Le bilan de la lutte contre le gaspillage alimentaire
Özlem Özen a dénoncé l’ampleur du gaspillage alimentaire en Wallonie, rappelant l’objectif de réduire de 50 % ce gaspillage d’ici 2030 et demandant un bilan chiffré, l’état de la concertation avec la chaîne agroalimentaire et les mesures structurelles envisagées. Yves Coppieters a répondu que le plan REGAL s’inscrit dans le Plan wallon de gestion des déchets, qu’il a déjà été évalué positivement, mais que les chiffres doivent encore être consolidés par un opérateur désigné par le SPW ARNE. Il a annoncé une feuille de route pour mettre en œuvre la transposition de la directive européenne, avec des actions ciblées sur la prévention dans l’HORECA, la formation, la gestion des stocks, le don alimentaire, l’accompagnement et la sensibilisation du public. La députée a reconnu ces intentions tout en soulignant la contradiction entre l’absence de données de base et l’ambition de réduction, et a annoncé suivre le dossier de près.
Débat · 3 interventions
- ÖÖ
Monsieur le Ministre, chers collègues, 3,6 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année. C’est un triple échec: - environnemental, puisque des ressources sont produites pour rien; - économique, car trop de citoyens comptent chaque euro pour remplir leur frigo; - social, puisque de trop nombreuses banques alimentaires sont sous pression et que les citoyens ont du mal à manger à leur faim. L’objectif de la DPR était clair: réduire de 50 % le gaspillage alimentaire d’ici 2030. Nous sommes déjà en 2026. Où en sommes-nous concrètement? Avez-vous des chiffres actualisés et un bilan clair des actions menées? Vous avez dit vouloir travailler avec l’ensemble de la chaîne agroalimentaire. Où en est la concertation? Enfin, quelles mesures structurelles allez-vous prendre pour lutter contre ce gaspillage alimentaire?
Agressivité 75%Émotionnel 51% Madame la Députée, c’est un vrai problème pour lequel la Wallonie a un plan ambitieux à travers le Plan wallon de gestion des déchets, dans lequel se trouve le plan REGAL. Ce plan a été porté par mes collègues antérieurement, il a eu ses effets et a déjà été évalué positivement. Je n’ai malheureusement pas de chiffres à vous proposer, parce qu’on doit les consolider. C’est notre ambition pour 2026. Un opérateur va être désigné par le SPW ARNE pour consolider ces chiffres. Je vous rappelle que nous devons transposer, d’ici le 17 juin 2027, la correction de la directive-cadre Déchets, qui a une ambition de diminuer de 10 % le gaspillage alimentaire dans tout ce qui est transformation et préparation de plats, et de 30 % le gaspillage alimentaire dans les ménages, l’HORECA et l’ensemble des chaînes de distribution. Ces objectifs sont ambitieux. Pour cela, j’ai une feuille de route qui va être mise en place. J’ai demandé à l’administration d’y travailler avec la volonté d’agir sur la prévention dans le secteur HORECA, la formation des professionnels, l’amélioration de la gestion des stocks, le développement du don alimentaire, l’accompagnement et la sensibilisation qui font partie de la transposition de la directive auprès du grand public. Tout cela est chiffré. Je vous assure que la Région wallonne sera un exemple pour l’Europe.
- ÖÖ
Avec la réforme du chômage, la baisse du pouvoir d’achat et les associations complètement débordées, vous savez que de nombreux citoyens subissent de plein fouet la crise et ils ont vraiment du mal à remplir leur frigo. Dans le même temps, des tonnes de nourriture sont gaspillées et détruites chaque année. Quand on sait que les familles ont du mal à survivre, le gaspillage est indécent et inacceptable. J’ai confiance en vous. Vous dites que vous allez mener des actions concrètes et réduire le gaspillage, mais vous dites aussi que vous n’avez pas de données chiffrées. C’est difficile d’atteindre un objectif de réduction de 50 % quand il n’y a pas de chiffre à la base. C’est une contradiction, mais j’ai tendance à vous faire confiance. J’attends la suite et l’on suivra ce dossier de près.
Agressivité 71%Constructivité 80%Émotionnel 62%
Questions similaires
La demande de 70 organisations pour la mise en place d’une consigne
Jean-Pierre Lepine a relayé la demande d’une soixantaine d’organisations en faveur d’une consigne sur les canettes et bouteilles PET pour réduire les déchets sauvages, en rappelant l’objectif européen de collecte sélective de 90 % et en demandant l’état des chiffres, de l’accord de coopération interrégional et la décision du Gouvernement wallon. Yves Coppieters a répondu que le dossier est complexe, qu’il requiert une harmonisation entre Régions et relève de la Commission interrégionale, tout en précisant que la mise en œuvre d’une consigne ne figure pas actuellement à l’agenda du Gouvernement wallon. Il a ajouté que le règlement européen PPWR pourrait imposer ou favoriser de telles mesures et devra être transposé d’ici juin 2026, ce qui pourra faire évoluer la position régionale.
La rationalisation de poubelles pour une meilleure propreté publique
Maxime Daye a interrogé le ministre sur l’opportunité de réduire le nombre de poubelles publiques afin de limiter les dépôts clandestins et d’améliorer la propreté, en citant notamment des exemples à Liège et à Bruxelles ainsi que la hausse des coûts de collecte et de traitement. Yves Coppieters a défendu une rationalisation structurée du parc de poubelles, fondée sur la géolocalisation, l’adaptation des horaires de collecte et le type de déchets, en soulignant que moins de poubelles peut améliorer la collecte, le tri et la conscientisation. Il a rappelé le soutien de la Région wallonne à Be WaPP, l’accompagnement de 123 communes, les résultats d’une étude montrant des révisions de plans de poubelles dans 22 communes et l’arrivée progressive de la REP-SUP « Déchets sauvages », qui doit redistribuer 25 à 30 millions d’euros aux communes et intercommunales d’ici 2026. En réplique, le député a jugé ces actions utiles mais a estimé les appels à projets peu adaptés aux attentes des communes, plaidant pour d’autres mesures de soutien.
Le mauvais bilan de la belgique en matière de développement durable
Le député Ahallouch s’est inquiété du bilan de la Belgique en matière de développement durable à la lumière d’une analyse du Bureau fédéral du Plan, estimant qu’un tiers seulement des objectifs 2030 semble en voie d’être atteint. Il a pointé plusieurs indicateurs défavorables, notamment la qualité de l’air, les émissions de CO2, la préservation des surfaces non bâties et surtout la biodiversité, et a interrogé la ministre sur l’interprétation du rapport, les moyens envisagés en Wallonie et le bilan régional. La ministre a répondu en insistant sur une approche systémique et a indiqué que la situation présente des éléments contrastés, dans le cadre d’une feuille de route et de défis importants à suivre.
Les gaspillages agricoles liés à la maturité précipitée due à la chaleur
Le député a signalé que la chaleur avait entraîné une maturation trop rapide de certaines cultures, en particulier les haricots, provoquant une saturation des usines de traitement et la destruction de récoltes entières, avec des exemples d’initiatives citoyennes visant à éviter le gaspillage. Il a demandé au ministre s’il avait connaissance d’autres cas similaires, comment soutenir les actions contre le gaspillage agricole et alimentaire, et quel appui pouvait être apporté aux agriculteurs concernés. En réponse, des pistes de soutien ont été évoquées, notamment le glanage solidaire, jugé utile mais encore insuffisamment organisé et connu, ainsi que la nécessité d’une meilleure préparation aux effets du changement climatique. Le député a salué ces éléments et a annoncé vouloir relayer ces initiatives.
L’adhésion de deux organisations wallonnes d’agriculteurs à l’Alliance pour la consigne
Freddy Mockel et Jean-Paul Bastin ont relayé l’adhésion de plusieurs organisations agricoles à l’Alliance pour la consigne, en soulignant les nuisances des canettes et bouteilles abandonnées dans les champs, les risques pour le bétail et la nécessité d’un accord de coopération entre Régions. Anne-Catherine Dalcq a dit partager cette préoccupation, rappelant que les agriculteurs subissent directement ces impacts et que la compétence relève de l’environnement, tout en indiquant suivre le dossier et relayer ces enjeux au sein du Gouvernement. Les intervenants ont ensuite poursuivi un échange sur le sujet, Freddy Mockel jugeant la réponse insuffisante et Jean-Paul Bastin saluant l’engagement de la ministre à porter ces préoccupations.