Santé mentale
Le mal-être croissant des Wallons
Valérie Dejardin a dénoncé la dégradation du bien-être et de la santé mentale en Wallonie, en soulignant l’allongement des délais chez les psychologues conventionnés et la saturation des services de santé mentale, et a interpellé le ministre sur l’absence de concrétisation des promesses de campagne. Yves Coppieters a répondu que la santé mentale est une priorité de santé publique, a rappelé le futur plan stratégique régional prévu par décret pour fin décembre 2026, et a annoncé l’installation dès l’automne d’un comité de pilotage et de groupes de travail. Il a également mis en avant une enveloppe de plus de 6 millions d’euros destinée à des appels à projets en faveur de la résilience des jeunes et des opérateurs de promotion de la santé. La députée a jugé ces moyens insuffisants au regard de la gravité de la situation et a demandé des actions plus ambitieuses.
La «grande fatigue» de l’agriculture
Eddy Fontaine a alerté sur la dégradation de la santé mentale des agriculteurs, liée aux difficultés économiques, aux crises successives, aux pertes de revenu et à la dégradation de l’image du secteur, et a demandé des données objectives sur la situation en Wallonie. Anne-Catherine Dalcq a répondu qu’il n’existe pas en Belgique d’équivalent de la MSA ni d’indicateurs standardisés en santé mentale, mais que l’organisme Agricall apporte un soutien aux agriculteurs en difficulté et que des indicateurs qualitatifs existent. Elle a reconnu des facteurs de fragilisation du secteur, comme la météo, la langue bleue et la faiblesse des revenus, et a indiqué vouloir réduire la charge administrative, revaloriser le métier et mieux suivre la santé mentale. Eddy Fontaine a insisté sur la nécessité de disposer de données objectivées pour renforcer l’action d’Agricall et a annoncé revenir sur le sujet en commission.
Le problème des troubles du comportement alimentaire
Bénédicte Linard a alerté sur la méconnaissance des troubles du comportement alimentaire, en particulier l’anorexie, la difficulté de détection par les professionnels, le manque de services spécialisés en Wallonie et les conséquences pour les familles et les jeunes patients. Yves Coppieters a confirmé l’ampleur du phénomène, estimé à environ 15 % de la population, et a souligné l’insuffisance de l’offre hospitalière, plaidant pour le développement de soins ambulatoires, la formation de la première ligne et une prise en charge pluridisciplinaire médicale et psychologique. Le ministre a aussi indiqué vouloir redéfinir et activer le Plan de santé mentale wallon, avec un volet de sensibilisation, d’information, de communication et de monitorage, en concertation avec les acteurs concernés. La députée a conclu en appelant à une action coordonnée de tous les niveaux de pouvoir, notamment via la Conférence interministérielle de la santé.
La nécessité de créer un abri de nuit en brabant wallon
Les intervenants ont dénoncé l’absence d’abri de nuit en Brabant wallon, la saturation des structures existantes et le manque de solutions d’urgence face à l’augmentation du sans-abrisme, en appelant à une mobilisation des communes, des CPAS et du relais social, ainsi qu’à des mesures structurelles en matière de logement, d’accompagnement et de prévention des expulsions. Ils ont aussi interrogé la ministre sur les dispositifs renforcés en période de grand froid, l’augmentation des capacités d’accueil, l’élargissement des horaires et le renforcement des équipes de terrain, notamment les éducateurs de rue. En réponse, la ministre a été interpellée sur le financement et le cadre légal déjà mis en place, ainsi que sur la nécessité de convaincre davantage les communes de participer à l’offre d’hébergement, tandis que le débat s’est tendu autour de la responsabilité du niveau fédéral et des personnes sans papiers, sujet sur lequel un échange vif a opposé la ministre à un député.
L’accueil des personnes sans abri en période de grand froid
Les intervenants ont dénoncé la saturation des abris de nuit et le manque de structures en Brabant wallon, ainsi que la nécessité de mesures structurelles contre le sans-abrisme, incluant davantage de logements sociaux, de Housing First, d’accompagnement social et une meilleure coordination entre communes. Le questionnement a aussi porté sur le plan Grand Froid, l’élargissement des horaires d’accueil, le renforcement de l’encadrement et des éducateurs de rue, ainsi que sur la responsabilité des communes et CPAS dans la prise en charge locale. En réponse, la ministre a mis en avant les moyens déjà engagés par la Wallonie, le cadre légal modifié pour permettre des projets d’abri de nuit, le financement du relais social et le plan Grand Froid lancé dès le 1er novembre, tout en rappelant le rôle des territoires dans la mise en œuvre. Le débat a également donné lieu à une vive polémique sur l’interprétation des propos de la ministre concernant la politique fédérale d’asile et migration.
La réponse de mme la ministre sur la situation de saturation des services d’hébergement des sans-abri
Les députés ont dénoncé la saturation des abris de nuit et l’insuffisance de l’offre d’hébergement d’urgence face à l’augmentation du sans-abrisme, en particulier dans le Brabant wallon où aucun dispositif n’existe encore. Ils ont demandé des mesures structurelles, un meilleur partage des responsabilités entre communes, un renforcement des relais sociaux, des éducateurs de rue et des solutions complémentaires comme le Housing First ou des dispositifs mobiles. La ministre a été interpellée sur la nécessité d’ouvrir davantage de places et d’élargir les plages d’accueil pendant le grand froid, ainsi que sur les effets de la politique fédérale d’asile et de migration. Un échange tendu a ensuite opposé Mme Morreale à M. Beugnies sur la part de responsabilité du fédéral et sur la présentation des publics concernés par le sans-abrisme.