Les dix pour cent d’analphabétisme en Wallonie
Caroline Cassart-Mailleux a relayé une étude faisant état d’environ 10 % d’analphabétisme en Wallonie, qu’elle juge alarmant, en demandant si le ministre en avait tiré une analyse plus précise, ainsi qu’un bilan des structures subsidiées et de leur évaluation. Yves Coppieters a indiqué avoir pris connaissance de l’étude, souligné l’existence du plan d’action 2021-2024 et du comité de pilotage permanent réunissant la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la COCOF, et affirmé que la coordination et l’identification des besoins avaient progressé. Il a précisé ne pas disposer des montants des subsides sur le moment, mais a signalé que l’opérateur Lire et Écrire est soutenu et a insisté sur la nécessité de ne pas réduire les financements. La députée a conclu en plaidant pour une meilleure évaluation des dispositifs existants et pour l’implication d’autres acteurs locaux, comme les CPAS et les plans de cohésion sociale.
Débat · 3 interventions
Monsieur le Ministre, j’ai pris connaissance de cette étude qui a été menée pendant trois ans. Les chiffres me paraissent tout à fait précis et concis. Une étude menée pendant trois ans nous permet d’avoir des chiffres précis. Selon cette étude, 10 % des Wallons seraient analphabètes. Je reviens vers vous, Monsieur le Ministre, parce que ces chiffres sont alarmants. Il paraît que les grandes villes seraient plus touchées que les zones rurales, mais aussi qu’il serait plus difficile d’avoir des chiffres précis dans les zones rurales. Cela veut dire que ces 10 %, c’est le minimum. Avez-vous pris connaissance de cette étude? Avezvous pu avoir une analyse plus précise de ces chiffres? En tant que personne, je n’ai pas envie de laisser ces personnes analphabètes au bord du chemin, parce que c’est très préoccupant au quotidien pour trouver du travail ou pour élever ses enfants. Vivre au jour le jour en étant analphabète est vraiment problématique. Ainsi, je regarde l’avenir en me disant qu’il nous faut des solutions. Concernant les solutions, je voudrais aussi vous entendre par rapport aux structures et aux organismes qui sont déjà en place pour aider ces personnes analphabètes. Je voudrais avoir le montant de subsides que le Gouvernement wallon donne à ces différentes structures. Dès lors qu’il y a de l’argent public, ne serait-il pas intéressant d’avoir une évaluation de la façon dont fonctionnent ces structures? Je comprends très bien que je n’aurai pas le montant aujourd’hui de l’argent public qui est subsidié à ces différents organismes, mais je reviendrai par une question écrite ou en commission sur ce point. En attendant, ces chiffres sont alarmants et il nous faut des solutions. Il ne faut pas laisser ces gens au bord du chemin, mais se tenir à leurs côtés afin que cette situation se résolve.
Agressivité 55%Constructivité 46%Factuel 55%Émotionnel 54%Madame la Députée, j’ai en effet lu cette étude, qui est très intéressante, mais il est surtout intéressant que l’on puisse, une fois pour toutes, bien documenter ces 10 % de problèmes d’alphabétisation. Il est vrai que l’on a un plan d’action – le plan d’action 2021-2024 – qui a été adopté par la conférence interministérielle en 2024 – une conférence où sont présentes la Région wallonne, la Fédération WallonieBruxelles et la COCOF. Ce plan d’action a donné des résultats. Clairement, on a atteint nos objectifs en termes d’articulation et de coordination entre les politiques des trois entités. On a aussi atteint nos objectifs en termes de meilleure identification des besoins de formation en adéquation avec les besoins des opérateurs et les besoins de terrain. Et l’on a également gagné en évaluation des politiques grâce à cette collaboration. Concrètement, cette conférence interministérielle ne s’est plus réunie. Pourquoi? Parce qu’elle a mis en place ce que l’on appelle un comité de pilotage permanent de l’alphabétisation adulte, qui réunit ces trois entités et qui a pour objectif d’évaluer les stratégies ainsi que d’articuler les politiques. Elle est constituée d’une série d’opérateurs, dont l’opérateur «Lire et Écrire», qui est subventionné par la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région wallonne. Je n’ai pas les montants, mais je peux vous les donner facilement en commission. Quoi qu’il en soit, ces opérateurs font un travail tout à fait intéressant. C’est ce comité de pilotage qui est peu reconvoqué. La conférence interministérielle n’a pas été convoquée. Votre question me pousse peut-être à les stimuler ou à convoquer cette conférence interministérielle, mais je vous assure que les objectifs sont atteints à ce stade-ci. Maintenant, peut-être qu’il faut avoir d’autres ambitions. L’ambition, c’est – je passe moi-même un message au Gouvernement wallon dont je fais partie – qu’il ne faut pas diminuer les subventions de ces opérateurs. C’est très important. Cela vous fait rire, Madame la Députée? (Réactions dans l’assemblée) Oui, je passe un message à moi-même et je l’assume. Dans les prochains exercices budgétaires, il faut faire attention à certains opérateurs. Le problème d’analphabétisation est un vrai problème. Peut-être que cela ne vous touche pas mais, personnellement, cela me touche.
Agressivité 95%Constructivité 99%Factuel 99%Émotionnel 96%Je remercie le ministre pour sa réponse. Si je pose une question directe aujourd’hui, c’est que ces chiffres m’interpellent. Comme je l’ai dit dans ma question, il ne faut laisser personne au bord du chemin. Le fait d’être analphabète pose vraiment un souci au quotidien pour l’ensemble des citoyens qui se retrouvent dans cette situation. Monsieur le Ministre, vous avez dit qu’il ne fallait pas diminuer les montants d’argent public. Certes, mais il faut aussi que les différentes structures puissent vérifier, que l’on puisse évaluer. L’évaluation, je trouve cela très positif. Parfois, c’est aussi voir comment, avec le même budget, on peut bien faire les choses ou comment on peut les faire mieux. Il y a certainement des questions écrites pour lesquelles nous aurons un débat en commission, mais je pense que le travail est intéressant. En tant que municipaliste, je suis aussi interpellée parce que l’on peut faire d’autres choses, telles que les plans de cohésion sociale qui pourraient avoir un rôle à jouer ou les différents CPAS. Il nous faut trouver des solutions pour que ces 10 % soient un chiffre maximum, qui diminue à l’avenir. Ces chiffres sont vraiment interpellants, nous devons trouver des solutions.
Agressivité 78%Constructivité 96%Factuel 76%Émotionnel 89%
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