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ActualitéWalloniejeudi 28 septembre 2023

Les déclarations de m. Le ministre-président concernant le budget wallon 2024

Synthèse

Les intervenants contestent l’affirmation du ministre-président selon laquelle il n’y aurait pas de nouvelle taxe en Wallonie, en soulignant que plusieurs prélèvements ou hausses de coûts touchent déjà les ménages, notamment la taxe auto, la taxe poubelle et le précompte immobilier, dont les réductions ne seraient pas indexées. Ils dénoncent aussi des contradictions au sein du Gouvernement sur l’équilibre budgétaire 2024, entre une version rassurante et une autre évoquant un déficit important, ainsi que sur l’ampleur des efforts structurels à trouver. En réponse, il est rappelé que le Gouvernement entend respecter ses engagements, notamment sur l’absence de nouvelles taxes, mais les critiques portent sur le fait que les économies continueraient à peser sur les citoyens plutôt que sur les aides aux entreprises, les privilèges politiques ou les dépenses de fonctionnement.

Débat · 4 interventions

  1. Madame la Ministre, j’ai entendu M. Di Rupo dire qu’il n’y aurait pas de nouvelle taxe en Wallonie. Cela rend les gens heureux. C’est logique, c’est une bonne nouvelle. C’est quelque chose dont on pourrait effectivement être content. Seulement, il y a un truc que M. Di Rupo n’a pas dit, c’est que, l’argent, il l’a déjà pris. C’est facile de dire qu’il n’y aura pas de taxe quand on a déjà pris l’argent. Par exemple, c’est ce qui s’est passé avec la taxe auto, c’est aussi ce qui s’est passé avec la taxe poubelle. Moi, à Charleroi, je paie 200 euros de taxe poubelle et chaque sac poubelle me coûte 1,25 euro. Cela a augmenté dans beaucoup de communes. C’est aussi ce qui est en train de se passer avec le précompte immobilier. Il a augmenté de 10 %. Cela veut dire que, pour certaines familles, ce sont 40, 60, 80, voire 100 euros en plus que l’année dernière. Votre Gouvernement aurait pu soutenir, par exemple, les personnes qui sont le plus en difficulté en indexant les montants d’aide. Non, votre Gouvernement a préféré économiser 15 millions d’euros sur leur dos. Cela, c’est la situation. En conséquence, c’est facile de dire que l’on ne va pas taxer si l’argent a déjà été pris. Par contre, ce que j’aurais voulu entendre et que je n’ai pas entendu, c’est qu’au lieu d’aller chercher l’argent chez les gens, on va enfin aller chercher chez les multinationales, par exemple. M. Becker de la CSC rappelle qu’il y a 900 millions d’euros d’aides qui vont aux multinationales et que, là-dedans, on pourrait effectivement faire des économies. C’est dans cette direction qu’il faudrait aller. J’ai aussi entendu M. Di Rupo dire que, pour boucler son budget, il devait trouver 50 millions d’euros. La bonne nouvelle, c’est que j’ai trouvé les 50 millions d’euros. Si maintenant on va diminuer les salaires des députés, des ministres, si l’on diminue les cabinets et si l’on diminue les privilèges on aura ces 50 millions d’euros. Au lieu de les prendre toujours dans la poche des Wallons et des Wallonnes, allez-vous appliquer cette solution?

    Agressivité 91%Constructivité 86%Factuel 82%Émotionnel 92%
  2. FD

    Madame la Ministre, j’ai voulu adresser ma question au ministre Dolimont, mais elle a été renvoyée au ministre-président Di Rupo, lequel, absent, la renvoie vers vous. J’en suis désolé, d’autant que le ministre Dolimont est présent. Il n’empêche, trois questions se posent par rapport au conclave budgétaire et aux dissonances que j’entends dans les voix du Gouvernement. D’abord, les deux disent: «Pas de nouvelle taxe». Aujourd’hui, le précompte immobilier est un impôt régional, qui est indexé. Par contre, les réductions ne sont pas indexées pour ce qui concerne les familles et les ménages comptant des personnes handicapées, pour les familles avec enfants, pour les familles ayant des personnes handicapées dans leur composition, une augmentation plus que l’indexation du précompte immobilier. C’est la première fausse déclaration. Ensuite, l’équilibre en 2024, sur lequel il y a deux versions. Il y a la version de M. Di Rupo sur Bel RTL, ce lundi ou ce mardi: «On est à l’équilibre, il n’y a pas de problème.» Puis, il y a la version de M. Dolimont, aujourd’hui, sur la RTBF: «Ce sont 3 milliards d’euros de déficit, il faut jouer la vérité.» Sur ce coup, je serais plutôt enclin à suivre le ministre Dolimont, puisque le commissaire Gentiloni, celui qui s’assure du respect des trajectoires budgétaires des États, dit: «Fin de la clause dérogatoire générale». Cela signifie la non-prise en compte des déficits ou des dépenses pour des investissements, relance, et cetera. Enfin, la troisième contre-vérité entendue ces derniers jours: «On va respecter ce que la Commission de la dette nous a dit, 1 % d’effort par rapport aux recettes». Si l’on regarde les recettes, celles-ci ont progressé: on est à 17 milliards d’euros de recettes, soit 177 millions d’euros pour cette année-ci. Ce sont plus de 500 millions d’euros qu’il faut trouver en efforts structurels, et non pas les 450 millions. Il manque encore 50 millions d’euros. Ce n’est pas 50 millions, mais 100 millions d’euros. Sur tous ces éléments, Madame la Ministre, j’ai l’impression que, les annonces du Gouvernement par rapport au conclave, c’est du toc.

  3. La question que j’ai posée est très claire et va être très importante dans les semaines à venir: qui va payer? Votre Gouvernement annonce effectivement des économies importantes et structurelles. Vous venez même de dire à ce micro que vous irez chercher plus que l’argent prévu, à savoir 20 millions d’euros de plus. Qui va payer? Les Wallons et Wallonnes connaissent la réponse. Pour le moment, ce sont eux qui paient, avec les mesures que j’ai évoquées: taxe auto, taxe poubelle, le précompte immobilier, et cetera. Qui va continuer à payer? Quand M. Becker de la CSC nous dit: «Sur les 900 millions d’euros d’aide, il y a de l’argent à aller chercher». Quand on voit que Delhaize, qui maintenant refuse de négocier avec les travailleurs, et Avery Dennison, qui a licencié des centaines de personnes, ont reçu des aides, on se dit que c’est là qu’il faut aller chercher cet argent. Là, vous ne répondez pas à la question de savoir celui qui va payer. Pour nous, c’est clair, c’est là qu’il faut aller chercher l’argent, ainsi que dans les privilèges. 37 PW – Session 2023-2024 – CRI n° 3 – Séance plénière – Jeudi 28 septembre 2023 Évidemment, c’est à cet endroit que l’on va continuer à taper dans le cadre de vos travaux budgétaires.

  4. FD

    Je vous remercie, Madame la Ministre, pour vos réponses. Si le Gouvernement dit ne pas vouloir de nouvelles taxes, il faut qu’il le concrétise. Nous serons extrêmement attentifs à l’issue du conclave budgétaire pour savoir si les réductions au précompte immobilier sont effectivement indexées, comme l’est le précompte immobilier. Si vous ne le faites pas, vous trahirez votre parole. Vous trahirez ce que M. Dolimont a dit et vous trahirez ce que M. Di Rupo a dit. Par ailleurs, j’entends que vous réitérez le fait que le budget sera en équilibre en 2024. Je ne peux que dire que ce n’est pas l’avis de vos partenaires de majorité ou en tout cas l’expression du ministre du Budget qui dit: «il y a un déficit de 3 milliards d’euros». Je crains que la Commission européenne ne souligne l’existence de ce déficit de 3 milliards d’euros, qui est très loin du retour à l’équilibre.

    Agressivité 68%Émotionnel 50%

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