CRI n° 9 - Séance plénière
Sujets abordés
- Conditions de travail et droit de grève : plusieurs interpellations ont porté sur les grèves en Wallonie, leurs conséquences économiques et la nécessité de préserver le dialogue social.
- Titres-services : débat nourri sur la réforme du secteur, la rémunération des travailleuses, la pérennité des entreprises et l’impact financier pour la Région et les usagers.
- Mobilité et transports : discussion sur les objectifs de report modal de la stratégie FAST 2030, les moyens du TEC, l’absentéisme chez les chauffeurs de bus et les difficultés de mobilité en zone rurale.
- Économie et industrie : inquiétudes sur la perte de compétitivité de l’industrie wallonne, la fermeture annoncée de l’usine Hexcel à Welkenraedt et la situation du secteur aéronautique.
- Gouvernance publique et transparence : interpellations sur la suppression du lien Simplifions.be, la gestion de l’intercommunale HUmani, et la question de l’autonomie fiscale communale.
- Environnement et santé publique : échanges sur le coût de la décontamination des PFAS, la mise en place d’une consigne sur les canettes et bouteilles PET, et la fin de la bulle des certificats verts.
- Sécurité, défense et commerce international : questions sur les licences d’exportation d’armes, l’actualité de la défense comme secteur stratégique, et plusieurs accords internationaux soumis à assentiment.
Votes
- Projet de motion sur la diminution des taxes régionales sur la facture d’énergie des ménages et des PME : adopté — 41 pour, 28 contre, 1 abstention.
- Répartition marquée par une opposition nette entre la majorité et plusieurs groupes d’opposition.
- Projet de décret portant assentiment à l’arrangement OTAN-Belgique sur le personnel temporaire : adopté — 64 pour, 0 contre, 8 abstentions.
- Projet de décret portant assentiment à la Convention n° 131 de l’OIT sur les salaires minima : adopté à l’unanimité — 72 pour, 0 contre, 0 abstention.
- Projet de décret portant assentiment à la Convention n° 131 pour les matières transférées à la Région wallonne : adopté à l’unanimité — 69 pour, 0 contre, 0 abstention.
- Projet de décret portant assentiment au Protocole additionnel Belgique-AELE : adopté — 64 pour, 0 contre, 8 abstentions.
- Projet de décret portant assentiment à l’Accord de siège avec l’Autorité intergouvernementale pour le développement : adopté à l’unanimité — 72 pour, 0 contre, 0 abstention.
- Projet de décret portant assentiment au protocole modifiant la convention fiscale Belgique-Inde : adopté à l’unanimité — 72 pour, 0 contre, 0 abstention.
Questions
- Chris Massaki Mbaki → Pierre-Yves Jeholet sur les conséquences économiques du nombre élevé de grèves en Wallonie.
- Réponse : reconnaissance de l’inquiétude sociale et économique; appel au dialogue social et aux réformes attendues; priorité au taux d’emploi.
- Anne Laffut / Éliane Tillieux / Bénédicte Linard → Pierre-Yves Jeholet sur la réforme des titres-services et la rémunération des travailleuses.
- Réponse : rappel de la fragilité de l’équilibre tripartite (travailleurs, employeurs, bénéficiaires); absence d’accord fédéral; nécessité de clarifier le partage de l’augmentation du titre-service et de prendre des responsabilités à tous les niveaux de pouvoir.
- Bruno Lefèbvre → François Desquesnes sur les objectifs de report modal vers les transports en commun.
- Réponse : progression réelle mais insuffisante; étude limitée aux travailleurs; besoin d’une vision plus large de la mobilité quotidienne.
- Vincent Blondel → Adrien Dolimont sur les licences d’exportation d’armes et leur transparence.
- Réponse : rappel de l’annulation de licences par le Conseil d’État; volonté de renforcer et adapter la législation; affirmation du caractère stratégique du secteur de la défense.
- Christie Morreale → Adrien Dolimont sur la présence du site Simplifions.be sur Wallonie.be.
- Réponse : le Gouvernement dit n’avoir donné aucune instruction pour l’inscription du site; explication renvoyée au fonctionnement administratif et à la gestion d’une conférence de presse.
- Bénédicte Linard / Nicolas Tzanetatos → François Desquesnes sur les soupçons de corruption au sein d’HUmani.
- Réponse : dossier jugé préoccupant; respect de la séparation des pouvoirs et de la présomption d’innocence; rappel des règles interdisant cadeaux ou gratifications en échange d’un service.
- Julien Liradelfo → François Desquesnes sur l’introduction de nouvelles taxes par 25 communes sous impulsion régionale.
- Réponse : rappel de l’autonomie fiscale communale garantie par la Constitution; défense du cadre budgétaire régional et des circulaires existantes.
- Chris Massaki Mbaki → François Desquesnes sur la digitalisation des permis d’urbanisme.
- Réponse : priorité donnée à la dématérialisation et à la simplification des annexes; chantier déjà engagé.
- Yves Evrard → François Desquesnes sur l’absentéisme parmi les chauffeurs de bus.
- Réponse : mise en avant des difficultés de terrain et d’un absentéisme lié notamment à la grippe chez un sous-traitant; appel implicite à améliorer la résilience du service.
- Jean-Paul Bastin → Pierre-Yves Jeholet sur la fermeture envisagée de l’usine Hexcel à Welkenraedt.
- Réponse : inquiétude sur les emplois menacés et mobilisation pour atténuer l’impact; contexte difficile pour le site.
- Olivier de Wasseige → Pierre-Yves Jeholet sur la morosité de l’industrie wallonne et la perte de compétitivité.
- Réponse : reconnaissance d’un problème structurel nécessitant plusieurs leviers, dont certains relèvent du fédéral et de l’européen.
- Dorothée De Rodder → Yves Coppieters sur le coût de la décontamination des PFAS.
- Réponse : grande incertitude sur les coûts; dépendance forte aux données scientifiques et aux niveaux de dépollution retenus.
- Jean-Pierre Lepine → Yves Coppieters sur la demande de 70 organisations pour une consigne.
- Réponse : dossier complexe, nécessitant une harmonisation entre Régions et un cadre logistique et institutionnel adapté.
- Germain Mugemangango → Jacqueline Galant sur la mobilisation syndicale du 13 janvier.
- Réponse : respect du rôle syndical mais relativisation du lien avec le Gouvernement wallon; référence aux revendications de pensions et au contexte fédéral.
- Vincent Maillen → Cécile Neven sur la fin de la bulle des certificats verts.
- Réponse : le régime expire en 2028; une réforme est nécessaire pour les nouveaux entrants; la surcharge appelée à diminuer progressivement.
- Nicolas Tzanetatos → Cécile Neven sur la grève des prestataires de sûreté à l’aéroport de Charleroi.
- Réponse : rappel des échanges préalables, du caractère sous-traité du service et des perturbations limitées mais sérieuses; mention d’améliorations des conditions de travail à venir.
Faits marquants
- Plusieurs votes unanimes sur des accords internationaux et conventions sociales, témoignant d’un consensus large sur les textes techniques et diplomatiques.
- Débat particulièrement tendu sur les titres-services, avec une forte pression des groupes d’opposition et des syndicats autour de la rémunération et du financement.
- Contexte social très présent : grèves, mobilisation syndicale, absentéisme dans les transports et tensions dans le secteur public ont dominé une partie des échanges.
- Vifs échanges sur la fiscalité locale : accusation politique de “nouvelles taxes” contre rappel de l’autonomie communale et du cadre constitutionnel.
- Dossiers sensibles de gouvernance et de transparence : HUmani, simplification administrative et licences d’exportation d’armes ont donné lieu à des réponses prudentes, souvent marquées par le respect des procédures ou des enquêtes en cours.
- Sujet d’actualité urgent sur l’aéroport de Charleroi, avec impact opérationnel immédiat sur les vols et les conditions de travail des agents.
Les conséquences économiques du nombre élevé des grèves en Wallonie
Le député a dénoncé le nombre élevé de jours de grève en Belgique et en Wallonie, en interrogeant le ministre sur les mesures à prendre pour renforcer le dialogue social, préserver le droit de grève et limiter les impacts sociaux et économiques. Pierre-Yves Jeholet a reconnu l’ampleur du phénomène, souligné l’inquiétude tant du côté des travailleurs que des milieux économiques, et rappelé la nécessité de réformes pour la Wallonie. Il a insisté sur la concertation en amont et sur l’équilibre entre les libertés de manifester et l’intérêt général, en annonçant que le gouvernement agirait dans les semaines à venir. Le député a conclu en appelant à faire de la Belgique un champion de l’emploi plutôt que des grèves.
La demande de réforme des titres-services adressée aux gouvernements par les syndicats
Les députées ont interrogé le ministre sur les suites à donner à l’échec des négociations fédérales sur les titres-services, en mettant en avant la faiblesse des salaires, la précarité des travailleuses, les frais complémentaires et la nécessité de réformer un secteur fragilisé tant pour les entreprises que pour les utilisateurs. Pierre-Yves Jeholet a répondu que la réforme visait à garantir la pérennité du dispositif, qu’il poursuivrait la concertation avec les syndicats, Federgon et le Fédéral, et qu’il ne pouvait agir seul au niveau régional sur des questions relevant en grande partie de la compétence fédérale. Il a précisé qu’aucun calendrier rapide n’était envisagé, la réforme devant être préparée de manière complexe et concertée, notamment à la lumière de la décision du Conseil d’État et des différents niveaux de pouvoir concernés.
L’appel des syndicats au Gouvernement wallon pour améliorer la rémunération des travailleuses des titres-services
Les députées ont interrogé le ministre sur l’échec des négociations salariales dans le secteur des titres-services, la nécessité d’améliorer la rémunération des travailleuses majoritairement féminines, et les marges de manœuvre de la Région face à une compétence largement fédérale. Elles ont aussi évoqué la pérennité du dispositif, les frais complémentaires réintroduits par certaines entreprises, et l’éventualité de consulter l’ensemble des acteurs, voire de convoquer une conférence interministérielle. Pierre-Yves Jeholet a souligné que le secteur est complexe et doit concilier équilibre financier des entreprises, conditions de travail, pouvoir d’achat des travailleurs et besoins des utilisateurs, tout en rappelant que la négociation salariale relève du fédéral. Il a annoncé qu’il poursuivrait la concertation avec syndicats, Federgon et autorités fédérales, dans le cadre d’une réforme plus globale, sans fixer de calendrier à court terme en raison de la complexité du dossier.
La rémunération des travailleuses des titres-services
Les députées ont dénoncé la faiblesse des rémunérations, les conditions de travail pénibles des travailleuses des titres-services, ainsi que les tensions liées à l’échec des négociations salariales fédérales et aux frais complémentaires réintroduits par certaines entreprises. Elles ont demandé quelles marges de manœuvre la Région disposait pour faire en sorte que l’euro supplémentaire bénéficie réellement au personnel, et si une concertation élargie avec les partenaires sociaux et les autres niveaux de pouvoir serait organisée. Pierre-Yves Jeholet a rappelé que la priorité est de préserver la pérennité du dispositif, qu’il dépend de décisions fédérales pour la rémunération, et qu’il rencontrera prochainement syndicats et Federgon afin d’examiner les différents volets de la réforme. Il a exclu une action régionale isolée, tout en confirmant que le dossier est essentiel, complexe et ne fera pas l’objet d’une réforme dans les premières semaines ou les premiers mois de 2025.
L’appel à la prise de responsabilité des différents gouvernements en matière de titresservices
Les députées ont interpellé le ministre sur la situation du secteur des titres-services, soulignant les difficultés de rentabilité des entreprises, la faiblesse des salaires, la hausse du coût pour les usagers et pour la Région, ainsi que l’échec des négociations salariales au niveau fédéral. Elles ont demandé quelles marges de manœuvre la Région pouvait encore exercer, si l’augmentation du titre-service devait revenir directement aux travailleuses et travailleurs, et si une concertation élargie, voire une conférence interministérielle, était envisagée. Pierre-Yves Jeholet a répondu qu’il partageait l’objectif de pérenniser le dispositif, mais qu’une grande partie des leviers relevait du Fédéral ; il a annoncé des rencontres avec les syndicats et Federgon, en concertation avec les autres niveaux de pouvoir. Il a toutefois précisé qu’aucune réforme ne serait menée dans la précipitation et qu’une solution ne pourrait pas être trouvée dans les premières semaines ni les premiers mois de 2025.
Les objectifs de reports modaux vers les transports en commun
Bruno Lefèbvre a interrogé le ministre sur l’écart entre l’objectif FAST 2030 de 10 % de déplacements en tram et en bus et les chiffres récents d’Acerta, autour de 8 %, en demandant quelles orientations seraient prises pour atteindre la cible. François Desquesnes a répondu que l’étude ne concerne que les travailleurs, alors que la mobilité doit être appréhendée de manière plus large, et a renvoyé au bilan du SPW MI et de l’IWEPS, fondé sur une nouvelle méthodologie pour 2024. Il a indiqué que ces données servent désormais à piloter la Stratégie régionale de mobilité, avec des efforts à mener sur les transports collectifs, le covoiturage, les voitures partagées et la mobilité active. En conclusion, Bruno Lefèbvre a estimé que l’écart restait important et a plaidé pour une réouverture de la concertation, en citant notamment les extensions du tram de Liège et les budgets du TEC.
Les licences d’exportation d’armes
Vincent Blondel a interrogé le ministre-président sur le retard de publication des rapports annuels et semestriels relatifs aux licences d’exportation d’armes, ainsi que sur la transparence du dispositif, en relevant que les rapports européens publics fournissent déjà des données comparables. Il a également demandé des précisions sur la réforme annoncée du décret de 2012 encadrant ces licences et sur son calendrier. Adrien Dolimont a indiqué que l’annulation récente de licences par le Conseil d’État révélait la fragilité du cadre légal, a confirmé la volonté du Gouvernement d’adapter le décret et vise une réforme en 2025. Il a par ailleurs annoncé la publication du rapport annuel 2023 au premier trimestre et une accélération du rythme de transmission des rapports, tout en rappelant le caractère stratégique du secteur de la défense pour la Région.
La suppression du lien du site Simplifions.be sur le site Wallonie.be
Christie Morreale a dénoncé la présence sur le site officiel Wallonie.be d’un lien vers Simplifions.be, estimant que des citoyens pouvaient croire interagir avec un outil officiel alors qu’il s’agissait d’un site lié au MR et aux Engagés, avec des questions de responsabilité politique et de protection des données. Adrien Dolimont a répondu qu’aucune instruction gouvernementale n’avait été donnée, que l’administration avait ajouté ce lien de sa propre initiative dans une note d’actualité après une conférence de presse sur la simplification administrative, et que le lien avait été retiré dès la constatation de l’erreur. Christie Morreale a maintenu que la responsabilité ministérielle était engagée et que des clarifications restaient nécessaires sur le RGPD et l’usage des données. Stéphane Hazée a enfin rappelé les règles parlementaires et évoqué la Commission de contrôle des communications du Gouvernement et des dépenses électorales pour poursuivre l’instruction du dossier.
Les suspicions de corruption au sein de l’intercommunale HUmani
Les députés ont dénoncé des soupçons de corruption et de mauvaise gestion autour de l’achat par l’intercommunale HUmani d’un terrain acquis 1,6 million d’euros, présenté comme destiné à un hôpital psychiatrique mais jugé inadapté, avec en outre des allégations de paiement de 100 000 euros à un mandataire. Ils ont demandé à la tutelle une enquête, un audit externe et, pour certains, une mise sous tutelle, en soulignant l’absence d’évaluation préalable du bien, d’autres irrégularités présumées et les risques pour les finances publiques et l’emploi. François Desquesnes a indiqué que la justice était saisie, que la présomption d’innocence devait être respectée, et qu’il avait demandé à son administration une enquête en urgence. Il a précisé qu’il n’était plus possible d’annuler la décision d’achat en tutelle en raison du délai écoulé, tout en rappelant les règles et circulaires imposant la minutie et l’évaluation de la valeur des biens avant acquisition.
La gestion de l’intercommunale HUmani
Les députés ont dénoncé l’achat par l’intercommunale HUmani d’un terrain à 1,6 million d’euros, jugé inadapté à la construction d’un hôpital psychiatrique, ainsi que l’absence d’évaluation préalable et les soupçons de conflit d’intérêts liés à un versement de 100 000 euros à un mandataire. Ils ont demandé une intervention ferme de la tutelle, allant jusqu’à une mise sous tutelle ou un audit externe, en raison de signes de mauvaise gouvernance et des risques financiers pour l’intercommunale. François Desquesnes a indiqué que la justice était saisie, qu’une enquête administrative avait été ouverte en urgence et qu’aucun cadeau, prêt ou gratification n’est autorisé pour un mandataire public; il a aussi rappelé que les circulaires et la jurisprudence imposent une évaluation du bien avant achat. Il a précisé que l’acte de 2022 ne pouvait plus être annulé par la tutelle en raison du délai écoulé, tout en attendant des éléments complets de son administration avant d’envisager d’éventuelles mesures supplémentaires.
L’introduction de nouvelles taxes par 25 communes sous l’impulsion de la Région wallonne
Julien Liradelfo accuse le Gouvernement wallon de contourner sa promesse d’absence de nouvelles taxes en poussant 25 communes à augmenter ou créer des prélèvements, notamment sur les documents administratifs, les égouts, les terrasses Horeca, les déchets et le précompte immobilier. François Desquesnes répond que l’autonomie fiscale des communes est garantie par la Constitution, que les circulaires budgétaires existent de longue date et qu’elles fixent seulement des limites d’intérêt général, tout en imposant aux communes sous plan de gestion de maintenir la fiscalité globale. Le député réplique que les conventions signées avec les villes imposeraient malgré tout des mesures drastiques et des hausses de taxes, qu’il juge reportées sur le niveau local au détriment des citoyens et des commerçants.
La nécessité de digitaliser les démarches administratives en matière d’aménagement du territoire
Le député a dénoncé la lourdeur des démarches de permis d’urbanisme, illustrée par le cas d’une demande nécessitant 39 classeurs, et a interrogé le ministre sur l’état du plan de simplification et les mesures prévues pour alléger les procédures pour les entreprises, agriculteurs, commerçants et indépendants. François Desquesnes a indiqué que la simplification est une priorité du Gouvernement, fondée sur deux axes: la dématérialisation des demandes et la réduction des annexes, avec un chantier mené en concertation avec les acteurs concernés via un comité d’accompagnement. Il a précisé qu’un projet d’arrêté visant à simplifier les informations à fournir serait prochainement adopté et a souligné l’objectif de décisions plus rapides et d’un traitement entièrement informatique des permis.
Les conséquences de l’absentéisme parmi les chauffeurs de bus
Yves Evrard a dénoncé la suppression de deux lignes de bus en province de Luxembourg, causée selon lui par un absentéisme élevé chez un sous-traitant du TEC, et a interrogé le ministre sur l’accessibilité des transports en zone rurale, le cadre contractuel avec les prestataires et les garanties à offrir aux parents et aux élèves. François Desquesnes a répondu qu’il s’agissait d’un épisode ponctuel lié à une vague de grippe chez le sous-traitant, dans un contexte plus large de pénurie de chauffeurs, et a précisé que les prestations non réalisées ne sont pas payées et peuvent donner lieu à des pénalités. Il a indiqué que la situation était rétablie et a évoqué la poursuite du travail sur la formation aux métiers en pénurie pour traiter ces difficultés à plus long terme. Yves Evrard a pris acte de ces explications tout en soulignant l’importance d’une meilleure information des usagers en cas d’imprévu.
La fermeture de l’usine Hexcel à Welkenraedt
Jean-Paul Bastin a alerté sur l’annonce de fermeture de l’usine Hexcel à Welkenraedt, qui menace 109 emplois dans le secteur aéronautique, après deux restructurations récentes. Il a demandé si des contacts pouvaient encore permettre de maintenir tout ou partie des emplois et du savoir-faire en Wallonie, tout en dénonçant le risque de délocalisation interne au groupe et la question des coûts sur le site wallon. Le ministre Pierre-Yves Jeholet a indiqué vouloir mobiliser tous les contacts et énergies possibles pour limiter la casse et préserver un maximum d’emplois, tout en laissant entendre que la situation restait défavorable.
La morosité de l’industrie wallonne en perte de compétitivité par rapport aux régions voisines
Olivier de Wasseige a alerté sur la morosité de l’industrie wallonne, la perte d’attractivité du territoire et le manque de compétitivité face aux régions voisines, en proposant un « Grenelle de la réindustrialisation » réunissant gouvernement, partenaires sociaux et secteurs concernés autour de thèmes comme l’énergie, la décarbonation, la formation, l’exportation et la simplification administrative. Il a également plaidé pour un recentrage des moyens du Plan de relance sur des projets réellement structurants pour l’industrie. Dans sa réponse, le ministre a jugé indispensable une concertation transversale et une plateforme de dialogue, en soulignant qu’il n’existe pas de solution unique et que plusieurs leviers relèvent aussi des niveaux fédéral et européen. Le questionneur a conclu que cette approche rejoint, sous un autre vocabulaire, l’objectif d’un espace agile de discussion avec les acteurs industriels.
Le coût de la décontamination des PFAS
Dorothée De Rodder a interrogé le ministre sur le coût potentiel de la décontamination des sols pollués aux PFAS, la nécessité d’un plan d’action et d’un calendrier, l’identification des pollueurs et l’éventuelle mutualisation des solutions avec la Flandre, notamment pour des sites fortement touchés comme Chièvres. Yves Coppieters a estimé impossible de chiffrer précisément la dépollution à ce stade, en soulignant que les coûts dépendront de l’évolution des connaissances scientifiques et du niveau de dépollution retenu, tout en rappelant que la Wallonie a déjà investi 9 millions d’euros en 2023-2024 dans l’identification des sources, le monitoring, les biomonitorings et la décontamination des boues. Il a ajouté que les entreprises et les distributeurs d’eau assument aussi des coûts importants et a insisté sur la nécessité de réduire les émissions, d’investir dans les technologies de décontamination et d’interdire les PFAS à différents niveaux de pouvoir. En réplique, la députée a insisté sur le risque que la facture ne soit pas supportée par les citoyens et a plaidé pour davantage de coopération avec les études et solutions développées en Flandre.
La demande de 70 organisations pour la mise en place d’une consigne
Jean-Pierre Lepine a relayé la demande d’une soixantaine d’organisations en faveur d’une consigne sur les canettes et bouteilles PET pour réduire les déchets sauvages, en rappelant l’objectif européen de collecte sélective de 90 % et en demandant l’état des chiffres, de l’accord de coopération interrégional et la décision du Gouvernement wallon. Yves Coppieters a répondu que le dossier est complexe, qu’il requiert une harmonisation entre Régions et relève de la Commission interrégionale, tout en précisant que la mise en œuvre d’une consigne ne figure pas actuellement à l’agenda du Gouvernement wallon. Il a ajouté que le règlement européen PPWR pourrait imposer ou favoriser de telles mesures et devra être transposé d’ici juin 2026, ce qui pourra faire évoluer la position régionale.
Les revendications des organisations syndicales ce 13 janvier à l’égard des fonctionnaires wallons
Germain Mugemangango a relayé la forte mobilisation syndicale du 13 janvier, en soulignant la présence de nombreux fonctionnaires wallons inquiets pour leur statut, leurs rémunérations, leurs pensions et, plus largement, pour l’avenir du service public. Jacqueline Galant a dit respecter les organisations syndicales et le statut des agents, a indiqué que la grève visait selon elle surtout le futur Gouvernement fédéral et les pensions, et a rappelé qu’elle n’était pas compétente sur ce point. Elle a assuré que les concertations syndicales se poursuivraient dans les instances prévues et a appelé à coconstruire une fonction publique plus moderne et plus agile. En réplique, le député a estimé que les revendications portaient aussi sur les statuts et a appelé à renoncer aux mesures contestées, en affirmant son soutien aux mobilisations à venir.
La fin de la bulle des certificats verts
Vincent Maillen a interrogé la ministre sur la fin de la bulle des certificats verts, son impact sur la facture des ménages et des entreprises, ainsi que sur les mesures à prendre pour éviter une nouvelle surproduction avant la fin du régime en 2028. Cécile Neven a confirmé la baisse de la surcharge liée au financement du rachat des certificats verts, passée de 13,82 €/MWh en 2022 à 3,45 €/MWh en 2025, et a précisé qu’une réforme du régime devra être mise en place pour les nouveaux entrants d’ici 2028. Elle a indiqué que l’administration travaille au maintien de l’équilibre du marché, avec une révision plus agile du mécanisme de demande et la poursuite d’un mécanisme de temporisation pour prévenir la reconstitution d’une bulle. La ministre a enfin souligné que des efforts restent nécessaires sur les surcharges et le prix de l’électricité afin d’améliorer durablement la situation des consommateurs.
Les conséquences de la grève des prestataires de sûreté sur l’aéroport de Charleroi
Le député a dénoncé la grève et l’absentéisme chez le prestataire de sûreté à l’aéroport de Charleroi, qui ont entraîné la fermeture des vols au départ, tout en s’interrogeant sur l’opportunité de prévoir un second prestataire pour éviter de nouvelles paralysies. La ministre a rappelé la chronologie des perturbations, souligné les conséquences pour les voyageurs et l’image de l’aéroport, et indiqué que les discussions sociales étaient en cours, sans commenter la question d’un second opérateur. Elle a toutefois mentionné comme élément de réponse la préparation d’un nouveau hall de filtrage et d’inspection, intégré à la demande de permis de BSCA, destiné à améliorer les conditions de travail et le fonctionnement du site. Le député a pris acte de ces explications et insisté sur l’importance stratégique de l’aéroport pour l’économie et l’image de la Wallonie.