Débats
Questions parlementaires
838 questions classées par date.
Les actions de la Wallonie par rapport aux enjeux de l’intelligence artificielle
Les députés ont interrogé le ministre sur la stratégie wallonne face à l’essor de l’intelligence artificielle, en insistant sur les enjeux de compétitivité, de formation, de budget, de partenariats public-privé, ainsi que sur les risques sociaux, éthiques et d’inégalités, notamment pour les femmes. Le ministre a répondu que la Wallonie ne devait pas subir l’IA mais l’anticiper, en l’intégrant de manière transversale dans Digital Wallonia et dans une future stratégie numérique, avec une approche fondée sur l’innovation, la modernisation des services et la compétitivité des entreprises. Il a souligné la nécessité d’une IA responsable, éthique, transparente et respectueuse de la vie privée, tout en affirmant que l’Europe, la Belgique et la Wallonie doivent agir avec urgence. Les intervenants ont ensuite salué l’ouverture à une discussion ultérieure sur les aspects budgétaires et les initiatives de recherche, tout en rappelant la nécessité de prendre en compte l’impact de l’IA sur le genre et la démocratie.
L’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi des femmes et le risque de renforcer les inégalités entre les femmes et les hommes
Dorothée De Rodder a alerté sur le risque que l’automatisation par l’intelligence artificielle touche particulièrement les emplois occupés par des femmes et accentue les inégalités de genre, en demandant quelles mesures la Wallonie entend prendre pour anticiper ces effets. D’autres députés ont insisté sur la stratégie wallonne en matière d’IA, les besoins budgétaires, les partenariats public-privé, la formation et le soutien à l’innovation, notamment via Digital Wallonia et TRAIL. Pierre-Yves Jeholet a répondu qu’il fallait anticiper l’IA plutôt que la subir, en la considérant comme une opportunité pour l’industrie, la santé, l’administration et la sécurité, tout en la cadrant par des exigences d’éthique, de transparence, de respect de la vie privée et de responsabilité. Il a annoncé qu’une nouvelle stratégie numérique intégrant l’IA serait prochainement présentée, sans répondre spécifiquement à la dimension femmes et égalité soulevée dans la question initiale.
Les pertes d’emplois chez Thermo Fisher Scientific
Sophie Pécriaux a interrogé le ministre sur l’annonce de suppressions d’emplois chez Thermo Fisher à Seneffe et Gosselies, en demandant des précisions sur l’ampleur des pertes, les contacts avec la direction et l’accompagnement des travailleurs dans le cadre de la procédure Renault. Pierre-Yves Jeholet a indiqué qu’au maximum 100 emplois pourraient être concernés sur environ 300, que des consultations et négociations étaient en cours et que l’objectif était de limiter l’impact social et de soutenir la reconversion. Il a rappelé l’importance stratégique du secteur des biotechnologies en Wallonie, tout en soulignant qu’il ne disposait pas encore d’explications détaillées sur les raisons évoquées par l’entreprise, de nature stratégique.
Le baromètre de la sécurité routière
Caroline Cassart-Mailleux a cité les chiffres du baromètre Vias et a demandé des données pour la Wallonie, l’existence d’un baromètre comparable et les mesures prévues pour réduire davantage les accidents dans le cadre de la DPR. François Desquesnes a répondu que l’AWSR publie un baromètre semestriel et que, pour le premier semestre 2024, les accidents corporels ont baissé de 3 % et les décès de 30 jours de 7 %, tandis que les blessés graves ont augmenté de 4 %. Il a annoncé le lancement des États généraux de la sécurité routière ce mois-ci, avec un objectif de conclusions en octobre-novembre et la diffusion d’une boîte à outils à l’échelle des territoires, en mobilisant aussi les communes et les bourgmestres.
La success-story des lignes de bus Express du TEC
Olivier Maroy a salué le succès des lignes Express du TEC, dont la fréquentation a fortement augmenté, et a plaidé pour la création d’une ligne Jodoigne-Bruxelles via Hamme-Mille, jugée prometteuse et soutenue par une pétition. Il a également interrogé le ministre sur les causes de la faible fréquentation de certaines lignes Express et sur les grandes orientations du futur contrat de service public de l’OTW. François Desquesnes a reconnu la croissance du réseau, tout en soulignant que la hausse tient aussi à l’augmentation du nombre de lignes et que la moitié des passagers se concentre sur quelques liaisons. Il a insisté sur la nécessité de cohérence avec l’offre ferroviaire de la SNCB et a indiqué que le futur contrat de service public devra viser à augmenter l’usage du bus.
Le budget de la Commune d’Herstal
Sophie Fafchamps a interrogé le ministre sur les raisons du refus du budget de la commune d’Herstal, en contestant l’idée que la commune n’aurait pas respecté ses engagements dans le cadre du plan Oxygène, et a demandé quel rôle jouent la Région wallonne et le CRAC dans l’accompagnement des communes. François Desquesnes a répondu que le CRAC rendait depuis 2018 des avis négatifs sur le budget d’Herstal et que, malgré le soutien régional, aucune trajectoire structurelle suffisante n’avait été enclenchée depuis 2022. Il a indiqué que la non-approbation du budget visait à envoyer un signal pour imposer un changement de cap, tout en affirmant que ses services et le CRAC restaient disponibles pour un dialogue avec la commune.
Les procédures de déclenchement de l’alerte neige et verglas sur les routes du Service public de Wallonie (SPW)
Jean-Paul Bastin a interrogé le ministre sur les procédures de déclenchement de l’alerte neige et verglas sur les routes wallonnes, le budget consacré à l’épandage et les produits utilisés, ainsi que sur l’éventuelle obligation de pneus adaptés lors des alertes hivernales, en particulier dans les zones de haute altitude. François Desquesnes a salué le travail des équipes du SPW et des sous-traitants, expliqué que le dispositif repose sur des stations météorologiques, les prévisions de l’IRM et les observations de terrain, et précisé que l’épandage consiste principalement en sel ou en saumure. Il a aussi présenté les approches étrangères en matière d’équipement hivernal des véhicules et indiqué que le sujet pourrait être examiné dans le cadre des États généraux de la sécurité routière. Le député a conclu en appelant à des mesures concrètes pour sortir du statu quo sur ces zones particulièrement exposées.
L’augmentation de l’usage des pesticides par les agriculteurs
La députée Anne-Catherine Goffinet a interrogé la ministre Anne-Catherine Dalcq sur l’augmentation de l’usage de pesticides contenant des PFAS, notamment pour certaines cultures comme la pomme de terre, et a demandé quelles recherches, alternatives et actions de sensibilisation étaient en cours. La ministre a rappelé le cadre européen strict, indiqué que le flufénacet ne serait pas renouvelé au niveau européen, et souligné la priorité donnée à l’accélération de la recherche d’alternatives, à la formation des agriculteurs et au rôle renforcé du centre de recherche agronomique wallon.
La difficile prise en charge des personnes marginales dans les grandes villes wallonnes
Guillaume Soupart a évoqué la dégradation de la situation dans plusieurs grandes villes wallonnes, en lien avec la consommation de drogues, les troubles à l’ordre public, les atteintes aux biens et les problèmes de propreté, en soulignant que ces personnes sont souvent en grande détresse et souffrent parfois de troubles de santé mentale ou d’assuétudes. Il a interrogé le ministre sur l’articulation entre solidarité et santé, sur un éventuel renforcement des pouvoirs des bourgmestres et sur les mesures existantes pour éviter le décrochage et accompagner ces publics. Yves Coppieters a répondu qu’un cadre institutionnel existe déjà, fondé sur les relais sociaux, les maraudes, les relais santé, les abris de nuit, les maisons d’accueil, les services de santé mentale, le Projet 107 et les équipes mobiles, ainsi que sur le dispositif Housing First qu’il entend renforcer. Le député a reconnu le travail de terrain mais a insisté sur la persistance des difficultés en matière de sécurité, d’ordre public et de qualité de vie dans les centres-villes.
La pertinence du projet «Territoires zéro chômeur de longue durée»
Anne Laffut a contesté le coût du dispositif « Territoires de réparation par l’économie sociale », qu’elle juge très élevé au regard des remises à l’emploi obtenues, en citant notamment le cas de Verviers et en demandant des données sur les 17 projets pilotes, d’éventuelles modifications et la suite à leur donner. Yves Coppieters a indiqué que plusieurs projets présentaient des résultats encourageants, que l’évaluation lancée en décembre 2024 est en cours sur base d’une autoévaluation des 17 territoires, et que des projets peu performants peuvent s’arrêter d’eux-mêmes. Il a précisé que l’objectif est à la fois la remise à l’emploi de publics éloignés du travail et l’identification de besoins non couverts, tout en annonçant que les résultats quantitatifs et qualitatifs permettront d’ajuster le dispositif. La députée a maintenu ses réserves, estimant qu’il est prématuré de conclure à des résultats probants et appelant à une rationalisation de l’écosystème de l’insertion socioprofessionnelle.
Le coût des maisons de repos et l’accessibilité financière des aînés
Les intervenantes ont dénoncé la hausse importante du coût des maisons de repos, soulignant qu’elle dépasse souvent les pensions, que les écarts de prix entre établissements sont marqués et que le secteur privé bénéficie de subsides publics tout en pratiquant des tarifs élevés. Elles ont demandé davantage d’encadrement des prix, plus de transparence, un renforcement de l’offre publique et la mise en place de pistes comme un guichet unique ou l’assurance autonomie. Yves Coppieters a expliqué que les hausses s’expliquent notamment par l’indexation salariale, l’immobilier, les coûts post-Covid et les investissements, et a rappelé que la Wallonie encadre déjà les augmentations à 5 % par an hors indexation. Il a plaidé pour une réforme du financement, une meilleure régulation du secteur privé et des marges des grands groupes, ainsi qu’un renforcement du rôle de l’APA pour aider les personnes précarisées.
La condamnation des aînés à payer le prix fort pour vieillir dignement en maison de repos
Les députées ont dénoncé la forte hausse du coût des maisons de repos, en particulier dans le privé, et ses conséquences pour les aînés dont la pension ne permet plus de couvrir les frais, en soulignant aussi les écarts de prix, le manque de places publiques et la faiblesse relative des pensions des femmes. Elles ont demandé des mesures de régulation, une facturation plus transparente et plafonnée selon les revenus, ainsi qu’un renforcement de l’offre publique et un guichet unique pour les résidents. Le ministre a expliqué l’augmentation par l’indexation salariale, l’immobilier, les coûts post-Covid et les équipements, rappelant qu’en Wallonie les hausses sont encadrées par le Code wallon et l’AViQ. Il a plaidé pour une réforme du financement, une meilleure régulation du privé, un contrôle des marges des grands groupes et un rôle accru de l’assurance autonomie/APA pour les personnes en difficulté.