L’annonce de 180 licenciements à ThyMarcinelle et l’impact de la restructuration de la phase à chaud
Caroline Desalle et Özlem Özen ont interpellé le ministre sur l’annonce par Riva de 179 licenciements à Thy-Marcinelle, la fermeture progressive de la phase à chaud et les risques d’un démantèlement du site. Elles ont demandé si des contacts étaient en cours avec le cabinet, Wallonie Entreprendre et le FOREm, ainsi que des garanties sur la pérennité du site et l’accompagnement des travailleurs. Pierre-Yves Jeholet a indiqué qu’il s’agissait d’une phase 1 de la procédure Renault, que toutes les pistes de reprise devaient être examinées, et que Wallonie Entreprendre était mobilisée. Il a précisé que, si les licenciements étaient confirmés, le FOREm activerait ses dispositifs pour accompagner rapidement et individuellement les travailleurs concernés dans leur reconversion.
Débat · 5 interventions
- CDCaroline DesalleLes Engagés
Monsieur le Ministre, ma question s’adresse à vous et concerne le site sidérurgique de Thy-Marcinelle à Charleroi. Le 16 janvier dernier, le groupe Riva a annoncé, après des mois de suspension d’activité et de chômage temporaire, d’abandonner progressivement l’outil industriel sidérurgique carolo. En effet, le groupe Riva a annoncé se séparer de 179 collaborateurs de la phase à chaud de son site, prétextant que le ralentissement du secteur de la construction ne permet plus de maintenir l’emploi à Charleroi, faute aussi à la concurrence mondiale et à la hausse de l’électricité. Une prise de contact est-elle en cours par votre cabinet et/ou Wallonie Entreprendre? Le FOREm serat-il mobilisé, notamment au travers d’une cellule de reconversion, pour proposer des pistes d’emploi à tous les ouvriers concernés? À plus long terme, devons-nous craindre pour le site de Thy-Marcinelle et l’ensemble des travailleurs?
Agressivité 81%Factuel 35%Émotionnel 71% - ÖÖ
Monsieur le Ministre, le groupe Riva a annoncé le licenciement de 179 personnes sur le site de Thy-Marcinelle ; une décision malheureusement attendue, tant l’entreprise tourne au ralenti depuis des mois. Deux causes sont avancées : la concurrence des pays asiatiques et la baisse importante de l’activité dans le secteur de la construction. Si la concurrence internationale est difficile à contrer, la crise du secteur de la construction relève clairement d’un choix politique. Une véritable stratégie industrielle, combinée à un plan ambitieux de logements publics et de rénovation, pourrait soutenir notre industrie et, par ricochet, notre sidérurgie. Or, aujourd’hui encore, cette stratégie fait défaut. Le Gouvernement wallon doit se ressaisir et, enfin, définir une véritable politique industrielle. Aujourd’hui, à Thy-Marcinelle, il reste une ligne à froid, mais pour combien de temps encore? Quelles garanties avons-nous qu’il ne s’agit pas d’un démantèlement progressif du site? Quelles garanties avez-vous obtenues du groupe Riva quant à la pérennité du site de Thy-Marcinelle? Quelles actions immédiates allez-vous mener pour soutenir un redéploiement industriel crédible du site? Enfin, surtout pour les 179 travailleurs licenciés, quelles garanties et quelles mesures concrètes d’accompagnement allez-vous mettre en place pour garantir à chaque travailleur de réelles perspectives pour l’avenir?
Agressivité 90%Émotionnel 85% Mesdames les Députées, c’est un peu court d’incomber la responsabilité de la situation de ThyMarcinelle, que l’on connaît quand même depuis un certain temps, à ce Gouvernement, comme Mme Özen le fait, ou simplement d’expliquer la situation par un ralentissement du secteur de la construction, qui n’est pas neuf non plus. On sait que le secteur sidérurgique souffre en Belgique, en Wallonie, en Europe, soyons très clairs. On pourrait également parler des conséquences du contexte géopolitique et des tensions dans le secteur commercial international. Cela étant, concernant la situation de ThyMarcinelle, avec un certain nombre d’ouvriers et d’employés menacés – on a 26 employés et 153 ouvriers –, je rappelle que c’est la phase 1 de la procédure Renault et donc que c’est une annonce d’intention de licenciement collectif. Premièrement, toutes les pistes doivent être explorées. La situation est la fermeture de la phase à chaud de l’entreprise, mais aucune piste ne peut être inexplorée aujourd’hui, y compris celle d’un repreneur potentiel. Il y a eu des discussions, il y en a encore aujourd’hui, et Wallonie Entreprendre est mobilisée dans ce dossier pour apporter son expertise. Deuxièmement, comme pour toute procédure Renault, on est en phase 1, avec l’annonce d’un licenciement. Maintenant, il appartient à la direction et aux syndicats de discuter, de négocier de façon que j’espère la plus constructive possible pour voir ce qu’il est possible ou non de faire et pour limiter au maximum la casse sociale. Troisièmement, au cas où l’entreprise confirmerait l’annonce qu’elle a faite, c’est-à-dire le licenciement en lui-même et le nombre de travailleurs concernés, le FOREm est mobilisé pour activer tous les dispositifs, pour accompagner, de façon la plus rapide possible, de la façon la plus efficace possible et de façon individualisée, les travailleurs qui seraient concernés dans le cadre de leur reconversion. C’est ce qui est sur la table aujourd’hui. Des contacts ont eu lieu, des contacts ont toujours lieu avec Wallonie Entreprendre. Toutefois, on ne peut pas faire comme si tout se passait bien aujourd’hui au sein de Thy-Marcinelle. Je mesure l’émoi que cela entraîne dans le bassin carolorégien, surtout par rapport aux 179 travailleurs, mais aussi aux familles concernées et à l’incertitude pendant cette période de concertation entre les syndicats et l’entreprise.
Agressivité 63%Constructivité 71%Factuel 65%Émotionnel 62%- CDCaroline DesalleLes Engagés
Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour vos réponses. En effet, nous avons besoin d’une Wallonie plus compétitive, plus résiliente et tournée vers l’avenir. J’entends que les conséquences géopolitiques n’aident pas nos entreprises et que des pistes doivent être explorées, notamment celle de la reprise, avec le concours de Wallonie Entreprendre. J’entends que les outils wallons, notamment le FOREm, seront mobilisés pour les travailleurs et leurs familles.
Agressivité 54%Constructivité 81%Émotionnel 46% - ÖÖ
Je vous remercie, Monsieur le Ministre. Vous évoquiez le contexte international, mais celui-ci ne justifie ni le manque de vision ni l’absence de mesures concrètes. ThyMarcinelle est un effondrement industriel de plus. Il y a pourtant des travailleurs qualifiés et ce sont eux qui en paient le prix. Vous l’avez dit, ce sont des pertes d’emplois, de l’incertitude, du stress et, derrière eux, des familles entières qui basculent. Renvoyer les travailleurs de Thy-Marcinelle vers des outils existants comme le FOREm, cela ne suffit plus; ils n’ont pas besoin de constat, mais plutôt de garanties. Ils veulent savoir quand, comment et vers quoi ils pourront se réorienter avec des revenus garantis et de réelles perspectives de réemploi industriel. Vous parlez sans cesse de réindustrialisation – j’ai déjà lu les articles, je vous suis –, mais dans les faits, vous laissez faire, alors que vous savez qu’il y a des pistes de reconversion. Accompagner les fermetures et gérer les licenciements de loin, ce n’est pas une politique industrielle. Quand une entreprise ferme ligne après ligne, l’absence de stratégie devient une décision politique, Monsieur le Ministre. Dire que l’acier n’est pas stratégique, c’est aussi une faute politique. Je vous demande, en tant que ministre de l’Économie et de l’Emploi, de défendre une vision, de défendre...
Agressivité 86%Émotionnel 86%
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