Moniteur citoyen
← Toutes les questions
ActualitéWalloniemercredi 9 juillet 2025

Les défis concernant le transport fluvial wallon

Synthèse

Jean-Paul Bastin a souligné le rôle stratégique du transport fluvial pour la réindustrialisation et la décarbonation de la Wallonie, tout en constatant le recul de sa part modale et les obstacles liés à la baisse du nombre de bateliers, à la perte de clients industriels et au manque de terrains disponibles près des voies d’eau, notamment à Liège. François Desquesnes a répondu que 32 millions de tonnes ont été transportées en 2024, mais que l’évolution des marchandises impose aussi de raisonner en volumes et en conteneurs, et il a attribué les difficultés à un sous-investissement chronique. Le ministre a annoncé un réinvestissement de 312 millions d’euros pour moderniser la voie d’eau, allonger les horaires de certaines écluses, améliorer les manœuvres, les infrastructures multimodales et valoriser les terrains mouillés afin d’y réinstaller des activités industrielles.

Débat · 3 interventions

  1. JB
    Jean-Paul Bastin
    Les Engagés

    Monsieur le Ministre, le transport fluvial est un enjeu central pour la réindustrialisation de notre Wallonie, mais également la décarbonation de notre transport. Avec pas moins de 450 kilomètres de voie fluviale sur notre territoire, nous avons des atouts qui sont fort importants. Pourtant, il est triste de constater que la part modale du transport fluvial est en régression. Un article récent explique ou avance certaines raisons, notamment une diminution du nombre de bateliers; la perte de clients historiques, notamment avec la sidérurgie qui est nettement moins présente – voire disparue – ou encore la souplesse du transport routier plus importante. Que va-t-on pouvoir mettre en avant? Qu’avez-vous dans vos cartons – vous l’avez déjà un peu évoqué dans l’ajustement budgétaire – pour faire en sorte que cette part fluviale puisse augmenter? Comment peut-on mettre à disposition plus de terrains directement à proximité des voies fluviales? Notamment au Port autonome de Liège, pas moins de 97 % des terrains qui sont directement à proximité du fleuve sont occupés. Il y a dès lors beaucoup de défis et d’enjeux par rapport à cette caractéristique de notre Wallonie. Merci d’avance pour vos réponses.

    Agressivité 68%Émotionnel 51%
  2. FD

    Monsieur le Député, il y a beaucoup de choses à dire sur ce sujet. D’abord, les chiffres : 32 millions de tonnes sont transportées par la voie fluviale en 2024 en Wallonie. C’est un beau résultat comparé à la France, avec 43 millions de tonnes et un territoire nettement plus grand. C’est vrai que c’est un chiffre en diminution, mais le tonnage n’est pas tout. Il faut tenir compte de l’évolution de ce qui est transporté : davantage de conteneurs qui sont moins lourds que l’acier qui est en forte régression ; ce sont aussi des céréales, des produits chimiques qui sont moins denses et donc moins lourds. Tout ne peut donc pas se faire en comparaison de tonnage, mais doit se faire aussi en comparaison de volume ou d’équivalent 20 pieds, qui est la norme en matière de transport de conteneurs. Par contre, ce que nous disent le secteur et les entreprises utilisatrices de la voie d’eau, c’est qu’aujourd’hui la voie d’eau en Wallonie manque d’efficience, d’efficacité. C’est dû à un sousinvestissement chronique depuis de nombreuses années. Cela ne remonte pas à la législature précédente. Dès lors, le choix que nous avons fait au niveau du Gouvernement est effectivement de réinvestir 312 millions d’euros pour moderniser et rendre plus efficace la voie d’eau. C’est par exemple faire en sorte que les heures de fonctionnement des écluses soient plus importantes, avec une automatisation sur certaines écluses leur permettant de fonctionner 24 heures sur 24 et, pour d’autres, leur permettant de fonctionner comme en Flandre, de 5 heures du matin à 22 heures, y compris le week-end, sans personnel supplémentaire. La modernisation, c’est, par exemple, la capacité à faire demi-tour plus facilement à certains endroits plutôt que – comme c’est le cas aujourd’hui pour certains bateaux de grand gabarit – de devoir faire machine arrière sur plusieurs kilomètres pour débarquer ou embarquer des matériaux. C’est également améliorer les infrastructures et les plateformes multimodales. C’est, enfin, valoriser nos terrains mouillés, qui sont nombreux en Wallonie, à la suite du déclin industriel. Ce sont des terrains sur lesquels, demain, nous allons pouvoir réinstaller des entreprises industrielles avec une forte compétitivité. L’entreprise Nexans à Châtelet vient de faire le choix: 92 millions d’euros d’investissements parce que son entreprise était située à deux ou trois kilomètres de la voie d’eau. Voilà un gain de compétitivité et voilà une Wallonie qui gagne.

  3. JB
    Jean-Paul Bastin
    Les Engagés

    Merci, Monsieur le Ministre, pour cette réponse très complète, notamment avec la différence entre le tonnage et les volumes. Cela m’a rappelé les récapitulatifs vus avec ma fille qui passait son CEB il y a quelques semaines. Cela m’a parlé directement concrètement. Au-delà de la boutade, merci également de souligner le volontarisme du Gouvernement, avec pas moins de 312 millions d’euros qui sont investis dans ces infrastructures, ainsi que toute l’importance de pouvoir donner des terrains aux entreprises directement à proximité des fleuves. Je rappelle qu’une péniche permet d’éviter 80 camions sur la route. Nous avons tout intérêt à investir avec volontarisme dans ce dossier.

    Agressivité 49%Constructivité 90%Factuel 99%Émotionnel 41%

Questions similaires

ActualitéWallonie27.03.24

Le bilan de l’année 2023 pour le port autonome de liège

Le questionneur relève qu’en 2023 le Port autonome de Liège a enregistré une baisse de 14,5 % du tonnage, dans un contexte de ralentissement économique mondial et de tensions liées à la guerre en Ukraine, tout en soulignant les investissements réalisés au Trilogiport et l’importance des 18 000 emplois directs et indirects générés. Il interroge le ministre sur le développement du fret ferroviaire, les investissements prévus pour renforcer l’offre multimodale et les perspectives pour 2024. La réponse ministérielle met en avant la poursuite des investissements et des choix du gouvernement pour soutenir la plateforme, malgré la conjoncture difficile.

M Mauel · MR Henry
Développement économiqueEmploi
ActualitéWallonie13.09.23

La réforme des ports autonomes

Di Mattia salue l’investissement wallon dans le réaménagement du port de Monsin, qu’il inscrit dans la stratégie de mobilité et la vision FAST, puis interroge le ministre sur le suivi de la réforme des ports autonomes, la coordination entre ports, SPW MI et Infrabel, ainsi que sur la mesure de la décarbonation et des émissions de gaz à effet de serre. Il demande aussi quels indicateurs seront utilisés, comment les objectifs climatiques seront atteints et quels incitants ou dispositifs d’accompagnement sont prévus pour associer les entreprises locales aux nouveaux investissements. En réponse, le ministre apporte des éléments sur l’organisation et le pilotage de ces réaménagements dans le cadre de la réforme, avant que l’orateur ne souligne la nécessité d’une approche différenciée selon les ports et d’une stratégie de mutualisation adaptée à leurs spécificités.

DMDi Mattia · PS Henry
Gestion des infrastructuresInfrastructures
ActualitéWallonie08.10.25

Le calendrier des travaux de rehaussement des ponts du canal Albert

Arnaud Dewez a interrogé le ministre sur le calendrier actualisé des travaux de rehaussement des quatre ponts du canal Albert, en insistant sur les retards constatés, le risque budgétaire lié au pont d’Haccourt et la nécessité d’éviter la fermeture simultanée de deux ponts proches. François Desquesnes a indiqué que les travaux débuteront le 3 novembre à Hermalle-sous-Argenteau, qu’Haccourt est reporté à fin 2026, que Lixhe devrait suivre d’ici la fin de l’année et que Lanaye ne nécessite pas de travaux de rehaussement mais seulement de signalisation. Il a confirmé que deux ponts contigus ou proches ne seront pas fermés en même temps et qu’aucun fonds européen ne sera perdu, malgré un surcoût budgétaire pour la Wallonie. Le député a salué ces précisions tout en soulignant la nécessité d’améliorer le respect des délais et de fournir rapidement un planning fiable aux habitants et aux acteurs économiques de la Basse-Meuse.

ADArnaud Dewez · MRFrançois Desquesnes
Gestion des infrastructuresGestion des routes
ActualitéWallonie04.02.26

Les dégâts causés au réseau routier suite à la profusion de mégacamions

Jean-Paul Bastin a interrogé le ministre sur l’expérimentation des mégacamions en Wallonie, en s’inquiétant de leur impact sur la sécurité routière, l’usure du réseau, une éventuelle extension du dispositif et d’un éventuel encadrement dans le Code de la route. François Desquesnes a répondu que 39 projets pilotes sont en cours en Wallonie, dans le cadre d’un dispositif coordonné avec les autres Régions et prolongé jusqu’au 30 juin 2027 pour permettre une évaluation commune. Il a indiqué que les premiers résultats sont positifs, avec 40 % de kilomètres en moins et 20 % d’émissions de gaz à effet de serre en moins par tonne transportée, sans effet négatif constaté sur la sécurité ni sur l’état des routes, l’essentiel étant la répartition du poids par essieu. Il a précisé qu’une éventuelle phase plus large devra être décidée à l’issue de l’évaluation finale et dans des conditions d’accès limitées à certaines voiries.

JBJean-Paul Bastin · Les EngagésFrançois Desquesnes
Transport routierSécurité routière
UrgenteWallonie15.01.25

Les objectifs de reports modaux vers les transports en commun

Bruno Lefèbvre a interrogé le ministre sur l’écart entre l’objectif FAST 2030 de 10 % de déplacements en tram et en bus et les chiffres récents d’Acerta, autour de 8 %, en demandant quelles orientations seraient prises pour atteindre la cible. François Desquesnes a répondu que l’étude ne concerne que les travailleurs, alors que la mobilité doit être appréhendée de manière plus large, et a renvoyé au bilan du SPW MI et de l’IWEPS, fondé sur une nouvelle méthodologie pour 2024. Il a indiqué que ces données servent désormais à piloter la Stratégie régionale de mobilité, avec des efforts à mener sur les transports collectifs, le covoiturage, les voitures partagées et la mobilité active. En conclusion, Bruno Lefèbvre a estimé que l’écart restait important et a plaidé pour une réouverture de la concertation, en citant notamment les extensions du tram de Liège et les budgets du TEC.

BLBruno Lefèbvre · PSFrançois Desquesnes
Transport en communMobilité