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ActualitéWalloniemercredi 3 septembre 2025

La présence de la bactérie E. coli dans les maisons de repos

Synthèse

Les députées ont interrogé le ministre sur l’ampleur des contaminations à la bactérie STEC/E. coli dans les maisons de repos et les crèches, sur son origine probable, ainsi que sur la coordination entre l’AViQ, l’AFSCA et les autres acteurs sanitaires. Yves Coppieters a indiqué que la situation était sous contrôle, avec des cas confirmés dans plusieurs établissements en Wallonie, des chaînes de transmission rompues et des enquêtes toujours en cours pour identifier la source alimentaire, notamment via des analyses de lots suspects. Il a précisé que l’AFSCA contrôle la chaîne alimentaire, que l’AViQ supervise l’hygiène, l’isolement des malades et les mesures de protection, tandis que la communication relève des institutions concernées, sous supervision de l’AViQ et de l’ONE pour les crèches. Les intervenantes ont salué les réponses reçues et ont insisté sur la nécessité de rester à la fois rassurants et vigilants.

Débat · 5 interventions

  1. MJ
    Marie Jacqmin
    Les Engagés

    Monsieur le Ministre, en Flandre, plusieurs cas d’infections alimentaires dues à la bactérie STEC, une variante de la bactérie E. coli bien connue, ont été détectés. On apprend des contaminations parmi des membres du personnel soignant ainsi que dans des crèches. Actuellement, huit personnes sont décédées en Belgique. D’après différentes analyses dans les laboratoires, on peut s’apercevoir que la bactérie a le même sérotype, c’est-à-dire qu’elle provient de la même source. C’est généralement par une contamination alimentaire qu’est transmise cette bactérie. Nous nous inquiétons, de même que toutes les familles des personnes résidant en maison de repos. C’est pour cela que je voulais vous interpeller sur le sujet aujourd’hui. D’après une analyse de l’AFSCA, cette contamination serait plutôt faite à un stade antérieur et donc probablement chez un fournisseur de ces maisons de repos et de ces crèches. Vous avez été très réactif puisque, dès qu’une première maison de repos a été contaminée en Wallonie, à Ottignies, vous vous êtes rendu sur place. Une autre maison de repos, en province de Namur, a été touchée et une personne est décédée en Wallonie. Si c’est bien l’AFSCA qui est en charge du contrôle de la chaîne alimentaire, l’AViQ est en charge de la santé en Wallonie. Les deux agences ont débloqué des équipes sur place afin de pouvoir mener une enquête et de faire des prélèvements. Pouvez-vous faire le point sur l’état de la situation dans les maisons de repos et les crèches? Combien sont-elles contaminées? Combien y a-t-il de contaminations? On sait que la contamination a lieu via la manipulation ou l’ingestion d’aliments. Pouvez-vous nous dire si des mesures sanitaires ont été prises en supplément? Enfin, comment se coordonnent l’AViQ et l’AFSCA dans ce dossier? Que déploie l’AViQ?

  2. Monsieur le Ministre, une alerte sanitaire secoue notre pays depuis maintenant plusieurs jours en raison de la présence de la bactérie STEC, E. coli producteur de shigatoxines. Les premiers cas ont été détectés en Flandre puis à Bruxelles et enfin en Wallonie, touchant d’abord des résidents et du personnel de maison de repos, avec des conséquences dramatiques pour certaines personnes. En Wallonie, plusieurs maisons de repos sont sous monitoring, avec des analyses en cours. On l’a appris ce matin, une crèche située à Rochefort a récemment communiqué un cas touchant un enfant. Dès lors, pouvez-vous faire le point sur les cas de contamination en Wallonie, puisque c’est cette partie du pays qui occupe toute notre attention? Pouvez-vous nous parler de l’origine de ces contaminations? Y a-t-il un lien entre les contaminations de Flandre, de Bruxelles et de Wallonie, entre maisons de repos et crèches? Cela nous indique que les contaminations ne se limitent pas à un public fragile en maison de repos, mais peuvent toucher d’autres populations et, en l’occurrence, les enfants. Qu’avez-vous directement mis en place pour faire face à cette crise? Quelles mesures ont-elles été mises en place par l’AViQ en matière d’inspection, de prévention et de communication? Étant donné que vous avez une communication avec le niveau fédéral, qui a la tutelle sur l’AFSCA, comment se coordonnent l’AFSCA et les différents services de nos administrations wallonnes?

    Agressivité 70%Constructivité 35%Factuel 40%Émotionnel 65%
  3. Mesdames les Députées, je comprends tout à fait l’inquiétude exprimée par vos questions ainsi que par les familles des personnes touchées. Nous sommes face à une épidémie d’une bactérie entraînant des gastro-entérites qui, la plupart du temps, sont asymptomatiques, voire même banales. Toutefois, chez les personnes fragilisées – les personnes âgées, les jeunes enfants, les personnes immunodéprimées, voire les femmes enceintes –, elle peut entraîner des formes graves et des formes hémolytiques de type dysenterie grave. La situation est sous contrôle. Il faut être tout à fait rassurant par rapport à l’ensemble des collectivités, si ce n’est qu’elles doivent être vigilantes. Les derniers chiffres datent de ce midi. La première maison de repos touchée en Région wallonne concerne Le Lothier à Ottignies, où huit personnes ont été contaminées par la bactérie, dont trois hospitalisées et une décédée. Au centre d’accueil de l’hôpital de Bouge, la STEC est confirmée sur l’ensemble des six cas, qui sont non hospitalisés à ce stade. La maison de repos de Bellefleur à Aubange compte cinq cas, mais c’est une toxi-infection alimentaire pour laquelle il n’est pas encore confirmé qu’il s’agit de la même souche. Depuis hier, la crèche «Graines de bambin» à Rochefort et la crèche «Mes p’tits copains d’abord» à Franc-Warêt comptent chacune un cas confirmé de STEC, mais la situation est sous contrôle. La collaboration entre l’AFSCA, l’AViQ et Sciensano nécessite d’identifier les sources. Les inspectrices et inspecteurs d’hygiène régionale se rendent dans les maisons de repos et dans les crèches afin de questionner les résidents et les familles pour connaître l’origine, qui est essentiellement alimentaire même si elle peut être environnementale. Le rôle commun de l’AViQ et de l’AFSCA est de déterminer les prélèvements alimentaires dans lesquels il y a des hypothèses de contamination. Étant donné qu’il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire, il est question de surveillance épidémiologique. L’AFSCA a parfois ce rôle de surveillance. Un échange d’informations se fait entre les deux structures. Je voudrais mettre en avant la qualité de la collaboration avec Sciensano avec lequel les bulletins épidémiologiques sont réalisés. La communication n’est pas du ressort de l’AViQ et de l’AFSCA, mais bien des institutions touchées, à savoir les maisons de repos et les crèches. Ce sont elles qui assurent la communication envers les familles, qui expliquent les risques et qui indiquent les mesures de protection et de prévention mises en place. L’AViQ et désormais l’ONE sont responsables de la supervision de la communication des institutions. Les mesures d’hygiène ont été renforcées. Il existe des protocoles internes dans les institutions en cas d’épidémie infectieuse. L’AViQ est là pour superviser ces protocoles. Il s’agit de la mise en isolement des malades – comme cela a été fait directement – qui est contrôlée par l’AViQ. Il s’agit aussi de la mise à disposition des protections individuelles, comme les blouses, les gants, et cetera. L’hygiène est importante, car c’est une maladie fécoorale. C’est pour cela que l’on craint que, dans les crèches, avec les enfants, les transmissions soient beaucoup plus rapides que dans les maisons de repos. En termes de mesures d’hygiène, l’AFSCA assure le contrôle des cuisines et de la manipulation des aliments. Nous assurons le contrôle par rapport à l’hygiène et aux mesures de protection individuelle. Les chaînes de transmission sont actuellement cassées et la situation est tout à fait stable. Les enquêtes sur les sources sont en cours. En Flandre, on a incriminé du filet américain et des fromages non pasteurisés. Chez nous, c’est aussi du filet américain qui a été incriminé. Des lots autour des 18 et 19 août seraient l’origine. Pour les crèches, des hamburgers congelés sont la source incriminée. L’AFSCA est en train de remonter les origines. Une fois que l’on aura plus d’informations, on vous tiendra au courant. Il faut être rassurant et vigilant dans ces collectivités.

    Agressivité 39%Émotionnel 36%
  4. MJ
    Marie Jacqmin
    Les Engagés

    Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour votre réponse très précise et pour toutes ces énumérations. Vous avez été rassurant et vous avez indiqué que la situation est sous contrôle. C’est le message que l’on doit porter ici. Vous l’avez également dit, les chaînes de transmission sont cassées. Il s’agit d’un nouvel élément rassurant. Concernant les sources de contamination, toute la lumière va être faite. J’espère de tout cœur que l’on pourra les trouver afin qu’une telle situation ne se reproduise pas. Le maître-mot, c’est bien de rassurer toutes les familles concernées.

    Constructivité 95%Factuel 88%
  5. Merci, Monsieur le Ministre, pour vos nombreuses réponses. Soyons rassurants et vigilants. Ce doit être un mot d’ordre dans cette gestion de crise. J’entends que les chaînes de transmission sont cassées. C’est une très bonne nouvelle. Les analyses sont toujours en cours à certains endroits. Derrière les chiffres évoqués ici, n’oublions jamais qu’il y a des personnes, des familles. On devait aussi parler des cas bien tristes de toutes les personnes touchées par cette crise. Vous avez rappelé le rôle essentiel de la communication. Je suis tout à fait d’accord avec vous. Merci de rappeler que celle-ci est de la responsabilité des maisons de repos et à présent des crèches, et d’avoir bien rappelé les missions de l’AViQ et de l’AFSCA. En ce qui concerne l’AViQ, j’ai envie de dire: bravo. Depuis la crise du covid, on a vu les choses s’améliorer. Elle faisait déjà de l’excellent travail, et j’ai l’impression que tout a été upgradé ces derniers temps. Merci pour cette excellente collaboration qui se met en place pour gérer ces crises. C’est un dossier que l’on continuera à suivre ensemble. Espérons que tout rentre dans l’ordre le plus rapidement possible.

    Constructivité 89%Factuel 51%

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