Accès aux soins
La recrudescence des cas de tuberculose en Wallonie
Caroline Taquin a alerté sur une hausse des cas de tuberculose en Belgique et en Wallonie, en soulignant les lacunes de prévention, de dépistage et de suivi, ainsi que la nécessité de collaborations concrètes entre la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et le Fédéral. Yves Coppieters a répondu que l’incidence reste globalement en baisse sur le long terme, avec une légère hausse en 2024 autour de 6 cas pour 100 000 habitants, et a rappelé le rôle de l’AViQ pour la surveillance épidémiologique et du FARES pour la prise en charge et le suivi des contacts. Il a insisté sur les facteurs de risque liés à la précarité, à la densité urbaine et au contexte international, tout en signalant des difficultés fédérales liées au remboursement des médicaments et le risque croissant de résistances aux antibiotiques. La députée a conclu en appelant à mobiliser tous les leviers de santé publique et de lutte contre la pauvreté afin de limiter la propagation de la maladie.
Le nouveau rapport du HautCommissariat aux droits de l’homme sur la discrimination et la ségrégation exercées par Israël à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie
Alice Bernard a interpellé le ministre-président sur le rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme qualifiant la situation en Cisjordanie d’apartheid, en soulignant les restrictions d’accès à l’eau, aux services essentiels et aux terres imposées aux Palestiniens. Adrien Dolimont a reconnu les difficultés décrites, jugées inacceptables, et a indiqué qu’il aborderait la situation à Genève avec la Croix-Rouge et le Comité international afin de garantir une aide humanitaire neutre et le respect du droit international. La députée a estimé la réponse insuffisante et a plaidé pour que la Wallonie et la Belgique envisagent des sanctions économiques et commerciales, point sur lequel le ministre ne s’est pas prononcé.
La réforme du paysage hospitalier
Freddy Mockel a interpellé le ministre sur les effets de la réforme du paysage hospitalier, en particulier pour les مناطق rurales, l’accessibilité aux soins, les équilibres linguistiques et le risque de voir certaines zones comme Verviers, la Communauté germanophone ou la province de Luxembourg ne compter que peu ou pas d’hôpitaux généraux. Yves Coppieters a répondu qu’une réforme était nécessaire en raison d’une offre trop fragmentée, et a précisé que le rapport d’experts remis à la CIM Santé n’était qu’une série de recommandations prévoyant quatre niveaux de prise en charge, dont des hôpitaux généraux régionaux et des centres médicaux locaux. Il a assuré que l’accessibilité, les réalités territoriales rurales, l’équité entre citoyens et les spécificités linguistiques seraient prises en compte. Freddy Mockel a enfin insisté sur la nécessité de maintenir des soins attractifs dans les centres médicaux locaux, notamment pour les urgences, les soins intensifs et les maternités.
La localisation de l’hôpital de Verviers
La députée a dénoncé le projet de relocalisation de l’hôpital de Verviers en périphérie, en évoquant une alternative existante depuis 2019, moins coûteuse et déjà avalisée selon elle par les instances wallonnes, et a demandé comment le Gouvernement entendait la réintégrer dans la réflexion. M. Jeholet a rejeté tout « caprice immobilier » et toute interprétation de ses propos, en affirmant vouloir une analyse la plus objective possible et en récusant les procès d’intention. M. Coppieters a répondu que la Wallonie travaille sur les plans de construction hospitaliers 2019-2023 et 2023-2028 tels que déposés par l’hôpital de Verviers, sans modification à ce stade, et que tout changement substantiel devrait être proposé par le conseil d’administration puis encadré par un dispositif décrétal. Il a ajouté que la réforme fédérale de l’écosystème hospitalier, portée par le ministre Vandenbroucke, pourrait encore modifier les contraintes applicables au projet.
La fermeture de la maternité de Lobbes
Les députés ont dénoncé la fermeture annoncée de la maternité de Lobbes au 15 janvier 2026, en soulignant la pénurie de gynécologues-obstétriciens, la baisse du nombre d’accouchements et le risque de voir les zones rurales perdre des soins de proximité. Yves Coppieters a expliqué que la fermeture découle du non-respect du seuil d’agrément de 400 accouchements par an en moyenne sur trois ans, confirmé par le rapport du KCE qui préconise une concentration des maternités pour des raisons de qualité et de sécurité. Il a précisé que l’AViQ n’avait pas encore été informée, qu’un contact avait été pris avec Helora, et que la réaffectation des lits ainsi que l’accompagnement du personnel se feraient en collaboration avec l’AViQ. Le ministre a ajouté que Lobbes n’est pas une maternité isolée puisqu’elle se situe à environ 30 minutes de deux autres maternités, et qu’il faut réallouer les ressources vers des structures plus grandes.
La fermeture de la maternité de Lobbes et la problématique des déserts médicaux
Les députés ont interpellé le ministre sur la fermeture annoncée de la maternité de Lobbes au 15 janvier 2026, en dénonçant le risque de désertification médicale en zone rurale et en demandant quelles mesures seraient prises pour garantir l’accès aux soins, attirer du personnel et préserver une répartition équilibrée des maternités en Wallonie. Yves Coppieters a expliqué que la fermeture s’explique par la baisse du nombre d’accouchements, en dessous du seuil d’agrément de 400 naissances par an en moyenne sur trois ans, ainsi que par les difficultés de recrutement de gynécologues et de personnel d’encadrement. Il a indiqué que l’AViQ et la direction d’Helora avaient été contactées, que la réaffectation des lits se ferait en concertation, et que l’hôpital accompagnerait le personnel dans la transition. Le ministre a aussi rappelé que, selon le KCE, la Belgique compte trop de lits de maternité et que la maternité de Lobbes n’est pas considérée comme isolée, étant située à environ 30 minutes de deux autres maternités.
L’annonce de la réforme du transport médicosanitaire non urgent pour l’été 2025
Anne Laffut a interrogé le ministre sur l’état des négociations autour de la réforme du transport médicosanitaire non urgent, les objectifs de clarification du cadre et les conséquences pour l’accessibilité, notamment pour les patients fragiles financièrement. Yves Coppieters a indiqué vouloir présenter un décret au Gouvernement d’ici l’été 2025 pour instaurer un cadre juridique durable, distinguer transport de malades et transport de personnes, préciser le rôle des véhicules sanitaires légers et améliorer la qualité, l’accessibilité et la qualification des opérateurs. Il a souligné que la principale difficulté concerne la tarification, qui nécessite un accord entre tous les acteurs, et a précisé qu’un groupe de travail et un arrêté d’exécution sont en préparation, en coordination avec le ministre de la Mobilité. La députée a salué l’ambition de la réforme tout en insistant sur les enjeux de prise en charge financière, particulièrement dans un contexte de vieillissement de la population et d’éloignement des soins en province de Luxembourg.
Le manque de médecins pratiquant l’IVG dans les centres de planning familial
Isabella Greco a alerté sur la pénurie de médecins pratiquant l’IVG dans les centres de planning familial, citant des femmes restées sans solution, et a demandé quelles mesures seraient prises pour garantir l’accès à cette pratique ainsi que pour renforcer la formation des médecins en concertation avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Yves Coppieters a reconnu une pénurie de médecins et de personnel infirmier, rappelé que 17 des 74 centres agréés en Wallonie pratiquent l’IVG et précisé que le cadre de convention avec l’INAMI relève d’un accord de 2003 hors financement régional. Il a indiqué disposer de peu de leviers régionaux pour agir sur la formation, tout en mentionnant une concertation avec l’ARES et les universités, et a réaffirmé son engagement personnel en faveur d’une dépénalisation totale et de l’allongement du délai légal.
La lutte contre le surendettement et le report de soins
Anne Lambelin a alerté sur l’ampleur du report de soins en Belgique francophone, touchant surtout les femmes, les familles monoparentales, les seniors et les personnes en incapacité de travail, en lien avec des difficultés financières et le surendettement. Yves Coppieters a répondu que la lutte contre ces phénomènes est une priorité du Gouvernement et a évoqué plusieurs leviers : renforcement du tiers payant, lutte contre le déconventionnement, évaluation du maximum à facturer, développement de structures collectives et de première ligne, accès à la santé mentale et à la prévention. Il a aussi souligné que les frais de santé ne sont pas la principale cause du surendettement, mais que les coûts indirects et la précarité créent un cercle vicieux nécessitant une approche coordonnée avec le niveau fédéral et d’autres politiques, notamment le logement, l’énergie et la lutte contre la pauvreté.
Le soutien psychologique et médicosocial offert aux patientes à la suite d’une IVG
Sophie Pécriaux a dénoncé les propos du pape à l’égard des femmes et des praticiens de l’IVG, et a interrogé le ministre sur les moyens d’améliorer l’accessibilité à l’IVG en Wallonie ainsi que l’encadrement psycho-médico-social dans les centres de planning familial. Yves Coppieters a rappelé que l’IVG est un droit fondamental et a souligné l’importance de l’accompagnement psychologique, en citant les centres de planning familial, les psychologues de première ligne, les médecins traitants et l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle comme leviers d’information et de prévention. Il a aussi insisté sur la formation des professionnels de santé et sur la question du ticket modérateur, qui relève encore d’une négociation avec le niveau fédéral, tout en évoquant des difficultés persistantes en matière d’accessibilité et de personnel.
L’aggravation de la pénurie de médecins en zone rurale suite à un taux de réussite à l’examen d’entrée historiquement bas et les mesures du gouvernement pour y faire face
François Desquesnes a dénoncé l’aggravation de la pénurie de médecins en Wallonie, en particulier dans les communes rurales, en soulignant que 145 communes sur 252 sont désormais en situation de pénurie et que le taux de réussite à l’examen d’entrée en médecine reste insuffisant au regard des besoins. Il a estimé que le système de quotas risque d’accentuer la sous-offre de soins et d’aboutir à une médecine à deux vitesses, notamment en raison du nombre d’étudiants étrangers parmi les admis. Il a interrogé la ministre sur l’appréciation de ces résultats et sur les mesures envisagées pour augmenter le nombre de médecins disponibles en Wallonie.