Les difficultés du secteur des maisons de repos deux ans après le scandale du groupe ORPEA
Jamila Ammi a dénoncé les conditions de prise en charge dans certaines maisons de repos, les effets d’une logique commerciale, la pénurie de personnel et le coût élevé pour les résidents, en reliant ces dérives au risque de nouveaux scandales de type ORPEA. Yves Coppieters a répondu qu’il ne fallait pas amalgamer la situation des EHPAD français et celle de la Wallonie, a rappelé le suivi de dix maisons de repos après le scandale ORPEA et a souligné qu’une campagne de sensibilisation avait été menée pour améliorer l’image du secteur. Il a estimé que la pénurie de personnel et la difficulté de recrutement sont liées à cette image dégradée et a plaidé pour une revalorisation des métiers, une révision des normes d’encadrement et le renforcement de la formation, en concertation avec la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Débat · 3 interventions
- JAJamila AmmiPTB
Monsieur le Ministre, voici ce que l’on a pu lire dernièrement dans les journaux : « Je préfère être euthanasié que d’aller en maison de repos ». Si, aujourd’hui, je vous interpelle, c’est parce que moi-même je suis aide-soignante en maison de repos. Les personnes âgées entendent que, en vivant en maison de repos, elles peuvent rester des heures dans une protection souillée, vivre des moments de privation de nourriture, qu’elles peuvent rester dans une chaise face à un mur pendant des heures, qu’elles peuvent ne pas trouver de personnel dans les couloirs, par manque, justement, de personnel, que les prix des maisons de repos sont plus élevés que leur pension. On sait que plus c’est commercial, moins on s’occupe des résidents. Votre déclaration de politique régionale semble tendre vers cela. Si vous faites ce choix, Monsieur le Ministre, des scandales comme ORPEA, il y en aura d’autres encore. Monsieur le Ministre, allez-vous continuer dans cette logique commerciale?
Agressivité 81%Émotionnel 59% Madame la Députée, il ne faut pas faire d’amalgame entre la situation, d’il y a deux ans, au sein des EHPAD en France avec le groupe ORPEA et la situation des maisons de repos en Wallonie. Vous savez que, à la suite de ce scandale, 10 maisons de repos du groupe ont été suivies. Il y en a deux pour lesquelles il y a eu des recommandations en termes de changement. Les choses, sous l’ancienne législature, ont été très bien gérées à ce niveau-là. Toute cette problématique de la maltraitance en maison de repos en a donné une image très négative. Une campagne de sensibilisation a été menée pour redonner une image positive des milieux d’accueil collectif pour ces personnes en perte d’autonomie. Tout l’enjeu est de redorer cette image. Pourquoi? Parce que ces maisons de repos n’arrivent plus à recruter et souffrent ainsi d’un manque de personnel. Cette pénurie est aussi liée à cette image: on n’arrive plus à recruter des infirmiers, des kinés, des ostéos, des logopèdes. Lorsque ces gens arrivent dans les maisons de repos, ils ne restent pas. Surtout, beaucoup vont partir même en arrêt de maladie. Ces maisons de repos doivent donc payer du personnel complémentaire. Cela les met dans des situations très compliquées. Donc, il y a vraiment un problème de l’image, même si les chiffres d’utilisation des maisons de repos semblent avoir repris les normes d’avant la crise de la covid-19. Quoi qu’il en soit, la solution de la maltraitance, c’est la qualité du personnel et amener un personnel de qualité. Pour cela, il faut revoir les normes d’encadrement par rapport à ces maisons de repos. Cela fait partie des enjeux de la DPR. Il faut revaloriser ces métiers de service et d’aide aux personnes âgées. Je pense que c’est très important. Il y a également tout l’enjeu de la formation, de la formation passerelle pour que d’autres étudiants ou d’autres métiers puissent rentrer dans ces professions de l’aide aux personnes âgées. Il y a aussi tout l’enjeu de la revalorisation de la formation. Je dois en discuter avec ma collègue Elisabeth Degryse en Fédération Wallonie-Bruxelles, puisque les enjeux sont là aussi pour revaloriser cette profession, montrer que les métiers du soin ont toute leur place, surtout en ambulatoire, et que les besoins sont énormes? Il y a donc de la place en termes de métiers.
Agressivité 59%Constructivité 57%Factuel 60%Émotionnel 65%- JAJamila AmmiPTB
Il faut arrêter de considérer nos aînés qui ont bossé toute leur vie comme un coût et comme une marchandise. Nos aînés méritent le respect.
Émotionnel 45%
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