Le problème des troubles du comportement alimentaire
Bénédicte Linard a alerté sur la méconnaissance des troubles du comportement alimentaire, en particulier l’anorexie, la difficulté de détection par les professionnels, le manque de services spécialisés en Wallonie et les conséquences pour les familles et les jeunes patients. Yves Coppieters a confirmé l’ampleur du phénomène, estimé à environ 15 % de la population, et a souligné l’insuffisance de l’offre hospitalière, plaidant pour le développement de soins ambulatoires, la formation de la première ligne et une prise en charge pluridisciplinaire médicale et psychologique. Le ministre a aussi indiqué vouloir redéfinir et activer le Plan de santé mentale wallon, avec un volet de sensibilisation, d’information, de communication et de monitorage, en concertation avec les acteurs concernés. La députée a conclu en appelant à une action coordonnée de tous les niveaux de pouvoir, notamment via la Conférence interministérielle de la santé.
Débat · 3 interventions
- BLBénédicte LinardEcolo
Monsieur le Ministre, si, d’un point de vue sanitaire, le covid a marqué l’ancienne législature, assurément cette législature sera marquée à tous les étages de la Belgique par des questions de santé mentale et surtout par les réponses que chaque entité du pays va apporter. Aujourd’hui, je viens vers vous – alors que l’on parlait du suicide des jeunes la semaine passée – avec la question des troubles alimentaires, particulièrement la question de l’anorexie. Le problème de l’anorexie aujourd’hui, outre le fait qu’il touche particulièrement les jeunes femmes, est un trouble qui est malheureusement encore fort méconnu non seulement des futures victimes, des futurs malades, mais aussi du corps médical, que ce soient les médecins, les psychologues, les psychiatres, alors que l’on retrouve dans cette catégorie de malades énormément de détresse psychologique. Méconnaissance à certains moments du corps médical, difficulté à détecter la maladie par ces mêmes personnes, aussi très peu de services spécialisés existants en Wallonie, ce qui allonge évidemment les listes d’attente pour les patientes et les patients qui nécessiteraient d’être pris en charge, une détection ou un accueil très peu clair en cas de dénutrition sévère et d’accueil dans les hôpitaux, puis encore, beaucoup de familles qui souffrent de la maladie de leur enfant et qui implosent au regard de cette maladie longue qui touche souvent leurs adolescentes. Face à cela, souvent et très clairement, les services pluridisciplinaires qui existent sur notre territoire sont des vraies bouées de secours. Il en existe, entre autres, dans le Brabant wallon, Archipel BW fait un très bon travail avec une approche pluridisciplinaire qui permet en fait de rassembler en même temps des diététiciennes, des diététiciens, des médecins de première ligne, mais aussi d’accompagnement de familles. Vous avez évoqué une stratégie globale de promotion de la santé mentale intégrée et interdisciplinaire dans la presse. Pouvez-vous nous en dire plus sur comment vous allez accompagner les personnes qui souffrent d’anorexie et les soutiens que vous pourrez mettre en place?
Constructivité 44%Factuel 38% Madame la Députée, c’est vrai que ces problèmes de troubles du comportement alimentaire – on parle bien de l’anorexie, de la boulimie et de l’hyperphagie – constituent un problème majeur dans la population, surtout chez les jeunes. On estime environ que 15 % de la population est susceptible d’avoir ce trouble de comportement alimentaire. Cela touche surtout les jeunes, surtout les adolescents. Il est vrai aussi qu’au niveau de l’offre de services pour prendre en charge ces situations complexes, elle est trop faible en Région wallonne, puisque l’on a des centres hospitaliers pluridisciplinaires à Liège, à Namur, à Braine-l’Alleud, qui accueillent plusieurs centaines de jeunes par semaine en leur sein, mais c’est nettement insuffisant. Dès lors, il y a vraiment une réflexion à avoir par rapport à ces soins hospitaliers, mais surtout le développement de soins ambulatoires, comme préconisé par l’INAMI pour ces troubles du comportement alimentaire. Je rejoins votre question, c’est là qu’il faut former du personnel de première ligne à ces dimensions du diagnostic et de la prise en charge. Vous savez aussi qu’une prise en charge est médicale et psychologique. Vous l’avez bien dit, c’est une prise en charge pluridisciplinaire. Ce sont bien des associations de prestataires de santé qu’il faut mettre en place par rapport à des associations collaboratives vis-àvis de ce type de prise en charge. Enfin, outre la prise en charge médicale, c’est la prévention chez les jeunes qu’il faut absolument mettre en avant et cela passe par le fameux Plan de santé mentale wallon que l’on veut absolument redéfinir et activer. Vous me demandez les mesures, je ne les ai pas encore puisque je dois les définir en concertation avec tous les acteurs et vous aussi, bien sûr, ici membres du Parlement. En tout cas, il sera ambitieux dans un volet «Sensibilisation, information, communication». Ce sont les enjeux de ce plan. Il faudra lui donner les moyens et effectuer le monitorage de ce plan si l’on veut s’assurer – je reviens à la dimension du suicide – d’une vraie efficacité de nos mesures. Ce sera un chantier majeur pour lequel j’espère que vous serez collaboratifs.
Agressivité 47%Constructivité 41%Factuel 45%Émotionnel 44%- BLBénédicte LinardEcolo
Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour vos éléments de réponse. Ce plan devra se mettre en place, mais, une fois de plus, par l’anorexie, on ouvre la porte des questions de santé mentale. Vous avez la légitimité scientifique et aujourd’hui politique de porter ces questions. Vous me demandez d’être constructive. Bien sûr que je serai constructive sur ces questions-là qui dépassent de loin le cadre de la Wallonie. Aujourd’hui, chaque ministre de la Santé va devoir s’emparer des réponses à donner. Il en va de la santé mentale de tous les Belges et particulièrement de nos jeunes. Quand on sait que le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes et que des troubles comme l’anorexie explosent encore plus à la suite de l’épisode du covid, on sait que c’est l’enjeu majeur de santé de la législature et il faudra s’en emparer à tous les étages. La Conférence interministérielle de la santé doit s’emparer de cette question. Je compte sur vous pour être le relais de toutes les personnes qui ont besoin de ministres pour les défendre et mettre en place de vraies mesures de renforcement de toutes les lignes, la première et les suivantes, pour ce faire.
Agressivité 65%Constructivité 99%Factuel 63%Émotionnel 81%
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