L’avis des associations sur la réforme de la fiscalité automobile
Les intervenants ont critiqué la réforme de la fiscalité automobile annoncée par le ministre Henry, en contestant son caractère réellement gouvernemental, son manque de concertation et ses effets jugés pénalisants pour les familles, les travailleurs et certaines professions dépendantes de véhicules plus grands. Ils ont relevé plusieurs exemples chiffrés montrant que des modèles populaires ou moins chers pourraient être davantage taxés que des véhicules plus coûteux, ainsi qu’un risque de déplacement vers le leasing en Flandre. Ils ont également dénoncé une réforme considérée comme peu équitable et insuffisamment tournée vers des उपाय structurels, comme une action sur les constructeurs ou le renforcement des transports publics. En réponse, il est indiqué que le ministre a présenté lundi la manière dont la réforme devait se dérouler et que le Gouvernement s’est accordé sur sa proposition, malgré des réserves exprimées dans la majorité et dans le secteur.
Débat · 4 interventions
- FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Monsieur le Ministre, la réforme de la fiscalité automobile concerne de très nombreux citoyens de Wallonie. Elle a été promise par votre Gouvernement, elle doit répondre à un objectif de trajectoire, notamment dans nos ambitions climatiques. Après deux ans et demi de patience, vous avez donné une interview ce lundi matin sur une chaîne de radio et envoyé un communiqué de presse pour dire comment la réforme se déroulera. Très vite, Traxio, la FEBIAC, Inter-Environnement Wallonie, Touring et d’autres encore ont réagi par rapport à cette réforme. Ils n’ont pas été les seuls, l’opposition parlementaire a réagi, mais également sur les bancs de la majorité, où l’on a entendu par presse interposée ou de façon directe des ministres, des membres de cabinets s’exprimer et dire qu’il ne s’agissait pas d’une réforme. La cerise sur le gâteau, ce matin, une source provenant de votre cabinet dit que la réforme que vous avez expliquée ce lundi comporte même des aberrations. À l’heure où l’on annonce la consultation du secteur, ma question sera très simple: avez-vous annoncé lundi fait l’objet d’un accord gouvernemental, d’un accord de la majorité, ou est-ce simplement une proposition de Philippe Henry?
Agressivité 54%Émotionnel 41% - GM
Monsieur le Ministre, comme cela vient d’être dit, il y a beaucoup de réactions à cette réforme concernant la fiscalité automobile. Il ne faut pas se mentir, cette réforme va frapper les travailleurs. Quand on regarde les chiffres qui sont concernés par rapport aux voitures dont on va modifier la fiscalité, par exemple: le modèle break est un modèle qui va être impacté par cette réforme. Par exemple, un modèle Volvo le plus courant au niveau des SUV urbains pour les familles va être fortement frappé. Par exemple, on a constaté qu’un modèle Dacia électrique, le moins cher de la gamme, va voir sa pression fiscale augmentée de 1 000 euros. Il est clair qu’à ce niveau ce sont bien effectivement les travailleurs et les travailleuses qui vont être frappés. C’est le premier élément. Le second élément, Monsieur Henry, quelle hypocrisie dans cette réforme, quelle hypocrisie! Vousmême, vous roulez dans une Tesla qui pèse 2,5 tonnes et vous demandez aux gens de rouler dans de plus petites voitures. Vous n’êtes pas le seul dans le cas. M. Di Rupo a une BMW 350. M. Borsus a une Mercedes 530. Ce sont toutes de grosses voitures. On a donc un Gouvernement – parce que ce n’est pas seulement la réforme de M. Henry, c’est la réforme du Gouvernement, il faut bien le reconnaître – qui dit à tout le monde de rouler dans de petites voitures alors que luimême va continuer à rouler dans de grosses voitures, payées, de surcroît, par le contribuable. Si vous voulez vraiment avoir une influence sur le paysage automobile, ce ne sont pas les citoyens qui doivent payer. Ce n’est pas à eux qu’il faut s’attaquer. Il faut s’attaquer aux constructeurs. VW, par exemple, c’est 10 milliards de bénéfice en 2020 et 15 milliards en 2021. C’est à eux qu’il faut imposer des réformes contraignantes pour pouvoir justement avoir une influence sur la pollution au niveau du paysage automobile. Une autre mesure à prendre évidemment, c’est la question du transport gratuit. Organisez le transport gratuit. Vous-même, vous avez dit, il n’y a pas longtemps – après avoir dit que c’était populiste, et cetera – que c’est finalement une bonne idée, mais vous ne l’avez fait que pour les jeunes à partir de 18 ans. Or, quand je me promène à Charleroi, les embouteillages sont provoqués par les parents qui vont conduire des jeunes du secondaire, en fait, à l’école. Donc, il faut élargir effectivement cette gratuité. C’est la seule vraie solution. Monsieur Henry, renoncez à cette réforme et prenez plutôt de vraies mesures avec votre Gouvernement.
- FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour votre réponse. Je note avec un peu d’étonnement, par rapport à ce que j’ai entendu comme expressions de vos partenaires de majorité, que le Gouvernement s’est accordé sur votre proposition. Je pense que s’il s’est accordé sur quelque chose, c’est une vague note brouillonne, sur laquelle il y a visiblement énormément de choses à dire et à redire. En tout cas, pour ce qui concerne Les Engagés, la prise en compte de la dimension familiale est largement insuffisante dans ce que vous avez mis en place. Je pense également qu’en ce qui concerne la contribution de l’ensemble des usagers, de nos routes wallonnes, vous êtes très loin du compte, puisque les Wallonnes et les Wallons vont passer à la caisse et que votre système est un panier percé, puisqu’il va encourager, par ce mode de taxation et par les critères que vous avez choisis, une fuite vers le leasing en Flandre. Ce ne sera pas bon sur le plan environnemental pour la Wallonie et mauvais, Monsieur le Ministre des Finances, pour les recettes wallonnes.
Agressivité 76%Émotionnel 76% - GM
Vous dites, Monsieur le Ministre, que mes affirmations vous étonnent. Vous n’avez qu’à constater la presse de ce matin où un journaliste faisait le calcul – je vous invite vraiment à le faire et peut-être même à mettre un calculateur à la disposition des Wallons et des Wallonnes – où l’on constate qu’une Audi Q7 d’un coût de 82 000 euros payera moins de taxes qu’une Renault Twingo à 15 000 euros. Votre réforme est antisociale. Toute une série de personnes va se retrouver en grandes difficultés avec votre réforme. Il y a aussi la philosophie qui est derrière. Vous voulez modifier les comportements des gens en les punissant dans le portefeuille. C’est ce que vous voulez faire. Or, on a déjà entendu ici, dans ce Parlement, que certaines professions n’avaient pas le choix. Par exemple, les aides familiales n’ont pas le choix que d’acheter des voitures plus grandes, puisque, dans le cadre de leur profession, elles doivent emmener des bénéficiaires. Les familles, évidemment, n’ont pas forcément le choix de pouvoir acheter des véhicules petits ou grands. Ce sont eux qui vont être impactés. C’est chaque fois la même philosophie. Votre philosophie est individualiste. Au lieu de prendre des mesures – je n’ai pas entendu un mot là-dessus – structurelles et globales et dirigées vers les constructeurs ou les transports publics, vous punissez, en fait, les gens dans le portefeuille. Ce n’est pas comme cela que vous devriez agir, mais bien pour les aider, et non pas pour les enterrer.
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