La hausse vertigineuse des prix des maisons de repos
Les députées ont dénoncé la forte hausse du coût des maisons de repos, en s’appuyant sur des chiffres de Solidaris et sur des cas concrets où la pension ne suffit plus à couvrir les frais, en particulier dans le privé. Elles ont demandé des mesures pour encadrer les prix, rendre la facturation plus transparente, limiter les écarts entre établissements et garantir l’accès aux aînés les plus vulnérables, notamment via un renforcement du secteur public et de l’assurance autonomie. Yves Coppieters a expliqué que l’augmentation résulte בעיקר de l’indexation salariale, de la hausse des coûts immobiliers, des compensations post-Covid et des investissements dans les équipements, tout en soulignant la disparition des petites structures et la multiplication des services additionnels. Il a rappelé l’existence d’un cadre wallon limitant les hausses à 5 % par an hors indexation et a plaidé pour une réforme du financement, une régulation accrue du privé, un meilleur contrôle des marges des grands groupes et un renforcement de l’APA pour les personnes en précarité.
Débat · 7 interventions
- JAJamila AmmiPTB
Monsieur le Ministre, avez-vous lu dernièrement dans la presse l’histoire de cette famille qui voulait installer leur maman de 79 ans dans une maison de repos ? Ils ont dû y renoncer, car sa pension de 1 700 euros ne couvrait pas le loyer mensuel de 4 000 euros demandés par la maison de repos. Je peux vous parler aussi d’une voisine dont ses cinq enfants doivent mettre 150 euros chacun en plus de la pension pour pouvoir payer cette maison de repos. Une étude de Solidaris vient de nous montrer que les maisons de repos privées ont augmenté de 50 % ces 10 dernières années. La pension a-t-elle augmenté aussi de 50 % ces 10 dernières années? (Réactions dans l’assemblée) Malgré tout, on la paye aussi. Cette augmentation m’étonnerait parce qu’on le saurait. La même étude reprend le prix du secteur public qui financièrement est abordable pour les maisons de repos. Malheureusement, il n’y a pas assez de places pour faire face à la demande. On sait que les maisons de repos reçoivent des subsides, comme le salaire du personnel soignant qui est financé à plus ou moins 80 % par la sécurité sociale et par les pouvoirs publics. Notre argent, quoi! Il y a aussi d’autres subsides, comme une partie de la structure, les protections ou encore les vêtements du personnel. Dès lors, comment osent-ils encore demander des prix aussi élevés aux résidents avec tous ces subsides? Monsieur le Ministre, nos aînés ne sont pas des pompes à fric. Ils ont travaillé toute une vie. Ils méritent l’accès aux maisons de repos à des prix abordables. Qu’allez-vous faire pour y arriver?
- SR
Monsieur le Ministre, l’étude de Solidaris, dernièrement actualisée au sujet du prix de l’hébergement dans nos maisons de repos, met en lumière une réalité assez préoccupante pour bon nombre de nos aînés. En effet, on peut lire dans cette étude qu’en Wallonie – nous sommes un modèle, rappelons-le –, le coût mensuel d’une maison de repos gérée par le public peut atteindre parfois jusqu’à 2 000 euros et avec une augmentation assez impressionnante de 50 % sur moins de 10 ans pour les maisons de repos qui sont gérées par le secteur privé. Monsieur le Ministre, on peut s’en rendre compte très rapidement, cette augmentation tarifaire ne permet pas à l’ensemble de nos aînés de bénéficier de cet encadrement en maison de repos. D’autant plus que quand on est une femme, parce qu’on le sait, les pensions de femmes sont souvent plus faibles que les pensions des hommes. Avez-vous pu prendre connaissance de cette étude actualisée dernièrement par Solidaris? Ce dont je ne doute pas. Que pensez-vous de certaines de leurs propositions? Par exemple, la mise en place d’un guichet unique pour nos aînés et aussi d’un encadrement différent de la facturation avec une facturation plus transparente et maximale qui serait calculée en fonction du revenu des résidents.
- GLGeneviève LazaronLes Engagés
Monsieur le Ministre, je vais un peu répéter ce qui vient de se dire. Un article de presse du 23 janvier dernier révèle cette préoccupante augmentation des prix pratiqués en maisons de repos. Ils ont bondi de 40 % en 10 ans. Si à Bruxelles les prix des frais liés à une place en maison de repos tournent autour de 2 000 euros, en Wallonie on estime qu’ils tournent aux alentours de 1 850 euros. Ce montant dépasse largement le montant de la pension de pratiquement 50 % des Wallons. On note aussi des variations très différentes entre les prix pratiqués entre les maisons de repos. Si des aînés plus chanceux peuvent profiter et bénéficier du soutien de leur famille pour combler le manque et assurer les frais, il n’en est pas de même pour tous nos aînés, certains sont donc privés d’accès en maison de repos. Or, terminer sa vie en maison de repos est souvent la dernière des solutions, c’est souvent lié à une recommandation médicale pour encadrer l’aîné dans les soins, pour lui assurer une fin de vie la plus paisible possible, en toute sécurité. Quelles sont les principales causes d’augmentation des prix? Les variations entre les prix pratiqués peuvent-elles être encadrées? Peut-on penser à des pistes pour limiter l’inflation et surtout garantir l’accès aux maisons de repos aux aînés les plus vulnérables?
Agressivité 81%Émotionnel 76% Mesdames les Députées, les causes de cette augmentation sont bien connues, c’est l’indexation salariale, l’augmentation des prix de l’immobilier, les compensations des aides de la période postcovid et le prix des équipements et des infrastructures. On veut du personnel et des équipements, mais on n’accepte pas les augmentations des prix. Allez regarder un rapport très intéressant de l’AViQ, qui a couvert la période 2016-2022, pour essayer de comprendre les raisons de ces augmentations de prix. On observe que les petites maisons de repos disparaissent. C’est là que les prix étaient les plus faibles. On observe qu’il y a de plus en plus de chambres privées, mieux aménagées, mieux équipées. On observe qu’il y a toute une série de services complémentaires, la TV, et cetera, qui sont additionnés dans le service. Il y a aussi tout un secteur privé, non régulé par le public, qui utilise des prix à leur guise. En Wallonie, l’augmentation des prix est régulée puisque c’est le Code wallon de l’action sociale de la santé qui le définit. On ne peut pas augmenter le prix des maisons de repos de plus de 5 % par an en dehors de l’indexation, le prix de départ étant fixé par le gestionnaire et suivi par l’AViQ. Que peut-on faire concrètement? Il y a toute une série de solutions à envisager. Il faut réformer complètement le financement des maisons de repos, j’en suis persuadé. Il faut une meilleure régulation dans le secteur privé. Il faut mieux contrôler et réguler les marges bénéficiaires des grands groupes internationaux. Il faut, au niveau plus méso, mettre plus en avant l’APA, l’assurance des personnes âgées. C’est cette assurance qui doit compenser, pour les personnes en précarité, la différence, la marge de prix qu’ils ne savent pas compenser. Puis, il y a toute une série de mesures pour réguler le secteur privé. C’est une préoccupation importante. Je ne suis pas du tout exhaustif dans toutes les mesures que l’on peut envisager. Croyez-moi, ce sera une préoccupation majeure. Heureusement, on a un cadre réglementaire qui nous définit ce que l’on peut et ce que l’on ne peut pas faire. En effet, le secteur doit être nettement plus régulé, et on va s’y atteler.
- JAJamila AmmiPTB
Monsieur le Ministre, vous avez la possibilité d’ajuster et publier les prix des maisons de repos et de soins pour qu’elles deviennent abordables. Pour le PTB, les prix ne devraient pas dépasser le montant de la pension. Votre parti pourrait travailler à ce que l’on ait de meilleures pensions. Vous avez la possibilité aussi d’augmenter l’offre des places dans le secteur public. Qu’attendez-vous pour le faire ? Nos aînés ne sont pas des vaches à lait pour les actionnaires.
Agressivité 69%Constructivité 60%Factuel 54%Émotionnel 73% - SR
Monsieur le Ministre, je pense que le problème est complexe et que l’on ne va pas le réguler ou lui trouver une solution d’un coup de cuillère à pot. Ce qu’il faut, c’est impérativement rencontrer le secteur qui travaille au niveau des maisons de repos. Il n’y a pas de solution magique, malheureusement, mais les données et les recommandations qui émanent de Solidaris sont précieuses. Vous devez vous en inspirer en plus des rencontres que vous allez pouvoir organiser durant cette législature. C’est aujourd’hui que l’on prépare demain. Aujourd’hui, c’est déjà particulièrement cher. La démographie est ce qu’elle est et la prise en charge quand on arrive en maison de repos est toujours plus difficile. J’entends qu’il y a les mécanismes que l’on connaît. Les prix augmentent partout et il y a des répercussions, il faudrait être sourd pour ne pas l’entendre. Vraiment, il faut absolument travailler à une facture qui est encadrée, qui est transparente et qui est limitée aux revenus des résidents. Sans cela, on court à la catastrophe avec le vieillissement de notre population.
Agressivité 73%Factuel 63%Émotionnel 66% - GLGeneviève LazaronLes Engagés
Merci à M. le Ministre pour les réponses apportées. Que l’augmentation des prix soit liée à l’augmentation du prix de l’énergie, des denrées alimentaires, de l’équipement, comme vous avez cité encore d’autres exemples, on le conçoit bien. Par contre, il est de notre devoir d’institution de services publics de mettre tout en œuvre pour assurer des places abordables à tous les aînés qui en ont besoin. Effectivement, il n’existe pas de baguette magique. On ne va peut-être pas régler très rapidement. Par contre, comme chaque aîné a le droit de vivre dans la dignité et de terminer sa vie dans la dignité, pourquoi ne pas mettre en œuvre, peut-être le plus rapidement possible, l’assurance autonomie, à laquelle Les Engagés tiennent énormément, qui pourrait déjà être une bonne piste de solution à tous ces problèmes?
Agressivité 61%Constructivité 77%Factuel 51%Émotionnel 69%
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