L’état des lieux sur les PFAS en Wallonie
Olivier Maroy a relayé une enquête sur les PFAS dans l’eau de distribution et minérale, estimant que certains résultats restent interpellants malgré le respect des normes wallonnes, et a interrogé le ministre sur le renforcement des normes, le cas des TFA, les moyens financiers disponibles et la coordination avec le fédéral. Yves Coppieters a défendu la transparence de l’administration, rappelé que la Wallonie fixe une valeur cible très basse pour les TFA (2,2 µg/l), précisé qu’il n’existe pas à ce stade de démonstration scientifique de toxicité chronique des TFA, et indiqué que 50 millions d’euros sont investis pour moderniser les réseaux et le schéma régional des ressources en eau. Il a ajouté que des travaux se poursuivent sur d’autres mesures, notamment via des contacts avec le fédéral sur l’usage de certains produits phytopharmaceutiques, et qu’un rapport du comité scientifique indépendant pourrait conduire à de nouvelles recommandations ou normes.
Débat · 9 interventions
- OM
Monsieur le Ministre, on dira que mes collègues ont fait du teasing pour ma question, je les en remercie. En effet, c’est une enquête qui risque de faire du bruit: le magazine #Investigation se penche, ce soir, sur la problématique des PFAS. Les journalistes de la RTBF ont passé au crible des milliers de résultats d’analyses de l’eau de distribution et de l’eau minérale. Dans une zone sur quatre, il semble que les résultats soient interpellants. Certes, ils sont conformes aux normes actuellement en vigueur chez nous en Wallonie, qui ont été renforcées – vous le confirmerez, j’imagine –, mais au regard des normes en vigueur chez certains de nos voisins européens, comme les Français, comme les Danois, ils seraient très clairement dans le rouge. Je vais prendre un exemple: Ramillies. Vous connaissez, Monsieur le Ministre, vous qui êtes, comme moi, de l’est du Brabant wallon. Là, des taux exorbitants de TFA ont, paraît-il, été relevés. Le bourgmestre n’a, semble-t-il, pas été prévenu par le distributeur, mais bien par les journalistes de la RTBF. Il va falloir rassurer et faire preuve de pédagogie. En effet, cette enquête pourrait faire croire à certains que la lutte contre les PFAS n’avance pas en Wallonie, alors que c’est tout le contraire. Pas plus tard que jeudi dernier, le Gouvernement a fait l’état des lieux des actions menées contre les PFAS. C’est là-dessus que je voudrais vous entendre, Monsieur le Ministre, avec plusieurs questions. Quid du renforcement des normes? Elles ont été renforcées, c’est vrai, mais va-t-on, un jour, arriver à des normes encore plus strictes, comme dans certains pays européens? Quid en particulier des TFA? Un budget de 50 millions d’euros a été dégagé pour la lutte contre les PFAS dans les eaux de distribution – qui sont potables, rappelons-le –, mais quid des moyens pour les autres mesures, puisque c’est un plan assez large? Quelles mesures concrètes, en collaboration avec le Fédéral – cette compétence concerne plusieurs niveaux de pouvoir –, pourrait-on envisager, puisque aucune piste n’est exclue, paraît-il, pour essayer de circonscrire là où c’est possible, quand c’est possible, l’usage des PFAS?
Agressivité 49%Constructivité 46%Factuel 41%Émotionnel 43% Monsieur le Député, je voudrais le dire, au Parlement, on joue la transparence complète. On ne cache strictement rien, ni au niveau de l’administration, ni au cabinet, ni à aucun niveau. On est très transparents. Le piège de ce type de magazine, c’est que l’on va dire: «Regardez, en France, une norme comme cela est moins élevée. Chez nous, on boit de l’eau parce que c’est plus aisé». Attention, si l’on regarde un polluant, un perturbateur endocrinien, on n’arrivera jamais à l’homogénéisation des normes. Chez les Français, parfois, c’est un perturbateur qui a telle norme, et cetera. Nous sommes tout à fait avant-gardistes sur les taux de TFA: 2,2 microgrammes par litre. Aucun pays européen n’est aussi bas. C’est une chose. Je vous rappelle que c’est une valeur cible. On demande aux distributeurs, si cela dépasse, de trouver la cause et de mettre un plan d’action sur pied pour essayer de la diminuer. Concernant les TFA à Ramillies, je voudrais redire que les TFA, a priori, ne sont pas toxiques pour la santé. Il n’y a pas de connaissances scientifiques par rapport à une toxicité chronique des TFA. L’idée est d’avancer en termes de connaissances scientifiques. Mais à ce stade, même si l’on a fixé une valeur cible de 2,2 microgrammes par litre, ce qui est très très ambitieux, je vous assure, pour les distributeurs, cette valeur n’a pas de causalité avec des aspects de santé publique. Oui, 50 millions d’euros pour les distributeurs. Le Gouvernement wallon agit parce qu’il faut moderniser nos réseaux de distribution. Il faut travailler sur l’autoroute des eaux. C’est très important. Il faut diminuer les taux de polluants. Cinquante millions d’euros sont investis dans le schéma régional des ressources en eau. On va continuer avec les fonds d’environnement à investir sur d’autres aspects. Comme je l’ai dit, j’ai rencontré le ministre Clarinval avec la ministre Dalcq. On veut être ambitieux sur l’utilisation limitée de certains produits phytopharmaceutiques. Cela dépend fortement de la volonté du niveau fédéral, mais je pense que l’on est dans le bon sens. Je terminerai par là, Monsieur le Président: nous venons de recevoir le rapport du Comité scientifique indépendant, qui vient présenter toute une série de recommandations à mon administration, au cabinet, dès vendredi. Je pourrai venir vers vous la prochaine fois, avec peut-être de nouvelles recommandations et peutêtre de futures nouvelles normes pour la Région wallonne.
Agressivité 53%Factuel 35%Émotionnel 35%- OM
Je crois que la priorité, aujourd’hui, c’est un devoir de transparence. C’est d’ailleurs comme cela que vous avez commencé votre réponse, on est raccord. Tous les citoyens doivent pouvoir consulter les derniers résultats de l’eau du robinet dans leur commune. Pas plus tard qu’hier soir, dans ma commune – je suis président du conseil communal – nous avons demandé que les résultats concernant Orp-Jauche soient publiés sur le site internet. Donc, de l’information, de la transparence. Ensuite, il faut rassurer et là, je pense que l’on est à la bonne adresse. Vu vos connaissances, Monsieur le Ministre, on compte sur vous pour faire de la pédagogie, parce qu’un tel reportage va sans doute de nouveau entraîner un brouhaha. Il faut bien reconnaître que tous ceux qui s’expriment ne connaissent peut-être pas toujours, comme vous, toute la finesse de cette problématique. Il faut accélérer la connaissance de la toxicité des PFAS en relation avec nos excellentes universités. Vous dites que rien n’indique que le TFA soit toxique. Dans le reportage, il y a une scientifique qui dit à peu près le contraire. Contrairement à ce que certains qui ont été aux manettes autrefois et qui n’ont rien fichu, contrairement à ce qu’ils laissent supposer, c’était.....
Agressivité 57% - SHStéphane HazéeEcolo
C’était bien jusqu’ici....
Agressivité 55%Émotionnel 76% - OM
Vous n’avez pas la parole, Monsieur Hazée...
Agressivité 91%Émotionnel 79% - SHStéphane HazéeEcolo
Restez sur le fond.
Agressivité 54%Émotionnel 89% - OM
Contrairement à ce que certains avancent...
Agressivité 86%Émotionnel 92% - OM
Contrairement à ce que certains avancent, le Gouvernement prend cette problématique à bras-le-corps, avec efficacité et transparence.
Constructivité 65%Factuel 96%Émotionnel 36% - OM
Contrairement à ce que certains avancent, le Gouvernement prend cette problématique à bras-le-corps, avec efficacité et transparence.
Constructivité 65%Factuel 96%Émotionnel 36%
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