Protection de l’environnement
La lutte contre le mildiou en Wallonie
Véronique Durenne a interrogé la ministre sur une innovation de Gembloux Agro-Bio Tech fondée sur des bactéries pour lutter contre le mildiou, en demandant si la Wallonie y avait été associée et si la recherche avait été accompagnée. Anne-Catherine Dalcq a confirmé avoir connaissance du projet, qu’elle a qualifié d’avancée positive et de preuve du potentiel de la recherche agronomique wallonne, financée via un subside Win4Spinoff dans le cadre du projet Aqua Bio. Elle a toutefois rappelé que la solution n’est pas encore disponible en raison d’une homologation longue et stricte, et a indiqué plaider au niveau européen pour accélérer l’examen des alternatives aux produits phytosanitaires. La députée a ensuite souligné que le principal frein reste la durée et le coût de l’homologation, qui retardent la mise à disposition des solutions pour les agriculteurs.
Le bilan de la lutte contre le gaspillage alimentaire
Özlem Özen a dénoncé l’ampleur du gaspillage alimentaire en Wallonie, rappelant l’objectif de réduire de 50 % ce gaspillage d’ici 2030 et demandant un bilan chiffré, l’état de la concertation avec la chaîne agroalimentaire et les mesures structurelles envisagées. Yves Coppieters a répondu que le plan REGAL s’inscrit dans le Plan wallon de gestion des déchets, qu’il a déjà été évalué positivement, mais que les chiffres doivent encore être consolidés par un opérateur désigné par le SPW ARNE. Il a annoncé une feuille de route pour mettre en œuvre la transposition de la directive européenne, avec des actions ciblées sur la prévention dans l’HORECA, la formation, la gestion des stocks, le don alimentaire, l’accompagnement et la sensibilisation du public. La députée a reconnu ces intentions tout en soulignant la contradiction entre l’absence de données de base et l’ambition de réduction, et a annoncé suivre le dossier de près.
L’appel des organisations agricoles pour la mise en place rapide d’un système de consigne
Freddy Mockel a relayé l’appel des organisations agricoles demandant la mise en place rapide d’une consigne sur les canettes et bouteilles en plastique, en soulignant les risques pour les bovins, la persistance des déchets sauvages dans les champs et la nécessité d’agir sans attendre. Yves Coppieters a répondu que la consigne s’inscrit dans les travaux européens, interrégionaux et wallons sur les emballages, avec un objectif de 90 % de tri et de recyclage des PMC d’ici 2029, faute de quoi la consigne deviendrait nécessaire. Il a rappelé que le taux actuel de recyclage des canettes est de 68,5 % et que l’accord interrégional fixe les modalités d’une consigne uniforme, en parallèle des actions de sensibilisation menées par Be WaPP. Freddy Mockel a conclu qu’il jugeait illusoire d’atteindre les objectifs européens sans consigne et a appelé à le faire comprendre aux partenaires politiques.
Le refus d’un projet de champ photovoltaïque à La Roche-en-Ardenne
François Huberty a salué le refus d’un permis unique pour un projet de champ photovoltaïque de grande ampleur à La Roche-en-Ardenne, en zone agricole, et a interrogé le ministre sur les motifs du refus, sur une éventuelle réorientation de ce type de projets vers d’autres terrains et sur un possible renforcement de la circulaire encadrant l’agrivoltaïsme. François Desquesnes a répondu que la Wallonie devait développer les énergies renouvelables, mais sans porter atteinte à la vocation agricole des terres ni favoriser la spéculation foncière. Il a indiqué que le projet, situé en zone agricole et porté sans véritable activité agricole principale, relevait d’une dérogation à interpréter strictement, et a précisé qu’une note d’orientation avait déjà été adoptée ainsi qu’un travail de modernisation des règles en concertation avec le secteur.
La dégradation de la Fagne de Malchamps
Les députés ont dénoncé le saccage des caillebotis et de zones sensibles de la Fagne de Malchamps par des quads, en insistant sur les impacts écologiques, la sécurité des promeneurs et les conséquences touristiques. Ils ont demandé des précisions sur l’ampleur des dégâts, l’identité des auteurs, l’ouverture d’une enquête, les sanctions et les mesures de sécurisation et de prévention, notamment par une meilleure surveillance. Anne-Catherine Dalcq a confirmé l’interdiction stricte des quads en réserve naturelle, jugé les faits intolérables, annoncé une analyse par drone pour évaluer les dégâts et précisé que l’enquête était confiée au DNF de Spa avec le concours de la police des Fagnes si nécessaire. Elle a rappelé que les faits sont punissables d’une peine pouvant aller jusqu’à six mois d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende, tandis que les députés ont plaidé pour un renforcement des moyens, de la prévention et, le cas échéant, de la surveillance par caméras.
L’appel de dizaines de milliers de Wallons à interdire les pesticides
Céline Tellier a rappelé l’ampleur des pétitions citoyennes, rassemblant environ 43 000 signatures, et a demandé quelles mesures concrètes le Gouvernement wallon entendait prendre, y compris une éventuelle rencontre avec les pétitionnaires. Yves Coppieters a indiqué avoir déjà rencontré certains initiateurs, reconnu l’importance du soutien populaire et annoncé préparer un dossier pour le Gouvernement sur base des auditions, du rapport de la Cour des comptes et de l’expérience du programme wallon de réduction des pesticides. Il a évoqué des pistes de renforcement de la protection des citoyens et des captages, l’interdiction des pesticides contenant des PFAS lorsque c’est possible, ainsi qu’une transition accompagnée pour les agriculteurs, en concertation avec les parties prenantes et avec l’implication du niveau fédéral. Céline Tellier a salué ces éléments tout en annonçant le dépôt d’une résolution plus complète intégrant les pesticides PFAS, la protection des zones de captage et le soutien économique aux agriculteurs.
L’objectif de triplement des surfaces sous statut de protection fort pour 2030
Anne-Catherine Goffinet a salué l’objectif régional de porter à 5 % d’ici 2030 les surfaces sous statut de protection fort, soit un triplement par rapport à la situation actuelle, et a interrogé la ministre sur les leviers envisagés ainsi que sur l’articulation avec les acteurs publics locaux. Anne-Catherine Dalcq a rappelé que cet objectif figure dans la Déclaration de politique régionale et qu’il a été confirmé par le Gouvernement wallon, en soulignant l’appui du ministre Desquesnes pour les compétences liées à l’aménagement du territoire et aux pouvoirs locaux. Elle a cité plusieurs pistes d’action, notamment la stratégie de restauration et de biodiversité, la mobilisation de partenaires privés et l’importance du patrimoine forestier public. La députée a conclu en réaffirmant son soutien à une approche transversale et à la collaboration avec les acteurs de terrain pour atteindre cet objectif.
L’impact de la sécheresse sur les forêts, la nature et l’agriculture
Céline Tellier a alerté sur les effets de la sécheresse en Wallonie pour les forêts, la nature et l’agriculture, en demandant des mesures immédiates et une stratégie d’adaptation à moyen et long terme face à la multiplication des phénomènes extrêmes. Anne-Catherine Dalcq a évoqué la sensibilisation et la limitation des accès dans les zones à risque d’incendie, le travail de la cellule Sécheresse pilotée par le CORTEX, ainsi que la situation agricole, jugée préoccupante surtout pour les cultures de printemps, tandis que les cultures d’hiver se développent bien. Elle a aussi mentionné l’irrigation mise en place par certains agriculteurs, les recherches du CRA-W sur des cultures plus résistantes et ses contacts réguliers avec les syndicats. Céline Tellier a salué les mesures de crise, tout en appelant à renforcer la coordination avec l’Environnement et à poursuivre les investissements en biodiversité, notamment par la plantation d’arbres et de haies.
L’annonce de la fin des systèmes de chauffage au bois dès 2027 et les implications pour la Wallonie
Jean-Paul Bastin s’inquiète d’un éventuel projet européen visant à interdire ou restreindre les systèmes de chauffage au bois dès 2027 et demande des garanties pour les utilisateurs wallons avant de futurs investissements. Cécile Neven répond qu’aucune décision n’est encore prise et que les discussions dans le cadre de la mise à jour de la directive Ecodesign visent surtout à renforcer les normes d’émissions de particules fines. Elle précise qu’il faut distinguer les différents types de chauffage au bois, souligne la sensibilité particulière de la Wallonie, productrice de bois et fortement utilisatrice de ce mode de chauffage, et indique que le dossier sera suivi avec son collègue compétent ainsi que dans la stratégie de décarbonation du chauffage résidentiel.
La COP16 sur la biodiversité à Rome et les engagements de la Wallonie pour la nature
Céline Tellier a interrogé la ministre sur l’alignement budgétaire de la Wallonie avec la stratégie Biodiversité 360° et sur les moyens concrets pour atteindre les objectifs de protection et de restauration de la nature, dans le contexte de la COP16. Anne-Catherine Dalcq a répondu qu’elle poursuivrait cette stratégie, l’articulerait avec la loi sur la restauration de la nature et la DPR, et s’appuierait sur plusieurs leviers déjà en cours ou à l’étude, dont les réserves naturelles, le maillage vert et bleu, la PAC, LIFE et divers plans sectoriels, tout en évoquant l’objectif de protéger 5 % du territoire wallon d’ici 2030. La députée a toutefois regretté l’absence de réponse précise sur le budget, rappelant l’enjeu des moyens nécessaires. La discussion s’est ensuite portée sur un projet de décret d’assentiment à l’accord ONU sur la biodiversité marine, amendé pour exclure certains effets rétroactifs; le ministre-président a expliqué que cette exception résultait d’une concertation intergouvernementale et a accepté un renvoi en commission pour permettre un examen plus approfondi.
L’impact sur la santé des Wallonnes et des Wallons de l’exportation des pesticides prohibés
Bénédicte Linard a alerté sur les risques sanitaires et environnementaux liés à l’exportation de pesticides interdits en Europe, en s’inquiétant de la non-signature par la Belgique d’une lettre du Danemark demandant une interdiction européenne, ainsi que de la position du futur gouvernement et de contacts éventuels avec le partenaire de coalition. Yves Coppieters a dit s’opposer à la mise sur le marché et à l’exportation de produits interdits chez nous, a rappelé l’existence d’un arrêté royal belge en la matière et a expliqué que l’absence de signature relevait d’un désaccord au niveau fédéral en affaires courantes. Il a également indiqué que son cabinet avait tenté d’appuyer la démarche belge à l’échelle européenne et a plaidé pour une législation rapide de l’UE, en soulignant la nécessité d’une exemplarité wallonne, notamment face aux pesticides contenant des PFAS.
Le recyclage des eaux comme vecteur de résistance contre les antibiotiques
La députée a interrogé le ministre sur les inquiétudes liées au recyclage des eaux, évoqué comme facteur possible de résistance aux antibiotiques, ainsi que sur les secteurs concernés. Le ministre a précisé que la problématique vise surtout la réutilisation des eaux pour l’irrigation agricole, en soulignant l’absence de cadre formel en Région wallonne malgré un encadrement européen. Il a indiqué que des études sont en cours au SPW ARNE avec des universitaires, en vue d’alimenter le Plan wallon des déchets-ressources 3.0 et d’intégrer davantage cette question dans la réflexion environnementale. Sur le plan sanitaire, il a rappelé l’existence d’un plan wallon de lutte contre l’antibiorésistance inscrit dans une approche « One Health », appelant à une coordination accrue entre administrations de la santé et de l’environnement.
La réduction désastreuse des moyens alloués à la biodiversité
Les députées Céline Tellier et Valérie Dejardin ont dénoncé une forte réduction annoncée des moyens consacrés à la biodiversité en Wallonie, évoquant un passage de 24,6 millions d’euros à 6 millions et craignant un affaiblissement des projets de protection, de plantation de haies et d’aires naturelles. Anne-Catherine Dalcq a contesté l’ampleur de la baisse, expliquant que les budgets liés à certaines associations avaient été transférés vers le ministère de son collègue Coppieters et qu’il s’agissait, selon elle, d’une diminution réelle d’environ 15 % et non de 75 %. Elle a affirmé que l’ambition du Gouvernement pour la biodiversité restait inchangée, tout en prônant des politiques plus ciblées, mesurables et fondées sur des solutions basées sur la nature. Les interpellantes ont toutefois maintenu leurs réserves et demandé des précisions dans le cadre des travaux budgétaires.
Les décisions du Gouvernement de réduction des budgets en faveur de la biodiversité
Les députées Valérie Dejardin et Céline Tellier ont dénoncé la baisse annoncée des moyens consacrés à la biodiversité, en évoquant des coupes susceptibles de fragiliser des projets de terrain comme les haies, les arbres, les réserves naturelles ou la restauration des milieux. Anne-Catherine Dalcq a contesté les chiffres relayés dans la presse, affirmant que le budget n’était pas réduit de 75 % mais qu’il restait préservé à 85 % après transfert de certaines compétences vers le ministre Coppieters, soit une baisse nette de 15 %. Elle a soutenu que l’ambition en matière de biodiversité serait maintenue, mais avec des politiques plus ciblées, mesurables et davantage basées sur l’efficience des dépenses publiques. Les questionneuses ont toutefois maintenu leurs réserves et demandé des clarifications lors des travaux budgétaires.
Le nouveau cadre européen concernant la capture de carbone et l’impact sur l’agriculture
Loïc Jacob a salué le nouveau cadre européen de certification de la capture, du stockage et de l’agrostockage du carbone, tout en s’inquiétant des effets possibles sur le foncier agricole et l’accès à la terre pour les jeunes agriculteurs wallons. La ministre Anne-Catherine Dalcq a confirmé le lancement du règlement européen et a insisté sur l’opportunité qu’il représente pour les agriculteurs, tout en disant rester attentive à ce qu’il ne devienne pas une menace lors de sa mise en œuvre en Wallonie. Le député a conclu en demandant un suivi des effets sur le foncier wallon afin de vérifier l’impact réel du dispositif.
La fermeture de Biometh
Isabella Greco a signalé des plaintes persistantes de riverains à Farciennes contre Biometh en raison de fortes odeurs, en estimant que la Région wallonne n’avait pas suffisamment agi malgré les constats du DPC et de l’AWAC sur le non-respect du permis d’environnement. Yves Coppieters a rappelé que le permis de février 2023 imposait des conditions claires, qu’un premier contrôle en février 2024 avait confirmé des manquements, puis qu’un nouveau contrôle en juin 2024 avait conduit à un procès-verbal constatant l’inexécution des obligations. Il a précisé que le décret du 6 mai 2019 permet au bourgmestre, sur base d’un procès-verbal, d’ordonner la cessation totale ou partielle de l’exploitation, tout en indiquant qu’il resterait attentif aux décisions à prendre.