Les enjeux liés à la sécurité routière
Maxime Daye a interrogé le ministre sur l’évolution réelle de la sécurité routière en Wallonie, en soulignant la persistance de problèmes liés à l’alcool au volant, au téléphone, à la vitesse, ainsi que la nécessité de renforcer les radars tronçons et d’envisager le casque obligatoire pour les trottinettes. François Desquesnes a reconnu que les résultats de 2024 sont meilleurs qu’en 2023, tout en restant préoccupants, et a indiqué s’appuyer sur les experts ainsi que sur des États généraux relancés pour formuler des recommandations. Il a précisé qu’un second volet associera après novembre les pouvoirs locaux et les zones de police afin de traduire ces mesures en actions concrètes sur le terrain.
Débat · 3 interventions
- MD
Monsieur le Ministre, la sécurité routière s’améliore-t-elle vraiment ? C’est le titre d’un article du quotidien Le Soir de ce jour. Pour avoir l’honneur de présider la Commission qui gère notamment toutes vos compétences, je sais à quel point la sécurité routière est un enjeu majeur pour la Wallonie. Si l’article pointe des éléments positifs, comme le nombre de morts qui diminue sur les routes, il reste encore des éléments négatifs sur lesquels il faut travailler d’arrache-pied comme, par exemple, l’alcool, le téléphone au volant et les dépassements de vitesse. Je sais que vous allez me répondre que des États généraux de la sécurité routière sont en cours et que vous ne prendrez probablement pas de mesures d’ici là, mais toute une série de recommandations datent de 2023, sur lesquelles on peut d’ores et déjà travailler, notamment sur l’implantation de plus de radars tronçons ou le port du casque obligatoire – vous savez à quel point cela m’est cher – pour les trottinettes. Que comptez-vous faire pour changer les mentalités en matière de sécurité routière?
Agressivité 55% - FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Monsieur le Député, merci de porter ce sujet important à l’occasion de cette séance plénière, et par le travers de la question urgente. Effectivement, les chiffres de 2024 sont meilleurs pour la Wallonie qu’ils ne l’étaient en 2023, mais ils restent malheureusement dramatiquement élevés. Face à cette situation, ma prédécesseure, qui était là encore il y a quelques instants, a pris une série de mesures qui ont été implémentées en Wallonie au travers des précédents États généraux de la sécurité routière menés en 2020. En matière de politique de sécurité routière, je fais confiance aux experts et aux personnes qui connaissent les facteurs sur lesquels nous pouvons agir. C’est la raison pour laquelle j’ai relancé un cycle d’États généraux de la sécurité routière avec une particularité, une nouveauté: non seulement il s’agira de recommandations et d’une boîte à outils à mener au niveau régional, mais il y aura également un deuxième volet, au-delà du mois de novembre, qui impliquera l’ensemble des pouvoirs locaux et les zones de police pour implémenter concrètement et agir de façon adaptée aux difficultés qui sont reconnues sur le terrain. Ces mesures, dont celles que vous avez citées, sont en œuvre déjà aujourd’hui, mais nous devons aller plus loin parce que nos objectifs sont ambitieux.
Agressivité 78%Constructivité 39%Émotionnel 44% - MD
Je vous remercie de vos ambitions. Comptez sur nous pour continuer à être porteurs de ce message important pour la sécurité routière en Wallonie.
Agressivité 66%Constructivité 93%Factuel 48%Émotionnel 61%
Questions similaires
Les chiffres du baromètre de la sécurité routière de l’institut Vias
Maxime Daye s’est appuyé sur le baromètre de Vias, relevant une baisse des accidents avec blessés et liés à l’alcool, mais une hausse des accidents impliquant des trottinettes électriques, et a demandé des mesures renforcées de prévention, notamment sur le port du casque, en coordination avec les autres niveaux de pouvoir. François Desquesnes a répondu en annonçant des États généraux de la sécurité routière pour définir les priorités et leviers d’action de la Wallonie, tout en rappelant que les chiffres de Vias sont provisoires. Il a indiqué qu’un groupe thématique sera consacré aux usagers vulnérables, dont les utilisateurs de trottinettes, s’est dit personnellement favorable au port du casque et a précisé que cette décision relève de la compétence fédérale.
Le baromètre de la sécurité routière
Caroline Cassart-Mailleux a cité les chiffres du baromètre Vias et a demandé des données pour la Wallonie, l’existence d’un baromètre comparable et les mesures prévues pour réduire davantage les accidents dans le cadre de la DPR. François Desquesnes a répondu que l’AWSR publie un baromètre semestriel et que, pour le premier semestre 2024, les accidents corporels ont baissé de 3 % et les décès de 30 jours de 7 %, tandis que les blessés graves ont augmenté de 4 %. Il a annoncé le lancement des États généraux de la sécurité routière ce mois-ci, avec un objectif de conclusions en octobre-novembre et la diffusion d’une boîte à outils à l’échelle des territoires, en mobilisant aussi les communes et les bourgmestres.
Les mesures imposées par la hausse des accidents impliquant des trottinettes électriques
Vincent Crampont a alerté sur la hausse des décès et des accidents corporels impliquant des trottinettes électriques, en demandant une analyse pour la Wallonie, des mesures rapides de sécurisation, ainsi qu’une campagne de prévention et une meilleure coordination entre communes et zones de police. François Desquesnes a confirmé une aggravation en Wallonie, avec quatre décès en 2025 contre un en 2024 et 29 blessés graves, en soulignant la forte implication des moins de 25 ans et le fait que 70 % des accidents surviennent entre avril et octobre. Il a annoncé des actions de sensibilisation ciblant les jeunes, notamment dans les écoles et les milieux sportifs, des campagnes sur les réseaux sociaux, et a plaidé pour l’obligation du casque pour les trottinettes, un débat qu’il dit porter au niveau de la CIM et avec le ministre fédéral de la Mobilité.
Les accidents de la route survenus sur des chantiers autoroutiers
Maxime Daye s’est étonné du nombre d’accidents sur les chantiers autoroutiers en Wallonie, citant la campagne de la SOFICO et demandant confirmation des chiffres, ainsi que des précisions sur les mesures déjà prises et celles encore envisagées. François Desquesnes a confirmé la réalité du phénomène, qu’il attribue surtout à la distraction des conducteurs, et a rappelé que la Région agit par la sensibilisation, la prévention, l’adaptation des vitesses sur chantier et le renforcement de la signalisation. Il a annoncé un contrôle dynamique des vitesses à partir du second semestre 2025 selon la présence de travailleurs et les conditions météorologiques, ainsi qu’un projet pilote avec Waze et Coyote pour mieux signaler les chantiers mobiles.
La lutte contre les comportements à risque sur les autoroutes
Vincent Crampont a interpellé le ministre sur le rodéo filmé sur l’E403 et a demandé si une stratégie spécifique de lutte contre ces comportements à risque avait été prévue, notamment dans le cadre des États généraux de la sécurité routière. François Desquesnes a rappelé que l’entrave méchante à la circulation est sévèrement sanctionnée, a précisé que la compétence relève principalement du niveau fédéral et a indiqué que la Wallonie agit surtout via la mise à disposition de ses caméras et la collaboration du SPW MI et de Perex avec les autorités. Il a aussi signalé qu’une proposition de loi fédérale contre les rodéos urbains est en cours d’examen et que les comportements transgressifs sont bien traités dans les États généraux, dont les résultats sont attendus à la mi-novembre. Le député a ensuite élargi la problématique à d’autres infractions routières, comme la vitesse, l’alcool, la drogue et le GSM au volant, en insistant sur la sensibilisation dès l’école et sur la nécessité de moyens financiers suffisants.