La pertinence du projet «Territoires zéro chômeur de longue durée»
Anne Laffut a contesté le coût du dispositif « Territoires de réparation par l’économie sociale », qu’elle juge très élevé au regard des remises à l’emploi obtenues, en citant notamment le cas de Verviers et en demandant des données sur les 17 projets pilotes, d’éventuelles modifications et la suite à leur donner. Yves Coppieters a indiqué que plusieurs projets présentaient des résultats encourageants, que l’évaluation lancée en décembre 2024 est en cours sur base d’une autoévaluation des 17 territoires, et que des projets peu performants peuvent s’arrêter d’eux-mêmes. Il a précisé que l’objectif est à la fois la remise à l’emploi de publics éloignés du travail et l’identification de besoins non couverts, tout en annonçant que les résultats quantitatifs et qualitatifs permettront d’ajuster le dispositif. La députée a maintenu ses réserves, estimant qu’il est prématuré de conclure à des résultats probants et appelant à une rationalisation de l’écosystème de l’insertion socioprofessionnelle.
Débat · 3 interventions
- AL
Monsieur le Ministre, 104 millions d’euros pour 735 remises à l’emploi, je vous invite à faire le calcul du coût investi par la Région wallonne par personne remise sur le marché du travail. Cent quatre millions d’euros, cela fait environ 141 000 euros par personne remise sur le marché du travail, et encore – j’ai envie de dire –, quand cela fonctionne ! Nous avons toujours émis des doutes par rapport à ce projet et c’était sans avoir connaissance de l’expérience qui a été menée à Verviers et qui, après deux années de travail, après avoir eu une enveloppe de 9 millions d’euros réservée pour ce projet, a remis combien de personnes sur le marché du travail? Zéro personne réinsérée sur le marché du travail après deux années de travail et 9 millions d’euros. Le Gouvernement actuel était conscient que des changements devaient intervenir et avait proposé une modification du projet, une révision – peu importe comment on l’appelle – pour ce projet initialement appelé «Territoires zéro chômeur de longue durée» devenu entre-temps «Territoires de réparation par l’économie sociale». Monsieur le Ministre, mes questions sont simples, les réponses un petit peu moins. Avez-vous des données disponibles pour l’ensemble des 17 projets pilotes? Avez-vous des retours positifs? Des modifications sontelles au programme ou sont-elles déjà en cours? Surtout, quelle suite donner à ces projets, si suite il y a à donner?
Madame la Députée, je vous remercie de parler du projet TRES – Territoires de réparation par l’économie sociale. Vous n’avez pas l’air très emballée. Pourtant, si vous étiez ce matin en bas, trois projets présentaient leurs résultats, et les choses sont assez encourageantes. (Applaudissements) Historiquement, cette initiative a été démarrée en 2023. Les financements ne sont malheureusement arrivés qu’en 2024. Des projets fonctionnent et d’autres balbutient. C’est la réalité. Le projet de Verviers est plutôt au stade des balbutiements. Il est possible, pour les projets qui ne fonctionnent pas, de s’arrêter, de façon spontanée, sur la base de leur décision propre, parce qu’ils ne rencontrent pas les résultats qu’ils ont escomptés. Quoi qu’il en soit, une évaluation a démarré en décembre 2024, pour laquelle les 17 projets remplissent un formulaire, qui est une autoévaluation intermédiaire, et les résultats semblent assez intéressants. Je vous rappelle que l’objectif est la remise à l’emploi de personnes précarisées, de personnes défavorisées, mais aussi l’analyse des besoins non couverts sur les territoires et de répondre par des professions à ces nouveaux besoins. Les résultats semblent tout à fait probants pour l’instant. Madame la Députée, vous êtes un peu défaitiste. Il faut nous laisser le temps de démontrer que cela marche. Des territoires marchent très bien, d’autres pas. On prendra les mesures en fonction et on renforcera ce qui marche très bien. On va analyser les résultats, la performance sur un plan quantitatif, mais aussi sur un plan qualitatif. On reviendra vers vous. C’est vraiment un projet qui reste ambitieux pour l’économie sociale et par rapport à la remise à l’emploi de celles et ceux qui sont très éloignés actuellement de cette possibilité.
- AL
Merci, Monsieur le Ministre, pour votre réponse. Notre groupe était bien associé à la réunion et était bien présent ce matin. Je ne suis pas emballée parce que dépenser 140 000 euros par personne engagée, même si cela fonctionne, cela nous paraît toujours une somme colossale. Vous parlez de résultats probants, mais on n’a pas encore les résultats. Il est dès lors difficile de s’emballer quand on n’a pas les résultats devant les yeux. On connaît rarement des porteurs de projet qui «descendent» les projets qu’ils mènent eux-mêmes. On leur donne des mannes célestes, et forcément ils se battent pour défendre leur projet. Cela me paraît assez évident. Je ne connais pas beaucoup de porteurs de projet qui «cassent» leur propre projet. Dans l’absolu, on a quand même un peu l’impression que ces territoires ajoutent encore une fois une couche supplémentaire à l’écosystème, qui est déjà complexe aujourd’hui, du paysage de l’insertion socioprofessionnelle. On essaie de le rationaliser. J’espère que ces projets pilotes «Territoires de réparation par l’économie sociale» en feront aussi l’objet, de la même manière que tous les autres dispositifs, pour essayer d’avoir une politique efficiente dans l’intérêt des citoyens et des travailleurs.
Agressivité 88%Constructivité 96%Factuel 83%Émotionnel 83%
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