Réforme du chômage
Les premiers effets des exclusions du chômage en Wallonie
Anne Laffut a interrogé le ministre sur les premiers effets de la réforme du chômage entrée en vigueur le 1er janvier 2026, en particulier l’éventuelle hausse des demandes d’aide auprès des CPAS, les besoins en personnel complémentaire et la répartition des emplois sociaux entre communes. François Desquesnes a indiqué que, selon les contacts réguliers avec la Fédération des CPAS, il n’y avait pas d’afflux massif dans les petites et moyennes communes, ni de difficultés de gestion signalées, tout en notant davantage de demandes dans les grandes communes. Il a précisé qu’un monitoring mensuel est prévu avec le SPF Intégration sociale et qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives, les données chiffrées devant être sollicitées via la Fédération des CPAS.
L’état des lieux des emplois au sein des CPAS wallons en lien avec l’arrivée de nouveaux demandeurs du revenu d’intégration sociale (RIS) en Wallonie
Anne Laffut interroge le ministre sur les effets de la réforme du chômage entrée en vigueur le 1er janvier 2026, en particulier l’arrivée annoncée de nouveaux demandeurs de RIS dans les CPAS wallons, la capacité des équipes à absorber cette charge et les éventuelles disparités de personnel social entre communes. François Desquesnes répond que, selon les contacts réguliers avec la Fédération des CPAS, il n’y a pas d’afflux massif, surtout dans les petites et moyennes communes, et qu’aucune difficulté majeure de gestion n’a été signalée à ce stade. Il précise qu’un monitoring mensuel est prévu avec la Fédération des CPAS et le SPF Intégration sociale, et qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives ou fournir des statistiques détaillées. En réplique, Anne Laffut souligne que les scénarios alarmistes ne se vérifient pas selon elle et insiste sur la poursuite des réformes liées au chômage, à la formation et à l’insertion socioprofessionnelle.
L’impact de la limitation des droits au chômage sur les politiques d’insertion à l’emploi des CPAS
Dorothée De Rodder a interrogé le ministre sur l’effet de la réduction de la durée des droits au chômage sur les dispositifs articles 60 et 61 des CPAS, en soulignant que ces contrats constituent souvent un parcours d’insertion vers l’emploi pour des publics éloignés du marché du travail et en s’inquiétant d’une éventuelle baisse de leur efficacité. Adrien Dolimont a répondu que ces dispositifs doivent être reconfigurés à la lumière de la limitation des allocations de chômage, que des groupes de travail sont en cours avec les entités fédérées et qu’un avant-projet de décret vise à renforcer la coordination entre le FOREm et les CPAS pour assurer un accompagnement continu et préparer la suite du parcours avant la fin du contrat. En réplique, la députée a dénoncé une remise en cause d’un dispositif qu’elle estime performant, citant des taux de remise à l’emploi de 50 % pour l’article 60 et de 80 % pour l’article 61.
L’analyse du SPW IAS relative à l’impact de la réforme du chômage sur les finances locales
Stéphane Hazée et Christie Morreale ont dénoncé l’impact financier de la limitation des allocations de chômage sur les CPAS, estimant que la compensation fédérale serait insuffisante et réclamant une intervention de la Wallonie via le Comité de concertation ainsi qu’un soutien accru aux pouvoirs locaux. François Desquesnes a indiqué avoir commandé l’étude citée, qui évalue pour 2026 un coût net de 36 à 38 millions d’euros en Wallonie, en précisant que l’estimation n’intègre ni les recettes liées à la remise au travail ni le bonus de remboursement de type Van Bossuyt. Il a ajouté que la Région prépare aussi, via le ministre de l’Emploi et de la Formation, des mesures destinées à accompagner le retour à l’emploi des personnes concernées.
Le financement insuffisant des CPAS suite à la réforme des allocations de chômage
Les députés ont alerté sur l’impact financier de la réforme fédérale des allocations de chômage pour les CPAS, en évoquant des estimations allant de plus de 500 millions d’euros à un risque de trou de financement dès 2027, ainsi que l’insuffisance de la compensation fédérale. Ils ont demandé au ministre d’exiger une neutralité financière complète, d’anticiper l’afflux de nouveaux bénéficiaires et de soutenir davantage les CPAS, en critiquant aussi les restrictions budgétaires imposées au secteur local. François Desquesnes a indiqué avoir lui-même commandé une étude d’impact à son administration, estimant le coût net à 36-38 millions d’euros en 2026, avec augmentation les années suivantes, tout en précisant que ces chiffres n’intègrent pas certains effets positifs potentiels liés à la remise à l’emploi ni le bonus de remboursement fédéral. Il a ajouté que la Wallonie prépare, via le ministre de l’Emploi et de la Formation, des mesures pour accompagner le retour au travail des personnes exclues du chômage.
Les moyens de compensation insuffisants pour les CPAS face à la prise en charge des futurs exclus du chômage
Valérie Dejardin et Alice Bernard ont dénoncé l’insuffisance des compensations prévues pour les CPAS face à la limitation des allocations de chômage dans le temps, en soulignant l’impact attendu sur les finances des communes, la charge de travail des CPAS et la précarisation des personnes exclues. Elles ont demandé des chiffres précis, une garantie de neutralité budgétaire et une prise de position de la Wallonie en soutien aux pouvoirs locaux. François Desquesnes a indiqué avoir alerté les négociateurs fédéraux en amont, avoir transmis le message de responsabilité entre niveaux de pouvoir et avoir sollicité des éclaircissements auprès du fédéral, tout en rappelant que des estimations existent mais restent variables et incomplètes. Il a mentionné un étalement des mesures jusqu’en 2026 et a replacé le débat dans le cadre des réformes wallonnes du FOREm et des politiques d’activation visant à relever le taux d’emploi.
Les nouvelles estimations concernant les besoins des CPAS suite aux réformes fédérales
Les députées ont interrogé le ministre sur l’impact de la limitation dans le temps des allocations de chômage sur les finances des CPAS et des communes, en évoquant des estimations de surcoûts très élevés et en demandant une compensation fédérale complète ainsi qu’un soutien wallon aux pouvoirs locaux. François Desquesnes a rappelé avoir alerté en amont les négociateurs francophones sur les conséquences possibles pour les CPAS, indiqué avoir interpellé le niveau fédéral et souligné que 1,5 milliard d’euros sont prévus pour les pouvoirs locaux, avec un minimum annoncé de 234 millions pour 2026 et un étalement des mesures sur six mois. Il a toutefois précisé que les estimations restent variables et incomplètes, faute de précisions fédérales suffisantes, et a mis en avant les réformes régionales du FOREm et des politiques d’activation comme réponse structurelle pour améliorer l’emploi.
L’impact de la réforme des allocations de chômage sur la Wallonie
Dorothée De Rodder a alerté sur l’impact territorial de la réforme fédérale des allocations de chômage, citant une enquête de la FGTB selon laquelle les communes les plus touchées seraient surtout bruxelloises et wallonnes, et a demandé comment la Wallonie serait défendue ainsi que la garantie d’un emploi convenable pour chaque demandeur d’emploi inscrit au FOREm. Pierre-Yves Jeholet a répondu que la réforme visait à limiter les allocations dans le temps pour favoriser le retour à l’emploi, et a insisté sur la nécessité d’un meilleur travail coordonné entre le FOREm, les CPAS, les opérateurs d’emploi, de formation et de réinsertion. Il a également annoncé des formations métiers plus courtes et plus agiles afin de remettre davantage de chercheurs d’emploi sur le marché du travail. En réplique, la députée a estimé ne pas avoir reçu de réponse concrète et a dénoncé une réforme qu’elle juge punitive pour les chômeurs, les syndicats, les CPAS et la Wallonie.
L’impact de l’exclusion des chômeurs sur les compétences du Gouvernement wallon
Les députés ont interpellé le ministre sur les conséquences de la limitation des allocations de chômage, notamment le risque d’exclusion de plus de 180 000 personnes, dont des travailleurs précaires et des demandeurs d’emploi de plus de 55 ans, ainsi que sur l’impact pour le FOREm, les CPAS et les outils d’insertion en Wallonie. Ils ont aussi demandé de clarifier les chiffres sur l’évolution du nombre de demandeurs d’emploi et du taux d’emploi. Le ministre a rappelé qu’il faut distinguer les sources statistiques et a indiqué que le taux d’emploi en Wallonie s’établissait à 66,8 % et le chômage à 7,5 %, tout en reconnaissant un défi d’accompagnement des publics éloignés de l’emploi. Il a annoncé travailler avec le FOREm, l’ONEM, les CPAS et les autres ministres concernés à un plan d’action, à un parcours unique du chercheur d’emploi et à des incitants à l’embauche ciblés sur les personnes les plus éloignées du marché du travail.
La hausse réelle du nombre de demandeurs d’emploi en Wallonie
Les intervenants de l’opposition ont dénoncé la réforme fédérale du chômage, jugée susceptible d’exclure massivement des demandeurs d’emploi, y compris des plus de 55 ans, et ont interrogé le ministre sur la hausse réelle du nombre de demandeurs d’emploi en Wallonie ainsi que sur les moyens prévus pour accompagner les personnes concernées et protéger les CPAS. Pierre-Yves Jeholet a rappelé la différence entre les sources statistiques du FOREm et de Statbel, a indiqué des chiffres récents montrant une hausse du taux d’emploi et une baisse du chômage, et a refusé la « guerre des chiffres ». Il a défendu une logique d’activation et d’accompagnement personnalisé, avec un renforcement du FOREm, des plans d’action obligatoires, une meilleure articulation avec les CPAS et des incitants à l’embauche pour les publics éloignés du marché du travail, tout en demandant des données précises à l’ONEM et au ministre fédéral.
L’exclusion massive des plus de 55 ans des allocations de chômage
Les intervenants d’opposition ont dénoncé la réforme fédérale du chômage, qu’ils estiment devoir exclure massivement des allocataires, y compris une partie des plus de 55 ans, et ont interrogé le ministre sur les conséquences pour les travailleurs précaires, les CPAS et les outils wallons d’insertion. Pierre-Yves Jeholet a répondu qu’il fallait distinguer les méthodes de calcul des chiffres, a défendu la limitation dans le temps des allocations comme un changement de paradigme visant à activer les demandeurs d’emploi, et a annoncé un renforcement de l’accompagnement par le FOREm, les CPAS et des aides à l’embauche ciblées. Il a également demandé des données plus précises à l’ONEM et au ministre fédéral, ainsi qu’un plan d’action rapide pour les personnes concernées. Les députés ont répliqué que les chiffres de l’emploi se dégradent et ont critiqué l’absence de réponse claire sur l’ampleur réelle des exclusions.
Le résultat obtenu par le Gouvernement wallon lors du CODECO du 21 mai 2025 concernant les compensations pour les CPAS
Bruno Lefèbvre a dénoncé l’absence de compensations fédérales pour les CPAS dans le cadre de la réforme du chômage, estimant que le coût avancé de 90 millions d’euros est sous-évalué et que les pouvoirs locaux, déjà fragilisés par les mesures budgétaires wallonnes, ne pourront absorber ces charges supplémentaires. Il a demandé au ministre de défendre les pouvoirs locaux et d’exiger une compensation juste des transferts de charges, en rappelant aussi les effets attendus de la réforme fiscale sur les communes.
L’inquiétude de la Fédération des CPAS wallons face à la mesure de suspension des allocations de chômage à deux ans
Alice Bernard a dénoncé la limitation des allocations de chômage à deux ans, qu’elle juge susceptible d’accroître fortement le recours aux CPAS wallons, déjà sous tension, sans financement fédéral suffisant. François Desquesnes a répondu que la mesure relève du Gouvernement fédéral, tout en rappelant que la Wallonie doit être compensée pour ses conséquences, estimées à 90 millions d’euros selon l’ULB, et qu’il interpellera prochainement la ministre fédérale compétente sur les modalités de prise en charge. En réplique, la députée a contesté l’idée qu’une telle réforme puisse créer de l’emploi et a plaidé pour une politique régionale plus active de création d’emplois dans plusieurs secteurs.
La réforme du FOREm
Vincent Maillen a interrogé le ministre sur la réforme du FOREm dans un contexte de forte pénurie de main-d’œuvre et de chômage élevé en Wallonie, en évoquant la feuille de route prévue pour accélérer l’activation des demandeurs d’emploi, renforcer le suivi personnalisé, améliorer l’adéquation entre compétences et offres, et clarifier les prochaines étapes législatives et numériques. Pierre-Yves Jeholet a rappelé que la DPR prévoit une réforme profonde du FOREm, fondée sur un accompagnement plus rapide et plus permanent, une modification de l’arrêté et éventuellement du décret, ainsi qu’un changement de culture impliquant davantage de responsabilisation des agents, des opérateurs de formation et des chercheurs d’emploi. Il a également insisté sur la lutte contre les redondances entre opérateurs, sur l’idée que le chômage implique des droits mais aussi des obligations, et sur le développement d’outils numériques visant un meilleur « matching » entre offres d’emploi et candidats. Le député s’est dit favorable à ces mesures et a salué la volonté de renforcer l’efficacité du FOREm et la concentration sur ses missions de base.