Les pertes d’emplois chez Thermo Fisher Scientific
Sophie Pécriaux a interrogé le ministre sur l’annonce de suppressions d’emplois chez Thermo Fisher à Seneffe et Gosselies, en demandant des précisions sur l’ampleur des pertes, les contacts avec la direction et l’accompagnement des travailleurs dans le cadre de la procédure Renault. Pierre-Yves Jeholet a indiqué qu’au maximum 100 emplois pourraient être concernés sur environ 300, que des consultations et négociations étaient en cours et que l’objectif était de limiter l’impact social et de soutenir la reconversion. Il a rappelé l’importance stratégique du secteur des biotechnologies en Wallonie, tout en soulignant qu’il ne disposait pas encore d’explications détaillées sur les raisons évoquées par l’entreprise, de nature stratégique.
Débat · 4 interventions
- SP
Monsieur le Président, vous m’excuserez, mais, dans la liste que nous avions entre collègues, je suivais bien M. Maroy.
Agressivité 83%Constructivité 38%Émotionnel 83% - SP
Tout à fait. (Rires) Monsieur le Ministre, en 2021, Thermo Fisher Henogen Seneffe-Feluy avait racheté l’unité de production de vecteurs viraux à Novasep pour un montant de 725 millions d’euros. À l’époque, 80 millions d’euros étaient le chiffre d’affaires de l’entreprise et elle occupait 400 travailleurs. Nous avons été informés, par voie de presse, il y a quelques jours, que l’entreprise Thermo Fisher, pour les sites de Seneffe et de Gosselies, allait malheureusement se défaire d’une centaine de ses collaborateurs. Cela pose dès lors de grandes questions par rapport à la technobiologie en Wallonie, notamment dans la région. Avez-vous plus d’informations par rapport à cette situation rencontrée à Seneffe et à Gosselies par Thermo Fisher? Savez-vous nous dire ce qu’il se passe au niveau de l’entreprise? Avez-vous eu des contacts avec la direction? Savez-vous à peu près combien de collaborateurs vont être sur le carreau à Seneffe et à Gosselies? On sait que la procédure Renault a été mise en place. Au niveau du Gouvernement, avez-vous l’intention d’accompagner les travailleurs dans le cadre de la reconversion professionnelle? Comme je le disais, il y a une grande inquiétude par rapport à ce domaine de la technobiologie puisque, il y a un mois ou deux, Univercells se défaisait également d’une centaine de ses collaborateurs. J’aurais souhaité vous entendre sur le sujet.
Agressivité 79%Émotionnel 79% Madame la Députée, Thermo Fisher Scientific est un leader mondial au service de la science dans bien des domaines, a déjà prouvé et prouve encore combien il peut être important dans toute une série de secteurs. Aujourd’hui, cela représente 300 personnes sur les deux sites de Seneffe et Gosselies. Lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire, les représentants des travailleurs et les travailleurs eux-mêmes ont été informés de l’éventuelle perte de 100 postes de travail. Je ne sais pas vous en dire plus aujourd’hui, malgré les contacts que j’ai avec l’entreprise, puisque c’est, à ce stade, au maximum 100 personnes, qu’il y a des consultations et des négociations. Comme vous l’avez dit, c’est la procédure Renault. Comme à chaque fois, on va tenter de limiter au maximum l’impact social. Pour les travailleurs qui seront concernés par la perte d’emploi, tout sera fait pour les encadrer et faire en sorte qu’ils retrouvent un emploi dans le secteur et dans leur région. La direction évoque des raisons stratégiques. Aujourd’hui, nous n’en savons pas beaucoup plus. Vous parlez du secteur des biotechnologies, qui est très important, qui est le principal secteur exportateur au niveau de la Région wallonne, qui représente des milliers et des milliers d’emplois. Les biotechnologies, c’est 5,3 % de l’économie wallonne, c’est 38 % de l’industrie wallonne. Autant vous dire que c’est un secteur important. Vous avez cité aussi Univercells. Je suis aussi en contact permanent avec l’entreprise pour trouver des solutions. Wallonie Entreprendre, en 2023, a investi 27 millions d’euros dans le secteur. On peut constater de mauvaises nouvelles, comme celles que vous annoncez, mais aussi, cette semaine, UCB Pharma qui investit sur fonds propres 100 millions d’euros à Braine-l’Alleud en Wallonie. C’est cela aussi le secteur des biotechnologies.
Agressivité 51%Émotionnel 46%- SP
Je vous remercie, Monsieur le Ministre, et je suis inquiète par rapport – et vous venez de me donner un contrepied – à l’avenir de la technobiologie en Wallonie. J’ai fait la connaissance tout à l’heure – parce que l’on prenait un peu de temps pour préparer la question – de Trudy, un opérateur de l’intelligence artificielle avec qui vous rentrez en contact. Quand vous tapez «Thermo Fisher Scientific», Trudy vous propose du travail parce qu’il dit que Thermo Fisher est le leader mondial au service de la science et qu’il a un chiffre d’affaires de 40 milliards de dollars. Il me proposait les options suivantes: «Que voulez-vous faire? Voulez-vous être dans le commerce, dans la vente, dans le développement?» Je suis rentrée en contact avec Trudy qui pouvait peut-être me trouver du travail. Cependant, je m’inquiète par rapport au travail en Wallonie pour les travailleurs de Seneffe et de Gosselies.
Agressivité 50%Constructivité 50%Émotionnel 77%
Questions similaires
L’annonce de 180 licenciements à ThyMarcinelle et l’impact de la restructuration de la phase à chaud
Caroline Desalle et Özlem Özen ont interpellé le ministre sur l’annonce par Riva de 179 licenciements à Thy-Marcinelle, la fermeture progressive de la phase à chaud et les risques d’un démantèlement du site. Elles ont demandé si des contacts étaient en cours avec le cabinet, Wallonie Entreprendre et le FOREm, ainsi que des garanties sur la pérennité du site et l’accompagnement des travailleurs. Pierre-Yves Jeholet a indiqué qu’il s’agissait d’une phase 1 de la procédure Renault, que toutes les pistes de reprise devaient être examinées, et que Wallonie Entreprendre était mobilisée. Il a précisé que, si les licenciements étaient confirmés, le FOREm activerait ses dispositifs pour accompagner rapidement et individuellement les travailleurs concernés dans leur reconversion.
Le licenciement de 179 travailleurs par le groupe Riva à Thy-Marcinelle
Le licenciement annoncé de 179 travailleurs par Riva à Thy-Marcinelle a été présenté comme une annonce d’intention dans le cadre de la phase 1 de la procédure Renault, la députée Özlem Özen demandant des garanties sur la pérennité du site, une stratégie industrielle wallonne et un accompagnement concret des travailleurs. Pierre-Yves Jeholet a souligné que la situation s’inscrit dans un contexte plus large de difficultés de la sidérurgie et a indiqué que toutes les pistes doivent être examinées, y compris un éventuel repreneur, avec Wallonie Entreprendre déjà mobilisée. Il a précisé que, si les licenciements sont confirmés, le FOREm activera les dispositifs de reconversion et d’accompagnement individualisé pour les travailleurs concernés, tandis que la direction et les syndicats doivent poursuivre la concertation pour limiter l’impact social.
La nouvelle menace de destruction massive d’emplois chez AGC en Wallonie
Les députés ont interpellé le ministre sur l’annonce par AGC Glass Europe de la réduction de ses activités en Wallonie, avec la suppression de 103 emplois à Gosselies et Louvain-la-Neuve, ainsi que sur le climat de difficultés industrielles à Charleroi et les inquiétudes liées au site de Moustier-sur-Sambre. Ils ont demandé un état des lieux, des contacts avec la direction et les représentants des travailleurs, et des garanties sur l’accompagnement social et l’avenir des sites et de la filière du verre. Pierre-Yves Jeholet a indiqué être en contact avec la direction d’AGC et a précisé qu’il n’y avait pas de licenciements secs ni de procédure Renault en cours, les départs devant relever de retraites, départs naturels ou mesures non contraignantes. Il a souligné le contexte international et commercial difficile, la baisse de la production de verre, l’intérêt des investissements en recherche et développement, la présence du FOREm pour l’accompagnement des travailleurs, et la volonté de maintenir un suivi étroit du dossier avec AGC Europe et les sites wallons.
La restructuration annoncée chez AGC Glass Europe et l’impact sur l’emploi et l’industrie sur le territoire wallon
Les intervenants ont dénoncé l’annonce d’AGC Glass Europe de réduire ses activités en Belgique, avec 103 emplois concernés surtout à Gosselies et Louvain-la-Neuve, ainsi que les inquiétudes liées au site de Moustier-sur-Sambre et à l’avenir de l’outil industriel en Wallonie. Ils ont demandé des contacts avec la direction, des garanties pour les travailleurs et un accompagnement social, tout en évoquant la fragilité du tissu industriel carolo et les effets de la conjoncture internationale, notamment la perte du marché russe et la baisse de la production de verre. Pierre-Yves Jeholet a confirmé avoir contacté AGC, précisé qu’il n’y aurait pas de licenciements secs ni de procédure Renault, rappelé la disponibilité du FOREm pour l’accompagnement et souligné les investissements déjà réalisés en Wallonie. Il a insisté sur la nécessité pour la Région et les entreprises de s’adapter au contexte économique mondial, de préserver la capacité de production et de rechercher de nouveaux débouchés à l’international.
L’annonce du licenciement de 115 travailleurs au sein de l’usine Yara à Tertre
Les députés ont interpellé le ministre sur l’annonce par Yara Tertre de 115 licenciements sur 327 emplois, liés à l’arrêt de la production d’ammoniac et à la hausse des coûts énergétiques, en s’inquiétant des aides publiques reçues, du suivi depuis 2022 et des mesures de soutien à l’emploi et à la transition énergétique. Pierre-Yves Jeholet a indiqué avoir rencontré l’entreprise, rappelé l’investissement de plus de 500 millions d’euros sur le site et expliqué que la société vise une décarbonation en important l’ammoniac plutôt qu’en le produisant localement, dans un contexte de fortes émissions de CO2 et de compétitivité européenne. Il a précisé que les licenciements ne débuteraient pas avant le 1er septembre 2025, qu’une procédure Renault serait engagée avec une réunion prévue avec les partenaires sociaux et le FOREm, et qu’il entendait limiter les conséquences sociales tout en préservant une activité industrielle durable en Wallonie.