La situation critique des travailleurs de Thy-Marcinelle
Germain Mugemangango a dénoncé la situation très difficile des travailleurs de Thy-Marcinelle, confrontés à un régime de chômage économique quasi permanent, à une forte perte de revenus et à des doutes sur l’existence d’un véritable plan de reprise, tout en s’interrogeant sur un éventuel contournement de la procédure Renault. Pierre-Yves Jeholet a dit partager l’inquiétude des travailleurs et des familles, avoir déjà rencontré les syndicats et la direction, et vouloir poursuivre les contacts pour évaluer les perspectives du site. Il a rappelé que la loi Renault protège les travailleurs tout en estimant qu’elle devrait être adaptée pour mieux anticiper les restructurations et accompagner la formation et la reconversion des travailleurs.
Débat · 3 interventions
- GM
Monsieur le Ministre, les travailleurs de Thy-Marcinelle sont en grève depuis lundi. D’abord, je veux vraiment exprimer toute ma solidarité vis-à-vis de ces travailleurs carolos et vis-à-vis de leurs familles qui sont, depuis des mois, dans une situation très difficile. Une demande a été faite pour qu’ils aient un chômage économique massif – vraiment massif – puisque ce qu’il se passe, c’est qu’ils travaillent une semaine, et puis il y a 17 semaines de chômage économique. On est aujourd’hui le 19 mars, la prochaine date de travail, ce sera au mois de juin. Monsieur le Ministre, vous supposez bien qu’il y a des conséquences financières très dures pour les familles. Des travailleurs qui, par exemple, travaillent de nuit depuis parfois cinq ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans sont maintenant rémunérés pour certains à 1 044 euros par mois – ce qui est évidemment insupportable. Ce qui a été dit par la direction de l’entreprise, c’est que cette demande de chômage économique massif devait avoir lieu pour, plus tard, rebondir en fonction d’une meilleure conjoncture. Quand j’ai été voir les travailleurs, hier matin, ils doutent. Ils doutent, parce que ce qu’il se passe, c’est que depuis des mois, les équipements, les outils sont en train de se dégrader et qu’ils sont en train de se dire que si l’on veut vraiment redémarrer l’entreprise, il faudra investir beaucoup d’argent pour la redémarrer. La question qui se pose, c’est: n’est-on pas face à une direction en train de contourner la possibilité d’avoir une loi Renault dans le cadre d’une restructuration qui correspond aux lois de notre pays? C’est la question qui se pose, d’autant que l’on constate que des cadres, des personnes de la maîtrise, des travailleurs abandonnent et démissionnent sans être retenus de quelque manière que ce soit par la direction. Il y a là, évidemment, un doute. Les questions que l’on se pose et que je vous pose, c’est: quelle évaluation faites-vous de la situation des travailleurs de Thy-Marcinelle et de la stratégie de l’entreprise? Avez-vous pris contact avec la direction? La direction a-t-elle des pistes pour envisager une reprise de la production? Si oui, lesquelles? Avez-vous pris contact avec les syndicats pour voir quelle est leur analyse et quelles sont leurs pistes pour rebondir au niveau de l’entreprise? Quelles garanties pouvez-vous fournir pour éviter que les travailleurs soient victimes d’un jeu financier qui se fait à leur détriment?
Agressivité 58%Émotionnel 54% Monsieur le Député, on ne sera certainement pas toujours d’accord, mais là où l’on peut se rejoindre, c’est que je partage aussi l’inquiétude des travailleurs et des familles de Thy-Marcinelle qui vivent une situation difficile, vous l’avez dit, avec une semaine de travail et 17 semaines de chômage économique, avec des retombées salariales qui impactent leur vie au quotidien. Par rapport au secteur, j’ai reçu déjà les syndicats, notamment la FGTB-Métal, pour aborder différents sujets: le sujet Liberty, qui a certains points comparables avec le dossier que vous évoquez aujourd’hui, mais aussi, bien évidemment, ThyMarcinelle. On peut aussi parler de NLMK. Ce sont des situations qui nous interpellent, aujourd’hui, pour lesquelles nous devons être vigilants – le contexte géopolitique international n’aidant pas. Oui, j’ai rencontré, je vous l’ai dit, les représentants des travailleurs, en tout cas de la FGTB. J’ai rencontré aussi les patrons de l’entreprise pour évoquer leurs difficultés, la conjoncture qu’ils rencontrent aujourd’hui. Ils ont toujours un projet et un avenir pour leur site en Wallonie, mais ne minimisent pas les difficultés. Nous allons poursuivre les contacts, notamment avec l’entreprise, pour voir ce qu’il est envisageable de faire. Vous parlez de la loi Renault. C’est une loi qui protège aussi les travailleurs, même si je suis convaincu qu’il faut la revoir et pouvoir anticiper en cas de situation plus compliquée et plus dramatique de fermeture de l’entreprise. Anticiper aussi la formation et le suivi des travailleurs qui perdront leur travail pour avoir la possibilité de retrouver dans une entreprise un travail correspondant à leurs qualifications et leurs compétences. C’est un sujet sur lequel nous continuerons à travailler dans les heures, dans les jours et dans les semaines qui viennent.
Agressivité 46%Factuel 39%Émotionnel 40%- GM
Ce qui est difficilement acceptable de la part de cette direction, c’est de sentir qu’il n’y a pas de stratégie de reprise. Je vous invite à être en contact avec eux de manière intense pour garantir une stratégie de reprise. Ce qui est inacceptable, c’est que face à la difficulté de ces travailleurs... Ces travailleurs ont fait grève pour avoir une augmentation de la prime donnée de manière quotidienne, du complément donné par la direction pour simplement survivre. Cette prime a été refusée. Cette augmentation a été refusée. Là aussi, comme ministre de l’Économie, ce serait bien de prendre contact avec cette direction pour dire: «Oui, cette direction doit comprendre les difficultés des travailleurs». Je suis content de vous entendre dire que la sidérurgie est un secteur structurant parce que cela me paraît tout à fait évident. Cela n’a pas toujours été dit comme tel, surtout que pour le futur de ce secteur comme la construction – ou d’autres secteurs qui sont essentiels pour nous –, on ne peut pas se permettre de perdre le know-how, la connaissance, et toute cette production qui a déjà été faite dans cette entreprise et qui doit être faite dans le futur. Je reviendrai sur le dossier. On ne peut pas lâcher ces travailleurs et je leur souhaite bon courage, mais surtout je souhaite que le Gouvernement wallon les soutienne pour assurer un avenir à ces entreprises et à ces centaines de travailleurs de Charleroi.
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