Le coût de la décontamination des PFAS
Dorothée De Rodder a interrogé le ministre sur le coût potentiel de la décontamination des sols pollués aux PFAS, la nécessité d’un plan d’action et d’un calendrier, l’identification des pollueurs et l’éventuelle mutualisation des solutions avec la Flandre, notamment pour des sites fortement touchés comme Chièvres. Yves Coppieters a estimé impossible de chiffrer précisément la dépollution à ce stade, en soulignant que les coûts dépendront de l’évolution des connaissances scientifiques et du niveau de dépollution retenu, tout en rappelant que la Wallonie a déjà investi 9 millions d’euros en 2023-2024 dans l’identification des sources, le monitoring, les biomonitorings et la décontamination des boues. Il a ajouté que les entreprises et les distributeurs d’eau assument aussi des coûts importants et a insisté sur la nécessité de réduire les émissions, d’investir dans les technologies de décontamination et d’interdire les PFAS à différents niveaux de pouvoir. En réplique, la députée a insisté sur le risque que la facture ne soit pas supportée par les citoyens et a plaidé pour davantage de coopération avec les études et solutions développées en Flandre.
Débat · 3 interventions
Monsieur le Ministre, dans la saga des PFAS, nous sommes maintenant sur le volet décontamination des sols. Certaines enquêtes journalistiques récentes évaluent le coût de la dépollution des sols en Belgique entre 2,4 et 4 milliards d’euros sur 20 ans. Évidemment, ces chiffres sont faramineux, mais ne tiennent même pas compte de l’impact financier des soins de santé sur les personnes directement impactés par les PFAS. Il est vrai que ce dossier est épineux. Avez-vous un plan d’action concernant la dépollution de nos sols? Avez-vous déjà un calendrier? Avez-vous pu identifier également les pollueurs? Parce qu’il ne s’agirait pas que la facture soit présentée aux Wallons et aux Wallonnes. Il semblerait qu’au nord du pays, on soit inventif par rapport à certaines idées et certaines solutions. Envisagez-vous également de mutualiser les forces avec nos amis du nord du pays afin de trouver des solutions? En tout cas, les gens continuent d’être inquiets. J’aimerais savoir ce qu’ont donné les investigations aussi sur les sols des territoires, comme celui de Chièvres, qui sont des territoires vraiment très impactés.
Agressivité 75%Émotionnel 62%Madame la Députée, j’ai bien lu l’article et c’est vrai que, lorsque l’on se projette sur l’article, toute la difficulté est d’évaluer combien va coûter cette dépollution des sols puisqu’il parle d’entre 95 et 2 000 milliards d’euros sur 20 ans pour l’ensemble de l’Europe. C’est vraiment considérable. Il faut aussi se rendre compte que tout cela est fonction de l’évolution des connaissances scientifiques, puisque l’on doit savoir quel niveau de dépollution on veut par rapport à la santé publique. La Wallonie n’est pas du tout en attente et je ne vais pas vous faire des projections sur ce que cela va coûter sur 20 ans. Je ne sais pas le faire à ce stade-ci. Quoi qu’il en soit, en 2023-2024, la Région wallonne a quand même investi 9 millions d’euros pour différents aspects liés à la dépollution. Cela passe à travers le SPW et différentes entités qui travaillent sur l’identification des sources, mais aussi sur le monitoring environnemental, puisque dans celui-ci on a investi 1,8 million d’euros. Dans les biomonitorings des PFAS, on a investi 3,5 millions d’euros. Dans la décontamination des boues, on a investi environ 400 000 euros. Toutefois, il n’y a pas que les pouvoirs publics qui investissent puisque les entreprises investissent beaucoup. Les entreprises qui veulent décontaminer leurs sols doivent actuellement investir 10 millions d’euros pour arriver à cette décontamination. Les distributeurs d’eau investissent dans des filtres à charbon pour filtrer les PFAS à longue chaîne et les autres polluants, ce qui coûte plusieurs dizaines de milliers d’euros sur leurs fonds propres. Les ressources humaines des pouvoirs publics sont utilisées au niveau du Secrétariat général, du SPW ARNE et de l’ISSeP pour analyser les résultats et informer la population. Je ne sais pas aller plus loin, à ce stade, pour chiffrer. Ce que je sais dire, c’est que, au plus on attend avec ces PFAS, au plus cela va coûter cher à la Wallonie. Il faut prendre nos responsabilités pour diminuer les sources d’émission de PFAS, il faut investir dans les technologies pour décontaminer les sols et il faut avoir le courage politique – européen, fédéral, régional et local – d’interdire une fois pour toutes l’utilisation de ces PFAS, ce à quoi je m’attellerai.
Agressivité 35%Je vous remercie, Monsieur le Ministre. On vous sait et l’on vous sent impliqué dans ce dossier. Vous comprendrez cette question parce que, non seulement les gens ont été empoisonnés, mais en plus il ne faudrait pas qu’ils paient la facture au final. Je voulais vous y rendre attentif. Concernant la mutualisation de nos forces, vous n’avez pas répondu à la question, mais je trouve intéressantes les études réalisées par nos amis flamands, notamment concernant les champs de chanvre. Il y a peut-être moyen de se rapprocher d’eux parce que je pense qu’il n’y aura pas une solution, mais que ce sera un champ de solutions pour faire que, demain, ce premier vecteur de notre chaîne alimentaire qu’est la terre puisse être dépollué.
Agressivité 77%Constructivité 79%Émotionnel 74%
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