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ActualitéWalloniemercredi 18 décembre 2024

La lutte contre le surendettement et le report de soins

Synthèse

Anne Lambelin a alerté sur l’ampleur du report de soins en Belgique francophone, touchant surtout les femmes, les familles monoparentales, les seniors et les personnes en incapacité de travail, en lien avec des difficultés financières et le surendettement. Yves Coppieters a répondu que la lutte contre ces phénomènes est une priorité du Gouvernement et a évoqué plusieurs leviers : renforcement du tiers payant, lutte contre le déconventionnement, évaluation du maximum à facturer, développement de structures collectives et de première ligne, accès à la santé mentale et à la prévention. Il a aussi souligné que les frais de santé ne sont pas la principale cause du surendettement, mais que les coûts indirects et la précarité créent un cercle vicieux nécessitant une approche coordonnée avec le niveau fédéral et d’autres politiques, notamment le logement, l’énergie et la lutte contre la pauvreté.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre, 41 %, c’est la proportion de Belges francophones qui sont amenés à reporter des soins de santé. C’est en tout cas ce que montre une étude publiée par Solidaris ce 16 décembre. Cette étude a des résultats quelque peu interpellants puisque l’on voit que ce sont essentiellement des femmes et des familles monoparentales qui sont concernées. Selon cette étude, 50 % des femmes reporteraient leurs soins de santé, 40 % des séniors reporteraient leurs soins de santé et 63 % des personnes en incapacité de travail reporteraient leurs soins de santé. Les raisons sont essentiellement financières. Solidaris pointe la spirale infernale du surendettement comme l’une des raisons. Vous en conviendrez, il n’est absolument pas normal de devoir choisir entre se nourrir, se loger ou se soigner. Ce sont des besoins de première nécessité. Or, aujourd’hui, c’est pourtant une triste réalité. Monsieur le Ministre, je vous sais engagé à ce sujet. Vous vous êtes notamment engagé à poursuivre le travail qui a été entrepris par votre prédécesseure, Christie Morreale, sur la défense des familles monoparentales et la lutte contre le surendettement. Concrètement, comment la Wallonie va-t-elle lutter contre ce surendettement? Comment allons-nous également lutter contre ces reports de soins, de plus en plus fréquents? Quelle concertation est prévue avec le niveau fédéral pour arriver à bout de ce fléau?

    Agressivité 46%Émotionnel 36%
  2. Madame la Députée, vous savez que la lutte contre le surendettement et le report des soins est une grande priorité de notre Gouvernement. Concernant le report des soins, il s’agit essentiellement d’une réflexion à l’échelle de la sécurité sociale. Il faut donc que, avec le futur partenaire du niveau fédéral, nous ayons une réflexion parce que les mécanismes sont assez clairs. Il faut favoriser l’obligation du tiers payant pour les soins les plus chers et les soins ambulatoires, en l’occurrence. Il faut lutter contre le déconventionnement de nos prestataires. Malheureusement, il y a une petite épidémie de déconventionnement actuellement pour les kinés et d’autres prestataires, pour toute une série de raisons. C’est très important de maintenir la tarification. Il faut évaluer le mécanisme du maximum à facturer pour ces populations plus vulnérables, plus fragiles et voir l’efficacité de ce mécanisme. Il faut travailler sur les approches collectives des soins de santé. Je parle ici des maisons médicales ou des maisons collectives qui accueillent des publics plus fragilisés. En Région wallonne, il y aura quatre ou cinq nouvelles maisons médicales qui auront leur agrément en 2025. Il faut favoriser l’accessibilité à la santé mentale, aux centres de planning familial et autres structures de première ligne et, bien sûr, travailler sur la prévention. Concernant le surendettement, ce ne sont pas les soins de santé qui participent le plus au surendettement. Le problème dans les frais médicaux, c’est ce que l’on appelle les frais catastrophiques, c’est-à-dire tous les frais complémentaires de transport et autres en parallèle à ces soins. C’est cela qui coûte très cher. C’est vrai que lorsqu’on regarde par rapport aux familles les plus précarisées, ce ne sont pas les soins de santé qui contribuent le plus à la difficulté financière. Mais, c’est clair qu’on est dans un cercle vicieux où l’on va quand même reporter des soins par rapport à cela. Il faut une approche globale et intégrée qui vienne de moi, par rapport à la santé, mais je regarde également mes collègues du Gouvernement parce que cela doit être concerté avec le logement, l’énergie, les dimensions de la sécurité sociale. On doit travailler sur les aspects préventifs de la santé, bien sûr, mais aussi préventifs par rapport à l’aspect économique. Je termine avec le futur plan de lutte contre la pauvreté qui pourra y contribuer.

  3. Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour vos éléments de réponse. Effectivement, outre le financement existant des acteurs de prévention en santé, il y a un tas d’actions à mener de manière concertée avec tous les secteurs. C’est bien un cercle vicieux qui s’installe lorsque l’on est déjà victime de surendettement. Face à un surendettement, les choses ne font que se dégrader et le recours aux soins de santé est finalement oublié et on laisse cela de côté. Or, in fine, cela retombe sur la sécurité sociale et un cercle vicieux qui s’installe. Cette sécurité sociale constitue un outil formidable auquel tous les citoyens doivent pouvoir accéder. Il y a un vrai travail à effectuer en concertation avec le Fédéral. Vous avez également parlé de lutte contre la pauvreté. Il faudra aussi avoir un focus – c’est essentiel à nos yeux – sur les femmes et sur les familles monoparentales. Un vrai travail avait été entrepris par votre prédécesseure. Nous reviendrons régulièrement pour voir comment vous poursuivez cela.

    Agressivité 41%

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