Le soutien des syndicats agricoles à l’Alliance pour la consigne
Des députés ont relayé la demande du monde agricole, de plus en plus favorable à la consigne sur les canettes et bouteilles en raison des déchets retrouvés dans les champs, des risques pour le bétail et des coûts induits. La ministre Anne-Catherine Dalcq a dit partager ces préoccupations, a rappelé que la compétence relève de l’environnement et a indiqué qu’elle poursuivrait le relais de ce dossier au sein du Gouvernement wallon, tout en soulignant les actions de prévention déjà menées. Les intervenants ont ensuite réitéré leur soutien à l’Alliance pour la consigne et critiqué l’absence, selon eux, de réponse politique suffisante face à la pollution rurale.
Débat · 52 interventions
- FMFreddy MockelEcolo
Madame la Ministre, l’Union des agricultrices wallonnes et la Fédération wallonne de l’agriculture vous ont adressé un courrier dans lequel elles déclarent adhérer à l’Alliance pour la consigne. Elles demandent avec insistance que le Gouvernement wallon se dirige dans cette direction et adopte enfin la consigne sur les canettes et les bouteilles, qu’il s’engage donc dans un accord de coopération avec les autres Régions. Ce n’est pas seulement leur cas: la FUGEA, l’Algemeen Boerensyndicaat et la Fédération des jeunes agriculteurs ont déjà franchi ce pas. C’est un signal clair qui vous est envoyé: le monde agricole en a marre de retrouver des canettes et des bouteilles dans ses champs ou dans ses prairies. Il ne s’agit pas d’une question esthétique, mais plutôt d’une question de pollution, de danger pour le bétail et aussi de coûts supplémentaires. Il faut du travail si l’on veut, de manière préventive, éviter que ces déchets restent et se retrouvent trop longtemps dans les champs ou dans les ballots, et cetera. La prévention a également échoué. On a essayé plusieurs choses dans le temps: des campagnes médiatiques, des panneaux ou encore des filets au bord des routes, en espérant que les gens découvrent leur fibre sportive et visent bien les filets avec leur canette. On a franchement tout essayé. Qu’attendez-vous? Qu’attend le Gouvernement entier pour faire un peu violence à la DPR, franchir le pas et enfin s’engager dans un accord de coopération vers un système de consigne? C’est la seule solution, je crois, qui est vraiment... (Réaction de M. Maroy) Monsieur Maroy, peut-être un autre jour, aurez-vous l’occasion d’en parler. Pour l’instant, c’est mon tour. (Applaudissements) Madame la Ministre, j’aimerais que vous contribuiez à débloquer cette situation avec l’entièreté du Gouvernement. Votre secteur a envoyé un signal clair et il demande à être écouté.
- JBJean-Paul BastinLes Engagés
Madame la Ministre, comme M. Mockel vient de le signaler, nous avons appris que la Fédération wallonne de l’agriculture et l’Union des agricultrices wallonnes ont décidé de rejoindre l’Alliance pour la consigne, et ce, après d’autres organisations agricoles qui l’ont fait par le passé – la FUGEA, la FJA ou le syndicat agricole flamand ABS. Le secteur agricole est quasiment unanime dans sa volonté de rejoindre cette Alliance pour la consigne. La problématique n’est pas simplement esthétique. Chacun des députés, en rentrant chez lui ce soir, verra peut-être de jolies vaches en train de paître dans des champs. Quand elles ingurgitent des débris de canettes ou de fer – mais singulièrement de canettes –, le diagnostic vital est souvent rapidement engagé. Sans jeu de mots, cela constitue un crève-cœur pour nos agriculteurs qui voient leurs animaux souffrir: il est question de bien-être animal puisque cela se passe dans d’atroces souffrances. Ils doivent se séparer de leurs animaux dans ces conditions. En outre, il s’agit parfois de vaches gestantes. Il s’agit donc d’une double perte. Madame la Ministre, quelle est votre réaction par rapport à cette demande et quelle est votre position pour être le relais de nos agriculteurs qui ont bien besoin de l’ensemble de notre soutien?
Agressivité 67%Émotionnel 66% Messieurs les Députés, les agriculteurs ne prennent pas position par idéologie, mais parce qu’ils subissent directement les impacts. La démarche de ces deux organisations agricoles traduit une préoccupation légitime que je partage tout à fait. Je suis très consciente des risques pour le bétail: ces métaux dans la nourriture peuvent endommager certains organes et conduire à la mort de l’animal. Légiférer dans ce dossier relève des compétences environnementales. Il est important de garder des actions à destination des citoyens pour prendre bien en compte les enjeux agricoles de cet acte, mais aussi pour l’environnement. Il y a énormément d’initiatives au niveau communal, comme des campagnes d’affichage contre ces dépôts sauvages. Je resterai attentive à l’évolution de ce dossier et continuerai à relayer ces préoccupations au niveau du Gouvernement pour bien incorporer les enjeux agricoles et pour améliorer cette situation.
Constructivité 87%Factuel 76%Émotionnel 50%- FMFreddy MockelEcolo
Madame la Ministre, je suis vraiment déçu de votre réponse. Je crois avoir démontré que les campagnes de prévention ont pu atteindre ce qu’elles pouvaient atteindre. Les panneaux étaient peut-être bons pour les élections, mais maintenant c’est trop tard pour les panneaux dans ce dossier. Je crois que sur la consigne, le bon sens est tout simplement en otage de cette DPR. C’est justement l’idéologie ou certains lobbies qui sont en train de primer dans ce Gouvernement, et c’est vraiment désolant.
Agressivité 87%Émotionnel 88% - JBJean-Paul BastinLes Engagés
Merci, Madame la Ministre. J’ai bien entendu que vous partagiez les préoccupations, que vous souteniez les agriculteurs et que vous relaieriez leurs préoccupations au sein du Gouvernement. C’est un dossier qui est amené à encore évoluer. Ceci est incontestablement une pièce neuve dans ce dossier auquel nous sommes et resterons particulièrement attentifs. ###### PROJETS ET PROPOSITIONS Projet de décret modifiant le décret du 22 novembre 2018 relatif au plan de cohésion sociale pour ce qui concerne les matières dont l’exercice a été transféré de la Communauté française (Doc. 258 (2024- 2025) N° 1 à 3)
Agressivité 64%Constructivité 66%Factuel 37%Émotionnel 59% - SHStéphane HazéeEcolo
M. le Ministre n’interviendra pas?
Agressivité 85%Émotionnel 84% - SHStéphane HazéeEcolo
Je voulais vous demander si le ministre allait nous rejoindre pour l’examen du texte.
Agressivité 78%Émotionnel 75% - MH
Je propose que l’on attende notre ministre en charge de ce projet, Monsieur le Président.
Agressivité 84%Émotionnel 83% - GM
Monsieur le Président, juste avant l’interruption...
Agressivité 82%Émotionnel 85% - GM
Un élément de procédure par rapport à la discussion qui va se dérouler. J’ai manifestement communiqué une fausse information aux services du greffe. Ce n’est pas M. Liradelfo qui va intervenir pour ce texte, mais Mme Bernard.
Agressivité 76%Émotionnel 70% - GM
Merci.
Constructivité 97%Émotionnel 84% - GM
Si je peux vous être utile, dites-le, il n’y a pas de problème.
Agressivité 73%Constructivité 87%Factuel 60%Émotionnel 79% - MH
Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, bienvenue à cette présentation du projet de décret relatif au plan de cohésion sociale pour les matières dont l’exercice a été transféré de la Communauté française. C’est un texte qui nous a été soumis en Commission des pouvoirs locaux et pour lequel nous avons fait une analyse conjointe entre les différents membres de notre Commission des pouvoirs locaux. Revoir les plans de cohésion sociale en Wallonie est manifestement une volonté de ce Gouvernement dans un objectif de simplification à venir. Le projet de décret revient plutôt en réalité à une première étape de cette réforme, qui se déroulera en deux temps. Le premier projet de décret, qui est aujourd’hui soumis au vote, vise à prolonger la programmation actuelle jusqu’au 31 décembre 2026 au lieu du 31 décembre 2025. Cela donne un an de programmation complémentaire, une année supplémentaire pour les PCS en cours. Viendra vraisemblablement par la suite une réforme plus profonde des PCS à l’initiative du Gouvernement. Je profite de cette opportunité qui m’est donnée avec ce texte sur les plans de cohésion sociale pour rappeler l’objectif poursuivi par les PCS: la lutte contre la précarité, la réduction des inégalités et la garantie d’un accès effectif aux droits fondamentaux. C’est un outil qui a déjà fait ses preuves dans les autorités locales. L’enquête de l’IWEPS a récemment indiqué, via son indicateur synthétique d’accès aux droits fondamentaux, l’ISADF, qu’aujourd’hui, en Wallonie, 13 droits fondamentaux ne sont pas correctement répartis en fonction des communes où l’on se situe en Wallonie. Le maintien et la prolongation des PCS, c’est fondamental. Comme les organismes qui ont été consultés dans le cadre de ce projet, on ne va pas se prononcer sur une réforme qui n’est pas encore mise sur la table. Aujourd’hui, c’est une prolongation. On ne peut que soutenir le principe d’une prolongation d’une année supplémentaire pour le dispositif existant. Nous sommes toutefois curieux de voir quelle sera la teneur de la réforme qui sera portée par le ministre et par son Gouvernement. Le vote de ce jour ne préjuge en rien de la position que nous prendrons ultérieurement sur le sujet.
Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, chers collègues, pour rappel, le plan de cohésion sociale est l’ensemble des processus et actions individuelles ou collectives qui contribuent à assurer l’égalité des chances et l’accès aux droits fondamentaux. Le plan de cohésion sociale poursuit donc un double objectif, à savoir réduire la précarité et les inégalités tout en favorisant l’accès effectif de tous aux droits fondamentaux. Le calcul du subside par commune se fait par le nombre d’habitants et en fonction de l’indicateur synthétique d’accès aux droits fondamentaux. Le plan de cohésion sociale est une législation que l’on renouvelle régulièrement. On ajoute ou on retire certains éléments. Monsieur le Ministre, la dernière modification date de la toute fin de la législature précédente, avril 2024, et allait dans une direction que nous avons soutenue, en ayant tout de même noté à votre prédécesseur que l’administration n’avait pas encore rendu de rapport d’évaluation sur le décret en vigueur avant sa réforme. Les évaluations, j’y tiens fortement. Je ne suis pas la seule à les soutenir; l’Union des villes et communes de Wallonie l’avait souligné et regretté. Si sous l’ancienne majorité, notre groupe avait soutenu la réforme, c’était en précisant bien que celle-ci pouvait ou devait être, le cas échéant, modifiée ou améliorée après réception des évaluations. Elle est aussi bien soutenue par l’Union des villes et communes wallonnes que par l’administration. En commission, M. le Ministre nous a indiqué qu’il allait très bientôt être en possession de ces différents avis et analyses. C’est peut-être chose faite aujourd’hui. Vous allez peut-être nous le dire, Monsieur le Ministre. Cela permettra au Gouvernement de compléter, d’adapter et de modifier le cadre du plan de cohésion sociale. Bref, il s’agit de réformer l’outil plutôt que de retirer et ajouter des petits éléments au dispositif. Le projet de décret qui nous occupe ici ne réforme pas encore l’outil qu’est le plan de cohésion sociale. Néanmoins, en attendant cette réforme, il permet, au plan de cohésion sociale actuel, validé pour une période de 2020 à 2025, de vivre jusqu’en 2026 et donc d’être prolongé d’un an, ce qui permettra de réaliser dans l’intervalle le travail législatif nécessaire afin de doter les communes de plans de cohésion sociale efficaces, mais également souples dans leur mise en œuvre et leur application. Les amendements qui ont été déposés et votés en commission sont techniques et font suite à l’avis du Conseil d’État. Voici, Monsieur le Ministre, chers collègues, les raisons pour lesquelles nous soutiendrons ce texte, et nous vous invitons, en séance plénière – ici même –, à voter la même chose qu’en commission.
Agressivité 65%Constructivité 59%Factuel 55%Émotionnel 63%- AB
Je vais rester assise à mon banc parce que je serai brève. Pour le PTB, les plans de cohésion sociale sont des outils utiles pour lutter contre la précarité, les difficultés sociales et garantir l’accès aux droits fondamentaux. Ils permettent aux communes et aux CPAS de faire un vrai travail de terrain. Le projet de décret veut prolonger le plan actuel jusqu’au 31 décembre 2026, en attendant que la réforme préparée par le Gouvernement soit prête. Dans la mesure où cela peut garantir la continuité des outils qui sont essentiels, on va le soutenir. On est aussi contents de la volonté de simplifier certaines démarches administratives. C’est une bonne chose pour les communes qui ont déjà beaucoup de travail. Cela leur permettra de se concentrer sur ce qui compte vraiment, c’est-à-dire aider les citoyens. Par contre, comme d’autres collègues l’ont dit, concernant l’ensemble de la réforme que le Gouvernement prépare, on attend de voir la Fédération des CPAS, l’Union des villes et communes et le Conseil économique, social et environnemental. On souhaite être associés aux réflexions et à l’élaboration de la réforme. Leur expertise, selon nous, sera bienvenue et on espère que vous en tiendrez compte.
Agressivité 77%Constructivité 88%Factuel 77%Émotionnel 85% - JBJean-Paul BastinLes Engagés
Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs les Députés, les plans de cohésion sociale constituent un outil majeur de la politique wallonne, avec un budget annuel de pas moins de 23 millions d’euros permettant aux CPAS et aux communes de lutter et de réduire les éléments de précarité et les inégalités que vit notre population. Sur la durée d’une législature communale, pas moins de 130 millions d’euros sont gérés via cet outil. En fin de législature précédente, un décret modifiant substantiellement la réglementation des PCS a été adopté en urgence, avec entrée en vigueur prévue dès ce 1er janvier 2026. Cette réforme présentait plusieurs défauts majeurs tels que l’absence d’une évaluation préalable, une surcharge administrative liée aux nouvelles obligations pour les communes, une ingérence accrue du contrôle de tutelle au détriment de l’autonomie communale et des problèmes techniques liés à des délais peu réalistes et à l’absence d’outils informatiques adéquats. Par ce décret, le Gouvernement propose de prolonger le dispositif actuel jusqu’au 31 décembre 2026. Il s’agit de reculer pour mieux sauter, selon l’adage. Cette année supplémentaire permettra une réforme de qualité basée sur une évaluation objective qui sera disponible prochainement. Les principes de la future réforme se basent sur les éléments suivants: - une collaboration renforcée avec le secteur; - un travail étroit avec les acteurs de terrain, notamment dans la future fédération des chefs de projets de plans de cohésion sociale; - un principe de confiance avec moins de contrôles, mais davantage d’accompagnement; - davantage de simplification administrative. Tous les acteurs consultés approuvent cette démarche, que ce soit l’Union des villes et communes, le CESE, la Fédération des CPAS, ou encore la future fédération des chefs de projet. Nous soutenons pleinement ce projet, car il sécurise les communes pour 2025-2026, où les besoins de cohésion sociale restent particulièrement importants. Il répond à ces enjeux, et notamment essayer de résoudre les difficultés liées à la précarité tant visible qu’invisible et représente des «bulles d’air» nécessaires pour nos populations, et notamment les plus précaires ou les plus jeunes, comme le démontrent les projets «Été solidaire». Nous saluons la méthode qui ne renverse pas la table, mais privilégie le dialogue avec les communes et les équipes de terrain. Cette approche bottom-up permet de conserver les acquis tout en préparant une réforme solide. L’ambition de simplification administrative est essentielle. Étendre le principe de confiance du dispositif FERI aux PCS permettrait de réduire la lourdeur administrative et d’investir plus de temps dans les projets concrets au service de la cohésion sociale pour nos populations. Cette prolongation offre l’opportunité de construire des plans efficaces et souples, dans une logique de partenariat et de confiance avec nos communes qui en ont bien besoin.
- VCVeronica CremascoEcolo
Comme nous l’avons indiqué en commission, nous soutiendrons cette prolongation d’une année. Je ne vais pas revenir sur l’ensemble de ce qui a été évoqué par mes collègues. Néanmoins, en réponse à notre collègue, vous avez indiqué que le rapport d’évaluation du plan de cohésion sociale devait être présenté au Gouvernement pour la fin du premier semestre 2025 et serait soumis au Parlement dans la foulée. L’échéance est vraiment imminente. Peut-être aurons-nous aujourd’hui une précision sur la date. Pour une fois, le Gouvernement évalue et décide ensuite. Inutile de vous rappeler que c’est un ordre qui nous semble plus logique, à nous écologistes. Nous vous encourageons à faire de même pour d’autres dossiers. S’agissant des plans de cohésion sociale, il est très important que la charge administrative – que ce soit pour les chefs de projet, pour les communes et les CPAS – soit allégée. Il est indispensable, plus que jamais, de doter ces plans de cohésion sociale des moyens nécessaires pour continuer à accompagner et à soutenir les plus fragiles. C’est plus que jamais indispensable.
Émotionnel 44% - FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Merci, Mesdames et Messieurs les Députés, pour vos interventions et le soutien que je pense recueillir de façon unanime par rapport à ce texte. Ce texte permet d’avoir un peu de temps, à la fois pour préparer le futur – je vais m’en expliquer dans quelques instants –, mais également pour consolider des actions de cohésion sociale ô combien nécessaires sur le terrain et qui donnent des moyens concrets aux communes et aux CPAS de les exercer. Effectivement, la réforme qui va advenir des plans de cohésion sociale sera basée sur une triple logique: la simplification: il faut que les moyens soient concentrés sur l’action plus que sur les papiers, la paperasse, les rapports, et cetera. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de contrôle, mais le principe doit être la simplification; la confiance: M. Bastin a eu l’occasion de l’expliquer en prenant comme modèle le FERI. En effet, c’est dans ce sens que nous souhaitons avancer. Les autorités locales sont élues. Il y a des agents qui sont affectés à ces projets, à ces services. Le principe de la confiance en leur activité doit primer sur celui du contrôle ex ante de ce qu’ils vont faire. Avoir toujours l’administration régionale par-dessus l’épaule de ses pouvoirs subordonnés, ce n’est pas du tout la vision qui est la mienne. Le troisième axe est celui du dialogue. C’est ce que j’ai entrepris dès mon entrée en fonction, puisque j’ai eu l’occasion de rencontrer une délégation des responsables des plans de cohésion sociale qui m’interrogeaient légitimement sur le devenir de cette politique régionale. Je ne peux que me réjouir qu’ils s’organisent aujourd’hui. C’était l’invitation que je leur avais faite il y a quelque temps lorsque je les avais rencontrés. Demain, à Namur, ils porteront sur les fonts baptismaux la mise en place d’un consortium, d’une fédération des responsables des plans de cohésion sociale. Je ne peux que m’en féliciter, parce que nous avons besoin, en Wallonie, d’interlocuteurs et d’agents qui connaissent, par le terrain, les éléments qui permettront de construire cette réglementation de demain. C’est sur le dialogue que je compte agir en la matière. Le budget actuellement dévolu aux plans de cohésion sociale est de 23 millions d’euros. Il sera maintenu tout au long de la législature. J’en prends l’engagement. Par ailleurs, pour celles et ceux qui m’interrogeaient sur l’évaluation, l’ensemble des données doivent être collectées pour le 30 juin. C’est en cela que j’ai annoncé la fin de l’évaluation pour le 30 juin. Il faudra un peu de temps pour les services régionaux d’en faire l’analyse, de sorte que, sur cette base, je puisse porter les bases et les fondements de la future réglementation. Je vous l’ai dit, elle se fera dans une logique de dialogue avec les partenaires, de confiance dans les pouvoirs locaux et dans un objectif de simplification administrative pour que le temps, l’énergie et les montants que l’on met dans la cohésion sociale soient utilisés au maximum maximorum pour ce à quoi ils sont affectés, et que l’on ne passe pas du temps sur des charges administratives, dont l’intérêt reste extrêmement limité.
Agressivité 51%Constructivité 94%Factuel 89%Émotionnel 81% - MH
Merci, Monsieur le Ministre, pour votre intervention. À la base, je ne comptais pas répliquer, mais suite à votre intervention, je voulais avoir un peu plus d’informations sur les budgets. Vous annoncez des budgets maintenus à hauteur de 23 millions d’euros pour l’ensemble de la législature. Pouvez-vous nous indiquer si l’indexation est prévue pour ce budget?
Agressivité 71%Constructivité 50%Émotionnel 71% - FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Le budget est annuel. La question que vous posez sera débattue à l’occasion du conclave au sein du Gouvernement, d’une part, et dans cette noble assemblée, d’autre part.
Agressivité 67%Constructivité 58%Factuel 52%Émotionnel 61% - AB
J’ai la même réflexion que ma collègue du Parti socialiste : le maintien des budgets est-il garanti avec indexation, de façon à permettre l’évolution du coût qui se pose non seulement aux citoyens, mais aussi aux pouvoirs locaux ? C’était le premier point. Deuxièmement, vous annoncez la création d’une nouvelle fédération. Vous avez parlé d’un consortium de représentants des plans de cohésion sociale, et cetera. On est aussi très curieux de voir quelle forme cela va prendre. Cela va-t-il remplacer ce qui existe déjà, c’està-dire les acteurs sur le terrain actuellement, ou allezvous inventer quelque chose de nouveau? Vous ne pouvez pas répondre aujourd’hui. On suivra cela avec attention, et l’on veillera à ce que tous les projets puissent être continués.
Agressivité 63%Émotionnel 66% - JBJean-Paul BastinLes Engagés
Merci, Monsieur le Ministre, d’avoir insisté sur les éléments de simplification, de confiance, d’évaluation. Il y a bien sûr le débat par rapport aux montants. Une annonce est déjà faite par rapport aux 23 millions d’euros annuels qui sont maintenus. D’autant plus que, si jamais la charge administrative est diminuée pour les communes, c’est autant de temps humain qui pourrait être consacré à plus de projets au sein de ce PCS. Nous connaissons tous dans nos communes les «subsidiologues» que nous devions avoir pour essayer de promériter les nombreux appels à projets. Nous avons également beaucoup de «rapportologues» qui doivent rentrer des dossiers dont la plus-value sociétale est relativement limitée par rapport à nos communes et par rapport aux enjeux qui nous occupent. On ne peut que vous encourager à défendre ces projets. Dans chaque commune, ce sont des destins qui basculent positivement par rapport à des jeunes et des familles dont tous ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche.
Constructivité 69% - VCVeronica CremascoEcolo
Merci, Monsieur le Ministre, pour ces éléments de précision. On suivra de près les évolutions et les éléments que vous venez de donner. Vous avez précisé quelques éléments de calendrier et d’échéances. On va continuer à les suivre de près. Je ne serai pas plus longue, puisque l’on vote le report d’un an. Encore une fois, on salue la logique qui ne met pas, pour une fois, la charrette avant les bœufs.
Agressivité 40%Constructivité 80%Factuel 75%Émotionnel 64% Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, chers collègues, avant tout, je tiens à saluer le succès démocratique de cette pétition qui a recueilli plus de 1 000 signatures. C’est un signal fort, clair, engagé, celui de citoyens qui refusent d’abandonner le projet d’un véritable réseau de tram structurant pour la métropole. Je tiens également à remercier M. Callut, dont l’audition en commission le 13 mai dernier fut aussi rigoureuse que passionnée. Sa présentation illustrait avec précision l’ampleur du désengagement du Gouvernement et le caractère profondément injustifié de la décision d’arrêt des extensions. Pour rappel, outre ce succès populaire, la pétition, déposée dès l’annonce de l’abandon des extensions, s’articulait autour d’un certain nombre d’éléments: - un rappel historique des dossiers; - le coût du projet, dans la moyenne des investissements du même type et de la compensation à hauteur de 85 millions pour les entreprises; - un arrêt brutal du chantier avec des impacts en termes de travaux et d’emploi pour les entreprises; - des alternatives à base de bus qui n’auront jamais les avantages du tram en termes de vitesse, de confort, d’impact sur les villes; - une économie de 5 000 tonnes de gaz à effet de serre; - une incohérence de la décision. M. Callut, à travers les 1 000 personnes qu’il représentait au Parlement, concluait en disant qu’il appelait à réévaluer le projet avec des données réalistes, en concertation avec les pouvoirs locaux. Il plaidait aussi pour un réseau de transport structurant, écologique et métropolitain à hauteur des ambitions de la métropole liégeoise. Il dénonçait le manque de transparence, l’absence de consultation et le retournement politique injustifié. Ce sont ses termes. Comme nous l’avons indiqué le 13 mai, nous soutenons les auteurs de cette pétition au niveau du groupe PS et nous partageons leurs conclusions. En effet, 10 mois plus tard, aucun des arguments utilisés par le Gouvernement pour justifier l’abandon des extensions ne résiste à un réel fact checking. Premier élément, l’absence de l’avis de l’AOT est un prétexte politique. Je m’explique. On nous a dit que l’AOT n’avait pas rendu d’avis. C’est faux. À tout le moins, c’est profondément biaisé. L’AOT connaissait parfaitement le projet. Elle l’avait formellement approuvé à travers son avis sur le contrat de service de l’OTW et aussi dans son plan d’investissement. Le 16 septembre dernier, la presse a publié les PV des réunions de coordination sur le tram, auxquelles des représentants de l’AOT participaient. Ce n’est qu’en juillet 2024, opportunément, qu’une opposition est apparue par hasard ou par volonté face à un nouveau gouvernement à qui, probablement, on devait plaire. Rappelons que les extensions faisaient partie intégrante de deux éléments structurants et validés: - le premier, le Plan urbain de mobilité; - le second, le plan Air-Climat-Énergie, qui avait engagé toutes les parties prenantes de l’ancien Gouvernement. C’est un retrait sans avis et sans étude d’impacts. C’est une décision politique. Ce n’était pas une décision technique. En outre, la forme d’un tel retrait pose aussi des questions en termes de droit. D’ailleurs, les Communes de Seraing et d’Herstal ne s’y sont pas trompées en attaquant cette décision au Conseil d’État. Ensuite, le coût des extensions serait excessif et ne correspondrait pas aux réalités du marché. Cette présentation est-elle tronquée, oui ou non? Dans les informations, les coûts du projet ont augmenté. C’est une réalité. On n’est pas du tout dans les augmentations du Gouvernement Charles Michel, qui a annoncé 1,5 milliard sur des blindés et qui a augmenté de 900 %. Non, on est dans des augmentations beaucoup moins importantes. Ici, vous vous indignez, mais peut-être faut-il plus s’interroger sur les estimations initiales que sur le projet lui-même. Comparons ce qui est comparable: - le coût au kilomètre de l’extension liégeoise, selon le rapport de l’AOT, 56 millions d’euros par kilomètre; - le coût à Strasbourg en 2024, 60 millions d’euros par kilomètre; - le coût à Paris, juste en dessous de 60 millions, 59,4 millions d’euros au kilomètre; - le coût à Nice, 49,5 millions d’euros au kilomètre. Il faut le reconnaître, le coût des extensions est élevé. Il est dans la moyenne d’investissements comparables et réellement contemporains. Par ailleurs, il convient de souligner que le Gouvernement a – il faut quand même un petit peu d’honnêteté – additionné investissements et exploitations sur des dizaines d’années pour gonfler la facture, dans ses communiqués. C’est une opération de communication, qui est bien plus qu’un réel souci de transparence. Pendant ce temps, il n’y a toujours aucune étude sérieuse sur les alternatives ni aucune information sur les indemnisations pour les entreprises évincées. Tout à l’heure, on parlait de vies qui basculaient dans le cadre des plans de cohésion sociale. Cela m’a fait penser à toutes ces vies d’entrepreneurs sur Seraing et sur Herstal qui ont basculé, qui sont au bord du désespoir. Je fais référence notamment à la situation d’entrepreneurs sérésiens dans le secteur de la construction qui ont exprimé à quel point ils étaient désespérés. Croyez-moi, leur vie bascule réellement. Des actions en justice sont déjà en cours, mais ils aimeraient tellement les éviter, parce qu’une action en justice, pour eux, c’est la fin de leur vie. Pour eux, c’est la clé sous le paillasson. On sait très bien que, si l’on n’arrive pas à trouver une transaction avec eux, c’est la fin de cette activité économique et c’est la fin d’emplois en Wallonie et dans ces bassins qui en ont tellement besoin. Concernant les actions en justice, on sait que les coûts exploseront; c’est uniquement dû à la décision de ce Gouvernement. Le troisième argument est le potentiel voyageur des extensions qui serait insuffisant. Eu égard au succès de la ligne courte, on peut dire que cela n’a aucun sens. La ligne courte du tram représente déjà 40 000 voyageurs par jour. Le tram est plus attractif que le bus. La demande est là et le chiffre de 15 000 voyageurs par jour pour les extensions sera très largement dépassé. Par contre, ce qui est sûr, c’est que, depuis la mise en place de la ligne courte, la rupture de charge sur Seraing et sur Herstal est immense, énorme. Quatrièmement, vous n’avez pas d’alternative crédible. Aucun projet alternatif structuré n’a été présenté par le ministre Desquesnes. Le seul message est flou: on doit faire en sorte que l’extension soit, un jour, possible. Ce flou est coûteux, inefficace et un brin hypocrite. Le scénario du prétram avait déjà été étudié par le Gouvernement précédent. C’est le scénario qui s’était avéré le plus cher, le plus risqué et incertain. Au-delà de ces arguments, c’est bien du projet le plus structurant pour la métropole liégeoise que l’on parle. Un tram, c’est certes un moyen de transport, mais c’est aussi un outil de revitalisation urbaine, de dynamique immobilière, de réaménagement du territoire, de concentration des services en faveur des étudiants. C’est un enjeu fondamental, en Wallonie et dans cet endroit, de pouvoir augmenter les compétences en termes de formation de nos jeunes, quel que soit l’endroit où ils habitent, dans l’ensemble de ces trois villes et communes. Liège n’est pas une ville isolée, c’est une métropole régionale et le tram devait en être la colonne vertébrale, en reliant Seraing et Herstal, à l’échelle d’un bassin de vie de plusieurs centaines de milliers d’habitants. Partout en France, les villes qui ont investi dans le tram ont vu des effets concrets – je le disais tout à l’heure – en termes de redéploiement immobilier, en termes de commerces, en termes de services, en termes de requalification des espaces publics. À Liège, le projet s’inscrivait dans cette logique. Le président du Département de science politique de l’Université de Liège, le professeur Grandjean, a déclaré: «Dans 30 ans, quand je donnerai mon cours d’histoire politique, je présenterai ce choix comme celui d’élus frustrés par Liège». La vraie question est là: le Gouvernement wallon veut-il soutenir une métropole dynamique et structurante pour la Wallonie? Les sirènes de la vengeance politique ont été plus fortes que l’intérêt général, que les enjeux économiques, climatiques et de mobilité. Pour en revenir à la séance de commission du 13 mai, je dois dire que les pétitionnaires ont été nombreux à me revenir et qu’ils ont été étonnés des arguments développés à la suite des leurs. D’abord, depuis 2011 et la reprise du projet, quasi toutes les familles politiques ont participé à l’exercice du pouvoir. Le tram a été promu, il a été confirmé. En avril, ce sont finalement ceux qui ont voulu enterrer et qui ont enterré les extensions qui sont venus inaugurer la ligne courte pour parler du tram comme d’un élément structurant de la politique de la ville. De ce point de vue, je pouvais leur donner raison. Sur la question budgétaire, j’ai fait, comme vous, le constat des augmentations, mais comme pour de très nombreux travaux, lorsqu’on est face à une difficulté, voici les solutions à privilégier: on aborde le problème, on regarde quelles sont les alternatives que l’on peut mettre en place pour relancer le marché de manière juridique, on peut reculer, prendre un an, faire une petite pause, et réfléchir. Vous avez préféré décapiter le projet. Par contre, ce qui n’est pas correct non plus, c’est d’additionner les coûts de la construction et les coûts d’exploitation. Ceux qui plaident pour un renforcement des synergies avec la SNCB devraient aller discuter avec le Fédéral, car pour le moment, ces synergies sont comme les alternatives que vous proposez: elles sont inexistantes. En commission, une représentante de la majorité a indiqué qu’une vraie desserte ferroviaire sur les rails existants reste la meilleure solution pour desservir efficacement l’agglomération liégeoise. C’est là que se joue l’avenir: réaliste, durable et faisable. Ce sont des mots, mais pas des faits puisque à ce stade, c’est l’abandon. Nous ne voyons aucun projet concret, aucune connexion et aucune synergie avec la SNCB. L’abandon des extensions signifie aussi l’abandon de la question de la métropolisation. Or, l’avenir passera par la métropolisation. On le voit en France ainsi que dans toutes les régions qui sont aux alentours de la Wallonie. C’est important. Le tram n’est pas une utopie. Maintenant que nous l’avons, nous voyons ce succès et cette appropriation de l’espace public, mais nous voyons aussi la détresse de celles et ceux qui imaginaient pouvoir se connecter à ce tram pour pouvoir utiliser un transport structurant. Je dis «attention» parce que, à force d’avoir déconnecté – contrairement aux promesses – le nombre de bus ou de busways qui devaient les reconnecter et qui aujourd’hui ne le font pas, plonge de nombreux travailleurs au bord du licenciement, car ils n’ont plus d’alternative et ils se sentent floués par les promesses de ce réseau structurant. Je ne comprends pas pourquoi ce qui est bon à Anvers, à Gand ou à Charleroi ne peut pas l’être dans la métropole liégeoise. Je ne comprends pas pourquoi nous méritons d’avoir la moitié ou le tiers de moins que ces autres métropoles. Avoir un réseau structurant, moderne et actualisé... Ce que l’on a fait avec les extensions, c’est couper les ailes à un projet total de redéploiement. On a dit à l’occasion de l’inauguration que le tram avait eu sept vies et on a expliqué les aléas, les montées, les descentes, les remontées et les «On va l’abandonner.» En entendant les responsables en parler, je me suis dit: j’espère surtout qu’il aura une huitième vie parce que les vies que vous lui avez données – ou plutôt celles que vous avez maintenant coupées – jusqu’à présent ne peuvent pas constituer un abandon définitif. On ne peut pas rester sourd face à la population et, surtout, à l’intérêt général pendant quelques mois. Je peux comprendre que les échéances électorales font que parfois il y a des moments où l’on est plus viril que d’autres, où l’on se sent plus vainqueur que d’autres. Toutefois, l’intérêt général appelle à penser aux Wallons et aux Wallonnes, à penser à la responsabilité que nous avons en matière climatique, à l’heure où nous nous parlons, où nous avons la chance d’avoir de la climatisation, alors que dehors il règne une température totalement anormale. Nous n’assumons pas ces responsabilités en matière de plan Air-Climat-Énergie. Nous coupons systématiquement, à travers vos décisions, les mesures que nous sommes pourtant obligés et contraints de prendre pour les générations futures si nous ne voulons pas un réel basculement dans cette société. Le tram, c’est le sens de l’histoire. Plus on retarde sa mise en œuvre, plus cela coûtera cher socialement, économiquement et écologiquement. Cette pétition constitue un appel à la cohérence, à l’ambition et à la responsabilité politique. Ne laissons pas une décision politicienne hypothéquer l’avenir d’une métropole et de ses habitants. On ne peut pas être sourd aux milliers de citoyens qui se sont mobilisés. En leur nom, nous tentons une dernière fois de vous faire revenir à la raison en déposant un amendement et en proposant de manière constructive de nouvelles conclusions.
- DN
Chers collègues, si 1 114 personnes ont signé cette pétition, il y en a très clairement bien plus qui sont directement concernées et intéressées par la mobilité liégeoise – au sens de la ville de Liège, mais aussi de l’agglomération. J’ai déjà eu l’occasion de dire que, pour moi, ce n’est pas le scénario idéal. Je ne le dis pas ici parce que l’on parle d’une pétition citoyenne ni pour répondre aux citoyens. Je l’ai d’ailleurs dit directement à cette tribune lorsque l’annonce de l’abandon des extensions vers Herstal et Seraing a été faite. Ce n’est pas le scénario idéal du MR. En fait, la ligne longue de Seraing-Herstal n’était pas le scénario idéal ni même d’ailleurs le scénario initial. Deux lignes de tram étaient initialement prévues, puisque l’on en est à parler vraiment de transport structurant. Posons justement la question du transport structurant. J’habite en rive droite à Liège, mais le tram passe en rive gauche. En rive droite, on se sent comme les parents pauvres de la mobilité liégeoise actuellement. Clairement, le scénario actuel n’est pas idéal. Certes, désormais, le tram roule, il est beau et dessert énormément de monde, mais clairement, il y a un goût de trop peu – et pas uniquement à cause de l’abandon de ces extensions. Cependant, je ne vais pas ici refaire tout l’historique du dossier. Je l’ai suffisamment fait et je suis disponible s’il y en a encore qui le souhaitent. Je ne voudrais pas avoir l’air d’accabler votre prédécesseur Philippe Henry, Monsieur le Ministre, car il n’est plus là pour se défendre. Ce ne serait pas très élégant. Néanmoins, s’il y a bien une personne, dans cette assemblée, qui n’a jamais eu peur de lui dire en face ce qu’elle pensait de sa gestion du dossier du tram et de tous les aspects de celui-ci, c’est bien moi. Je ne vais pas faire de la politique politicienne en distribuant les bons et les mauvais points aux uns et aux autres, mais je tiens à dire que je ne suis pas suspecte de servir la soupe à la majorité, ni hier, ni aujourd’hui quand cela ne va pas. S’agissant de la saga du tram à Liège, il n’y a franchement pas grand-chose qui s’est déroulé correctement. Quand il y a un problème, on ne me prendra pas en défaut d’en avoir fait mention ici, à cette tribune ou en commission. Être aux responsabilités, c’est savoir encaisser souvent des critiques – ce que votre prédécesseur a souvent dû faire –, mais aussi prévoir, corriger et assumer. Et cela, c’est un petit peu ce que je reproche à votre prédécesseur, à savoir tout ce qu’il n’a pas fait. Les pétitionnaires ont notamment, dans leur présentation très complète en commission, souligné un manque de transparence. Or, très régulièrement, j’ai posé des questions en commission et j’ai souligné ce manque de transparence. Votre prédécesseur, le ministre Henry, nous avait en effet annoncé la bonne nouvelle: grâce à l’argent du Plan de relance, on allait pouvoir relancer les extensions. Évidemment que l’on était tous ravis avec 55 millions d’euros – au départ. Puis, progressivement, cela a augmenté. À la fin, on était passé de 55 millions à 355 millions. Cela fait fois six. Cependant, quand je posais des questions sur la disponibilité des fonds du budget, on me disait: «On verra la faisabilité». Parce qu’avoir des rails sur les extensions, c’est bien, mais il y avait un petit souci au niveau des interconnexions avec la ligne – toujours en construction au moment où l’on en discutait – de Sclessin à Coronmeuse. Quand je posais la question des interconnexions, on me rétorquait: «On négocie, on verra». Ce n’est pas comme cela que l’on gère, ce n’est pas comme cela que l’on prévoit. J’ai beaucoup entendu parler d’électoralisme. Je vous rappelle que l’on était alors en pleine campagne pour les élections régionales et fédérales du mois de juin. C’était alors facile de dire: «On verra». On fait la promesse et puis on verra. Eh bien maintenant, on a vu. Ce n’est pas tout. Vous avez dit, Monsieur le Ministre, en commission, à plusieurs reprises, que c’est un dossier dans lequel les travaux de voirie vers Herstal ont commencé avant même que quoi que ce soit ne soit signé. Il n’y avait pas de contrat signé pour les extensions. Quelle est cette gestion à la petite semaine? Comment peut-on lancer un chantier d’une telle ampleur sans verrouiller les bases juridiques, techniques et financières du projet? Ceux à qui il faut en vouloir, ce sont ceux qui ont entretenu l’illusion que ces extensions étaient un projet réaliste, bétonné et financé. Ceux qui géraient le dossier et qui ont dû très vite voir que cela n’allait pas, que cela n’irait pas, c’est là ma frustration. Ma frustration, c’est que l’on ne soit pas allé, dès 2008, au bout de ce projet de mobilité structurante pour une agglomération comme Liège. Je suis d’accord avec ce qu’a dit Mme Morreale. On méritait mieux à Liège. C’est ma première frustration. Ma plus grosse frustration, c’est l’illusion dont on a bercé les Liégeois, en ce compris les élus ici, en disant que cela allait aller. Sauf que cela ne va pas. Je dis souvent à mes enfants «Tu as voulu un vélo, pédale» quand elles se plaignent de quelque chose. Cela devrait vous parler, à vous, chez Ecolo. C’est un peu cela. Quand on est ministre, on doit gérer les critiques, mais on doit aussi, à un moment, pouvoir corriger et assumer. C’est ce que le ministre Desquesnes a fait. Il a vu que cela n’allait pas et que cela n’irait pas. Qu’aurait-on dû faire? Aurait-on dû demander au ministre Desquesnes – parce que je l’ai entendu tout à l’heure – de prendre le temps de se poser et laisser la voirie éventrée vers Herstal? Pensez-vous vraiment que les habitants et ceux qui empruntent cet axe auraient été heureux que l’on attende? À Liège, on a connu le syndrome de la place SaintLambert, on a connu les travaux du tram et une ville éventrée. Franchement, je ne souhaite cela à personne. Ce n’était pas le scénario idéal, mais le ministre a expliqué les raisons de son choix et il l’assume. Notre Commission a bien entendu les pétitionnaires et produit des conclusions. Parmi ces conclusions, premièrement: chat échaudé craint l’eau. On a vu l’explosion de tous les coûts et de tous les timings dans ces dossiers liés au tram et aux extensions. La première chose que l’on demande, c’est d’assurer la faisabilité et le budget des busways qui étaient prévus et budgétés avant la promesse, avant le retour des extensions, mais dont les travaux et le déploiement prennent déjà du retard, et les coûts augmentent. Il n’y a pas de raison, tous les coûts augmentent. Je l’ai entendu tout à l’heure, il n’y a pas de raison que ceux-là n’augmentent pas. La première chose est d’assurer la faisabilité et le budget pour les busways qui doivent compléter l’offre du tram actuel, donc de la ligne de Sclessin à Coronmeuse. Il faut déployer aussi ce qui a été promis ici et qui est budgété et qui verra le jour, à savoir des bus en site propre et le service promis en lieu et place des extensions du tram vers Herstal et Seraing. Non, ce n’est pas un tram, mais ce n’est pas «rien» non plus. J’ai parfois l’impression que l’on a arrêté les extensions et qu’il ne se passe plus rien. Il y a quand même des solutions sur la table. Quant à explorer les alternatives, depuis que je suis dans cette assemblée, je n’ai eu de cesse de marteler qu’il existe déjà des rails entre Seraing et Liège et entre Liège et Herstal. Ce sont ceux de la SNCB. Lorsque le MR était aux responsabilités au Fédéral avec François Bellot comme ministre, il a investi dans plusieurs lignes rapides, dont la 125A entre Liège et Seraing, mais en rive droite. C’est quand même là que se trouve la plus grande densité de population. Ce que je ne comprends pas – et je partage la perplexité de Mme Morreale par rapport à cela –, c’est que nous étions ensemble avec Ecolo sur la précédente législature. Je n’ai eu de cesse de dire, de répéter et de marteler auprès du ministre Henry que je ne comprenais pas pourquoi il n’avait jamais pris contact avec son homologue qui était Ecolo, un francophone et du même parti que lui, au Fédéral comme ministre de la Mobilité. On avait un ministre de la Mobilité wallon Ecolo et un ministre de la Mobilité au Fédéral, Ecolo lui aussi. Pourquoi n’ont-ils pas investigué cette piste du rail, pourtant complémentaire et réaliste, puisque les rails existaient déjà? C’est aussi ce que nous avons mis dans nos conclusions et c’est ce que j’attends de vous, Monsieur le Ministre Desquesnes. Vous avez la chance aussi d’avoir un homologue du même parti que vous et un Wallon au Fédéral, Jean-Luc Crucke. Pouvez-vous voir avec lui s’il y a moyen d’investiguer cette piste de développer des lignes de type RER sur les infrastructures existantes de la SNCB? C’est clairement une voie d’avenir pour desservir efficacement les grandes agglomérations urbaines comme Liège, et il y a déjà des choses dans les cartons. C’est peut-être l’occasion de les réactiver. Dans le contexte de difficultés budgétaires, financières de la Wallonie, il faut faire preuve de créativité. Il y a là une piste à investiguer, parce que ce qui nous anime tous, pétitionnaires, Liégeois ou non, responsables politiques, c’est d’offrir de bonnes alternatives de mobilité à l’ensemble des Wallons, particulièrement dans le cas qui nous occupe, à l’agglomération de Liège.
Agressivité 66%Factuel 51%Émotionnel 60% - JL
D’abord, je voudrais saluer une fois de plus les pétitionnaires. On voit en séance de commission à quel point c’est le parcours du combattant pour obtenir assez de signatures pour être entendu. Ici, les 1 000 signatures ont été dépassées, puisqu’ils sont à 1 114. C’est toujours important quand des citoyens se mobilisent pour une cause qu’ils trouvent juste. Lors de cette commission, on a pu entendre l’exposé très intéressant et étayé de M. Callut. En entendant cet exposé, on a eu qu’une seule chose en tête, qu’il s’agissait bien d’un règlement de compte politique. Mme Nikolic a parlé de boulevards éventrés. En fait, pas plus tard qu’hier, je suis allé manger une pizza sur le boulevard, qui est toujours éventré, et l’on ne sait toujours pas quand il sera remis en état. On a détruit un boulevard, on a fait des travaux pour rien, on a brisé des perspectives pour certaines personnes, dont des commerçants qui, avec l’arrivée du tram, avaient des projets. Aujourd’hui, ces projets sont comme la route, ils sont démolis. On ne sait toujours pas quels montants seront engagés. On est en plein dans l’amateurisme. Quand je parle de règlement de compte politique, c’est parce qu’une décision a été prise à la va-vite, après les élections, à la formation d’un gouvernement, et l’on a voulu marquer le coup. On a dit que l’on allait faire autrement, sauf que l’on a fait pire. C’est là le problème. On ne sait pas combien cela va coûter. Des entreprises aujourd’hui vont en justice parce qu’elles se sentent lésées. Il y a quelque chose de particulier dans ce débat. On a l’impression que l’on mène ce débat avec des partis qui n’étaient pas au pouvoir pendant tout le processus de la ligne courte du tram de Liège et de ses extensions. Pourtant, en 2019, c’était bien le cdH – aujourd’hui Les Engagés – qui a participé au processus pour le partenariat public-privé de la ligne courte. Pourquoi suis-je en train de parler de ce partenariat public-privé pour la ligne courte? C’est parce que, quand j’entends MR et Engagés dire que les coûts ont explosé et qu’il fallait maîtriser les dépenses, il faut d’abord balayer devant sa porte, puisque le partenariat public-privé a juste permis à une multinationale, à un consortium – Tram’Ardent – de prendre le contrôle de la ville, d’un chantier et de faire du chantage aux pouvoirs publics et à la Région wallonne. Je l’ai dit plusieurs fois dans ce Parlement: c’est une honte de laisser des multinationales dicter leur loi aux pouvoirs publics. Pendant le chantier de la ligne courte, les coûts ont explosé. Il y a eu évidemment plusieurs explications; il y avait toujours une bonne raison: le covid, les inondations, la hausse des prix des matériaux. Le coût des matériaux, c’est pour tout le monde. Quand on rentre un devis, il faut l’assumer. Vient alors la connexion des systèmes aux deux bras de la métropole que sont Seraing et Herstal qui ont été amputés. Au moment où il a fallu discuter de la connexion des systèmes pour démarrer le marché public pour les extensions du tram, on était face à une multinationale, un consortium qui se sentait bien fort et qui a pu dire à la Région wallonne que ce sera finalement trois fois le prix. Voilà ce qui s’est passé. Voilà ce qui arrive quand on confie les clés de la ville, de la Région à une multinationale avec un partenariat public-privé. Je ne suis pas le défenseur du précédent Gouvernement, mais il y a eu au moins un acte plutôt malin, qui était de ne pas se laisser mettre la pression par le consortium en acceptant cette hausse des coûts – puisque c’étaient des fonds FEDER et que l’on risquait de les perdre – et de les réorienter vers des projets qui existent déjà pour les financer. Cela devait permettre de réfléchir à une source de financement pour les extensions. La source de financement a été la Région wallonne. Il ne faut pas être hypocrite; il faut pouvoir rappeler que MR et cdH étaient dans le processus du partenariat public-privé, celui-là même qui a fait exploser les coûts et qui a fait exploser le budget pour les extensions. Je l’ai dit l’autre fois en commission: on était peiné de ne pas avoir à nos côtés le député Desquesnes – pas le ministre. Le 8 janvier 2024, il avait voté une motion dans ce Parlement qui demandait au Gouvernement de poursuivre les extensions du tram de Herstal et Seraing. Soit M. Desquesnes n’avait pas lu ce dossier, était un mauvais parlementaire et n’avait pas vu que les coûts allaient exploser, soit aujourd’hui il décide de faire un règlement de compte politique. Je vous laisse juger de la réalité. À l’époque, Monsieur le Député Desquesnes, on vous avait soutenu sur cette motion. On ne va pas vous soutenir aujourd’hui dans votre décision. Vous avez au moins réussi une chose, c’est d’unifier les gens – les pour et les contre – et faire en sorte qu’ils soient tous dégoûtés par la situation. Qu’allez-vous faire à la place? Vous allez remettre des bus. Cela existait déjà. Vous nous parlez de projet d’avenir, de busways, mais rien n’est encore chiffré. Il va falloir démolir des maisons, mais aucune étude n’est faite. Si l’on me demande mon avis, j’étais pour aller plus loin que la place Licourt; j’étais pour un plan plus structurant qui allait jusque Basse Campagne. Évidemment que les gens de la Basse-Meuse, d’Oupeye et Visé ont aussi le droit de descendre à Basse Campagne pour prendre le tram et aller jusqu’à Liège. On nous propose aujourd’hui un retour en arrière avec des bus et un chantier qui aura empoisonné la vie des gens et on ne sait pas encore pour combien de temps. On n’arrête pas d’entendre parler de coûts, mais on n’entend jamais parler d’investissements. Le tram n’est pas qu’un coût; c’est un investissement pour l’avenir, pour le climat, pour la mobilité, pour les commerces, pour l’économie. C’est cela le tram, ce sont des travaux de façade à façade. C’est un embellissement du cadre de vie. C’est aussi pour l’aménagement du territoire, c’est positif. Quand on a une vision d’avenir, on voit le tram comme un investissement. Quand on a une vision aigrie à court terme, on dit que cela coûte trop cher, et l’on arrête. Si l’on a de l’ambition pour cette métropole, si l’on a de l’ambition pour avoir une vision d’avenir, un tram structurant, il faut se battre pour que les coûts et les prix proposés pour ces extensions diminuent. Je n’ai vu aucun courage politique. C’est évidemment plus facile de couper le robinet, de dire que cela coûte trop cher et d’empoisonner la vie de tout le monde que d’aller frapper à la porte du consortium et de la multinationale et de dire «Vous devez revoir vos coûts». Là, on ne vous entend pas vous battre contre ces géants. C’est toujours la même chose: on prend des décisions pour taper vers le bas et pas vers le haut. On va remettre des bus, on ne sait pas combien cela va coûter. On est en train de revenir avec un projet rétrograde. Il y a quand même une hypocrisie. On a entendu les pétitionnaires qui sont revenus avec des arguments étayés, chiffrés. Tous les éléments qu’ils nous présentent nous démontrent surtout que ce Gouvernement n’a pas de chiffres et c’est bien ce qui nous fait peur. Suite à ces auditions, la majorité vient avec une proposition de conclusion. Là, encore une fois, la conclusion que la majorité nous propose sera de faire ce que le ministre a dit qu’il voulait faire: en gros arrêter les extensions du tram. On ne sait pas quand on aura des bus, on ne sait pas quand la route sera refaite et l’on ne sait pas combien cela va coûter. C’est un chat dans un sac. Évidemment, nous n’allons pas soutenir les conclusions qui ne font que renforcer la mauvaise décision du ministre.
Agressivité 91%Émotionnel 67% - JBJean-Paul BastinLes Engagés
Tout d’abord, je tiens à remercier très sincèrement les pétitionnaires, plus de 1 174 personnes qui ont signé cette pétition. Cela traduit un émoi sur un dossier dont on a parlé depuis plusieurs années et même plusieurs mandatures. Je tiens à remercier aussi la manière très professionnelle et très sincère avec laquelle ils sont venus lors de notre commission pour essayer de faire valoir leurs arguments. C’est aussi cela le Parlement de Wallonie, c’est le Parlement des Wallons et ils ont leur place et leur espace de discussion, de persuasion, de conviction. Le tram est là. Il est beau, vraiment. Il roule et il y a beaucoup de passagers dedans. À présent, depuis le mois d’avril, c’est plutôt une success-story par rapport à toutes les difficultés auxquelles il a été soumis depuis les 17 années entre le premier appel des mandataires locaux pour avoir ce tram et sa concrétisation en ce début du mois d’avril 2024. On dit que le tram va de Liège à Liège et c’est frustrant. C’est vrai, techniquement, administrativement, il va de Liège à Liège au sein de la même commune. Liège n’est pas une petite commune, ni en nombre d’habitants ni en superficie. Ce serait plus logique et plus correct de dire que le tram va de Coronmeuse à Sclessin, soit 11,7 kilomètres de parcours. C’est quand même déjà quelque chose d’intéressant, ce qui était le projet initial convenu. Ce n’est pas le premier projet d’une double desserte, mais c’est le projet prévu jusqu’en 2021. C’était bien d’avoir ces 11,7 kilomètres. Ce projet, après maintes difficultés, est arrivé à voir le jour au mois d’avril. En 2020-2021, il y a le covid, il y a des plans de relance qui peuvent arriver. Je me mets à la place sans doute du ministre de l’époque en disant «Pourquoi ne pas profiter de ce Plan de relance wallon et d’essayer d’avoir une rallonge et d’avoir ces extensions». C’est en 2021 que l’on parle de ces extensions, qui reviennent sur le tapis, de 5,8 kilomètres par rapport aux 11,7 kilomètres, pour un budget initial de 55 millions d’euros. Je peux comprendre que le Gouvernement, à l’époque, se soit dit: «La bonne affaire! Pourquoi ne pas embarquer dans la possibilité de cette extension?» Je peux aussi comprendre l’ensemble des habitants – qu’ils soient de Seraing ou de Herstal – ayant dit: «Génial, on va pouvoir s’accrocher à ce tram». Sauf que les 55 millions d’euros sont devenus 100 millions d’euros pour en devenir ensuite 355. J’entends bien notre collègue du PTB qui dit que ce ne sont pas des dépenses, mais des investissements. Mais où cela commence-t-il et où cela s’arrête-t-il par rapport à l’argent de nos concitoyens? De fait, en 2024, le schéma budgétaire est un peu différent de celui de 2021 et il doit y avoir une correction par rapport à cela. D’autant plus que ce tram a été vendu, présenté et expliqué, alors qu’il n’était pas financé – ou était encore sous-financé – et n’était pas connecté, et alors qu’il n’y avait pas encore de contrat avec l’opérateur. C’est un drôle de cadeau qui est soumis directement au ministre que j’entends que vous aimiez presque très fort du temps où il était député. Félicitations pour ce bel hommage. (Réactions dans l’assemblée) Non, non, non. Certains de vos collègues. Pourquoi ce dossier arrive-t-il à ce moment? On dit que c’est de l’électoralisme. Il me semble particulier que cette décision de supprimer les extensions qui arrivent fin août 2024 – c’est-à-dire six ou sept semaines avant les élections communales – soit considérée comme de l’électoralisme. Je connais d’autres annonces électorales qui sont assez différentes de ce type d’annonce. Quand celle-ci a été faite, l’ensemble des futurs candidats de la région liégeoise qui portaient le label Les Engagés ont sauté de joie quand ils ont appris cette nouvelle pour aller battre le pavé et aller convaincre leurs concitoyens du bien-fondé de cette décision. La fin du tram dans ces arrêts actuels ne constitue pas non plus la fin de l’histoire de la mobilité. Dès le début, il était prévu qu’il y ait des bus à haut niveau de service – des busways – sur des extensions et sur des latéralités par rapport à la colonne vertébrale du tram qui devaient aller – et qui doivent toujours aller – à Ans, au Sart-Tilman ou à Fléron. Le projet et le programme étaient bien connus dès le début. Simplement, aujourd’hui, il s’arrêtera là où c’était prévu initialement et pas ailleurs. Les travaux qui sont initiés par rapport à ce site propre du tram pourront être utilisés pour un site propre du bus à haut niveau de service, du busway. C’est bien encore des projets et des budgets de façade à façade qui sont prévus. On n’est pas dans une situation où l’on se dit que l’histoire s’arrête là et que l’on ne sait pas ce que l’on va faire concernant les différents travaux. L’enjeu est d’écouter et d’entendre les différents propos concernant les espoirs qui ont été déçus, mais qui ont été vendus à crédit, qui n’ont pas été financés et qui n’ont pas été préparés. Là, il y a une faute politique, non pas une erreur. Une responsabilité devait être prise par rapport à cela. Maintenant, Monsieur le Ministre, il faut présenter, après les perspectives suivantes, le fait que le plan de mobilité doit arriver, le fait que le bus à haut niveau de service est aussi une opportunité – le busway – pour passer de l’autre côté de la Meuse et ne pas devoir s’arrêter. C’est aussi une souplesse plus importante. On va se dire que ce n’est pas aussi beau qu’un tram, car le bus existe depuis longtemps. Vous êtes interpellé régulièrement en Commission de l’aménagement du territoire et de la mobilité pour savoir quand le bus à haut niveau de service va arriver à Mons ou à d’autres endroits en Wallonie. Des villes ou des métropoles, comme Metz en France, travaillent avec des bus à haut niveau de service sans que l’on ait l’impression d’être dans la modernité version années 50, au contraire. On attend d’avoir ces perspectives pour que l’ensemble des Liégeois puissent passer maintenant à autre chose. Puisque l’on a parlé de plusieurs vies, peut-être que, un jour, le dossier reviendra, mais j’espère que l’on en tirera l’expérience de tous les manquements qui ont œuvré entre 2021 et 2024 pour que ce dossier ne soit pas lettre morte, mais au contraire un beau dossier structurant qui puisse tous nous unir.
Agressivité 99%Constructivité 100%Factuel 100%Émotionnel 100% - VCVeronica CremascoEcolo
Ceux qui nous écoutent, de même que certains d’entre vous, chers collègues, doivent se demander pourquoi on refait une énième fois le débat du stop aux extensions du tram de Liège en plénière. Ainsi, je voulais quand même reposer le contexte. Il y a eu, certains collègues l’ont évoqué, une pétition qui a été présentée en commission – d’ailleurs bien présentée par M. Callut – et qui a été suivie de potentielles conclusions. C’est-à-dire qu’il fallait conclure suite à cette audition des citoyens. Sont alors arrivées des conclusions qui ont été déposées par la majorité pour lesquelles on n’a rien eu à dire. On n’a pas pu en prendre connaissance; elles sont arrivées d’un coup. Qu’elles soient négociées en majorité, on peut l’entendre, cela peut exister, mais il faut a minima qu’il puisse y avoir un débat en commission. Nous avons demandé, pour pouvoir les examiner, un simple report du débat de 15 jours, ce qui me semble la base de la démocratie. On ne l’a pas obtenu. Le groupe Ecolo et le groupe PS ont alors demandé à ce que cette pétition revienne en plénière pour que l’on puisse débattre des conclusions qui ont été déposées par la majorité. On a d’autant plus envie d’en débattre que ces conclusions sont, quasi en tous points, exactement l’inverse de ce que M. Callut est venu défendre. Alors, que vous ayez – vous, la majorité et le groupe des Engagés, peut-être en particulier derrière M. Desquesnes – une position qui ne soit pas du tout celle que M. Callut a tenté de vous exposer, soit, mais qu’elle soit aussi peu écoutée et que l’on n’ait même pas un petit mot, une petite attention ou une petite phrase qui modifie légèrement dans les conclusions votre façon de voir, ne serait-ce que pour étoffer la vision, c’est vraiment inacceptable. C’est encore plus dommageable que d’arrêter précipitamment le projet du tram et que de dire aux citoyens qu’on ne les a pas écoutés. C’est comme s’ils étaient venus brailler dans le désert. Du moins, c’est vraiment l’impression que cela donne. Ainsi, nous voulions venir dire à M. Callut et à l’ensemble des pétitionnaires que, oui, on les a écoutés; oui, ils sont venus en commission à bon escient; et oui, leur propos était intéressant. D’ailleurs on va essayer d’amender. C’est pour cela que le groupe Ecolo a déposé cinq amendements à ces fameuses conclusions déposées par la majorité afin d’essayer de faire avancer le débat en fonction de cette écoute citoyenne. Cela me semble devoir être la base. Qu’est venu dire M. Callut en commission? Je ne vais pas refaire l’ensemble du débat, mais il est justement venu souligner ces propos pour vous dire, chers collègues, que, la façon précipitée et injustifiée dont s’est arrêté ce projet était insupportable, inacceptable. M. Liradelfo a dit qu’il avait été manger une pizza sur le boulevard d’Herstal hier. Je n’ai pas été manger une pizza, mais j’étais aussi sur le même boulevard hier. Si les pétitionnaires sont venus s’exprimer, chers collègues, vous imaginez bien la violence de la décision. Et M. Liradelfo a raison, la violence de la décision, c’est qu’aujourd’hui encore ces chantiers et ces routes sont béants. On nous a vendu un tram qui allait connecter Herstal et on ne l’a pas. Aujourd’hui, les cicatrices sont là et les plaies ne sont même pas un tout petit peu rebouchées. Il faut entendre la violence engendrée par la non-continuité d’une décision politique. Les Herstaliens, comme les Sérésiens et les Saint-Clausiens, attendent aussi une continuité de l’action publique. Ils voient notre Gouvernement et le monde politique comme des repères qui devraient être rassurants et qui leur permettent de s’insérer dans une certaine continuité, sans craindre que tout change du jour au lendemain, sans raison. Depuis le début, Monsieur le Ministre, je vous implore de venir voir sur le terrain ce qu’est cette violence en termes de fracture sociale. M. Callut est venu dire cela. C’est gravissime, socialement parlant. C’est inacceptable, cela ne pouvait pas être fait comme cela. C’est la même chose du côté de Seraing, mais cela se voit physiquement à Herstal. Ensuite, tout le monde se dit qu’un énorme gaspillage d’argent public comme celui-là n’est pas possible. Je n’ai eu de cesse de vous demander des comptes, des enveloppes, quel en était le montant, comment seront menées ces négociations. On l’a encore évoqué tout à l’heure, à tous ces coûts directs, à toutes les indemnités qu’il faut aujourd’hui verser aux gens qui se sont investis, aux opérateurs, aux assureurs, des gens se manifestent, notamment des entreprises de construction à Seraing qui ont des coûts indirects. Comment va-t-on faire pour indemniser tout cela? Je le redis: comment va-t-on évaluer cette enveloppe, ces montants, pour finalement ne rien avoir? Combien de millions va-t-on payer pour ne rien avoir? M. Callut est venu répéter 15 fois que c’était un énorme gaspillage de ressources publiques. A minima, continuez à capitaliser sur ce qui a déjà pu être fait. Le troisième point que tous les pétitionnaires mettent en évidence, c’est la construction de la métropole. Liège n’est pas un îlot, une île toute seule, elle doit se connecter à Herstal et Seraing qui sont ses deux plus gros pôles contigus pour l’instant. Depuis 30 ans, je plaide la construction de la métropole liégeoise comme la construction de la métropole carolo. Pour l’instant en Wallonie – vous en savez quelque chose, Monsieur le Ministre de l’Aménagement du territoire –, selon des indicateurs européens, il n’y a pas de métropole en Wallonie. C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’y a pas de métropole dans le SDT. Si l’on veut être une métropole, il faut se donner les moyens de ses ambitions. On avait une ébauche de ce premier squelette, de la colonne vertébrale de la métropole, et vous l’avez coupée nette. Ce n’est pas dommageable, c’est pire que cela. Cela veut dire que, construire la métropole sans cette colonne vertébrale, on va au moins prendre 10 ans de retard. Vous savez à quel point c’est important, en particulier au niveau de la solidarité sociale, qui peut unir la ville-centre et la périphérie. M. Liradelfo est revenu sur ce fameux contrat DBFM qui coûte très cher. On n’arrivera pas à connecter Saint-Nicolas, Seraing et Herstal, parce que cela coûte trop cher et que l’on n’arrive pas à le négocier. Je voulais ajouter: qui a arrêté le contrat DBFM à la ligne courte? Un gouvernement EngagésMR; c’est cohérent. C’est à ce moment que l’on a dit qu’on l’arrêtait là. Maintenant, l’étendre à nouveau est compliqué. Pourtant, à l’initial du projet, une ligne longue était déjà tracée. Vous avez créé les conditions – on peut dire que vous les assumez, mais nous les contestons, parce qu’il ne fallait pas faire cela. Il faut rouvrir le contrat et les négociations sur ces deux extensions et peut-être mieux les réaliser. En commission, nous avons des échanges permanents. Cela coûte trop cher, d’accord, alors faites mieux, mais n’abandonnez pas. La conclusion ne peut pas être de dire que l’on abandonne. Non, on va essayer de faire mieux et essayer de capitaliser sur ce que, par ailleurs, on a déjà investi. Le troisième point que M. Callut met en évidence et qui est important... Dès les premières secondes où vous avez annoncé votre décision, vous m’avez dit: «Madame Cremasco, il n’y a pas de problème, on va transformer les 56 millions d’euros du kilomètre en 9,5 millions d’euros du kilomètre». Entre 56 millions et 9,5 millions, ce n’est pas le même projet. La force du tram est que c’est une requalification de l’ensemble des quartiers, une requalification urbaine. Ce qui est inacceptable dans votre décision, c’est que cette requalification urbaine n’aura lieu que par le tram. Autant il faut connecter au réseau ferré, autant la requalification urbaine n’a lieu que par le tram. Vous avez dit, précipitamment et avec un coup de couperet, que ni à Herstal, ni à Saint-Nicolas, ni à Seraing ils ne l’auraient. C’est dur à entendre, parce qu’il faut aller voir les quartiers que cela concerne et voir s’ils ont besoin d’une requalification urbaine ou pas, et si la Région peut investir pour construire un réseau social autour de cela. C’est juste inacceptable, sociétalement parlant. Aujourd’hui, à Liège, tout le monde fait la fête et tout le monde se dit que cette requalification est efficace et est évidente. Liège s’est embellie grâce au tram, c’est évident. En privé, simplement parce qu’il y a une ligne sur une carte qui dit aux communes limitrophes: «ah bah non! Vous, vous n’êtes pas Liégeois». À Herstal, c’est incroyable, cela s’arrête net à une limite administrative qui, jusqu’à votre décision, personne ne connaissait. Les gens d’Herstal ou les gens de Liège, ce sont les mêmes: ils marchent de part et d’autre de cette limite qui est uniquement administrative. Je n’ai de cesse de vous dire que l’aménagement du territoire se nourrit d’un socle et se nourrit des gens. Ce ne sont pas des lignes sur des cartes, c’est une réalité qui est vécue. Vous avez stoppé le déploiement de cette réalité vécue. Tout le monde l’a rappelé et les citoyens sont venus le dire aussi, on n’a pas aujourd’hui de tracé précis. M. Callut est venu nous dire qu’à Seraing, on se demande où les bus vont passer puisque le tracé sérésien, franchement, personne ne se l’explique. Dès lors, on comprend que vous mettiez beaucoup de temps à nous le communiquer et à nous le préciser. Ce tracé est compliqué: on ne voit pas comment les bus ne vont pas être complètement coincés dans la circulation existante. Lorsque je disais que cette restructuration et cette capitalisation sont un redéploiement de l’espace public et un redéploiement de toute la requalification des quartiers, je voudrais évoquer – on l’évoque trop peu dans les débats – Saint-Nicolas-Tilleur. Demandez à la bourgmestre de Saint-Nicolas si elle n’a pas besoin d’un élément qui vient de la Wallonie pour l’aider justement à rentrer dans la métropole liégeoise et à venir faire corps avec tout le monde. Or, cette opportunité a existé le temps d’un arrêt à Saint-Nicolas. Un arrêt était prévu et ils y ont investi. On a parlé de beaucoup d’autres investissements autour de ce lieu. On voyait potentiellement le bas de Saint-Nicolas et Tilleur se redynamiser. Et là, paf! Vous leur avez dit: «Non, non les gars, ce n’est pas pour maintenant... Dans dix ans, si tout va bien. Et encore, on espère.» Il n’y a aucune prise en considération de ce qui a été dit, là, dans les conclusions que la majorité et vous nous avez communiquées. On a fait l’effort de déposer des amendements dont le premier est assez drastique, je vous le concède, parce qu’il demande de rouvrir le dossier. On propose des amendements parce que l’on essaie coûte que coûte d’aller jusqu’au bout du raisonnement et de donner en tout cas à ces citoyens, a minima, une parole parlementaire écrite qui montre qu’on les a écoutés et que l’on donne du souffle. Dès lors, on va effectivement essayer d’amender vos propositions. Vous avez reçu tous sur vos bancs nos cinq propositions d’amendement. Je vous décris la première. Le premier amendement reprend votre libellé, mais il demande de poursuivre dans les limites d’un budget soutenable. Il reprend votre libellé, c’est-à-dire que l’on s’insère dans le paragraphe tel que vous l’avez proposé. Évidemment, vous allez voir qu’il ne dit pas exactement la même chose. C’est le cas de le dire, puisqu’il demande de continuer le projet. Donc on vous demande de poursuivre dans les limites d’un budget soutenable et proportionné aux besoins. Si vous voulez le faire moins cher, tant mieux, mais surtout, n’abandonnez pas le projet de prolongement de la ligne de tram jusque Seraing et Herstal tel qu’avalisé par le gouvernement wallon. Cette offre de transport public performante, plus cohérente et plus durable en région liégeoise, sera complétée, notamment au travers des lignes busways, en cohérence avec une logique de mobilité, d’agglomération et de développement de la métropole. Dans vos conclusions, vous nous promettez des lignes busways, mais là, j’ai carrément eu une petite crainte. Vous les aviez déjà confirmées, donc j’imagine que ce n’est pas la question. Maintenant, vous nous dites «ah, mais oui, mais ne vous inquiétez pas, je vais faire des lignes busways.» Mais heureusement, c’était déjà quelque chose d’acquis! Enfin, on le pensait. Dès lors, nous avons ajouté le fait de rouvrir cette ligne de tram et j’insiste, cet amendement est porté par la nécessité de la continuité de l’action publique. Nos citoyennes et nos citoyens doivent pouvoir croire en nous et pas se dire que les parlementaires changent cela comme ils le veulent. Que ce soit électoraliste, moi, je ne vais pas me noyer dans ce débat-là. J’ai ma petite opinion sur le sujet. Les citoyens n’en ont peut-être pas grand-chose à «foutre» du pourquoi ou du comment de la raison, surtout si elle n’est pas noble. Cet amendement porte la nécessaire continuité de l’action publique, et c’est cela qui compte. C’est dire: «Non, on ne change pas d’avis comme cela, pour une raison ou pour une autre. On continue cette action». C’est ce que porte notre amendement n° 1 qui modifie lui-même votre proposition de conclusion n° 1. Concernant notre amendement au point 2, la conclusion n° 2, telle que vous l’aviez libellée, était: «déployer l’offre des bus prioritaires à haut niveau de service vers Herstal et Seraing dans la prolongation du tram qui permettront de proposer un service plus rapide et plus régulier pour les usagers». Je vous rappelle que c’était déjà, en partie, acquis. On demande de compléter cela par: «préciser le calendrier de la mise en service, prévoir une consultation citoyenne qui accompagnera la définition des trajets». M. Callut et les pétitionnaires nous disent qu’on ne leur demande pas leur avis alors qu’ils sont sur le terrain et connaissent toute une série de solutions. C’est la même chose quand je vous ai parlé de la réorganisation des bus, en vous disant que l’on peut accélérer la résolution des points noirs, notamment pour les Flémallois qui prennent une heure de plus pour rejoindre le tram. On peut les résoudre. C’est normal qu’il faille adapter le réseau, et c’est normal qu’il y ait une période d’adaptation, mais on peut aller beaucoup plus vite. Dans le tracé de l’alternative à l’extension, consultez les citoyens, demandez-leur. Ils ont une très bonne connaissance du terrain. Cela nous permettra à tous de gagner du temps et de l’argent. Pour l’amendement n° 3, vous disiez: «garantir une information claire au travers d’une concertation continue avec les autorités locales et les usagers de l’OTW, afin de recueillir les retours d’expérience, d’assurer les limites de l’impact futur des travaux pour les riverains et entreprises». C’est votre conclusion, votre conséquence. Nous proposons de compléter votre formule par le fait – je pense que vous pouvez le rejoindre, chers amis de la majorité – de «garantir que tous investissements et travaux exécutés pour prolonger le réseau de tram existant anticipent le développement de la ligne de tram complète de Seraing-Herstal, telle que prévue initialement. Les travaux réalisés sur ce tracé devront être mis à profit, en vue de la mise en fonction de la ligne complète à terme». On a assez dit que c’était un gaspillage d’argent public. Je suis de près les débats qui concernent ces extensions du tram. Le faire sur l’ensemble du tracé, je ne pense pas que ce soit jouable, mais que, a minima, ce que vous allez entreprendre comme investissements financiers et comme travaux sur ce qui était le tracé initial de la ligne longue puisse être ce que j’ai appelé du «prétramable». La presse a repris l’expression. Au moins, que l’on ne recommence pas et que l’on n’ait pas de travaux inutiles, pour qu’à partir de là, on puisse reconstruire une ligne de tram. L’impact et les dommages des travaux, vous devez y être sensibles. M. Callut les a exprimés très clairement. On veut prendre cela en considération et on veut l’écouter. Il faut que l’investissement public soit fait une fois pour toutes, qu’il soit bien fait, et qu’il soit fait en prévision de l’avenir, comme tout gouvernement qui se respecte. Le point 5 vient compléter votre demande de connexion au rail. On soutient complètement cette demande de connexion au rail. J’ai envie de rappeler qui a lancé la première étude sur le Réseau express liégeois – le REL – et sur le Réseau express carolo – le REC. Je siégeais au Parlement à ce moment-là. M. Philippe Henry, en tant que ministre de la Mobilité, a fait le lien. Il a dit: si l’on veut discuter avec la SNCB et avec le Fédéral, il nous faut des études et des données objectivables. Cela a été fait. Depuis le départ, on revendique cette connexion au rail. Je veux bien que l’on parle de M. Bellot, mais qu’a fait M. Bellot? En attendant, on n’a toujours pas la connexion. La ligne 125, Madame Nikolic, a été entamée bien avant M. Bellot. Je vous rappelle que M. Henry l’a soutenu via ces deux plans, le REL et le REC. Je le sais, j’ai emprunté la ligne «prototypale», donc il ne faut pas dire que l’on ne s’est pas battus. (Réactions dans l’assemblée) Agir, c’est mieux. Parlons-en. Il faut étendre le tram. On attend que vous agissiez et le connectiez au rail. Je ne vais pas vous faire tout l’historique du dossier – que je pense très bien connaître – par rapport à la connexion au rail. On peut voir qui a apporté le plus au dossier, si ce sont les écolos ou les autres. Je peux vous dire que l’on y a bien participé, notamment à relancer les dossiers. À ce moment, personne ne voulait entendre parler des réseaux express ferroviaires. Notre amendement n° 5 complète l’ensemble de vos conclusions – vous l’aurez compris – qui ne nous satisfont pas. Cela étant, pour le rail et pour l’amendement que nous déposons, la majorité peut complètement les rejoindre, parce qu’il s’agit simplement d’appuyer positivement votre recommandation, mais de demander un engagement concret. Dans l’amendement n° 4, on dit simplement que «le ministre de la Mobilité et les représentants de la Région wallonne au conseil d’administration de la SNCB sont mandatés pour porter cette demande». Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut connecter le tram au rail. On demande simplement, comme je vous l’ai dit, un engagement concret et ferme de cette recommandation. Là, tout le monde devrait voter positivement. En tout cas, l’inverse m’étonnerait. On ajoute un dernier point qui demande au Gouvernement de fournir au Parlement une information transparente sur les négociations en cours relativement aux indemnités qui sont dues à la suite de l’interruption des projets d’extension, sur les organes qui sont mandatés pour négocier, sur le modus operandi qui sera suivi et sur les montants concernés. Monsieur le Ministre, de temps en temps, en commission, vous me lâchez une information et vous me dites: «ce sera une enveloppe de 41,9 millions d’euros». Si je compte bien, comme il y a 7 millions d’euros qui devraient être consacrés – mais on ne sait pas encore, puisqu’on n’a pas les montants exacts – à la réfection des routes sur la commune de Herstal, l’enveloppe qui est réservée aux indemnités serait de 34,9 millions d’euros. On apprend, par voie de presse – je l’ai dit tout à l’heure, d’autres collègues l’ont dit, Mme Morreale l’a dit aussi – qu’il y a d’autres entreprises qui demandent à être indemnisées également. Peut-on avoir des précisions sur ces enveloppes? Cela sera-t-il encore plus cher ou pas? Sur le modus operandi, on ne sait toujours pas qui va réellement négocier cela. Je vous remercie beaucoup. J’espère qu’au moins quelques amendements seront portés par l’ensemble de ce Parlement, ne fût-ce que pour dire à M. Callut, aux plus de 1 000 signataires et aux milliers d’habitants de l’arrondissement de Liège, qu’on les a écoutés et que l’on est sensibles aujourd’hui à leur souffrance.
Agressivité 77%Constructivité 67%Factuel 76%Émotionnel 80% - VCVeronica CremascoEcolo
Nous sommes en politique pour protéger la population – nous serons tous d’accord sur cette mission publique – et la protéger aussi de la menace des dégâts dus au dérèglement climatique. Depuis juillet 2021, on a tous en tête des images très concrètes de ce désastre dans la vallée de la Vesdre. Dans la vallée de la Vesdre, l’angoisse de revivre cela est toujours très présente. Cela va-t-il se reproduire? Oui, les cartes de vulnérabilité de la Wallonie le montrent. Mais les conséquences sur la population ne peuvent pas être les mêmes, parce que c’est de notre responsabilité. En Wallonie, 500 000 ménages sont concernés par un risque d’inondation. Pourquoi en ajouter? Sait-on ce que l’on doit faire? Oui, le Gouvernement précédent a pris ses responsabilités – et je le salue – en matière d’aménagement du territoire, le socle sur lequel on est assis. On a investi des millions dans des études pour lutter contre les inondations à l’échelle des quartiers, mais aussi à l’échelle d’un document global. Celui-ci coordonne les actions à la bonne échelle, celle du sousbassin-versant, celle de toute la vallée, celle qui solidarise les 25 communes. C’est ce que l’on appelle le Schéma stratégique multidisciplinaire du bassin-versant de la Vesdre. On sait ce qu’il faut faire, mais on ne le fait visiblement pas. C’est pour cela que je suis devant vous aujourd’hui, parce qu’une société de logements publics a lancé un marché public pour construire 30 logements sur le site du terrain de football de Nessonvaux, sur la commune de Trooz, un site qui a été noyé violemment sous 2,6 mètres d’eau. Ce site est aujourd’hui répertorié comme inondable sur la carte des classes d’exposition. Ce n’est évidemment pas cohérent avec les recommandations du schéma, ni avec les missions de protection de la population, ni avec l’optimisation de l’investissement public à l’heure où chaque euro compte. D’autres sites sont-ils envisageables? Oui, et ils ont été identifiés, notamment dans les études par quartier. Cette motion demande: - d’arrêter ce marché public et surtout de ne pas continuer à engager des frais; - de rechercher d’autres lieux plus adéquats. Je note l’ouverture de M. Desquesnes sur la question; - d’adapter les délais d’octroi de subsides des régions. Ils sont acculés sur le terrain, ils ne peuvent pas développer d’autres solutions – c’est ce qu’ils viennent de me dire –, parce que les délais sont trop courts. Les délais de la Région sont trop courts. C’est effrayant. Des solutions, il y en a. Il nous incombe de les trouver. Je suis sûre que Mme Neven peut faire mieux que ce qu’elle m’a répondu hier en commission. Fondamentalement, il faut mettre en place le LaboVesdre, qui est une cellule de coordination, de relais des difficultés de terrain et d’élaboration de propositions. Ce n’est pas simple pour la multitude des acteurs de terrain de connaître et de concilier les différentes législations, de prospecter d’autres lieux, de démarcher pour obtenir des fonds. Le Labo-Vesdre est une cellule technique, qui agit au quotidien, pas une nouvelle structure politique. Ce sont trois équivalents temps plein qui forment un guichet unique, qui répondent aux questions et qui trouvent des solutions sur le terrain. Enfin, par principe de précaution, la motion demande d’arrêter tout projet en zone à risque jusqu’à la mise en place de ce Labo-Vesdre. J’aurais envie de conclure en vous disant que c’est, avant tout et certainement, une question de justice sociale.
Agressivité 42% - SFSophie FafchampsLes Engagés
En 2021, la vallée de la Vesdre a connu une terrible catastrophe, c’est indéniable, et le traumatisme est toujours très présent. Depuis, tout a été mis en œuvre pour la reconstruire de manière résiliente et les autorités publiques ont toujours exprimé le souhait de ne pas transformer cette vallée en no man’s land, en désert. Une telle politique entraînerait l’impossibilité pour plusieurs communes de construire ou reconstruire du logement sur leur territoire. Personne ne souhaite l’abandon de cette vallée, comme l’ont rappelé les bourgmestres et les urbanistes. Si l’on propose un gel total des constructions sur les zones inondées en 2021, on risque d’arriver à un abandon, voire à la disparition à terme de communes entières, comme celle de Trooz, dont la moitié du territoire a été inondée en 2021. Nous devons cependant intégrer les enseignements des inondations de 2021, en veillant à porter une attention particulière aux projets proposés dans les zones potentiellement inondables. À cet effet, notre Parlement et le Gouvernement wallon ont engagé un vaste travail de réflexion pour reconstruction résiliente de la vallée de la Vesdre. Comme nous l’avons exprimé en commission, le projet porté par le Foyer de Fléron porte des éléments de réflexion intéressants et fait actuellement l’objet d’une large concertation avec les acteurs locaux et les administrations régionales. Il convient de laisser cette concertation se mener et attendre les conclusions afin de s’assurer qu’elle intègre bien la volonté de maintenir une vallée vivante, respectant le Schéma stratégique multidisciplinaire du bassin-versant de la Vesdre et apportant le maximum de garanties sur la sécurité des habitations.
Agressivité 52%Constructivité 55%Factuel 44%Émotionnel 58% - VD
Permettez-moi de souligner le travail mené par notre collègue Veronica Cremasco dans le suivi des inondations depuis 2021. Étant en première ligne depuis quatre ans, je ne peux que reconnaître son travail, sa cohérence et sa continuité dans ses positions. Ce n’est un secret pour personne dans ce dossier : nos positions sont proches, même si d’aucuns aimeraient que ce ne soit pas le cas. Relativement au cas particulier de la construction de 30 logements sociaux à Trooz, je ne pense pas que notre Parlement soit le meilleur endroit pour juger de la pertinence des projets particuliers. Il est nécessaire d’analyser de manière approfondie les tenants et les aboutissants de ce projet. Je suis certaine que le fonctionnaire délégué de la Région wallonne prendra connaissance de ce projet et l’analysera au regard des différentes sources d’information disponibles, dont le Schéma stratégique multidisciplinaire du bassin-versant de la Vesdre. Ce cas confirme bien l’importance de coordonner ces travaux de reconstruction au niveau de la vallée de la Vesdre. Là où nous rejoignons totalement Mme Cremasco, c’est quand elle demande la construction d’une cellule opérationnelle de mise en œuvre des recommandations du Schéma stratégique multidisciplinaire du bassinversant de la Vesdre et lui affecter les moyens adaptés pour qu’elle soit un espace de coordination, de relais des difficultés rencontrées sur le terrain et d’élaboration de ses propositions et de solutions rapides et pragmatiques. Peu importe qu’on l’appelle Labo-Vesdre, ce qu’il faut, c’est qu’il soit opérationnel.
Constructivité 45% - DN
Madame Cremasco, vous avez mis en cause, dans ce Parlement et dans les médias, la gestion et le sérieux d’une société de logements publics de la région de Fléron – le Foyer fléronnais – dans l’identification d’un site pour la reconstruction de logements sociaux. Je comprends et je partage l’attention portée à toute nouvelle construction dans une zone qui a été inondée, surtout dans le cadre des inondations de juillet 2021. Il faut être prudent, mais il faut aussi l’être dans l’expression que l’on a. Vous avez agité des peurs et propagé des informations erronées sur le site choisi. En tout cas, cela a été démenti, notamment par voie de presse par le Foyer fléronnais. Vous avez interrogé le ministre Desquesnes sur l’aspect urbanistique des choses, qui vous a renvoyé vers la ministre Neven, que vous avez interrogée hier. La ministre nous a apporté des éléments rassurants sur le côté bonne gouvernance, sur le sérieux avec lequel la société de logements a instruit le dossier. D’après les informations en sa possession et qu’elle a partagées avec nous, le Foyer fléronnais a agi en concertation étroite avec les autorités compétentes et dans le respect des procédures prévues. Franchement, j’ai peine à croire que des mandataires de terrain – dont Ecolo fait partie, puisqu’ils sont dans la majorité à Trooz – et deux administratrices Ecolo dans la société de logements qui ont voté et qui soutiennent ce projet... À ce stade, nous voterons donc la motion pure et simple. Rappelons que le projet reste soumis à l’octroi du permis d’urbanisme.
- VCVeronica CremascoEcolo
Vous remarquerez que, dans mon exposé, je n’ai pas cité la SLSP et la société de logements qui était concernée parce qu’elle n’est évidemment pas responsable. C’est globalement que l’on doit prendre ses responsabilités. Je remercie Mme Dejardin – qui par ailleurs connaît très bien la situation – de l’avoir compris. Ce n’est pas un acteur précis. On demande une cellule de coordination générale. Le problème est plus global et j’ai eu la décence de ne pas les incriminer directement.
Agressivité 81%Émotionnel 89% - DN
Vous l’avez fait dans les médias. Ce n’est pas une justification d’abstention. ###### Projets de motion déposés en conclusion de l’interpellation de M. Dupont à Mme Neven, Ministre de l’Énergie, du Plan Air-Climat, du Logement et des Aéroports, sur les effets d’aubaine liés au système des certificats verts par M. Dupont ###### (Doc. 272 (2024-2025) N° 1) et par M. Evrard et Mme Goffinet ###### (Doc. 273 (2024-2025) N° 1)Vote nominatif
Agressivité 75%Émotionnel 67% - JDJori DupontIndépendant
En avril dernier, Electrabel Belgique a versé plus de 6,2 milliards d’euros de dividendes à Engie, sa maison mère française, après un bénéfice record de 7,9 milliards d’euros en 2024. Pendant ce temps, ce même groupe a touché 120 millions d’euros d’aide publique par la Région wallonne via le fameux mécanisme des certificats verts. Concrètement, cela veut dire que ce sont 120 millions d’euros qui ont gonflé directement les factures des familles et des PME, pour payer des dividendes aux actionnaires d’Engie. Face à des bénéfices et des dividendes comptabilisés en milliards d’euros, cette entreprise a-t-elle réellement besoin d’un coup de pouce de 120 millions d’euros pour investir dans les énergies renouvelables? Quand on pose la question, c’est y répondre. Ce que demande cette motion est simple et de bon sens: que l’on ne distribue plus de certificats verts à une entreprise qui a versé l’année précédente davantage de dividendes que ce qu’elle a perçu en aides, avec un seuil de 5 millions d’euros de dividendes pour préserver les petites PME. On vise les très grosses entreprises, les multinationales, celles pour qui les certificats verts sont devenus des effets d’aubaine. Mme la Ministre a elle-même justifié la réforme des primes Énergie en dénonçant les effets d’aubaine de la prime Énergie. Ici, ces effets d’aubaine sont massifs. Ils alimentent une injustice sociale et fiscale. Les familles qui peinent à payer leurs factures subventionnent des dividendes en milliards d’euros à des actionnaires. C’est une aberration, parce que l’on ne peut pas parler de transition juste, si l’on continue à faire payer le coût de la transition aux citoyens, pendant que les multinationales continuent à se gaver.
- YE
Monsieur Dupont, même si l’on n’est pas intervenus en commission, on n’est pas surpris de votre motion. Vous êtes au moins cohérent. Votre cible, on la connaît, ce sont les multinationales. Votre modèle qui est ce régime populaire où tout est étatisé, on le connaît aussi, et où les capitaines d’entreprise sont remplacés par des oligarques. C’est un système où cette pseudo-égalité a souvent généré un appauvrissement général au profit de quelques-uns. Sur le fond, les chiffres que vous évoquez font rêver presque autant que la cagnotte de l’EuroMillions. Cependant, vous l’avez rappelé, il s’agit d’une multinationale, d’un groupe qui a un chiffre d’affaires colossal à travers l’Europe notamment. Les résultats exceptionnels que vous évoquez sont le résultat d’écritures comptables, d’un jeu comptable de la société, et ne reflètent pas les moyennes des bénéfices des années précédentes. Ce transfert vers la maison mère peut interpeller. On peut légitimement se demander si notamment Electrabel sera en capacité de liquidités suffisantes pour faire face aux investissements, mais c’est une autre question. Par rapport spécifiquement à votre analyse concernant les certificats verts, oui, quand le système a été mis en place, il a profité aux entreprises et aux particuliers. Ils ont profité, bénéficié du système à l’époque, par rapport à une technologie qui devait faire ses preuves. On ne peut pas leur jeter la pierre. Par contre, ce système qui était extrêmement profitable s’est emballé. Pendant 10 ans, les différents gouvernements successifs n’ont jamais pris leurs responsabilités, créant ainsi une bulle qui a coûté énormément à chacun des citoyens wallons. Par ailleurs, vous l’avez dit et la ministre l’a confirmé en commission, la DPR est très claire, puisque la ministre a annoncé, avec le Gouvernement, vouloir une objectivation la plus complète possible sur les différentes politiques énergétiques et une analyse fine des filières de production. L’objectif est de mettre en place demain des soutiens calibrés et hiérarchisés, de manière à en finir avec les politiques spéculatives dont on perd la maîtrise. On a évoqué les primes énergétiques. Le Gouvernement prend ses responsabilités. Ces éléments justifient pleinement la motion pure et simple qui est déposée.
Constructivité 38%Factuel 39% - AGAnne-Catherine GoffinetLes Engagés
Le développement des énergies renouvelables s’est d’abord appuyé sur des aides publiques comme les certificats verts. Dès lors, les droits acquis doivent être mis à exécution jusqu’à leur terme. Cependant, il est nécessaire d’avoir une analyse générale de l’évolution des différents mécanismes de soutien, en fonction de la maturité des filières et de l’arrivée des nouvelles filières. Comme l’a dit mon collègue, Yves Evrard, la DPR est claire. Je vais reprendre trois éléments qui me semblent importants: - le Gouvernement a indiqué mettre un terme, avant début 2028, à l’arrivée de nouveaux bénéficiaires dans ce régime des certificats verts générant un effet d’aubaine; - le Gouvernement objectivera la politique énergétique au travers d’une analyse; - le Gouvernement définira un programme de soutien équilibré et hiérarchisé des filières. Nous attendrons donc la mise en œuvre des différentes analyses qui seront effectuées au sein du Gouvernement.
Agressivité 64%Constructivité 72%Factuel 59%Émotionnel 47% - CTCéline TellierEcolo
Pour nous, il est essentiel de rappeler l’importance de continuer à développer les énergies renouvelables ; et ce développement, aujourd’hui, on l’a vu avec les chiffres d’Edora notamment, mérite vraiment d’être amplifié. Aujourd’hui, il y a des craintes, notamment sur les permis éoliens. Il convient que le taux de soutien soit régulièrement analysé et ajusté pour éviter des effets d’aubaine et pour que ce taux de soutien reste juste. Les propositions et réflexions qui vont permettre d’aller dans ce sens, bien sûr, méritent d’être poursuivies. Dans le même temps, on reste extrêmement attentifs à la facture énergétique des ménages et des entreprises, qui reste aussi trop élevée. Nous encourageons le Gouvernement à travailler rapidement à une réduction du prix de l’électricité sur la commodité, le réseau et également les taxes. Sur cette question de la facture énergétique, on rejoint le PTB: la crainte que cette facture ne diminue pas est réelle étant donné que beaucoup de ménages continuent à vivre dans des bâtiments énergivores, c’està-dire la grande majorité des Wallons en fait aujourd’hui. On voit un arrêt très clair de la dynamique de rénovation depuis la réforme MR-Engagés, n’en déplaise au carreleur de M. Maroy. Il importe que le Gouvernement relance cette rénovation et le développement des énergies renouvelables.
Agressivité 49%Émotionnel 51% - JDJori DupontIndépendant
Je vais justifier mon abstention, mais je pense que ma collègue, Mme Bernard, a fait une erreur de vote.
Agressivité 90%Émotionnel 89% - JDJori DupontIndépendant
Bien entendu. Quand une entreprise verse 6,2 milliards d’euros de dividendes, elle n’a pas besoin de subvention publique pour investir. Elle a les moyens financiers de ses projets sans puiser encore plus, via la complicité des pouvoirs publics, dans la poche des familles. En continuant à subventionner des multinationales comme cela, vous entretenez un système où la transition devient un business rentable pour les plus riches pendant que les citoyens paient deux fois: une fois via leur facture et une fois via leurs impôts. Votre système, Monsieur Evrard, consiste à vider la poche des travailleurs pour enrichir les actionnaires d’Engie. J’attends avec impatience, Madame Goffinet, vos réformes sur les certificats verts; en attendant, on finance la transition des milliardaires avec l’argent des travailleurs wallons.
Agressivité 52% - JW
Monsieur le Président, je vais réellement justifier mon abstention. Je pense que le mécanisme des motions pures et simples a perdu tout son sens. Il a pu en avoir par le passé, mais il est aujourd’hui complètement dévoyé. Je ne vais pas revenir là-dessus, je me suis déjà exprimé. M. Liradelfo m’avait fait cette remarque, et il a raison – il faut noter ce jour d’une pierre blanche. Une motion motivée est déposée. Eh bien, on vote pour et l’on vote contre. Qu’est-ce que ce truc de la motion pure et simple que l’on débat en commission sur le fond, que l’on débat ensuite ici en séance plénière avec des gens qui parviennent à se faire mousser et faire valoir leur ego en s’abstenant, pour dire des choses qu’ils ont déjà dites. Cela n’a strictement aucun sens, que les choses soient claires. Une motion est déposée. Nous la motivons. Elle est motivée. Elle est défendue. Ceux qui déposent une motion pure et simple disent pourquoi ils sont contre la motion. Que l’on arrête avec cette motion pure et simple. Il faudra une modification du règlement. Les choses seront claires. Les gens ne comprennent rien. La population ne comprend rien. Cela n’a aucun sens. (Applaudissements) M. le Président. – Monsieur le Député, vous voici applaudi comme jamais après cet appel vibrant. ###### Projets de motion déposés en conclusion de l’interpellation de M. Dupont à M. Coppieters, Ministre de la Santé, de l’Environnement, des Solidarités et de l’Économie sociale, sur les limites de l’action du Gouvernement au regard de la problématique de la contamination de l’eau potable par M. Dupont ###### (Doc. 274 (2024-2025) N° 1) et par Mme Jacqmin et M. Maroy ###### (Doc. 275 (2024-2025) N° 1)Vote nominatif
- JDJori DupontIndépendant
Il y a quelque temps, la RTBF révélait dans son émission #Investigation – très bonne émission – que dans 33 zones de distribution en Wallonie, la somme des quatre PFAS les plus dangereux dépasse le seuil de vigilance des 4 nanogrammes par litre. À Tubize, on atteignait même les 22 nanogrammes par litre. Pendant que les bourgmestres, comme celui de Tubize, installent eux-mêmes des filtres sur les robinets des écoles, le Gouvernement wallon, lui, se contente de définir des valeurs cibles pour 2028. Pas de norme, pas d’obligation, pas de protection immédiate. C’est pour cela que nous déposons cette motion. On demande une chose qui est très claire, qui est très simple: que la Wallonie adopte une norme contraignante de 4 nanogrammes par litre d’eau potable pour ce que l’on appelle les PFAS 4. Les PFAS 4 ce sont le PFOS, le PFOA, le PFHxS et le PFNA, soit les quatre PFAS que l’on considère comme actuellement les plus dangereux qui sont connus ou considérés comme des cancérigènes, avec des impacts hépatiques, avec des troubles thyroïdiens, avec des problèmes de fertilité connus. Pourquoi une norme? Parce qu’une valeur cible, ce n’est pas une obligation, c’est un souhait. On ne protège pas les enfants avec des souhaits. On les protège avec des règles claires et obligatoires. Nous avons tous vu les témoignages bouleversants des habitants de Chièvres, comme cette mère dont l’enfant présente un taux de PFAS deux fois supérieur au sien après l’avoir allaité, soit cinq fois supérieur à la limite haute de notre Comité scientifique indépendant. De plus, les analyses montrent des signatures chimiques dans l’eau de Chièvres, à la sortie de la base militaire, identiques à celles du sang des habitants. Malgré cela, toujours pas de norme et toujours pas de pollueur-payeur d’ailleurs. Dans d’autres pays, on avance. On a des normes plus contraignantes qui existent déjà au Danemark, en France, même aux États-Unis. On limite, là-bas, les PFAS et les métabolites de pesticides à des niveaux plus stricts que chez nous. Alors qu’attendons-nous? Manifestement, l’approbation du MR qui bloque tout dans votre majorité pour des normes contraignantes dans l’eau potable. M. le Ministre Coppieters, du groupe Les Engagés, a lui-même reconnu dans le reportage d’#Investigation: «Je l’ai proposé au Gouvernement, mais je n’ai pas été suivi par l’ensemble de mes collègues du Gouvernement wallon». Enfin, il est bon de rappeler que cette norme doit s’accompagner du principe de pollueur-payeur. Ce n’est pas à l’éleveur de Nandrin de payer lui-même l’analyse de ses œufs. Ce n’est pas à la mère de Chièvres de vivre avec la culpabilité d’avoir contaminé son enfant. C’est à ceux qui ont pollué de payer.
- MJMarie JacqminLes Engagés
Chers collègues, depuis son premier jour et conformément à la DPR, le ministre a avancé avec une méthodologie rigoureusement scientifique et basée sur les recommandations officielles. L’entièreté du Gouvernement wallon l’a accompagné dans ce sens. Aucun blocage, mais une ambition intacte se traduisant chaque jour par les actions du ministre. Pour preuve, la volonté des deux ministres impliqués de réévaluer et renforcer les normes dans le cadre de la prévention des zones sensibles, en particulier autour des zones de captage. Dans une problématique d’une telle ampleur, il est essentiel de mettre en œuvre une méthodologie claire permettant d’améliorer continuellement les connaissances et la compréhension, notamment via un suivi continu de la ressource en eau, qui est actuellement réalisé, tout en agissant en se basant sur les recommandations des autorités sanitaires, en favorisant les concertations entre acteurs et autorités des différents niveaux de pouvoir. Dès son premier budget, le ministre a clairement ciblé le secteur de l’eau comme une priorité, le finançant de manière exemplaire et en adéquation totale avec la volonté inscrite dans la DPR. La qualité de l’eau est bien évidemment un enjeu crucial. Ainsi, la Wallonie applique depuis 2024 un contrôle systématique de plusieurs métaboliques de pesticides non pertinents qui respectent les exigences européennes et reposent sur le principe de précaution. Concernant l’omniprésence du TFA, l’avis du CSI et l’action du ministre se basent sur les connaissances actuelles, qui sont pour le moment fragmentaires. Le monitoring en cours nous fournira de précieuses informations pour agir en conséquence. La stratégie globale du ministre concernant les PFAS est claire depuis le début: respecter les normes en vigueur mises en œuvre depuis le début de cette législature, inciter les distributeurs à aller plus loin et plus vite, et œuvrer à tous les niveaux pour que les PFAS, y compris le TFA, soient interdits.
Constructivité 41%Factuel 46% - OM
Il y a 15 jours, en commission, le ministre Coppieters a pris soin de répondre, précisément et patiemment, aux très nombreuses questions. Il a fait un point complet sur la question des normes et sur l’action du Gouvernement. C’est bien tout le Gouvernement qui se mobilise, contrairement à ce que certains tentent de faire croire. Le gouvernement thématique EnvironnementBiodiversité du 5 juin dernier en est bien la preuve, avec plus de 15 mesures abordées. En outre, tant le ministre Coppieters que la ministre Dalcq ont exprimé une position commune sur la nécessité d’élargir les zones de captage d’eau, ce qui montre une réelle cohésion du Gouvernement. Ce qui est génial avec notre collègue du PTB, c’est que le ministre Coppieters a clairement dit: «Non, le MR n’est pas un élément bloquant. Non, le Gouvernement est sur la même longueur d’onde». Or, vous continuez à prendre des propos qui ont été coupés dans une interview. Relisez le compte rendu. (Réactions dans l’assemblée) Ce n’est pas en répétant 1 000 fois une contre-vérité que vous en ferez une vérité. Un investissement de 50 millions d’euros est prévu pour moderniser les installations. Depuis 2024, des contrôles renforcés et systématiques sont appliqués, et ils sont alignés avec les exigences européennes. Les PFAS font l’objet d’un suivi rigoureux et des mesures correctrices immédiates seront prises. Il faut arrêter de semer la peur: la qualité de l’eau est globalement bonne en Wallonie. Monsieur Dupont, vous parlez de valeurs cibles. Il est vrai qu’il y a des normes contraignantes, des valeurs cibles et des valeurs guides, mais ce n’est pas un simple souhait, comme vous le dites. Une valeur cible ou une valeur guide, si elle est dépassée, le distributeur doit agir. Il faudrait donc être un peu plus précis. Nous avons besoin de responsabilité et non pas de sensationnalisme. Le Gouvernement agit de manière concrète.
- MH
Chers collègues, il y a deux semaines, en commission, nous intervenions sur ce sujet auprès des ministres compétents pour partager notre inquiétude et celle de la population concernant le dépassement du seuil de 4 nanogrammes par litre pour la somme des quatre PFAS les plus dangereux dans 33 zones de distribution, ce qui avait été mis en lumière par la RTBF dans son émission #Investigation. Depuis lors, d’autres informations tout aussi inquiétantes sont venues s’ajouter à ce constat, notamment l’augmentation du TFA dans l’eau de distribution entre les prises du premier du second monitoring. Cette augmentation est constatée dans les trois quarts des zones retestées. Quand j’entends les prises de parole de la majorité, qui continue à persévérer dans son positionnement sur les zones de captage sans rien remettre en cause, c’est avoir fort peu entendu les auditions qui ont cours actuellement en commission sur l’usage des pesticides. Nous demandons que la valeur cible actuelle pour les PFAS soit revue et devienne une valeur contraignante. Nous ne pouvons plus nous contenter, encore plus à la lumière...
Agressivité 52%Émotionnel 39% - MH
... de ce qui a été dit cette semaine. Je vais clôturer.
Agressivité 67%Émotionnel 73% - MH
De dire que le TFA ne représente pas, dans l’état actuel des connaissances, une menace sanitaire. Nous demandons des actions concrètes et rapides du Gouvernement.
Agressivité 91%Émotionnel 83% - BLBénédicte LinardEcolo
Les PFAS sont partout, des pesticides aux ustensiles de cuisine, des vêtements aux produits du quotidien. Il en résulte une contamination de notre air, de nos sols, de notre alimentation, de notre eau et in fine, de nos corps. On sait aujourd’hui avec certitude que les PFAS ont des impacts sur notre santé et celle de nos enfants. Les auditions que nous avons menées hier auprès de médecins et de scientifiques confirment une fois de plus combien ces polluants éternels doivent être interdits à la source, comme je le dis et le répète au nom du groupe Ecolo depuis des mois et des mois. Le Gouvernement wallon a la compétence de pouvoir interdire l’utilisation de ces substances toxiques en Wallonie. Il n’est plus temps d’attendre: il faut protéger la santé des Wallonnes et des Wallons. Fixer une norme contraignante est une étape indispensable pour les quatre PFAS les plus nocifs à nos organismes, mais cela ne doit être qu’une étape sur le chemin vers l’interdiction de ces substances.
Agressivité 71%Émotionnel 50% - JDJori DupontIndépendant
Monsieur Maroy, les faits sont tenus. Vous dites que c’est le Coppieters de la commission qui dit la vérité et pas le Coppieters du reportage de #Investigation. Comment savoir lequel des deux versions...
Agressivité 82%Émotionnel 78% - OM
Dans un cas, il est coupé, Monsieur Dupont.
Agressivité 87%Émotionnel 88% - JDJori DupontIndépendant
Laissez-moi finir, Monsieur Maroy. Il y a donc deux versions de Coppieters... (Réactions dans l’assemblée) Comment savoir lequel des deux dit la vérité? Jugeons sur les faits. Une norme contraignante a-t-elle été proposée? Non. Le ministre Coppieters a-t-il dit qu’il était pour? Oui. Qu’est-ce qui bloque? C’est forcément le MR. On a donc clairement un MR qui bloque et des Engagés qui suivent. C’est vraiment une gestion en réaction, et jamais de prévention. C’est un vœu vraiment pieux de dire que l’on veut juste une valeur cible. Le PFOS et le PFOA, ce sont des cancérigènes avérés. Avérés! Ce n’est pas une estimation, c’est une certitude! Pourquoi allons-nous juste vers une valeur cible, et pas plus loin? Je le redis: on ne protège pas la santé publique avec des promesses, mais avec des règles claires qui protègent nos concitoyens.
Agressivité 78%Émotionnel 73% Je m’exprimerai au nom de mon groupe parce que nous nous sommes tous abstenus. J’aimerais tout d’abord remercier le groupe Ecolo pour ses amendements. Nous partageons grosso modo une partie de son avis. Sur le plan du principe, on n’a pas envie de se résigner. On se dit que ce sont des accommodements qui se basent sur la décision du Gouvernement. Je crois que l’on doit tout tenter pour ramener les uns et les autres à la raison, leur rappeler le sens de l’intérêt général. On n’est pas là pour faire plaisir à un parti ou à un autre. On n’est pas là pour alimenter les querelles politiques. On est là pour les citoyens qui méritent mieux que des débats stériles et des considérations mesquines. Pour nous, l’heure est à l’action responsable, à la prise de hauteur pour dépasser les clivages, pour retrouver l’esprit du bien commun et agir pour le bien de tous, loin des petites querelles qui n’intéressent que ceux qui y trouvent leur compte. Nous maintenons notre position: il nous faut les extensions du tram. Revenez à la raison.
Agressivité 47%Constructivité 99%Factuel 81%Émotionnel 92%
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