Moniteur citoyen
← Toutes les questions
ActualitéWalloniemercredi 16 octobre 2024

Le rapport du Conseil de la fiscalité et des finances de Wallonie relatif à la réforme des droits d’enregistrement

Synthèse

Freddy Mockel a relayé les critiques du Conseil de la fiscalité et des finances de Wallonie, qui jugeait la baisse des droits d’enregistrement à 3 % incohérente, inéquitable et susceptible de réduire les recettes, en demandant si le Gouvernement était prêt à revoir sa copie et à introduire un plafond. Adrien Dolimont a répondu que l’avis publié dans la presse n’était que partiel et ne faisait pas consensus, tout en confirmant le maintien d’une réforme linéaire sans plafond, présentée comme plus claire et plus simple. Il a soutenu que les transactions au-delà de 500 000 euros restent marginales et que la mesure vise à faciliter l’accès à la propriété malgré des réalités territoriales différentes. En réplique, Freddy Mockel a contesté cette approche en soulignant que la suppression des tarifs préférentiels, des abattements et de la déductibilité risque d’alourdir la charge totale pour de nombreux ménages, notamment les plus modestes.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre-Président, vendredi, dans La Libre paraissaient des extraits d’avis de membres du Conseil de la fiscalité et des finances par rapport au projet de réduction des droits d’enregistrement à 3 %. On y lit que « cette mesure est jugée incohérente au regard des motifs de la réforme et inéquitable, en plus de priver la Région d’importantes recettes fiscales ». Les auteurs invitent le Gouvernement à adapter sa mesure et à ce qu’elle soit mieux ciblée et plafonnée. Par contre, votre porte-parole déclarait le même jour qu’il ne mettrait pas sa main au feu quant à ce plafond. Samedi, vous avez déclaré qu’il n’en serait pas question, donc qu’il n’y aurait pas de plafond. Je suis d’accord avec un objectif politique. Au moment de l’acquisition, je crois qu’il faut faciliter cette possibilité d’accès à une première propriété, notamment pour les jeunes ménages. Je crois en même temps que la manière dont le Gouvernement s’y prend actuellement conduit à beaucoup trop d’effets indésirés: il y a un public important qui va payer nettement plus cher au total. Monsieur le Ministre-Président, êtes-vous prêt à revoir votre copie, et de quelle manière?

    Agressivité 39%
  2. Monsieur le Député, j’ai bien, comme vous, pris connaissance de l’article dans La Libre. J’ai d’ailleurs été surpris : c’était la première fois depuis 2017 qu’un avis – en plus, partiel – du CFFW sortait dans la presse, avant même que j’en prenne connaissance. Je dois avouer que j’étais assez surpris. J’ai pu le lire, mais moi je l’ai lu complètement. Il est important de pouvoir lire le spectre complet parce que les éléments que vous sortez émanent de l’avis d’un des membres de la CFFW. Vous avez pu lire aussi dans cet avis qu’il ne faisait pas consensus. Ce qui faisait consensus, par contre, c’était la nécessité de travailler sur la réduction des droits d’enregistrement. Il y avait des réserves de certains membres, comme vous l’avez dit, sur la nécessité ou pas de placer un plafond. On a fait le choix d’avoir une vision linéaire et la plus simple possible de cette réforme fiscale. Il est important d’avoir de la clarté, de la transparence. Il était souligné que cela créait des effets d’aubaine pour les plus grosses fortunes. C’est une caricature que l’on entend souvent. Je vais vous citer un chiffre en 2021: les droits d’enregistrement portant sur des biens supérieurs à 500 000 euros ne concernent que 1,81 % des transactions. On ne peut pas dire que c’est une raison budgétaire, on ne peut pas dire que c’est un cadeau par rapport à ces gens plus fortunés. Il a été décidé de manière claire de continuer dans la direction que l’on a prise, c’est-à-dire de ne pas implémenter un plafond. On avancera dans la direction qui a été mise en place. Il est important de se rendre compte aussi que la réalité territoriale et la pression foncière sur le territoire wallon sont très disparates d’une région à l’autre. Il n’est pas possible d’avoir une fiscalité différenciée, que ce soit dans le Brabant wallon, que ce soit en région du Centre, que ce soit du côté d’Arlon. On a donc décidé d’avoir une mesure linéaire pour aider un maximum de gens à l’accès à la propriété.

    Constructivité 62%Factuel 73%
  3. Monsieur le Ministre-Président, je conteste fortement cette vision des choses. Vous avez parlé de transparence, mais vous n’avez surtout parlé que des 3 %. En vérité, quand, derrière la mise en place de cette mesure, on supprime les tarifs préférentiels, on supprime les abattements et on supprime la déductibilité, un grand nombre de personnes vont largement contribuer plus, même si au moment où elles achètent, elles paieront moins. Même cela, ce n’est pas tout à fait vrai, puisque les ménages les plus modestes ne paieront pas moins de droits d’enregistrement et qu’en plus, ils ne vont plus pouvoir déduire ce qu’ils doivent rembourser à la banque.

    Agressivité 79%Émotionnel 63%

Questions similaires

ActualitéWallonie25.06.25

La hausse des prix de l’immobilier stimulée par une décision du Gouvernement wallon

Germain Mugemangango estime que la baisse des droits d’enregistrement de 12,5 % à 3 % a été répercutée sur les prix de vente, avec des hausses pouvant atteindre 15 %, et demande quelles mesures seront prises pour garantir l’accès au logement. Cécile Neven conteste ce lien direct en invoquant un recul trop court pour tirer des conclusions, des effets de calendrier et d’aubaine, ainsi qu’une reprise du marché immobilier et une hausse des crédits hypothécaires. Elle soutient que la réforme a stimulé les transactions et favorisé l’accession à la propriété, tandis que le député réplique qu’en l’absence de régulation et d’un parc locatif public suffisant, les vendeurs captent l’avantage fiscal.

GMGermain Mugemangango · PTBCécile Neven
Prix de l’immobilierDroits d’enregistrement
ActualitéWallonie29.06.22

L’avis des associations sur la réforme de la fiscalité automobile

Les intervenants ont critiqué la réforme de la fiscalité automobile annoncée par le ministre Henry, en contestant son caractère réellement gouvernemental, son manque de concertation et ses effets jugés pénalisants pour les familles, les travailleurs et certaines professions dépendantes de véhicules plus grands. Ils ont relevé plusieurs exemples chiffrés montrant que des modèles populaires ou moins chers pourraient être davantage taxés que des véhicules plus coûteux, ainsi qu’un risque de déplacement vers le leasing en Flandre. Ils ont également dénoncé une réforme considérée comme peu équitable et insuffisamment tournée vers des उपाय structurels, comme une action sur les constructeurs ou le renforcement des transports publics. En réponse, il est indiqué que le ministre a présenté lundi la manière dont la réforme devait se dérouler et que le Gouvernement s’est accordé sur sa proposition, malgré des réserves exprimées dans la majorité et dans le secteur.

GMGermain Mugemangango · PTB Henry
Transition écologiqueFiscalité wallonne
ActualitéWallonie03.09.25

Les conséquences budgétaires pour la Wallonie des mesures prises au niveau fédéral concernant notamment les demandeurs d’emploi

Le député a dénoncé les conséquences budgétaires pour la Wallonie des décisions fédérales, notamment la hausse potentielle des dépenses liées à la défense et le coût estimé à 180 millions d’euros de la suppression progressive des allocations de chômage, en demandant comment ces charges seraient financées sans nouvelles taxes. Il a aussi critiqué la baisse de l’emploi et les difficultés du secteur de la construction, qu’il attribue aux choix du Gouvernement wallon. Adrien Dolimont a répondu qu’il n’y aurait pas de nouvelle taxe, a défendu la réforme du chômage comme une mesure de réinsertion vers l’emploi et a contesté le lien établi entre les mesures wallonnes et l’augmentation des faillites, estimant que la situation est plus défavorable à l’échelle nationale. Le ministre-président a affirmé que le Gouvernement wallon entend redéployer le potentiel économique sans alourdir la fiscalité.

GMGermain Mugemangango · PTBAdrien Dolimont
Budget régionalChômage
ActualitéWallonie07.02.24

L’accès au logement et l’avenir du chèque-habitat

Les intervenants ont souligné la difficulté croissante d’accès à la propriété, en particulier pour les jeunes primoacquéreurs, en raison notamment des exigences d’apport personnel et du niveau des prix. Ils ont interrogé le ministre sur les contours du futur plan Logement, sur l’avenir du chèque-habitat et sur l’éventuelle réaffectation de ses 300 à 400 millions d’euros annuels vers des mesures plus ciblées, comme le relèvement de la quotité exemptée, le soutien aux communes ou des mécanismes tels que le bail réel solidaire. Le ministre a rappelé les dispositifs existants — prêts sociaux, relèvement de la quotité exemptée et maintien du chèque-habitat — tout en laissant entendre qu’une réforme plus efficace et mieux ciblée devait être envisagée. Il a également été question du rapport parlementaire sur la réforme immobilière, dont les conclusions et recommandations ont été jugées utiles pour nourrir la réflexion.

YEYves Evrard · MRChristophe Collignon
Accès au logementAccès au crédit
ActualitéWallonie20.07.22

L’impact pour la wallonie des réformes fiscales fédérales annoncées

Le député a interrogé le ministre sur les conséquences pour la Wallonie de la réforme fiscale fédérale annoncée, en particulier sur les recettes et dépenses régionales, ainsi que sur les effets d’une taxation des loyers et les liens éventuels avec la réforme de la fiscalité automobile et carbone. Il a aussi attiré l’attention sur la situation des petits propriétaires et sur l’éventuel impact pour les communes, provinces et autres acteurs publics détenteurs de logements. Le ministre a apporté quelques précisions, tout en indiquant que les informations détaillées restaient prématurées en raison du caractère récent des annonces. Le député a pris acte de ces éléments et a annoncé qu’il reviendrait ultérieurement avec des questions plus précises.

M Matagne · Les EngagésAdrien Dolimont
Fiscalité wallonneFinances publiques