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ActualitéWalloniemercredi 25 mars 2026

La recrudescence des cas de tuberculose en Wallonie

Synthèse

Caroline Taquin a alerté sur une hausse des cas de tuberculose en Belgique et en Wallonie, en soulignant les lacunes de prévention, de dépistage et de suivi, ainsi que la nécessité de collaborations concrètes entre la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et le Fédéral. Yves Coppieters a répondu que l’incidence reste globalement en baisse sur le long terme, avec une légère hausse en 2024 autour de 6 cas pour 100 000 habitants, et a rappelé le rôle de l’AViQ pour la surveillance épidémiologique et du FARES pour la prise en charge et le suivi des contacts. Il a insisté sur les facteurs de risque liés à la précarité, à la densité urbaine et au contexte international, tout en signalant des difficultés fédérales liées au remboursement des médicaments et le risque croissant de résistances aux antibiotiques. La députée a conclu en appelant à mobiliser tous les leviers de santé publique et de lutte contre la pauvreté afin de limiter la propagation de la maladie.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre, les derniers chiffres concernant les cas de tuberculose sont en augmentation, représentant une augmentation significative d’environ 10 % de cas en plus sur une année en Belgique. Cette recrudescence n’épargne absolument pas la Wallonie. Les professionnels et les associations alertent sur la situation et sur ses manquements en prévention, en dépistage et en suivi. Si le Fédéral est directement concerné, les entités fédérées le sont également. Comment évaluez-vous la situation? Avec quel suivi et quelle méthode pour la suivre de près? Quelles mesures de précaution et de prévention avez-vous activées ou envisagez-vous pour maîtriser la situation qui est une question de santé publique? Quelles collaborations concrètes – j’insiste sur «concrètes» – avez-vous avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et le Fédéral? Comme je le répète souvent, le ministre fédéral doit être un moteur dans beaucoup de domaines concernant la santé.

    Agressivité 68%Constructivité 64%Factuel 43%Émotionnel 63%
  2. Madame la Députée, je suis à moitié d’accord avec votre diagnostic épidémiologique puisqu’on observe une baisse de l’incidence, donc du nombre de nouveaux cas, de tuberculose en Belgique depuis déjà de nombreuses années. On est dans une prévalence de six cas pour 100 000 personnes ; ce sont les chiffres de 2024. Il y a donc une petite hausse en 2024, puis on va retrouver des incidences presque équivalentes d’avant la crise covid. Quels sont les facteurs de risque? La densité de la population et la paupérisation de la population – les grandes villes sont les plus touchées – puis toute une série de facteurs de risques particuliers liés au logement, à la précarité ou à des conditions comportementales particulières. Néanmoins, la responsabilité se trouve au niveau fédéral, par les médicaments. Le problème est que les médicaments ne sont plus complètement remboursés depuis 2026. C’est une réalité. Cela peut donc coûter plus cher pour les associations et les structures qui prennent en charge les malades. Cependant, au niveau de la Wallonie, on n’a pas à se cacher. La surveillance épidémiologique se fait par la Direction des maladies infectieuses de l’AViQ, puis la collaboration se fait avec le FARES, qui est bien une entité au niveau fédéral, qui s’occupe de la chimioprophylaxie, du traitement des malades, mais aussi du suivi de contacts, de l’entourage de ces malades qui doivent aussi être mis sous antibiotiques. Cette collaboration a dès lors les capacités de gérer le nombre de cas actuellement, voire de gérer une augmentation du nombre de cas. Je vous assure que ce n’est pas la situation épidémiologique pour l’instant. Ce n’est pas que l’on doit être rassurés, c’est qu’il y a des facteurs de paupérisation à l’échelle mondiale et des migrations. Le contexte mondial ne va pas nous aider par rapport à ces maladies infectieuses. Néanmoins, le système en Belgique existe et la surveillance existe. On a tout de même un petit problème à l’échelle mondiale: outre l’augmentation du prix des médicaments et le mauvais remboursement depuis 2026, c’est la résistance à cette chimioprophylaxie, aux antibiotiques. C’est une réalité liée au fait que les patients arrêtent leur traitement ou parce que des situations de guerre ou autres font que, dans le monde, les gens sont mal pris en charge. Ces situations pourraient revenir en Belgique, puisqu’on a déjà de la résistance médicamenteuse. Quoi qu’il en soit, votre question a le mérite de mettre en alerte et de se dire que le contexte macro et international ne va pas nous aider dans la gestion de type de maladie à l’avenir.

    Agressivité 46%Factuel 39%Émotionnel 48%
  3. Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour les précisions que vous avez apportées. Les chiffres, je ne les ai pas sucés de mon pouce. Il est quand même question de 900 nouveaux cas en Belgique. Cependant, chaque situation est à prendre en considération, d’autant plus que, comme vous l’avez mentionné, il est question de personnes fragilisées, de personnes éloignées des soins de santé. L’action de la Wallonie a dès lors tout son sens dans la prévention, le dépistage et l’accompagnement des soignants, en espérant qu’il n’y ait pas un chiffre noir au vu du public. Je demande donc d’activer tous les moyens, tant dans la matière santé que dans la lutte contre la pauvreté et la lutte contre les inégalités, pour qu’aucune personne ne puisse s’exposer au risque de cette maladie, qui ne fait pas partie du passé, comme vous le dites, mais qui risque de continuer à se développer et à augmenter. Je vous remercie déjà pour l’action que vous allez entreprendre.

    Constructivité 83%Factuel 62%Émotionnel 59%

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