Le manque de médecins pratiquant l’IVG dans les centres de planning familial
Isabella Greco a alerté sur la pénurie de médecins pratiquant l’IVG dans les centres de planning familial, citant des femmes restées sans solution, et a demandé quelles mesures seraient prises pour garantir l’accès à cette pratique ainsi que pour renforcer la formation des médecins en concertation avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Yves Coppieters a reconnu une pénurie de médecins et de personnel infirmier, rappelé que 17 des 74 centres agréés en Wallonie pratiquent l’IVG et précisé que le cadre de convention avec l’INAMI relève d’un accord de 2003 hors financement régional. Il a indiqué disposer de peu de leviers régionaux pour agir sur la formation, tout en mentionnant une concertation avec l’ARES et les universités, et a réaffirmé son engagement personnel en faveur d’une dépénalisation totale et de l’allongement du délai légal.
Débat · 3 interventions
- IG
Monsieur le Ministre, les centres de planning familiaux font face à une difficulté, celle de trouver suffisamment de médecins qui pratiquent l’IVG au sein de leur centre. On se retrouve, selon la presse, avec 140 femmes ces cinq derniers mois qui n’ont pu trouver une solution. Cette pénurie s’expliquerait, semblerait-il, par un manque de temps, ou par un manque de formation à cette pratique, ou par un manque d’attractivité salariale à pratiquer cela au niveau des plannings familiaux. Évidemment, cette pénurie menace un droit fondamental d’accès à l’avortement pour les femmes, mais allonge le délai. On sait que ce délai est problématique puisqu’il est fixé par la loi. Plus que jamais, nous devons continuer à mener le combat au niveau du Fédéral pour que le délai passe de 12 à 18 semaines, tel que le groupe socialiste le veut. Ici, Monsieur le Ministre, on peut agir et c’est l’objet de mes deux questions. Quelles sont vos actions pour assurer cette pratique au sein des plannings et répondre à la demande? En concertation avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, que comptez-vous mettre en place pour encourager davantage la formation des médecins à cette pratique?
Agressivité 62%Émotionnel 56% Madame la Députée, il est essentiel d’assurer la continuité et l’accessibilité à l’IVG sur l’ensemble de la Région. La problématique, comme vous le dites, est bien une pénurie des médecins, mais pas que, et des personnels infirmiers entre autres. Au niveau de la Région wallonne, nous avons 74 centres de planning familial et de consultation familiale agréés, et 17 pratiquent l’IVG. Je vous rappelle que la pratique médicale au sein des plannings familiaux est du recours d’une convention avec l’INAMI par rapport à la pratique de l’IVG. C’est une convention qui date de 2003 et qui n’est pas du ressort du financement de la Région. Par rapport à la formation, vous avez raison, au niveau de la Région, nous avons malheureusement très peu de leviers pour stimuler la formation de médecins et les sensibiliser à cette pratique ou bien sûr, du personnel infirmier. Au niveau de l’ARES, il y a eu une concertation avec les universités pour savoir quelle était l’évolution des pratiques de la formation par rapport à cela. On nous dit que les choses sont mises en place dans les cursus. Mon temps passe, mais je voudrais vraiment vous assurer qu’à titre personnel, je me battrai toujours pour évoluer vers la dépénalisation totale et, bien sûr, pour l’allongement de cette période pour la prise en charge. Je vous remercie.
- IG
Merci, Monsieur le Ministre. Vous avez utilisé deux termes : dépénalisation totale et allongement du délai. Parce qu’elle est bien là, la problématique. La pénurie, c’est ce qui en découle et donc c’est un enjeu de loi. Ce délai doit passer de 12 à 18 semaines, et ce, le plus rapidement possible. L’IVG, c’est un soin de santé. C’est une approche qui rend à la femme son pouvoir de décision où, loin des critères légaux qui l’infantilisent et qui sont décidés en grande partie par des hommes pour des femmes, les femmes ne demandent pas la permission de disposer de leur corps, elles l’exigent. Le corps des femmes n’est pas un terrain de jeu politique et, je le répète, c’est un droit, ce n’est pas une négociation.
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