La «grande fatigue» de l’agriculture
Eddy Fontaine a alerté sur la dégradation de la santé mentale des agriculteurs, liée aux difficultés économiques, aux crises successives, aux pertes de revenu et à la dégradation de l’image du secteur, et a demandé des données objectives sur la situation en Wallonie. Anne-Catherine Dalcq a répondu qu’il n’existe pas en Belgique d’équivalent de la MSA ni d’indicateurs standardisés en santé mentale, mais que l’organisme Agricall apporte un soutien aux agriculteurs en difficulté et que des indicateurs qualitatifs existent. Elle a reconnu des facteurs de fragilisation du secteur, comme la météo, la langue bleue et la faiblesse des revenus, et a indiqué vouloir réduire la charge administrative, revaloriser le métier et mieux suivre la santé mentale. Eddy Fontaine a insisté sur la nécessité de disposer de données objectivées pour renforcer l’action d’Agricall et a annoncé revenir sur le sujet en commission.
Débat · 3 interventions
- EF
Madame la Ministre, à l’occasion de son congrès de rentrée, la MSA – Mutualité sociale agricole –, a à nouveau attiré l’attention et tiré la sonnette d’alarme sur la santé de ses membres, en l’occurrence les agriculteurs et les agricultrices. Pour eux, les choses sont très simples: la santé mentale des agriculteurs se dégrade fortement. Les causes sont multiples: difficultés économiques, crises à répétition, filières en grande souffrance, perte de cap et de sens et image de l’agriculture dégradée. Les agriculteurs et les agricultrices ne sont certainement pas épargnés. Madame la Ministre, mes questions sont les suivantes. Quelle est la situation en Wallonie? La situation en Wallonie est-elle semblable à la situation de nos voisins français et dispose-t-on d’indicateurs objectifs?
Agressivité 65%Constructivité 36%Factuel 36%Émotionnel 65% Monsieur le Député, d’abord, je suis étonnée par la nature de la question. Elle mériterait davantage d’attention au sein de la commission. La Mutualité sociale agricole est une caisse d’assurance sociale des agriculteurs et des salariés agricoles en France. Il n’y a pas ce type de caisse en Belgique et, donc, pas ce genre d’informations qui y sont liées. En Belgique, nous avons l’organisme Agricall, qui est à la disposition des agriculteurs en souffrance. Moi-même, depuis le début de mon mandat, je suis beaucoup en contact avec les organisations syndicales pour être à leur écoute. C’est un fait: aujourd’hui, il n’y a pas d’indicateurs standardisés de statistiques au niveau de la santé mentale en Wallonie. Néanmoins, il y a des indicateurs qualitatifs qui sont au plus proche de la réalité. Dès que les agriculteurs sont en besoin, ils peuvent communiquer. Je me suis rendu compte de cet état de fait lorsque je réalisais ma thèse de doctorat, période pendant laquelle j’ai moi-même produit quelques données sur la qualité de vie et la santé mentale parce que je trouvais que cela manquait. Il y a de nombreuses difficultés, avec une météo difficile qui a impacté les récoltes, la langue bleue, un revenu déjà pas très bon, et cetera. Je veux y travailler, diminuer la contrainte administrative, revaloriser le métier et les compétences. Je veux également mieux monitorer la santé mentale durant mon mandat.
Agressivité 54%Constructivité 39%Factuel 48%Émotionnel 53%- EF
Madame la Ministre, les questions urgentes sont faites également pour cela : mettre le focus sur quelque chose. N’ayez aucune crainte, je reviendrai sur le sujet avec une question orale en commission. On tourne la question de la santé mentale des agriculteurs dans tous les sens depuis des années. On finance la structure Agricall qui travaille – vous l’avez évoqué – excessivement bien, mais qui a de plus en plus de travail et d’appels. Pour s’attaquer à un problème, Madame la Ministre, il faut le connaître. Pour cela, on a besoin d’indicateurs objectifs. Vous dites l’avoir fait lors de votre thèse de doctorat; c’est très bien. Pour qu’Agricall puisse faire son travail correctement, il convient d’avoir des données objectivées. C’est tout ce que l’on demande.
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