l’ensemble des parties prenantes, surtout nos homologues flamands, puisque c’est une stratégie qui va au-delà de la Wallonie. On travaille pour lever tous les obstacles, plus spécifiquement sur le de-risking, c’est-àdire l’aspect financier qui va faire que le projet devient intéressant et rentable, dans la limite de nos moyens. Je peux vous assurer que l’on fera le maximum.
Agressivité 63%Constructivité 63%Factuel 67%Émotionnel 54%Je vous remercie, Madame la Ministre. Il est très important d’avoir ce type d’investissement pour maintenir les industries. On parle souvent de réindustrialisation en Wallonie, mais il faudra d’abord travailler à garder les industries, notamment avec les exigences européennes et parfois des contraintes, comme celles que la Ville de Mons a exercées sur l’entreprise. Il faut avoir à l’œil le fait qu’il y a 1 000 emplois derrière. Il est important de maintenir ces emplois avant de réindustrialiser la Wallonie. Qui plus est, on aura besoin de ciment.
Agressivité 85%Constructivité 79%Factuel 53%Émotionnel 84%
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