CRI n° 19 - Séance plénière
Sujets abordés
- Emploi et réforme du chômage : échanges sur l’impact de la limitation des allocations de chômage, les conséquences pour la Wallonie et la mobilisation des acteurs sociaux autour du retour à l’emploi.
- Économie, grèves et sidérurgie : débat tendu sur l’effet des grèves répétées sur l’économie wallonne, ainsi que sur la situation de Liberty Steel et les pertes d’emplois dans la sidérurgie.
- Tourisme et investissements publics : discussion sur les perspectives des lacs de l’Eau d’Heure, le rendement des investissements publics, et plus largement sur l’attractivité touristique de la Wallonie.
- Mobilité et sécurité routière : plusieurs interventions ont porté sur l’amélioration de la sécurité routière, la protection des enfants pendant l’été, et le suivi des politiques de prévention.
- Logement, urbanisme et aménagement du territoire : débat sur le projet Ans Park, les effets de la baisse des droits d’enregistrement sur les prix immobiliers, ainsi que sur la construction de logements sociaux en zone inondable à Trooz.
- Finances locales et concertation fédérale : échanges sur les charges de pension des communes et la position de l’Union des villes et communes de Wallonie face aux décisions fédérales.
- Santé publique, environnement et eau : sujets liés à la contamination de l’eau potable, à la pollution des eaux, à la sécurité sanitaire et à la régulation de l’énergie.
- Cohésion sociale et protection sociale : adoption d’un décret modifiant le plan de cohésion sociale ; débat aussi sur la pauvreté, l’accès au logement et le financement des CPAS.
- Numérique et emploi : questions relatives à la formation numérique, aux compétences numériques et aux conditions de travail dans les titres-services.
- Agriculture et environnement : large soutien sectoriel à l’Alliance pour la consigne, avec des arguments liés à la protection du bétail et à la gestion des déchets.
- Accessibilité culturelle et handicap : discussion sur la suppression ou la révision des subsides pour l’inclusion des personnes porteuses de handicap dans les festivals.
- Sécurité publique et internationale : question sur une interpellation citoyenne à Charleroi jugée problématique au regard de l’apologie du terrorisme.
- Gestion institutionnelle en province de Liège : question sur les modalités de départ du gouverneur de la Province de Liège.
Votes
- Projet de motion sur le marché public de 30 logements sociaux en zone inondable à Trooz : adopté (41 pour, 29 contre, 1 abstention).
- Forte polarisation politique, avec division nette entre groupes.
- Projet de motion sur les effets d’aubaine liés aux certificats verts : adopté (40 pour, 28 contre, 3 abstentions).
- Opposition marquée, mais majorité claire en faveur du texte.
- Projet de motion sur les limites de l’action du Gouvernement face à la contamination de l’eau potable : adopté (40 pour, 29 contre, 1 abstention).
- Vote serré, révélant des divergences persistantes sur la régulation de l’eau.
- Projet de décret modifiant le décret du 22 novembre 2018 relatif au plan de cohésion sociale : adopté à l’unanimité (67 pour, 0 contre, 0 abstention).
- Consensus complet sur l’adaptation du dispositif aux compétences transférées.
- Pétition pour la défense du projet d’extension du tram liégeois vers Herstal et Seraing : rejetée (13 pour, 40 contre, 17 abstentions).
- Les abstentions sont nombreuses, illustrant un positionnement nuancé au-delà du clivage pour/contre.
- Quatre votes procéduraux intitulés “Justification d’abstention M. le Président…” : rejetés.
- Trois votes rejetés à 40 contre, 13 pour, 17 abstentions.
- Un vote rejeté à 40 contre, 30 pour, 0 abstention.
- Fait notable : plusieurs libellés sont tronqués dans le relevé, mais les résultats indiquent une opposition majoritaire.
Questions
- Germain Mugemangango → Pierre-Yves Jeholet : sur les « véritables sources du sabotage de l’économie wallonne ».
- Réponse du ministre : les grèves à répétition sont présentées comme un handicap économique majeur, avec un coût estimé entre 50 et 150 millions d’euros ; il insiste sur les effets pour les citoyens et sur sa volonté d’expliquer les mesures du Gouvernement.
- Caroline Desalle → Valérie Lescrenier : sur les perspectives de développement des lacs de l’Eau d’Heure.
- Réponse de la ministre : l’audit PwC confirme que le site est un site touristique majeur, mais que les retombées économiques ne sont pas à la hauteur des investissements ; un nouveau conseil d’administration doit contribuer à relancer la dynamique.
- Maxime Daye → François Desquesnes : sur les enjeux de sécurité routière.
- Réponse du ministre : les chiffres 2024 sont meilleurs qu’en 2023, mais restent dramatiquement élevés ; plusieurs mesures issues des États généraux de la sécurité routière sont en cours d’implémentation.
- Nicolas Tzanetatos → François Desquesnes : sur les dérapages lors d’une interpellation citoyenne à Charleroi.
- Réponse du ministre : liberté d’expression oui, mais des limites existent ; il rappelle que le Hamas est reconnu comme organisation terroriste et que l’apologie du terrorisme est pénalement répréhensible.
- Bruno Lefèbvre → François Desquesnes : sur l’avis de l’UVCW concernant les charges de pension des communes.
- Réponse du ministre : le Fédéral prévoit pour la première fois une ligne d’intervention ; il dit vouloir répondre aux inquiétudes tout en rappelant les montants annoncés.
- Dorothée De Rodder → Pierre-Yves Jeholet : sur l’impact de la réforme des allocations de chômage en Wallonie.
- Réponse du ministre : il défend la réforme, estimant que limiter les allocations dans le temps favorise la remise à l’emploi ; il estime que le discours syndical relève de la résignation.
- Veronica Cremasco → François Desquesnes : sur la nouvelle étape du dossier Ans Park.
- Réponse du ministre : la procédure est en cours ; il renvoie à des réponses antérieures et rappelle le cadre général du dossier territorial et commercial.
- Sophie Fafchamps → François Desquesnes : sur les modalités de départ du gouverneur de la Province de Liège.
- Réponse du ministre : il confirme les faits rapportés, indique qu’aucun dossier de pension n’a été introduit à ce stade et a saisi les services compétents ainsi que le président de l’Assemblée.
- Guillaume Soupart → François Desquesnes : sur la protection des enfants aux abords des routes pendant les vacances.
- Réponse du ministre : les accidents impliquant des enfants augmentent durant l’été ; il encourage la sensibilisation des parents, encadrants et automobilistes.
- Éliane Tillieux → Pierre-Yves Jeholet : sur le nouvel échec des négociations dans le secteur des titres-services.
- Réponse du ministre : il rappelle des améliorations déjà financées et des indexations intervenues, tout en défendant sa ligne de soutien à l’emploi.
- Christie Morreale et Anne Laffut → Pierre-Yves Jeholet : sur la fraude alléguée au congé éducation payé.
- Réponse du ministre : il souligne l’existence d’une instruction judiciaire et d’un contrôle administratif ; il affirme que les premières alertes remontent à février 2023.
- Olivier Maroy → Pierre-Yves Jeholet : sur les conséquences pour l’emploi de la fusion Rossel-IPM.
- Réponse du ministre : il reconnaît l’inquiétude pour le pluralisme et l’emploi, tout en indiquant suivre le dossier et rester en contact avec les partenaires concernés.
- Julien Liradelfo → Pierre-Yves Jeholet : sur la réponse des syndicats à la situation de Liberty Steel.
- Réponse du ministre : il rappelle avoir eu des contacts réguliers avec les syndicats et avoir cherché des solutions dans un contexte difficile.
- Valérie Dejardin → Yves Coppieters : sur la suppression des subsides pour l’inclusion des personnes porteuses de handicap dans les festivals.
- Réponse du ministre : il défend une logique d’accessibilité intégrée au budget des événements et juge ces financements facultatifs non pérennes.
- Caroline Cassart-Mailleux → Yves Coppieters : sur les dix pour cent d’analphabétisme en Wallonie.
- Réponse du ministre : il confirme l’importance du problème, rappelle l’existence d’un plan d’action interinstitutionnel et souligne les résultats déjà obtenus.
- Charles Gardier → Valérie Lescrenier : sur un site touristique à haut intérêt pour la Wallonie.
- Réponse de la ministre : elle invoque des accords de confidentialité avec un investisseur potentiel, sans confirmer le projet évoqué, tout en réaffirmant l’intérêt régional.
- Jean-Jacques Cloquet → Cécile Neven : sur la situation et les perspectives des aéroports wallons.
- Réponse de la ministre : elle rappelle que la Wallonie reste propriétaire des infrastructures via la SOWAER et que les concessions arrivent à échéance en 2041.
- Germain Mugemangango → Cécile Neven : sur la hausse des prix de l’immobilier stimulée par la baisse des droits d’enregistrement.
- Réponse de la ministre : elle conteste une conclusion trop rapide et souligne que les données disponibles sont encore trop récentes pour établir un effet causal certain.
- Freddy Mockel / Jean-Paul Bastin → Anne-Catherine Dalcq : sur l’adhésion d’organisations agricoles à l’Alliance pour la consigne.
- Réponse de la ministre : elle se dit attentive aux impacts sur les exploitations et rappelle que la compétence normative relève surtout du niveau environnemental.
Faits marquants
- Adoption à l’unanimité du décret sur le plan de cohésion sociale : signal fort de consensus parlementaire.
- Plusieurs votes divisés sur le logement social en zone inondable, l’eau potable et les certificats verts : clivages politiques nets.
- Débat particulièrement tendu sur la réforme du chômage et sur les grèves, avec échanges vifs entre majorité et opposition.
- Forte sensibilité médiatique et sociale autour de la fraude alléguée aux congés éducation payés, de Liberty Steel et de la fusion Rossel-IPM.
- Urgence sécuritaire et routière très présente : sécurité des enfants durant l’été, hausse des accidents et prévention.
- Sujet institutionnel marquant avec la situation du gouverneur de la Province de Liège, révélant des incertitudes administratives et politiques.
- Consensus sectoriel notable des organisations agricoles en faveur de la consigne, présenté comme un appui large et transversal.
- Point d’attention récurrent sur l’accessibilité des festivals aux personnes porteuses de handicap, avec une réorientation assumée de la politique de subsidiation.
Les véritables sources du sabotage de l’économie wallonne
Germain Mugemangango a critiqué les propos du ministre sur les grèves, qu’il a présentées comme un danger pour l’économie wallonne, en soutenant au contraire que les travailleurs ont historiquement protégé les acquis sociaux et l’activité économique. Il a reproché au gouvernement son inaction face aux difficultés d’entreprises comme Audi, Cora ou Thy-Marcinelle, ainsi que son manque d’investissement dans le logement et la construction, et a demandé quelles mesures concrètes seraient prises pour soutenir l’emploi et l’économie. Pierre-Yves Jeholet a répondu que les grèves répétées constituent, selon lui, un handicap majeur pour l’économie wallonne, avec un coût estimé entre 50 et 150 millions d’euros, et qu’elles nuisent à l’image et à l’attractivité de la Région pour les investisseurs. En réplique, le député a insisté sur l’absence de proactivité du gouvernement et sur le fait que les travailleurs créent la richesse de la Région.
Les perspectives de développement des lacs de l’Eau d’Heure
Caroline Desalle a interrogé la ministre sur les conclusions de l’audit PwC concernant les lacs de l’Eau d’Heure, estimant que les investissements publics ne produisent pas à ce stade les retombées économiques attendues et demandant des mesures à court, moyen et long termes ainsi qu’une vision globale de gestion. Valérie Lescrenier a confirmé que le site, malgré les investissements importants consentis depuis les années 1990, ne répond pas encore aux ambitions fixées, et a indiqué que l’audit repose sur un cadastre des investissements, l’analyse des conventions et l’identification des risques. Elle a annoncé des analyses plus fines sur certains sites, notamment Falemprise et l’Aquacentre, en concertation avec le CGT et le nouvel organe d’administration, afin de renforcer l’attractivité, envisager de nouvelles activités et mieux orienter les investissements publics.
Les enjeux liés à la sécurité routière
Maxime Daye a interrogé le ministre sur l’évolution réelle de la sécurité routière en Wallonie, en soulignant la persistance de problèmes liés à l’alcool au volant, au téléphone, à la vitesse, ainsi que la nécessité de renforcer les radars tronçons et d’envisager le casque obligatoire pour les trottinettes. François Desquesnes a reconnu que les résultats de 2024 sont meilleurs qu’en 2023, tout en restant préoccupants, et a indiqué s’appuyer sur les experts ainsi que sur des États généraux relancés pour formuler des recommandations. Il a précisé qu’un second volet associera après novembre les pouvoirs locaux et les zones de police afin de traduire ces mesures en actions concrètes sur le terrain.
Les dérapages lors d’une interpellation citoyenne en conseil communal
Nicolas Tzanetatos a dénoncé, lors d’une interpellation citoyenne au conseil communal de Charleroi, des propos jugés comme une apologie du Hamas et a demandé quelles mesures légales ou circulaires permettraient d’éviter et de sanctionner de telles dérives dans les assemblées communales. François Desquesnes a rappelé les limites à la liberté d’expression, l’existence de l’infraction d’apologie du terrorisme à l’article 140bis du Code pénal, et le rôle du président de séance pour assurer la police de l’assemblée, avec possibilité d’exclusion ou de huis clos. Il a ajouté que d’éventuels faits infractionnels relèvent de la justice, que le député peut saisir. En réplique, Tzanetatos a souligné son inquiétude face à la présence d’organisations liées selon lui à des réseaux terroristes dans des enceintes démocratiques.
L’avis de l’Union des villes et communes de Wallonie (UVCW) et l’action du Gouvernement wallon face aux charges de pension des communes
Bruno Lefèbvre a dénoncé l’avis de l’UVCW sur le projet de loi-programme fédéral, qu’il juge insuffisant et inéquitable pour soulager les charges de pension des communes wallonnes, en pointant une répartition nord-sud déséquilibrée et le maintien du malus du second pilier. Il a demandé une réaction ferme du Gouvernement wallon et l’inscription du dossier au Comité de concertation afin de défendre les pouvoirs locaux. François Desquesnes a répondu qu’il s’agissait de la première intervention fédérale de ce type sur les pensions, a évoqué une enveloppe de 573 millions d’euros dont 270 millions pour le second pilier, et a indiqué mener des discussions avec les ministres fédéraux pour obtenir une répartition jugée juste pour les collectivités wallonnes. Le député a répliqué que les montants restent insuffisants au regard des cotisations versées et que la part revenant aux entités wallonnes demeure trop faible.
L’impact de la réforme des allocations de chômage sur la Wallonie
Dorothée De Rodder a alerté sur l’impact territorial de la réforme fédérale des allocations de chômage, citant une enquête de la FGTB selon laquelle les communes les plus touchées seraient surtout bruxelloises et wallonnes, et a demandé comment la Wallonie serait défendue ainsi que la garantie d’un emploi convenable pour chaque demandeur d’emploi inscrit au FOREm. Pierre-Yves Jeholet a répondu que la réforme visait à limiter les allocations dans le temps pour favoriser le retour à l’emploi, et a insisté sur la nécessité d’un meilleur travail coordonné entre le FOREm, les CPAS, les opérateurs d’emploi, de formation et de réinsertion. Il a également annoncé des formations métiers plus courtes et plus agiles afin de remettre davantage de chercheurs d’emploi sur le marché du travail. En réplique, la députée a estimé ne pas avoir reçu de réponse concrète et a dénoncé une réforme qu’elle juge punitive pour les chômeurs, les syndicats, les CPAS et la Wallonie.
La nouvelle étape franchie par le dossier Ans Park
Veronica Cremasco a interrogé le ministre sur le projet immobilier Ans Park, dénonçant sa dimension commerciale et urbanistique, le volume des plaintes, l’opposition de la Ville de Liège et les doutes quant à la concertation citoyenne, tout en demandant si le projet était compatible avec le Stop béton wallon et la priorité donnée aux centres existants. François Desquesnes a répondu qu’une procédure était en cours, qu’il ne voulait pas intervenir ex ante dans un dossier susceptible de recours, et qu’un nouvel élément était la décision d’ouverture de voirie prise par le conseil communal d’Ans. La députée a ensuite estimé que le ministre devait adopter une position plus ferme en amont pour éviter la multiplication de projets similaires et les retards qu’ils entraînent.
Les modalités de départ du gouverneur de la Province de Liège
Sophie Fafchamps a interrogé le ministre sur l’incertitude entourant le départ du gouverneur de la Province de Liège, après ses déclarations publiques évoquant un arrêt de ses activités, alors qu’aucune démission ni demande de mise à la retraite n’avait été officiellement confirmée. François Desquesnes a indiqué avoir vérifié auprès du SPW IAS, du SPF Pensions et du président du Parlement wallon, sans obtenir de confirmation de l’introduction d’un dossier, et avoir adressé un courrier au gouverneur ainsi qu’une demande de précisions au ministre Jambon sur les pensions des gouverneurs. Il a précisé que le gouverneur reste en fonction et qu’en cas d’absence des procédures de suppléance existent, tout en reconnaissant une zone d’ombre sur l’existence ou non d’une demande de pension. La députée a insisté sur la nécessité de rassurer les autorités locales et la population quant à la continuité de l’exercice des missions du gouverneur.
La protection des enfants aux abords des routes pendant les vacances
Guillaume Soupart a souligné que les accidents impliquant des enfants augmentent pendant l’été et a interrogé le ministre sur les recommandations à donner à l’approche des vacances, en rappelant la vulnérabilité des enfants sur les routes. François Desquesnes a précisé les chiffres de l’AWSR, selon lesquels 37 % des accidents impliquant des enfants piétons surviennent entre juin et septembre, et a relayé plusieurs messages de prévention : renforcer la visibilité des enfants, rappeler les règles de sécurité aux encadrants des mouvements de jeunesse et camps, et appeler les automobilistes à une vigilance accrue. Le député a salué le travail de sensibilisation de l’agence et a souhaité que l’ensemble des acteurs concernés soit attentif afin de limiter les accidents durant l’été.
Le nouvel échec des négociations dans le secteur des titres-services
Éliane Tillieux a dénoncé l’échec répété des négociations dans le secteur des titres-services, en rappelant l’absence d’accord le 20 mai, l’inexistence d’une commission paritaire le 6 juin et l’échéance du 26 juin, tout en demandant si le ministre était prêt à déposer un texte dès le lendemain en cas de nouvel échec. Elle a aussi souligné que des entreprises distribuent des dividendes alors que le secteur est subsidié majoritairement par des fonds publics, estimant que ces moyens devraient servir à améliorer les salaires et les conditions de travail. Pierre-Yves Jeholet a répondu qu’il cherchait d’abord un accord en commission paritaire, rappelant les hausses et indexations déjà accordées, et affirmant suivre le dossier quotidiennement avec les partenaires sociaux. Il a indiqué qu’en l’absence d’accord, il prendrait ses responsabilités au Parlement en déposant un texte, tout en disant espérer un compromis prochain.
Les fraudes dans le dispositif du congé éducation payé
Christie Morreale et Anne Laffut ont interrogé le ministre sur des soupçons de fraude d’environ 22 millions d’euros liés au congé éducation payé, en demandant quelles suites avaient été données aux alertes, quels contrôles existaient et comment éviter de nouveaux abus. Pierre-Yves Jeholet a répondu qu’une instruction judiciaire était en cours, qu’un contrôle wallon avait été lancé avec 29 inspecteurs sur 172 entreprises, et a affirmé que les premières alertes remontaient à 2023 sans instruction donnée à l’époque par son prédécesseur. Il a annoncé vouloir mener une réforme du dispositif, avec simplification administrative, digitalisation des procédures et contrôles plus réguliers, en concertation avec les partenaires sociaux.
L’annonce de la fraude aux subsides concernant le congé éducation payé
Les députées ont interrogé le ministre sur la révélation d’une fraude potentielle d’environ 22 millions d’euros liée au congé éducation payé, impliquant 257 entreprises wallonnes, ainsi que sur les suites données, les contrôles existants et la prévention de dérives similaires. Pierre-Yves Jeholet a indiqué qu’une instruction judiciaire est en cours, qu’un contrôle a été mené par l’Inspection économique et sociale et que les premières alertes remontaient à février 2023, avant son entrée en fonction. Il a annoncé vouloir mener une réforme incluant simplification administrative, digitalisation des procédures et contrôles plus réguliers, en concertation avec les partenaires sociaux. Les échanges ont aussi porté sur les responsabilités politiques dans le retard de la réforme et sur la nécessité de préserver le dispositif de formation tout en renforçant son encadrement.
Les conséquences sur l’emploi de la fusion entre les groupes Rossel et IPM
Olivier Maroy a interrogé le ministre sur les effets de la fusion annoncée entre Rossel et IPM, en soulignant les risques pour le pluralisme de la presse francophone et pour l’emploi, notamment dans les éditions régionales de L’Avenir et de Sudpresse. Pierre-Yves Jeholet a reconnu des inquiétudes légitimes, rappelé son attachement au pluralisme et indiqué avoir déjà rencontré les éditeurs ainsi qu’une délégation de journalistes, tout en évoquant des pistes de soutien régional liées à la distribution de la presse écrite. Le débat a aussi porté sur le contexte plus large de concurrence des GAFAM, de fragilisation de la presse écrite et sur la nécessité, selon les intervenants, de mieux encadrer le rôle de la RTBF lors du prochain contrat de gestion.
La réponse des syndicats à M. le Ministre concernant la situation des travailleurs de Liberty Steel
Julien Liradelfo a dénoncé la faillite de Liberty Steel, les pertes de 520 emplois directs et d’emplois indirects, ainsi que l’inaction qu’il attribue au Gouvernement wallon dans la sauvegarde du site et des travailleurs. Pierre-Yves Jeholet a répondu avoir été en contact régulier avec les syndicats, le cabinet et la curatelle, avoir mobilisé Wallonie Entreprendre pour la sécurité du site et la recherche de repreneurs, et avoir mis en place une cellule de reconversion le 2 juin. Le ministre a rejeté l’accusation d’inertie et a indiqué rester préoccupé par la suite du dossier, tout en appelant à un dialogue plus apaisé.
La suppression des subsides pour l’inclusion des personnes porteuses de handicap dans les festivals
Valérie Dejardin a interrogé le ministre sur la suppression ou la diminution des subsides destinés à l’inclusion des personnes porteuses de handicap dans les festivals, en citant l’exemple des Francofolies de Spa, pionnières en matière d’accessibilité. Yves Coppieters a répondu qu’il souhaitait faire de l’accessibilité un droit universel à intégrer dans le budget global des organisateurs, plutôt que de maintenir des financements facultatifs récurrents, tout en prévoyant une transition progressive. Il a indiqué que Spa conserverait temporairement les deux tiers de sa subvention, et que les aides resteraient possibles pour des projets spécifiques et innovants conçus avec les personnes en situation de handicap. Valérie Dejardin a pris acte de cette réponse mais s’est dite déçue par la réduction de l’aide accordée à un festival qu’elle a présenté comme exemplaire.
Les dix pour cent d’analphabétisme en Wallonie
Caroline Cassart-Mailleux a relayé une étude faisant état d’environ 10 % d’analphabétisme en Wallonie, qu’elle juge alarmant, en demandant si le ministre en avait tiré une analyse plus précise, ainsi qu’un bilan des structures subsidiées et de leur évaluation. Yves Coppieters a indiqué avoir pris connaissance de l’étude, souligné l’existence du plan d’action 2021-2024 et du comité de pilotage permanent réunissant la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la COCOF, et affirmé que la coordination et l’identification des besoins avaient progressé. Il a précisé ne pas disposer des montants des subsides sur le moment, mais a signalé que l’opérateur Lire et Écrire est soutenu et a insisté sur la nécessité de ne pas réduire les financements. La députée a conclu en plaidant pour une meilleure évaluation des dispositifs existants et pour l’implication d’autres acteurs locaux, comme les CPAS et les plans de cohésion sociale.
Le site touristique à haut intérêt pour la Wallonie
Charles Gardier a interrogé la ministre sur l’éventuel projet d’implantation en Wallonie d’une grande attraction touristique, évoquant implicitement le Puy du Fou, ainsi que sur son état d’avancement et sa localisation possible. Valérie Lescrenier a confirmé l’intérêt de la Wallonie pour ce type d’investissement, sans pouvoir donner de précisions en raison d’accords de confidentialité, et a indiqué que le dossier s’inscrit dans une logique touristique, mais aussi d’emploi et d’aménagement du territoire, relevant potentiellement d’un projet de gouvernement. Le député a pris acte de cette réserve tout en soulignant le potentiel du projet pour renforcer l’attractivité touristique régionale.
La situation et les perspectives des aéroports wallons
Jean-Jacques Cloquet a souligné le rôle économique majeur des aéroports de Liège et de Charleroi, les emplois locaux qu’ils génèrent, ainsi que les nouveaux défis liés à la géopolitique, à la concurrence d’autres hubs et aux futurs montages actionnariaux, en insistant sur la nécessité de garantir l’économie, le social et le respect de l’environnement. Cécile Neven a rappelé que la Wallonie reste propriétaire des infrastructures via la SOWAER et que les concessions actuelles courent jusqu’en 2041, avec remise en concurrence à leur terme; elle a précisé la structure de l’actionnariat privé de BSCA et de Liège Airport. Elle a indiqué que la DPR vise à renforcer l’ancrage des actionnaires privés tout en conservant un pouvoir de décision sur les enjeux stratégiques, et a estimé que ces partenaires apportent expertise, valeur ajoutée et قوة de négociation, sans envisager un rachat de parts par la Wallonie.
La hausse des prix de l’immobilier stimulée par une décision du Gouvernement wallon
Germain Mugemangango estime que la baisse des droits d’enregistrement de 12,5 % à 3 % a été répercutée sur les prix de vente, avec des hausses pouvant atteindre 15 %, et demande quelles mesures seront prises pour garantir l’accès au logement. Cécile Neven conteste ce lien direct en invoquant un recul trop court pour tirer des conclusions, des effets de calendrier et d’aubaine, ainsi qu’une reprise du marché immobilier et une hausse des crédits hypothécaires. Elle soutient que la réforme a stimulé les transactions et favorisé l’accession à la propriété, tandis que le député réplique qu’en l’absence de régulation et d’un parc locatif public suffisant, les vendeurs captent l’avantage fiscal.
L’adhésion de deux organisations wallonnes d’agriculteurs à l’Alliance pour la consigne
Freddy Mockel et Jean-Paul Bastin ont relayé l’adhésion de plusieurs organisations agricoles à l’Alliance pour la consigne, en soulignant les nuisances des canettes et bouteilles abandonnées dans les champs, les risques pour le bétail et la nécessité d’un accord de coopération entre Régions. Anne-Catherine Dalcq a dit partager cette préoccupation, rappelant que les agriculteurs subissent directement ces impacts et que la compétence relève de l’environnement, tout en indiquant suivre le dossier et relayer ces enjeux au sein du Gouvernement. Les intervenants ont ensuite poursuivi un échange sur le sujet, Freddy Mockel jugeant la réponse insuffisante et Jean-Paul Bastin saluant l’engagement de la ministre à porter ces préoccupations.
Le soutien des syndicats agricoles à l’Alliance pour la consigne
Des députés ont relayé la demande du monde agricole, de plus en plus favorable à la consigne sur les canettes et bouteilles en raison des déchets retrouvés dans les champs, des risques pour le bétail et des coûts induits. La ministre Anne-Catherine Dalcq a dit partager ces préoccupations, a rappelé que la compétence relève de l’environnement et a indiqué qu’elle poursuivrait le relais de ce dossier au sein du Gouvernement wallon, tout en soulignant les actions de prévention déjà menées. Les intervenants ont ensuite réitéré leur soutien à l’Alliance pour la consigne et critiqué l’absence, selon eux, de réponse politique suffisante face à la pollution rurale.