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ActualitéWalloniemercredi 25 juin 2025

La hausse des prix de l’immobilier stimulée par une décision du Gouvernement wallon

Synthèse

Germain Mugemangango estime que la baisse des droits d’enregistrement de 12,5 % à 3 % a été répercutée sur les prix de vente, avec des hausses pouvant atteindre 15 %, et demande quelles mesures seront prises pour garantir l’accès au logement. Cécile Neven conteste ce lien direct en invoquant un recul trop court pour tirer des conclusions, des effets de calendrier et d’aubaine, ainsi qu’une reprise du marché immobilier et une hausse des crédits hypothécaires. Elle soutient que la réforme a stimulé les transactions et favorisé l’accession à la propriété, tandis que le député réplique qu’en l’absence de régulation et d’un parc locatif public suffisant, les vendeurs captent l’avantage fiscal.

Débat · 3 interventions

  1. Madame la Ministre, le Gouvernement wallon était très fier de présenter une mesure phare en matière de logement, à savoir la diminution des droits d’enregistrement de 12,5 % à 3 % pour l’acquisition d’un premier logement. C’est manifestement un point sur lequel le Gouvernement trouvait qu’il était essentiel d’agir. Manifestement, c’est un échec. En effet, les prix à l’acquisition ont fortement augmenté, jusqu’à 15 % dans certains cas. C’est énorme. De ce point de vue, on a un problème sur l’impact de cette mesure. Vous savez bien que vous, dans votre cas, comme ministre, au-delà de votre salaire confortable de 11 000 euros par mois, vous bénéficiez même d’une allocation loyer qui permet de payer un logement, un prêt ou un loyer. Vous savez – j’imagine – que ce n’est pas du tout le cas des citoyens de notre Région. Quelles mesures allez-vous prendre pour garantir, enfin, un toit aux citoyens de notre Région?

  2. Monsieur le Député, vous allez un peu vite en besogne dans vos conclusions. Je me suis intéressée à cet article auquel vous faites référence. Nous avons un peu regardé les chiffres de Fednot, la Fédération du notariat, et également les statistiques de l’Union professionnelle du crédit. La Fédération du notariat m’indique qu’il est impossible de tirer des conclusions avec aussi peu de recul – un trimestre, seulement. Elle m’indique également que ces chiffres sont biaisés pour deux facteurs. Le premier facteur est un effet d’aubaine. Il s’avère que les personnes qui achètent des biens de valeur un peu plus faible ont acheté avant fin décembre 2024, espérant continuer à bénéficier du chèque-habitat. Quant aux personnes qui ont acheté des biens de valeur un peu plus élevée, ils ont attendu janvier 2025 pour bénéficier de la réduction des droits. Ce critère induit un effet d’aubaine qui biaise les chiffres. L’autre facteur est que la réduction des droits d’enregistrement est intervenue à un moment où le marché immobilier était complètement atone. L’année 2024 était particulièrement spécifique de ce point de vue. Depuis lors, avec le contexte mondial et toute une série de soubresauts au niveau de la bourse, le marché immobilier s’est relancé. C’est une très bonne chose. J’en viens maintenant aux statistiques de l’Union des professionnels du crédit. Si l’on compare le premier trimestre 2025 au premier trimestre 2024, on voit que plus de 52 000 contrats hypothécaires ont été conclus, soit une augmentation de 53 % des crédits octroyés, ce qui est énorme. Un autre critère intervient également: l’importance de la qualité énergétique du logement. Il est clair que cela induit une hausse des prix, mais que les acquéreurs ont été mieux en mesure d’appréhender grâce à la réduction des droits d’enregistrement. Quand on regarde cela, on voit une augmentation des transactions, une augmentation des crédits hypothécaires. Oui, quelque part, il y a plus de propriétaires et cette réforme des droits d’enregistrement atteint son objectif.

    Agressivité 40%Constructivité 39%Factuel 35%Émotionnel 39%
  3. Madame la Ministre, je vous invite à étudier un peu mieux les chiffres, notamment de l’Office des statistiques. Ils disent très clairement que, comme il n’y a aucune forme de régulation des prix de l’immobilier, le vendeur tient compte de la situation de l’acquéreur et demande plus d’argent pour son logement. On avait indiqué qu’il y aurait un risque, il y a quelques mois. C’est exactement ce qui est en train de se passer. Or, vous avez deux leviers que vous pouvez utiliser. Le premier levier consiste en une forme de régulation des prix de l’immobilier. Vous n’utilisez pas ce levier. Le second levier consiste en un parc locatif public suffisamment important pour avoir une influence sur les prix. C’est ce qui se passe, par exemple, en Autriche. Bientôt, quand on voudra acquérir un premier logement, soit il faudra gagner au Lotto, soit il faudra être ministre.

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