Le report ou le non-recours aux soins de santé chez les femmes
Ryckmans s’appuie sur la dernière étude de Solidaris pour souligner l’ampleur du non-recours aux soins, particulièrement chez les femmes, les familles monoparentales et les personnes âgées, en pointant surtout les difficultés d’accès aux soins de santé mentale et les causes liées aux inégalités de revenus. Il demande une analyse des chiffres et des réponses concrètes, notamment en matière d’accessibilité des soins et de collecte de données genrées plus précises. En réponse, la ministre met en avant la nécessité d’améliorer l’accessibilité aux prestataires de soins, de renforcer l’analyse genrée des données et de poursuivre l’individualisation des droits sociaux. Ryckmans conclut en réaffirmant l’importance de disposer de statistiques plus fines et d’apporter une réponse rapide et adaptée aux besoins en santé mentale.
Débat · 2 interventions
- RRyckmansEcolo
Madame la Ministre, la dernière étude de Solidaris vient d’être publiée. Depuis 2015, Solidaris produit ses analyses sur le non-recours aux soins. L’étude de cette année indique des signes interpellants, notamment dans les inégalités de genre. Globalement, on constate que 44 % des francophones ont renoncé à un ou plusieurs soins en 2023. J’ai entendu en arrivant que les hommes aussi renoncent à des soins, mais les femmes y renoncent davantage. C’est une femme sur deux alors que pour la gent masculine, il s’agit d’un homme sur trois. La situation est plus problématique encore lorsque l’on regarde au niveau des familles monoparentales. Là, ce sont sept familles monoparentales sur 10 qui sont concernées par le report d’un soin ou d’un autre. À cet égard, on sait que plus de 80 % des familles monoparentales sont dirigées, comme on dit, par des femmes. C’est donc un enjeu particulier pour ces familles-là. Cela se présente particulièrement en matière d’accès aux soins de santé mentale qui sont les soins que les femmes reportent le plus. Par contraste, elles ne renoncent pas à leurs soins chez un généraliste. C’est une bonne nouvelle puisque le généraliste est le premier dispensateur de soins. S’ajoute aux chiffres de cette année une étude particulière indiquant que les séniors paient un prix particulièrement élevé dans le non-recours aux soins. Les femmes, on le sait, sont plus nombreuses dans les tranches d’âge plus élevées. Cette différence entre les hommes et les femmes s’explique par une moindre capacité des femmes à payer leurs soins, donc par une moindre capacité financière de ces dernières. Elles bénéficient de revenus inférieurs et subissent des dépenses plus élevées pour elles, du fait qu’elles soient des femmes. C’est un élément important. Quelle analyse faites-vous de ces chiffres? Surtout, quelles sont vos réponses à ces défis? Ils sont importants, les réponses doivent être multiples, on le sait. Je vous remercie de vos réponses.
- RRyckmansEcolo
Je ne peux que vous rejoindre, Madame la Ministre, sur l’importance de garantir cette individualisation des droits sociaux. C’est effectivement une priorité pour ma formation politique pour l’avenir. Nous essaierons de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que cela devienne une réalité avec les partis qui veulent le faire. Vous avez aussi raison de rappeler la nécessité d’augmenter l’accessibilité aux prestataires de soins. Il reste néanmoins que l’analyse genrée et la disposition de données plus précises sur les différentiels entre les femmes et les hommes restent importantes à finaliser. Que l’on ait vraiment une lecture genrée, comme on le dit systématique, de manière à pouvoir avancer avec plus de précisions sur ces difficultés dans l’accès aux soins. Puis, il y a l’enjeu de la santé mentale. Vous avez évoqué un manque dans certains soins. En matière de santé mentale, il y a un enjeu particulier parce que cela touche l’ensemble de la population et qu’il faut pouvoir répondre le plus vite possible, alors que le déficit et l’absence de réponse sont particulièrement forts.
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