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ActualitéWalloniemercredi 11 juin 2025

Le dossier des PFAS

Synthèse

Jori Dupont a interpellé le ministre sur le dossier des PFAS, en particulier sur la norme européenne de 100 ng/l prévue en 2026 et sur une possible tentative de redéfinition de certains composés afin d’en sortir du champ de la réglementation, ce qu’il a présenté comme une influence des lobbies chimiques. Yves Coppieters a répondu que l’interdiction large envisagée par l’Agence européenne des produits chimiques est motivée par la persistance et la toxicité des PFAS, tout en reconnaissant l’existence de zones d’ombre scientifiques et de pressions des lobbyistes. Il a indiqué que la Région wallonne et les comités REACH suivront attentivement les travaux européens, en privilégiant la recherche, la transparence et la santé publique. Le député a conclu en exprimant des doutes sur cette пози­tion, estimant que le ministre ne tranche pas clairement entre science et lobby.

Débat · 3 interventions

  1. JD
    Jori Dupont
    Indépendant

    Monsieur le Ministre, je ne voulais pas refaire tout le débat d’hier – il était large et conséquent –, mais faire un focus sur un élément plutôt discret, qui est passé de manière discrète. En soi, il est assez explosif sur la problématique des PFAS de manière générale. Il faut prendre un peu de hauteur et revenir au niveau européen, puisqu’en 2026 la fameuse norme des 100 nanogrammes par litre sera d’application sur l’ensemble du territoire européen. On sait que cette norme est trop élevée. Soyons clairs, c’est le résultat d’influences de multinationales de la chimie. Ce n’est pas un résultat scientifique qui a établi cette norme de 100 nanogrammes. Rappelons aussi que les PFAS sont ces polluants éternels qui ne se dégradent pas et qui s’accumulent dans le sol, dans l’eau et également dans le corps humain. Cela provoque des cancers, des troubles hormonaux ou des problèmes immunitaires. Cette semaine – cela a été dit par M. le Président –, il y a eu une alerte de 20 scientifiques de renom à l’échelle européenne qui alertent sur un groupe de travail européen qui cherche à changer la définition des PFAS. Quand on le dit, cela peut sembler un peu technique. Ce qui se passe derrière, si l’on change la définition des PFAS, c’est que l’on veut influer notamment sur le teflon – les fameuses poêles en teflon – ou certains gaz fluorés – les gaz fluorés que l’on peut retrouver dans l’air conditionné ou dans nos réfrigérateurs –, de façon à ce que ces éléments ne soient plus régulés par la législation européenne. On veut sortir ces éléments pour en faire autre chose que des PFAS, alors que c’en est. Derrière ce groupe de travail, il y a des multinationales, notamment Solvay, qui est quand même une multinationale très connue dans notre territoire, qui est responsable de pollution en PFAS, notamment en Italie. Monsieur le Ministre, quel camp allez-vous choisir? Allez-vous choisir le camp de la santé ou celui des lobbyistes de la chimie? Allez-vous vous opposer à cette tentative, à cette manœuvre des multinationales?

    Agressivité 56%Factuel 41%Émotionnel 39%
  2. Monsieur le Député, nous en avons déjà débattu beaucoup hier. En tout cas, l’interdiction envisagée de l’ensemble des PFAS par l’Agence européenne des produits chimiques est une proposition ambitieuse et innovante. Je pense qu’il faut l’entendre. Pourquoi proposent-ils cela ? Parce qu’ils savent très bien que c’est l’ensemble des PFAS qui persistent dans la nature et ne sont pas biodégradables – on le sait très bien – et puis il y a une toxicité avérée ou réelle sur la santé humaine. Les 20 scientifiques que vous nommez disent «Attention! Oui, mais on pourrait en effet déclasser certaines molécules chimiques». C’est vrai, c’est le jeu des lobbyistes. Cela fait partie du débat. Lorsqu’il y a de futurs textes européens, les lobbyistes sont là; les lobbyistes chimistes en l’occurrence. Ils disent: «Attention, certaines molécules – on parle des fluoropolymères essentiellement – n’ont pas les mêmes caractéristiques: ils sont non solubles. Si vous les ingérez, vous n’allez pas les dégrader, vous allez les expulser.» Dès lors, si vous mangez un bout de votre casserole en teflon, en gros, elle sera rejetée. C’est l’image qu’ils communiquent. Dès lors, ils disent: «Attention, toutes ces molécules ne peuvent pas être classées de la même catégorie.» Vous comprenez bien, Monsieur le Député, vous le savez, qu’il y a beaucoup de zones d’ombre en termes de connaissances scientifiques sur toutes ces molécules. Sur 1 000 molécules dont on parle, il n’y en a même pas une vingtaine pour lesquelles on a les connaissances sur la toxicité. Par contre, par rapport à ces polymères, on sait qu’il y a une toxicité environnementale au moment de leur production et au moment de leur mise en décharge, voire de leur incinération. Quoi qu’il en soit, il faut travailler sur la recherche. Il faut documenter les choses calmement. Vous savez très bien que les comités REACH nationaux, eux, sont très vigilants et le comité belge est très vigilant. Il va bien suivre les travaux. On sera très attentifs aux choix qui seront faits au niveau européen. Cependant, notre démarche à la Région wallonne a toujours été la même: documenter les choses, être transparent avec la population et prendre la vision de santé publique lorsqu’on devra prendre des décisions. Quoi qu’il en soit, soyez rassurés: les lobbyistes sont là, mais les scientifiques aussi sont là pour documenter les choses. C’est de cela que l’on va tenir compte dans nos avis. Je vous remercie.

    Agressivité 99%Constructivité 92%Factuel 97%Émotionnel 97%
  3. JD
    Jori Dupont
    Indépendant

    Monsieur le Ministre, j’entends bien vos bonnes intentions, par contre, j’ai quand même des doutes. D’abord parce que vous ne faites pas vraiment un choix, vous laissez les deux portes ouvertes, autant aux lobbyistes qu’à la science. Et n’oubliez pas que j’ai bien réécouté le reportage de #Investigation, plusieurs fois d’ailleurs, parce que vous m’avez mis le doute hier, mais j’ai bien réécouté ce reportage où cela est très clair. Vous dites que votre partenaire de majorité ne vous a pas suivi sur des normes contraignantes sur les PFAS les plus dangereux. Vous pouvez encore faire le choix de la science, mais vous avez un partenaire qui a choisi le camp des lobbies de la chimie. On espère bien que vous ne les suivrez pas, mais on a quand même des doutes.

    Agressivité 72%Constructivité 74%Factuel 77%Émotionnel 76%

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