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ActualitéWalloniemercredi 29 janvier 2025

La difficile prise en charge des personnes marginales dans les grandes villes wallonnes

Synthèse

Guillaume Soupart a évoqué la dégradation de la situation dans plusieurs grandes villes wallonnes, en lien avec la consommation de drogues, les troubles à l’ordre public, les atteintes aux biens et les problèmes de propreté, en soulignant que ces personnes sont souvent en grande détresse et souffrent parfois de troubles de santé mentale ou d’assuétudes. Il a interrogé le ministre sur l’articulation entre solidarité et santé, sur un éventuel renforcement des pouvoirs des bourgmestres et sur les mesures existantes pour éviter le décrochage et accompagner ces publics. Yves Coppieters a répondu qu’un cadre institutionnel existe déjà, fondé sur les relais sociaux, les maraudes, les relais santé, les abris de nuit, les maisons d’accueil, les services de santé mentale, le Projet 107 et les équipes mobiles, ainsi que sur le dispositif Housing First qu’il entend renforcer. Le député a reconnu le travail de terrain mais a insisté sur la persistance des difficultés en matière de sécurité, d’ordre public et de qualité de vie dans les centres-villes.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre, combien de temps allons-nous laisser quelques individus troubler la tranquillité des Wallons et des Wallonnes qui veulent simplement se balader en ville, aller au boulot, se rendre au resto ou dans nos commerces ? De nombreux problèmes sont constatés dans nos grandes villes, que ce soit à Liège, où des personnes prennent de la drogue et se piquent en rue, comme dans les rues de Namur ou à Charleroi, où il y a des agressions envers les personnes ou envers les biens; ou encore récemment à Mons, qui a défrayé la chronique, avec des personnes qui urinent et défèquent en rue. Certains qualifient ces personnes de barakis, d’autres disent des marginaux. En réalité, ce sont souvent des personnes qui sont en détresse, cabossées par la vie et qui doivent souvent subir des assuétudes, que ce soit aux drogues ou à l’alcool. Cela engendre toutefois, dans nos grandes villes, des problèmes de sécurité, de propreté et d’ordre public. Pourtant, en Belgique, tout est fait pour pouvoir tendre la main vers ces personnes. Un important travail de terrain est mené par les acteurs sociaux, par les relais sociaux. Malheureusement, c’est plus souvent à cause de problèmes de santé mentale, et pas forcément parce que ce sont des personnes sans domicile fixe, qu’elles ont ce type d’agissement, et l’on n’arrive pas à résoudre ces problèmes. Dans les négociations au Fédéral, le MR a défendu une position pour pouvoir obliger les personnes à accepter la main qui leur est tendue. Monsieur le Ministre, comment articulez-vous vos compétences entre solidarité et santé? Soutenez-vous la proposition du MR d’avancer pour donner plus de pouvoirs aux bourgmestres pour résoudre les situations sur le terrain? Enfin, quelles sont les mesures pour éviter le décrochage de ces personnes? Quelles mesures sont actuellement mises en place en Wallonie pour sortir ces personnes de leurs difficultés?

    Agressivité 43%Émotionnel 39%
  2. Monsieur le Député, je vous assure qu’il y a une vraie réponse institutionnelle au sans-abrisme. Les situations que vous décrivez sont des situations individuelles avec des dimensions sociales compliquées. Toutefois, la dimension sur laquelle je veux travailler, c’est le cadre institutionnel. Vous savez que toutes les grandes villes disposent d’un relais social, lequel dispose de maraudes. Ils font des tournées, des tournantes et vont à la rencontre des personnes sans abri, des personnes dans la rue. Ces relais sociaux sont en relation avec les relais santé, qui ont des personnes tout à fait disposées à entrer dans une prise en charge psychologique, sociale et dans toutes les dimensions nécessaires. Je vous rappelle aussi que le relais social est en lien avec les abris de nuit, les centres, les maisons d’accueil, les centres d’accueil de jour. Il y a donc une continuité par rapport à une série de services qui permettent alors la réinsertion dans toutes ses dimensions. Ils sont aussi en lien avec les services de santé mentale locaux, avec le Projet 107 au niveau des équipes mobiles. Tous ces dispositifs et ces continuités de service existent, c’est très important. Néanmoins, on ne peut pas avoir des travailleurs de rue dans la rue 24 heures sur 24, ce n’est pas possible, mais le dispositif existe. Je voudrais aussi mettre en avant le dispositif Housing First, qui est très important, puisqu’il permet de réintégrer des personnes qui n’avaient pas de logement, qui sont des personnes en grande précarité et souvent avec des assuétudes. Je veux continuer à renforcer le dispositif Housing First, qui est financé actuellement dans le dispositif 233 du PRW. On va voir quels projets prioritaires du PRW pourront continuer à soutenir ce dispositif. Soyez rassuré, Monsieur le Député. Ce n’est pas l’anarchie, il y a bien un cadre, il y a des acteurs sociaux. Il y a un vrai continuum et une volonté de sortir de ces personnes de la grande précarité.

    Agressivité 56%Constructivité 53%Factuel 51%Émotionnel 54%
  3. Merci, Monsieur le Ministre. En effet, je sais que du travail de terrain est réalisé par les acteurs sociaux, que ce soit dans les relais sociaux, avec les relais santé ou les abris de nuit. Cependant, ce n’est pas pour autant que la situation ne se dégrade pas dans nos grandes villes, que la sécurité y est assurée, que l’ordre public y est assuré, que les problèmes de propreté sont résolus. On soutient également le projet Housing First. On soutient également le fait qu’il faut renforcer encore les actions prises sur le terrain, mais on pense aussi qu’il faut pouvoir garantir la sécurité et le bien vivre de tout un chacun, surtout des gens qui bossent et qui ont simplement envie de se rendre en ville. Certains n’ont plus cette possibilité parce qu’ils ont peur d’aller dans nos centres-villes et c’est regrettable. J’espère que, à la fois au niveau wallon et à la fois au niveau fédéral, on pourra vraiment travailler tous ensemble pour résoudre ces situations puisque ce sont souvent des personnes en difficulté qui ont des problèmes de santé mentale. Dès lors, j’espère que le travail pourra être poursuivi pour améliorer la qualité de vie de tout un chacun.

    Agressivité 97%Constructivité 99%Factuel 97%Émotionnel 99%

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