L’action du Gouvernement par rapport à la surconsommation d’antidépresseurs
Bénédicte Linard a alerté sur l’augmentation de la consommation d’antidépresseurs en Belgique, notamment chez les bénéficiaires BIM et les femmes, ainsi que sur la place croissante des médecins généralistes dans les prescriptions, y voyant un possible manque d’accessibilité à la première ligne psychologique et psychiatrique. Elle a interrogé le ministre sur un renforcement éventuel de la convention fédérale de soins psychologiques et sur des moyens supplémentaires pour la Wallonie. Yves Coppieters a indiqué que 14 % des Belges ont déjà pris des antidépresseurs, que la priorité porte sur la durée des traitements plutôt que sur leur volume, et a rappelé que les prescriptions ont diminué de 50 % en dix ans; il a refusé un financement régional de la convention, la jugeant fédérale, et a mis en avant les mesures urgentes en santé mentale, le travail en réseau et un groupe de travail sur les maisons de repos attendu pour juin 2026. Linard a insisté en réponse sur la nécessité de renforcer l’accès des jeunes aux soins psychologiques de première ligne et de coordonner l’action entre les différents niveaux de pouvoir.
Débat · 3 interventions
- BLBénédicte LinardEcolo
Monsieur le Ministre, dans leur dernière étude, la Mutualité chrétienne et l’UGent ont établi une consommation globale accrue d’antidépresseurs en Belgique, surtout dans la durée. Cela touche particulièrement les personnes sous statut BIM et les femmes. En outre, ce sont de plus en plus souvent des généralistes qui prescrivent ces médicaments. Ceci pourrait être le signe d’une bonne confiance dans la première ligne de soins, mais aussi peut-être des manquements de la première ligne psychologique et psychiatrique, soit par manque d’accessibilité financière, soit par manque de disponibilité, vu l’explosion des difficultés en santé mentale. L’une des recommandations serait de renforcer – potentiellement financièrement – la convention de soins psychologiques qui existe entre le Fédéral et les Régions, laquelle permet d’avoir un remboursement de ces soins psychologiques de première ligne. Une telle mesure est-elle d’actualité? Des discussions sont-elles en cours avec le Fédéral? Allezvous mettre des moyens supplémentaires? Sinon, comment faire face, en Wallonie, à cette augmentation de la consommation d’antidépresseurs?
Agressivité 70%Constructivité 37%Factuel 35%Émotionnel 73% Madame la Députée, l’étude que vous évoquez est très intéressante puisque 14 % des Belges – c’est une photographie de 2023 –, ont déjà consommé au moins une fois des antidépresseurs. Ce qui est intéressant, c’est qu’environ 50 % d’entre eux ont une durée de consommation de plus de 15 mois. L’enjeu n’est pas la quantité, mais bien la longueur puisque, sur 10 ans, les prescriptions d’antidépresseurs ont diminué de 50 %. Il y a donc une évolution. Non, on ne va pas renforcer la convention de soins psychologiques de première ligne puisque c’est une convention fédérale dotée d’un financement fédéral. Ce n’est donc pas à la Région wallonne de financer cette convention. Par contre, on continue les MUSM – les mesures urgentes en santé mentale – puisqu’on renforce les structures de prise en charge psychiatrique à domicile que vous connaissez. On travaille beaucoup plus en réseau pour limiter les situations de crise, avoir une meilleure accessibilité pour les personnes en crise et, surtout, éviter les hospitalisations. Pour nous, tout l’enjeu, c’est la maison de repos; un groupe de travail doit définir, d’ici juin 2026, un référentiel de recommandations pour diminuer la consommation d’antidépresseurs en maisons de repos. Cela passe par un meilleur accompagnement et par la lutte contre l’isolement social, mais aussi par la mise en place d’une réflexion avec les médecins généralistes.
- BLBénédicte LinardEcolo
Monsieur le Ministre, je n’en ai évoqué qu’une seule parce que nous n’avons qu’une minute, mais il existe évidemment différentes pistes utiles. Aujourd’hui, différents publics ont besoin, et bien plus qu’avant, d’avoir accès à une première ligne de soins psychologiques, particulièrement les jeunes. Il y a un travail à mener là-dessus qui ne peut passer que par un travail de discussion et de collaboration avec les différents étages du pays puisque c’est comme cela en Belgique. Je vous à travailler avec ces différents étages, qu’il s’agisse de la Fédération WallonieBruxelles, du Fédéral ou de la Wallonie. Il y a du encore du travail, et l’on a bien besoin de soutenir les jeunes – même si j’ai bien entendu vos remarques sur les maisons de repos – face aux difficultés de santé mentale qu’ils rencontrent aujourd’hui.
Agressivité 86%Constructivité 69%Factuel 73%Émotionnel 94%
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