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ActualitéWalloniemercredi 6 novembre 2024

La manifestation du secteur non marchand et les revendications des travailleuses et travailleurs du secteur à l’égard du Gouvernement wallon

Synthèse

Les députées ont relayé l’inquiétude du secteur non marchand, en particulier des maisons de repos, dénonçant le manque de moyens, d’effectifs, la dégradation de la qualité des soins, des dérives dans la répartition des tâches et un circuit médicamenteux jugé problématique. Elles ont demandé des mesures rapides pour rendre les professions plus tenables et attractives, ainsi qu’une clarification sur les orientations du Gouvernement wallon, allant jusqu’à évoquer la question des normes d’encadrement et de la compétence des maisons de repos. Yves Coppieters a indiqué avoir déjà rencontré syndicats, employeurs et gestionnaires, rappelé que les accords 2021-2024 doivent être évalués avant la préparation d’un nouvel accord plus ambitieux en deuxième partie de législature, et mis en avant les pistes de revalorisation salariale, d’extension de l’IFIC et d’adaptation des normes d’encadrement. Il a reconnu la gravité de la situation dans les maisons de repos, tout en soulignant la nécessité de concertation et de moyens budgétaires compatibles avec les contraintes des structures.

Débat · 5 interventions

  1. Monsieur le Ministre, demain aura lieu la manifestation en front commun du secteur non marchand, secteur en difficulté et en souffrance ; ce secteur manque de moyens et d’effectifs. Je vais m’attarder surtout sur les maisons de repos qui ont toutes ces difficultés, plus une aggravation de la qualité des soins ces derniers temps. Vous avez hérité d’un secteur qui va très mal. Cependant, nous constatons que vous continuez cette politique des trois singes. Vous avez au minimum trois groupes qui sont en train d’imposer de nouvelles démarches de soins. Certains groupes demandent aux techniciennes de surface d’effectuer des toilettes. On est bien d’accord que les toilettes, qu’elles soient partielles ou complètes, doivent être faites avec quelqu’un qui a un visa, et pas du tout des techniciennes de surface. Certains établissements ont une infirmière pour plus de 100 résidents. Ce sont des maisons de repos et de soins, ce ne sont pas des hôtels. Il ne suffit pas de mettre juste un petit concierge. Les gens ont besoin de soins et d’une équipe pluridisciplinaire. Il se dit que, dans le futur, il y aura des maisons de repos où il n’y aura qu’une infirmière. Cela existe déjà, cela s’appelle des résidences de services où vous pouvez mettre des éducateurs A2. Cependant, nos bénéficiaires sont malades et de plus en plus dépendants. Vous avez de plus en plus de cas psychiatriques et des troubles de comportement. Nous avons besoin d’effectifs et d’équipes pluridisciplinaires. J’insiste sur ce point. Vous avez un circuit médicamenteux catastrophique, puisque l’on ne sait même plus dire qui distribue réellement des médicaments. Ces groupes ont complètement supprimé le noyau. Le plus important, c’est d’évaluer l’état du patient avant de donner un médicament. Les médicaments sont mis sur des plateaux et distribués comme si c’étaient des chiques. On se demande ce que fait l’AViQ. Pourquoi ne pose-t-on pas la question de qui distribue les médicaments dans ces sites? C’est très important. On parle de pénurie. Pourtant, dans ces maisons de repos, on retrouve des infirmiers et des soignants en cuisine en train de s’occuper des casseroles. L’INAMI ne nous paye pas pour s’occuper des casseroles, mais pour être au chevet du patient. Cela a-t-il un lien avec la souplesse des fonctions? On se pose la question. Allez-vous arrêter cette politique des trois singes?

  2. Monsieur le Ministre, ce n’est pas à vous que je dois rappeler que le secteur du non-marchand est vital, car il nous aide à vivre et à mieux vivre. Ma collègue a dépeint une partie de la réalité de ce secteur qui est fortement inquiet, notamment par les déclarations faites dans ce Parlement ou par celles dont ils ont eu écho. J’ai envie de reprendre leur phrase texto: ils veulent des professions qui sont tenables et attractives. Ce malaise va s’exprimer demain dans la rue, plus de 10 000 personnes sont attendues. Qu’avez-vous fait pour les rassurer à ce stade?

    Agressivité 53%Émotionnel 71%
  3. Mesdames les Députées, la manifestation aura lieu demain et c’est très bien. J’ai déjà rencontré toute une série de représentants des parties prenantes à ce sujet. Vous savez que les accords du nonmarchand 2021-2024 doivent être évalués dans la première partie de cette législature, pour évaluer les effets qualitatifs et les effets sur l’emploi de ces différents secteurs. L’objectif est d’avoir l’élaboration du nouvel accord du non-marchand dans la deuxième moitié de la législature et des mesures beaucoup plus ambitieuses. Dans cette première partie, j’ai déjà rencontré les représentants syndicaux. Mon cabinet et moi-même avons aussi rencontré les employeurs et les gestionnaires pour traiter des situations urgentes. Toutefois, c’est ce processus de concertation qui nous amènera dans ces nouveaux accords dans cette deuxième partie. C’est vrai, la situation des professionnels accompagnants, des professionnels de soins, surtout dans certaines parties du pays, est tout à fait dramatique dans les maisons de repos. Cependant, ce n’est pas que dans les maisons de repos, c’est dans les autres structures de soins aussi en général. Les accords du non-marchand 2021-2024 ont déjà amené des améliorations et c’est ce que l’on veut évaluer par rapport à la revalorisation de barèmes, par rapport à la réforme IFIC, qui doit encore être étendue à d’autres types de métiers, par rapport à la possibilité de financer d’autres types de postes pour compenser les pénuries ou en tout cas les charges de travail importantes, ou par rapport, à faire des transferts de fonctions entre les métiers. C’est tout cela que l’on doit évaluer et nous devons aller beaucoup plus loin dans les prochains accords. Toutefois, le nœud du problème reste la revalorisation des barèmes des professions et la revalorisation salariale. On est dans cette réflexion pour l’instant. Je ne suis pas en train de laisser tomber la situation des maisons de repos; on a rencontré les fédérations et l’on est en train de mettre en place ce processus de concertation avec eux. Je vous rappelle que l’on a une ambition sur la réforme des normes d’encadrement. Cela prend du temps parce qu’il faut de la consultation et qu’il faut aussi être raisonnable avec les moyens que l’on a et ce que l’on peut imposer aux structures. Je vous rassure, je ne suis pas quelqu’un qui va mettre à mal ce type de structure, mais je suis aussi quelqu’un avec un cabinet et je sais que l’ensemble de mes collaborateurs veulent aussi être innovants par rapport à ce que l’on peut proposer, être innovants aussi entre cette offre en collectivité et d’autres offres alternatives qui pourraient diminuer leur charge de travail.

    Agressivité 70%Constructivité 58%Factuel 51%Émotionnel 46%
  4. Monsieur le Ministre, vous allez revoir les normes d’encadrement. Nous sommes aussi en attente de ce projet de revoir les normes d’encadrement. Cependant, ce que l’on entend surtout, c’est que vous voulez augmenter les subsides et les agréments pour le privé, alors que nous voulons de l’effectif. Augmenter les subsides, s’il n’y a pas l’effectif, cela ne va pas. Il faut améliorer les conditions de travail. Des infirmiers qui font la vaisselle, cela ne va pas les encourager à rester dans le métier, ils vont quitter le métier. Il faut d’abord garder les gens en place, améliorer les conditions de travail. Je voulais aussi ajouter que, pendant votre programme électoral, vous avez parlé de transférer la compétence des maisons de repos au Fédéral. (Réactions dans l’assemblée) Excusez-moi, mais chez Les Engagés vous parliez de cela; à moins que vous ayez oublié votre programme. Si la Région wallonne n’est plus apte à gérer les maisons de repos, transférez la compétence, parce qu’avoir un projet de faire appel à des plateformes ou des infirmiers indépendants et avoir des soins à l’acte, cela ne va pas non plus. Les citoyens ont droit à un meilleur service.

    Agressivité 75%Émotionnel 68%
  5. Le secteur du non-marchand est un secteur très large et très complexe. Il ne faudrait dès lors pas oublier tout le reste du secteur non marchand. J’entends bien votre réponse, mais j’essayais d’attirer votre attention sur le fait que les acteurs du secteur sont fort inquiets. Quand vous annoncez des dates comme 2027 pour de nouveaux accords du non-marchand, ils vont être encore plus inquiets. Vous n’êtes pas en train de calmer la colère qui va s’exprimer, ou en tout cas a minima le malaise qui s’exprimera dans les rues demain; 2027, c’est trop tard.

    Agressivité 94%Émotionnel 91%

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