La détresse des agriculteurs
Les intervenants ont dénoncé la détresse du monde agricole, liée à la baisse des revenus, à la complexité des normes, à la surcharge administrative et à des prix de vente jugés insuffisants, tout en évoquant les difficultés de reprise des exploitations et le coût du foncier. Ils ont demandé au ministre de rencontrer les organisations agricoles, de relayer leurs préoccupations au niveau fédéral et européen, et de mettre en avant des solutions concrètes pour soutenir le secteur. En réponse, il a été rappelé que le ministre partageait le constat d’un système à corriger, tant au niveau wallon qu’européen, avec une attente de mesures plus adaptées et moins bureaucratiques, notamment après les difficultés liées aux BCAE 5. Le débat a aussi souligné la nécessité d’un dialogue avec les organisations agricoles et d’une action de la Belgique dans le cadre de la présidence du Conseil européen.
Débat · 7 interventions
- BBangisaPS
Monsieur le Ministre, le monde de l’agriculture est en colère; ça grogne aussi bien en Allemagne, en France qu’en Belgique. La grogne qui nous est expliquée par la Fédération wallonne de l’agriculture vient des éléments suivants: une baisse des revenus, une législation de plus en plus complexe, mais aussi une surcharge administrative. À court terme, pour la fédération, on court à la perte, à la disparition totale du secteur. On peut remarquer dans les journaux que les personnes commencent à s’en rendre compte. Nous plaidons vraiment pour une régulation du commerce et pour protéger le secteur. Il est de notre responsabilité de protéger ce secteur en tant que politiciens, mais aussi d’assurer un cadre de vie digne aux agriculteurs. Monsieur le Ministre, allez-vous rencontrer la Fédération wallonne de l’agriculture? Allez-vous sensibiliser votre ministre fédéral de l’Agriculture? Que répondez-vous à la détresse des agriculteurs en Région wallonne? Quelles actions comptez-vous mener au niveau de la Région wallonne pour vraiment les soutenir?
Agressivité 94%Émotionnel 88% - SSchonbrodtPTB
Monsieur le Ministre, vous le savez, le monde de l’agriculture est en colère aujourd’hui. Il est en colère, mais également en deuil. Je voudrais commencer par présenter évidemment le soutien de mon groupe à la famille et aux proches de l’agricultrice française et de sa fille décédées hier à l’occasion d’un barrage filtrant. C’est quelque chose qui ne devrait pas arriver, évidemment, et qui participe aussi à la colère; une colère contre les mesures européennes, mais aussi contre vos mesures, à savoir les mesures de votre Gouvernement en Wallonie. Monsieur le Ministre, comment se fait-il qu’aujourd’hui encore il y ait des agriculteurs et des agricultrices qui soient forcés, contraints de vendre le fruit de leur travail à perte, en dessous de leur valeur? Comment se fait-il que des agriculteurs et des agricultrices qui font l’effort et le choix de la transition écologique en changeant leurs pratiques ne soient pas reconnus ni soutenus à la hauteur de leurs efforts et de leurs besoins? Comment se fait-il que les agriculteurs et les agricultrices perdent foi en l’avenir parce qu’ils ne voient personne pour reprendre leur ferme et parce que le métier est trop pénible? Vous avez fait vos Assises de la terre et toutes vos réunions. Malgré tout, dans le concret, le prix du terrain – le prix du foncier – reste trop élevé pour les nouveaux agriculteurs qui voudraient se lancer. Monsieur le Ministre, que répondez-vous aux agricultrices et aux agriculteurs mobilisés aujourd’hui?
Agressivité 84%Émotionnel 80% - FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Monsieur le Ministre, que serions-nous sans les agriculteurs qui nous nourrissent aujourd’hui? La question est évidemment quelque chose auquel on est extrêmement sensibles. Au moment de la crise du covid, on était bien contents de retourner chez nos agriculteurs, mais beaucoup semblent avoir oublié aujourd’hui ô combien il est nécessaire d’avoir une agriculture efficace, nourricière et respectueuse de celles et ceux qui la produisent. Voilà le cri de détresse que l’on entend aux quatre coins de l’Europe. Vous êtes ministre de l’Agriculture en Wallonie, mais vous êtes également ministre wallon de l’Agriculture au moment où la présidence belge de l’Union européenne est en œuvre. Il vous revient donc, comme ministre participant au dialogue européen et à la présidence belge, de mettre ce sujet sur la table du Conseil européen. Les problèmes sont partout les mêmes: surcharge administrative, insuffisance de revenus et mauvais traitements de la part de l’opinion. Comment allez-vous faire pour mettre ce point à l’agenda du Conseil européen? Allez-vous ouvrir un dialogue ici avec l’ensemble des organisations agricoles, qu’il s’agisse de la FWA, de la FUGEA ou de la FJA?
Agressivité 53%Émotionnel 48% - BBangisaPS
Merci, Monsieur le Ministre. Tout d’abord, il faut respecter et valoriser le travail des agricultrices et des agriculteurs. Ensuite, il faut entendre leur détresse et leurs demandes concrètes. Vous avez toujours en main des outils pour y contribuer avec responsabilité, tout comme le ministre fédéral et la Commission de l’agriculture du Parlement wallon où je siège. Chacun des groupes politiques aura bientôt à présenter ses propositions en la matière. J’encourage les agricultrices et les agriculteurs, ainsi que les Wallons et les Wallonnes, à en prendre connaissance pour poser leurs choix prochains qui seront déterminants.
Agressivité 60%Constructivité 91%Factuel 66%Émotionnel 71% - SSchonbrodtPTB
Je dois vous avouer que vous m’avez un peu déçu, Monsieur le Ministre, parce que ce n’est pas dans votre habitude de vous dérober. **M. Borsus**, Ministre de l’Économie, du Commerce extérieur, de la Recherche et de l’Innovation, du Numérique, de l’Aménagement du territoire, de l’Agriculture, de l’IFAPME et des Centres de compétences. – Votre déception est plutôt une bonne nouvelle pour moi.
- SSchonbrodtPTB
Vous le prendrez comme vous le voudrez, mais ce sont les agriculteurs et les agricultrices qui souffrent aujourd’hui et qui attendent de votre part d’arrêter de se cacher derrière, par exemple, aujourd’hui, des normes européennes. Ces normes européennes ne tombent pas du ciel, elles viennent de votre famille au MR; de votre famille libérale qui dirige cette Europe quasiment depuis le début. Aujourd’hui, ce que les agriculteurs et les agricultrices veulent, ce ne sont pas des excuses relatives aux politiques qui ne sont pas bonnes, mais des solutions et des réponses. Vous dites être de leur côté, mais vous savez ce que l’on dit, Monsieur le Ministre: «Il n’y a pas d’amour; il n’y a que des preuves d’amour». Aujourd’hui, les agriculteurs manifestent parce qu’ils attendent des solutions de votre part et qu’il n’y en a pas. Pour cette raison, nous soutiendrons leur manifestation.
Agressivité 47%Émotionnel 79% - FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Monsieur le Ministre, vous partagez nos constats sur les critiques du système actuel, sur les nécessaires corrections à réaliser au niveau européen, mais également au niveau wallon. Faut-il rappeler la malheureuse saga des BCAE 5 qui a chamboulé le monde agricole, perturbé et nécessité des allées et venues pour corriger le tir par rapport à une suradministration et à des mesures qui étaient inappropriées et incomprises par les agriculteurs? Vous avez aussi une responsabilité au niveau régional et je pense qu’une partie des critiques aujourd’hui formulées par les organisations agricoles concerne la mise en œuvre à ce niveau. Au niveau européen, il ne faut pas attendre les élections pour agir. Vous êtes les mains dans le cambouis. J’ai entendu vos promesses qui changent du discours libéral classique. J’espère qu’elles se traduiront par ce que vous entreprendrez en tant que ministre représentant notamment la Belgique au Conseil agricole européen dans le cadre de la présidence.
Agressivité 60%
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