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ActualitéWalloniemercredi 14 mai 2025

L’avenir des maisons de repos du groupe Korian et de leur personnel

Synthèse

Rachida Aït Alouha a interpellé le ministre sur l’avenir de Korian/Clariane en Belgique, après l’annonce d’une possible vente puis du retrait de l’acheteur, en soulignant l’inquiétude des 9 000 travailleurs, les mois d’incertitude, le sous-effectif et la demande de garanties sur l’emploi et le financement salarial. Yves Coppieters a indiqué que la maison-mère avait renoncé à vendre les filiales belge et néerlandaise, ce qui permet selon lui d’envisager une stabilité à moyen et long termes pour les institutions, le personnel et la continuité des soins, sans qu’il juge nécessaire de recevoir les dirigeants. La députée a pris acte de cette réponse rassurante, tout en estimant qu’il faut désormais des engagements concrets sur les recrutements et une révision des normes d’encadrement dans les maisons de repos, qu’elles soient privées ou publiques.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre, il y a quelques mois, on parlait d’ORPEA, que l’on appelle aujourd’hui Emeis, qui présentait son plan Renault. Aujourd’hui, c’est au tour de Korian, désormais appelé Clariane. Korian, c’est 9 000 travailleurs au niveau de la Belgique et une trentaine de sites au niveau de la Wallonie. Ces 9 000 travailleurs sont, depuis presque un an et demi, inquiets, et stressent parce qu’ils ne savent pas du tout ce que va devenir leur entreprise. Il y a plus d’un an et demi, on les a informés brutalement qu’il n’y avait aucun moyen que la filiale belge survive ici, et qu’il fallait absolument vendre. Hier, on les a informés que, finalement, l’acheteur s’était désisté, et que donc ils allaient rester, et que la filiale belge allait même devenir autonome par rapport à la maison-mère parisienne. Les travailleurs sont encore plus inquiets. Ils se demandent à quelle sauce ils vont être mangés, ce qu’ils vont devenir. C’est une situation bizarre. Du jour au lendemain, il n’y a plus de souci et ils vont rester. Ce que l’on demande, ce que demandent les travailleurs, ce que demandent les syndicats, ce sont des engagements, des garanties par rapport aux travailleurs. Cela fait plus d’un an et demi qu’ils travaillent en sous-effectif, en totale austérité, justement parce qu’ils ne savaient pas ce qu’ils allaient devenir. La souffrance est là pour eux et pour les aînés. Monsieur le Ministre, nos questions sont bien simples. Avez-vous eu écho de ce qui s’est passé récemment, notamment de cette déclaration, de cette annonce? Avez-vous reçu ou allez-vous recevoir les dirigeants de l’entreprise? Si vous allez les recevoir, nous vous demandons d’insister sur la garantie de l’emploi pour tous les ouvriers et les employés. Nous vous demandons aussi une garantie de financement salarial. Si toutes ces conditions sont réunies, le bien-être de nos résidents sera garanti. Monsieur le Ministre, il faut donc absolument rassurer les travailleurs et avoir des réponses claires et nettes.

    Factuel 41%
  2. Madame la Députée, Clariane est un groupe européen spécialisé dans les soins et la santé pour les pathologies de longue durée. On la retrouve dans six pays ; la filiale belge est Korian Belgique. Clariane, la maison-mère, a déposé en 2023 une restructuration financière dans laquelle ils avaient des ambitions beaucoup plus fortes pour dégager des fonds propres, pour restructurer leur planification financière. Ils avaient envisagé la cession de Korian Belgique et Korian Pays-Bas, deux de leurs filiales. Des échanges ont en effet eu lieu avec des partenaires privés pour envisager la vente de ces filières. Je donnerai les chiffres tout à l’heure. Nous avons suivi le dossier puisque nous suivons tous ces risques de cession au sein des grands groupes. Nous avons été rassurés puisque hier – c’est tout récent – le conseil d’administration nous a confirmé qu’il n’y avait plus aucune volonté de vendre les filiales belge et des Pays-Bas. Dès lors, on peut être complètement rassurés et l’on est de nouveau repartis pour une vision à moyen et long termes. Je vous rappelle que cela concerne 34 institutions en Wallonie, plus ou moins 4 000 travailleurs. Sur l’ensemble de la Belgique, ce sont environ 110 institutions. On peut dès lors complètement rassurer le personnel, les institutions: la qualité, l’encadrement, tout continue de la même manière. Je ne vais a priori pas recevoir les responsables de ce groupe, puisque les nouvelles sont tout à fait rassurantes. Je travaillerai avec l’administration pour m’assurer que la continuité des soins, l’accessibilité et les conditions pour les résidents restent toujours les mêmes. Je vous remercie.

  3. Monsieur le Ministre, c’est rassurant. J’espère que les travailleurs vont écouter et qu’ils seront rassurés, mais il ne faut absolument pas continuer de la même manière. Depuis un an et demi, ils sont en sous-effectif et le service n’y est pas. Les gens ont fui le groupe. Il faut absolument des engagements. Il y a eu une certaine souplesse parce que l’on ne savait pas vraiment où l’on allait, mais si la décision est claire et nette, il faut engager. Ensuite, le point commun entre ces maisons de repos, ces groupes et multinationales – on en a parlé hier en commission – et les maisons de repos publiques, ce sont les normes. Il faut absolument changer ces normes. Les institutions ne sont plus vivables. On a parlé de la résidence à Tournai, bientôt ce sera à SaintNicolas. Il y a un gros problème. Les maisons de repos, qu’elles soient privées ou publiques, c’est le même vécu: l’austérité. On ne peut plus travailler avec les normes actuelles, il faut les augmenter. Sur ce point, la fédération patronale, les syndicats, tout le monde est d’accord, mais il faut le faire et pour cela il faut un choix politique. Les aînés doivent être une cause nationale et l’on n’y est pas encore.

    Agressivité 53%Constructivité 36%Factuel 44%Émotionnel 58%

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